CHAPITRE I
de Florence (qui n’a jamais été achevé), sont les œuvres de Giovanni Antonio Dosio, qui naquit dans cette ville en 1533. D’abord placé chez un orfèvre, puis chez un sculpteur, à Rome, Dosio y fit des études sérieuses sur l'architecture, ainsi que le prouvent, outre les édifices que nous venons d’énumérer, son projet de réédification de la cathédrale de Florence, projet auquel fut, d’ailleurs, préféré celui de Silvani et l’ouvrage qu’il composa sur les restes des édifices romains de Rome en 1569. Dosio mourut vers 1600. La Nouvelle Rourseet la halle de Florence furent construites, en 1540, par Bernardo Tasso, de la famille de Torquato. On doit aussi à cet architecte, le portail de San Rcmolo; c’est tout ce que nous savons de lui.
En 1547, l’Àrno, gonflé par les pluies, s’était transformé en torrent et couvrait de ses eaux tout un quartier de Florence. Lorsqu’il se fut retiré, on commençait à rechercher les cadavres ensevelis sous les ruines des maisons écroulées, lorsque des cris furent entendus. Les sauveteurs, habilement dirigés, ne tardèrent pas à en retirer sain et sauf un pauvre enfant échappé par miracle : c’était Bernardino Buontalenti qu’on surnomma plus tard delle Girandole, parce que, disent certains auteurs, il aurait inventé la pièce d’artifice appelée girandole. Protégé par Côme de Médicis, qui s’était intéressé à l’orphelin, Buonlalenti se mit avec ardeur au dessin, vers lequel son goût l’entraînait. C’est ainsi qu’il reçut les conseils des plus grandes célébrités de l’époque et apprit de Salviati et de Bronzino les principes de la peinture, ceux de la sculpture de Michel-Ange, ceux de l'architecture de Vasari et ceux de la miniature de Clovio. Il fit peu de tableaux; le génie de la science et de la mécanique le portant plutôt vers l’architecture qui est à la fois science et art :#aussi lui dut-on plusieurs machines propres à transporter des fardeaux et à élever les eaux, des ponts, des fortifications, des digues, etc. C’est en Espagne surtout, dans un voyage qu’il y fit, que Buontalenti eut l’occasion de montrer ses connaissances d’ingénieur. A son retour, il fut chargé, par le grand-duc, de la construction de la salle de Pralelino, dans l’Apennin, où il put réaliser tout ce qu’avait rêvé son imagination; puis il éleva la galerie de Florence, destinée à recevoir la collection du grand-duc, ainsi que la galerie à la suite qui, pendant une longueur d’un demi-mille traverse la ville et le
fleuve sur un pont et vient se terminer au palais Pitti ; mais c’est sur les dessins de l’Ammanati que Buontalenti fit la construction de ce palais. On lui doit aussi la façade du palais Piazza et celle des palais Riccardi et Martelli ; le palais Accajuoli, devenu Corsini; ceux des grands-ducs à Pise et à Sienne; le palais Strozzi surnommé da conte da Pazzi , une façade sur la via Maggia dans la villa Maggiore; le Casino, derrière Saint-Marc de Florence; le palais Anzioni, près de Pise; le palais Sezzi Fonti; la villa de Marignoli, aujourd’hui Casa Caponi; la villa Ambrogiana, la villa Petraja, la villa Arxemino; la maison Branclii, à Pise; les jardins de Boboli ; la reslauralion de la villa de Caslello, la villa Pratolino, ainsi que le couvent pour le grand-duc François; la façade de l’église de la Trinité, celle de Saint-Etienne à Sienne; la nouvelle cathédrale de Livourne, la façade intérieure de Santa Maria Maggiore, la cathédrale d’Artimonio , le presbytère de la cathédrale de Prato ainsi que l’hôpital de Santa Maria Nuova (avec Giulio Parigi), la chapelle desMédicis, le marché neuf de Livourne, etc. Comme ingénieur militaire, Buontalenti fut envoyé à Naples en 1556, au service du duc d’Albe et fit dans ce royaume les fortifications de Tronlo, ainsi que le plan du port; les deux forteresses de Porto Ferrajo et des additions aux forlificalions de Livourne et de Pistoja; les forteresses de Grosseto et de Prato ainsi que celle du Belvédère à Florence et l’arsenal des galères. Ses contemporains lui durent plusieurs découvertes dans l’artillerie et la pyrotechnie, et il mourut, entouré de l’estime de tous, en 1608. Un de ses élèves Giulio Parigi, mort en 1590, joignit aussi la science de l’architecte à celle de l’ingénieur. Chargé de l’instruction scientifique des fils du grandduc de Toscane et architecte principal de la Ctrtédrale de Florence, il n’avait guère le loisir de suivre des travaux d’une certaine importance. Cependant il construisit, sur les dessins du chevalier Sanèse, le palais ducal, le palais Manicelli, la villa, près de Florence, dite Poggio impériale et le couvent de la Pace pour les pères de Saint-Bernard. 11 eut comme collaborateur dans quelques-uns de ces travaux Gabriele Ughi, architecte florentin, né en 1465. Les U/fizi Nuovi (bureaux de l’Administration) ne sont pas de Parigi, mais de son fils Alfonso dont on lira plus loin la vie et les travaux.