CHAPITRE I
déjà une chapelle commémorative, l’architecte Ascanio Vitozzi, mort en 1607, commençait, la même année, l’église du Corpus Chrisli , après avoir élevé, en 1582, l’église de la Sainte-Trinité et en 1596 l’église de la Madonna près de Mondovi. Quelques années après, en 1619, le baron Valperga érigeait l’église Saint- Charles-Borromée, les palais de Aglione, des Cirie et de Canelli ; mais la seule œuvre vraiment remarquable de l’époque est la citadelle élevée en 1565 par Pacciotto d’Urbino. « Quand on considère, dit Du Pays (1), que c’est une des premières citadelles bâties en Europe, on ne peut s’empêcher d’admirer le génie que déploya Pacciotto dans la construction de cette forteresse qui a perdu aujourd’hui son importance stratégique et gêne le développement de la ville. » Pacciotto fait marquis de Montefabro mourut à une date qui ne nous est pas connue. Vasari cite encore, comme architecte piémontais duxvic siècle, Bartolomeo Baronino de Casai Monferrato, mais sans mentionner aucun de ses ouvrages. Ingénieur et architecte, Amédée, comte de Castelmonte, conseiller d’État, devint l’architecte du duede Savoie, Charles Emmanuel et, à ce titre, construisit à Turin, l’église des Visitandines (1667), l’église du Gesù (1678), l’Académie royale militaire (1677) fondée par la duchesse Marie de Nemours et donna le plan de la place Saint-Charles-Borromée que certains auteurs attribuent à Charles, frère du comte Amédée, ainsi que le Palais Boyal à la construction duquel le père et le fils auraient collaboré. Il est certain qu’on doit à Amédée plusieurs des palais et hôtels élevés à cette époque : l’hôtel Coraglio, île de Sainte-Croix ; l’hôtel Boddi, l’hôtel Levaldiggi, l’hôtel Saint- Thomas, l’hôtel Cavagliate et l’hôtel Salmatoro qui fut plus tard restauré par Bonvicini, comme lui-même restaura l’hôtel Peretti. Près de Turin, Amédée bâtit le château de la Vénerie royale qu’il a décrit dans un ouvrage imprimé à Turin en 1674.
A l’autre extrémité de l’Italie , Naples dut presque tous ses édifices datant du xve et du xvT siècles à des artistes étrangers; mais ils n’eurent pas grande influence sur les progrès de l’art, quoique leur œuvre ait été considérable : Maglione, Giacomo de Santi, Andrea Ciccione, Abati Bamboccio se succèdent encore, sinon sans interruption, pendant cette fin de siècle. De plus,
(1) Itinéraire de L'Italie.
quelques noms sans doute inconnus dans l'histoire de l’art ont été relevés par nous de leur déchéance. Ce sont ceux de Giovanni Benincasa auquel Ticozzi attribue une collaboration dans la construction du Palazzo Vecchio ; d’Antonio délia Cava ou Fiorentino , architecte florentin dont le nom n’est pas cité par Du Pays dans son itinéraire de l’Italie, qui aurait construit, en 1533, Santa Catarina; de Cola dell' Amatrice, auteur du dessin d’après lequel fut érigée, à Aquila, la façade de San Bernadino (la Sienna en 1525; de Battista Marchirolo qui éleva dans la même ville* en 1573, le palais qui devait servir de résidence à Marguerite d’Autriche, fille naturelle de Charles Y ; de Cosimo (peut-être Cosimo de Bergame), qui donna le dessin de la façade de San Severino ou Saint-Ferdinand et du palais qu’on voit à l’extrémité du quai de Chiaja, la promenade favorite des Napolitains.
Merliano, Manlio, Pino, le théatin Grimaldi et Fonsagua ont laissé des œuvres plus nombreuses, sinon plus considérables au point de vue de leur valeur artistique : Giovanni Merliano, Napolitain, né en 1 478, mort en 1559, est l’architecte de Saint-Georgesdes-Génovéfains et de l’église Sainl-Jacques-des-Espagnols dans laquelle il érigea le tombeau de D. Pietro de Tolède. Il fut aussi l’architecte du palais San Severo, de celui du duc délia Torre et du château Capuano ; il répara le Palais de Justice et éleva la fontaine qu’on voit à l’extrémité du Môle. Les arcs de triomphe érigés à Naples à l’occasion du retour de Charles-Quinl, après son expédition contre Tunis (1535), l’ont aussi été sur les dessins de Merliano. Son élève Ferdinando Manlio, également Napolitain, né en 1499 et mort en 1570, termina les plans de l’hôpital et de l’église Santa Maria dell' Annunziala , reconstruite après un incendie (de 1757 à 1782). Il ouvrit les rues de la Porta Nolana et de Monte Oliveto ; il agrandit la route de Pozzuoli ; puis, comme il était ingénieur, ainsi que la plupart des architectes de son temps, il construisit le pont de Capoue et canalisa les marais qui bordaient Naples du côté de la mer au moyen de dragues d’une puissance remarquable.
C’est à un architecte de Sienne, Marco de Pino, connu aussi sous le nom de Marco de Sienne, mort en 1587, que sont dues la construction de l’église et du collège du Gesù Vecchio, monument spacieux qui a été plus tard le palais de l’Université, et la restauration de l’église de la Trinité cli Palazzo. Un religieux