‹ Les architectes par leurs œuvresChapitre 10 sur 232 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

mort en 1608 à Venise et semble avoir fourni sa longue carrière dans cette ville.

Les maîtres-autels de San Giorgio Maggiore, de Saint-Jean, de Saint-Paul et de Saint-Laurent sont de Girolamo Campagna, élève de Danese Calaneo, né cà Vérone en 1552. Ce sont, on le voit, plutôt œuvres de sculpteur que d’architecte; cependant, comme Viltoria a construit le palais Balbi près le Grand Canal et que Campagna a élevé la porte principale de l’arsenal, nous avons cru devoir leur donner place parmi les architectes de Venise du xvi° siècle. Une autre église de Venise, San Pietro di Caspello, date du commencement du xvne siècle (1621) et eut pour architecte Giovanni Grapiglia, dont la vie nous est absolument inconnue. Le tombeau du doge Leonardo Loredan, ceux du doge Moncenigo et de Giovanni Bembo, dans l’église de Zanipolo, furent élevés, de 1577 à 1618, par un autre Grapiglia prénommé Girolamo dont on ne cite d’ailleurs ni la date de naissance ni les autres œuvres architecturales.

Guglielmo Bergamosco ou le Porlello était Vénitien. Si on ne cite de lui que peu d’édifices religieux : la chapelle Émilienne àMurano (1530) et la chapelle Saint-Marc à l’église Saint-Nicolas, Venise lui doit plusieurs édifices civils : le palais San Benedetto, le palais Camerlenghi près le pont du Bialto, la grande halle ainsi que le tombeau de la duchesse de Ferrare; le palais Tusca à Portogruoso (Frioul) est également de Portello. Peut-être a-t-il mis une main maladroite sur la façade. du palais Ducal; mais ce reproche peut être adressé avec certitude à Antonio Scarpagnino, le maître de da Ponte, dont l'architecture est si pâle et si maigrelette en face de celle de Bartolomeo (1546). Cet architecte a restauré, dans le même style, l’église San Giovanni du Rialto et concouru, avec Scamozzi, au projet de reconstruction du pont du Rialto qui fut, nous l’avons dit, confié à da Ponte; il mourut vers 1558.

Nous ne pouvons sortir de Venise sans parler de Serlio, le dernier représentant de la Renaissance dans ce pays, quoiqu’il soit né à Bologne le 6 septembre 1475. Sebastiano Serlio, fils d’un décorateur forcé par les discordes civiles qui déchiraient sa ville natale de s’expatrier, parcourut tout le nord de l’Italie et s’essaya dans l’art de l’architecture en donnant à Venise des dessins pour l’achèvement de l’église San Francesco delle

Vigne. Bientôt protégé par le doge Andrea Gutti, il pouvait espérer beaucoup de son séjour dans cette ville; mais il préféra s’instruire en voyageant. C’est dans son voyage en Dalmatie qu’il recueillit les antiquités de Pola qui figurent dans le troisième livre de son ouvrage que nous mentionnons ci-après; de là, il vint à Rome, où le pape Paul lit le prit en affection, et il y publia la première partie de cet ouvrage. François Ier de France, qui régnait alors, en ayant eu connaissance, l’engagea à se rendre auprès de lui ; on verra, lors de l’historique du château de Fontainebleau, quelle part prit Serlio à sa construction. La mort de François Ier l’obligea à se retirer à Lyon ; mais plus tard il revint à Fontainebleau, où il mourut en 1554. Ses grands travaux écrits sur l’architecture ont pour titre d’après la traduction française : Règles générales d architecture de Sébastien Serlio , bolonais , architecte , édition vénitienne de 1544.

Vérone vit s’élever, vers 1585, le cloître et la chapelle Sainte- Rosalie dans l’église Sant’ Anastasio. L’architecte en fut l’un des descendants des San Micheli , architectes et ingénieurs militaires qui, au commencement du siècle, nous le rappelons, couvrirentl’Italie de citadelles et de fortifications. Ce San Micheli était, croyons-nous, le fils de Paul et le neveu du plus célèbre de ces ingénieurs, Michèle; il collabora avec son père au campanile de l’église San Giorgio Maggiore dans la même ville de Vérone.

Tout à fait au nord de l’Italie, dont il fait maintenant partie, se trouve le Piémont.

La grande révolution artistique à laquelle nous venons de consacrer plusieurs pages passa pour ainsi dire au-dessus de ce petit pays sans y laisser de traces; presque tous les édifices d’une certaine importance datent de la dernière moitié du xviic siècle. Le château des anciens ducs de Savoie, le palais Madame , bâti au centre de la place du château, datait des premières années du xive siècle; en 1416, Amédée III le fortifia, aux angles, de tours octogonales se reliant au système général des fortifications de la ville et les mutilations qu’il a subies depuis datent d une époque postérieure à celle de la Renaissance. L église Saint- Jean-Baptiste, la cathédrale, avait été bâtie à la tin du xve siècle, à ce que l’on croit, sur les dessins de Baccio Pontelli (voir ce nom dans le volume précédent), elle n’offre d’ailleurs rien de remarquable au point de vue architectural. Au lieu où existait

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