CHAPITRE X
lier de l’Université et du théâtre, d’ailleurs, un des mieux construits de l’Ilalie, soyons juste. Gio Maria Baretta, qui avait restauré, à Home, l’église de Saint-Nicolas de Tolentino, fait des additions à l’église de Livourne, ainsi qu’au couvent de Montenero, et construit le palais Ganico, sous la direction du duc de Northumberland ; dans le même temps qu’Ambrosio Attendolo élève celui de Capoue; Bonanni et Santi Sanese (1) Iravaillenl, de 1005 à 1 620 aux fortifications de Livourne, à l’arsenal et au port. À Lodi, on élève, à la fois l’église de la Madeleine, le palais épiscopal et plusieurs palais; architecte : Domenico Sertorio. L’église délia Santa Casa, à Lorette, est due à Giovanni Branca, né en 1571, plutôt mécanicien qu’architecte (2). A Lucques, reconstruction de l’église San Romano, par Vincenzo Buonamici; reslauration, en 1629, par Francesco Pini, en 1578 par Ammanati (avec Juvara pour collaborateur), du palais ducal élevé et construit, en 1787, par Scipione Ricci, du palais épiscopal.
Lorsque le duc Ferdinand de Gonzague conçut le dessein de créer le Musée de Mantoue, en 1030, il en confia l’exécution à un architecte inconnu nommé Bertazzoli qui eut, du moins, l’excellente pensée de s’adjoindre l’Algarde, dont les sculptures supportent le voisinage des peintures de J. Romain et de Primalice. Le palais de la Baggione (aujourd’hui bibliothèque publique) fut restauré, en 1720, par Moscatelli dit Battaglia, né en 1660. Moscatelli était alors en possession du litre d’inspecteur général des travaux hydrauliques de Manloue, ce qui ne l’empêcha pas de construire l’église Santa Barnaba, qui ren~ ferme le tombeau de Jules Romain, et de dessiner le plan de l’église de Governola. Quant à la façade du dôme actuel qui date de 1761, elle est, on l’a dit précédemment, d’un officier du génie autrichien et architecte, dont le nom, italianisé sans doute, était Nicolas Baschiera ou Pasquiera. Celte déplorable restauration de l’œuvre de Jules Romain consiste dans un enche-
(1) Sans doute le même que Pietro Santi indiqué comme ayant travaillé à cette forteresse et comme auteur d’un ouvrage sur l'Art des fortifications. On lui attribue aussi le dessin du Palais ducal exécuté par Parigi.
(2) Au nombre des machines décrites par Branca, dans un ouvrage édité en 1(>29, à Rome (par Jacopo Manucci), s’en trouve une qui a pour moteur la vapeur dirigée sur des ailes en forme d’hélice.
vôtrement de pilastres, de frontons et d’entablements entre - - coupés du plus mauvais goût.
Modène ne présente qu’un architecte pendant les deux derniers siècles : celui de l’auteur du palais ducal, vaste construction hors de proportion avec l’importance du souverain, par lequel elle fut ordonnée. Giuseppe Maria Soli, vignolais, né en 1745, y fit des additions considérables. Pensionnaire de Modène à Home, Soli organisa, à son retour dans sa ville natale, l’Académie des Beaux-Arts de Modène dont il fut le premier directeur, éleva les palais Bellaci à Vignola, l’église de Carboniano près Home, le pont sur le Panara, entre Modène et Bologne, le pont de Bimini, etc. Devenu architecte en chef de la cour modenaise, Soli fut réduit, à la suite de la conquête française, à la fonction de professeur de dessin à l’Académie; mais il fut réintégré dans son titre après 1815, et mourut le 20 octobre 1822.
Nous mentionnerons Giovanni et Jacopo Grossi, non parce qu’ils firent des réparations à la Scuolu del Santo , dans l’église Saint-Antoine de Padoue, en 1 G90, mais parce qu’ils respectèrent, en les faisant, les fresques du Titien. En 1756, Bernardo Squarcino, Padouan, né en 1702, et Giovanni Gloria, élèvent mécaniquement le dôme de la cathédrale, compromis par les travaux d’Almerico; ils ajoutent de nouveaux piliers aux pilastres existants et allègent ainsi le poids qu’ils n’auraient pu supporter seuls. Le Monte dl Piclà de Padoue date de 1628; il eut pour architecte Vincenzo Dotto, auquel Padoue doit également (1 607) l’escalier du palais del Capitaneo construit en 1599 par Falconelto. L’église des Dominicains de Padoue et celle des Augustins datent de 1626 et eurent pour architecte Leonardo Murari, surnommé Rocaglia; c’est tout ce que nous en savons. De la même époque aussi, l’Observatoire, élevé par l’abbé dom Domenico Cerato, architecte vicenlin, professeur d’architecture à Padoue et auteur du grand hôpital, des palais Abriani, Aldringlietti et Molino, ainsi que commentateur de l'ouvrage de Palladio.
C’est à un Français, Ennemond-Alexandre Petitot, que revient l’honneur d’être le seul architecte de Parme digne d’être nommé parmi ceux du xvmc siècle. Né en 1730, grand prix d’architecture en 1745, entré en 1760 au service du duc de Parme qui désirait faire construire un nouveau palais, Petitot vit
Peinture du Cimetière de Salzbourg.