CHAPITRE X
le 18 février 1808. Enfin, ne quittons pas Milan sans dire que lapelile salle du palais du duc, bâtie en 1717, eut pour architecle Giovanni Domenico Barbiéri.
Le xviic et le xvnr siècle comptent peu d’architectes florentins : un seul peut-être, Silvani, plutôt par le nombre que par l’excellence de ses travaux, mérite une place à part dans notre ouvrage. Né à Florence, en 1339, d’une famille noble, Gerardo Silvani concourut pour la restauration de la façade du « dôme » avec Buontalenti, Dosio Baccio del Bianco et le Passignano, et l’emporta sur ses concurrents. A la construction de l’église et du couvent des ïliéati ns, de l’église Santa Maria degli Angeli , de Saint-François-de-Paule hors les murs et de la Confrérie des Stigmates et à l’achèvement de l’église des Augustins déchaussés, commencée par Bernardino Radi de Cortone qui auraient formé, déjà, avec la restauration dont nous venons de parler, une œuvre d’une certaine importance, Silvani ajouta un nombre considérable de palais et de villas, parmi lesquelles il faut citer : le « casin » de Saint-Marc pour le cardinal de Médicis, le palais Luca degli Albizzi, le palais Marnccelli, le palais Capponi, le palais Castelli, le palais Biccardi, le palais Granfigliozzi, la façade du palais Strozzi, le palais et le casino Pruti, pour les Salviati et, hors Florence, le palais Bardi, dans le comté de Verbellezza, la Sapienza à Pistoja, la villa delle Falle , aux Guadagni, un pont qui s’écroula d’ailleurs peu après son achèvement et fut réédifié par l’ingénieur Bertolelti. Silvani mourut à Florence, en 1076, âgé de plus de quatre-vingt-dix ans, et laissant un fils, Pietro Francesco Silvani qui termina les travaux laissés inachevés par son père et donna les plans de l’église des pères de l’Oratoire; mais nous ignorons la date de sa mort. Une restauration, en 1626, de l’église des Bénédictins, par Matteo Segaloni, et la construction de l’église de l’Annonciation, par Pietro Tucca, complètent à peu près la période dont nous retraçons l’histoire architecturale.
Aux noms des Silvani, architectes d’édifices civils, on peut ajouter celui d’Alfonso Parigi, le restaurateur du palais Pitti qui menaçait de s’écrouler. Florence doit d’ailleurs à Parigi, mort jeune encore, en 1656, les palais Scarlali et Salviati (commencé par Silvani père) et le cloître de l’église San
Spirito. Comme ingénieur, il répara les digues de l’Arno et fil plusieurs travaux de fortifications en Allemagne. On lui attribue même, mais à tort, le château de Bensberg, près de Cologne. C’est également un architecte florentin nommé Pascale Poccianti, qui, vers 1732, commença la rotonde unie à labibliothèque dite Laurentiana , œuvre de Michel-Ange, puis de Vasari (1524); rotonde qui n’a été, du reste, terminée que de nos jours, en 1841 . Poccianti restaura aussi le palais ducal et, comme ingénieur, établit la citerne et l’aqueduc de Livourne. A rappeler seulement les noms de : l’architecte du couvent et de l’église des Jésuites, Antonio Settignano; de l’architecte en 1787, du portail de l’Académie des Beaux-Arts de Florence, Niccola Paoletti; de Rossi ou Zanobi del Rosso, l’organisateur de la galerie des Arts, celui qui transforma la Grande salle, celle de la Niobe et celle des Bronzes, de façon à leur permettre de recevoir les collections qu'on y admire maintenant.
Dans les villes de l'Italie de moindre importance (à l’exception de Venise et de Naples), comme à Borne, à Florence, à Milan, s’ouvre, avec le xvnc siècle, l’ère des architectes et des œuvres sans valeur. Triste nomenclature que nous allons donner rapidement.
Pietro de Marino, en collaboration avec Giovanni et Antonio Mozetti, élèvent, vers 1680, l’église Saint-Pierre à Aram; Machinardo cherche à imiter Saint-Vital de Bavenne dans la construction (1010) d'une petite église qui sert aujourd'hui de tribunal à la ville d’Arezzo ; Basso Mazzoli dirige, de 1004 à 1625, la coupole de la cathédrale de Brescia, « la plus grande de l’Italie, dit Du Pays, après Saint-Pierre de Borne». A Cremone, Luigi Bianzani, né en 1750, à Crémone, membre de l’Académie de Florence, ne justifie guère son titre par ses productions sans originalité : les palais Fadigoti et Cutli à Casalmaggiore, l’église de Comesaggio et la villa Ala Ponzoni à Borgolielto. En 1745, Domenico Navone ou Navonna, pourtant fait chevalier de l’ordre du Christ, est le collaborateur de Bainaldi, lors de la construction de Santa Maria de Miracoli à Borne, et l’architecte de l’église Saint-François, à Civita Vecchia. A Crémone, on se contente de restaurer (?) la vieille église Saint-Clément de Gonzague; architecte Carlo Mariani (1590); à Ferrare, un seul nom à citer : celui d’Antonio Foschini, architecte de l’esca-