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CHAPITRE XI

On donne comme celui de l’architecte du premier lieu de réunion des marchands et négociants de Berlin le nom de Simon, d’ailleurs inconnu; ce qui est certain, c’est que l’édifice fut au moins continué par Becherer, né à Spandau en 1746. Cet architecte, élève de Buring et de Hildebrand, suivit la construction du Manège et de l’Académie des sciences et mourut conseiller du roi, à Berlin, en 1823. Mais pour nous, le véritable auteur de la Bourse est l’architecte Charles Gothard Langhaus, né è Landshut (Silésie) en 1733. Après avoir fait un long voyage en Europe, pendant lequel il examina avec soin tous les édifices, Langhaus acquit vite la réputation d’excellent architecte et fut nommé, en 1753, conseiller au département des bâlimenls, puis chef de ce département, et enfin membre de l’Académie des sciences de Berlin et de Bologne. On comprend que, dans ces conditions, les travaux ne manquèrent pas à Langhaus; aussi a-t-il laissé des œuvres nombreuses parmi lesquelles il nous suffira de citer : le palais Hatzfeld, la tour de l’église Sainte- Marie, le Nouveau-Théâtre, l’Ecole vétérinaire et la Brancleburger Thor (la porte de Brandebourg) à Berlin; à Breslau, l’église des « Onze mille Vierges ». Un incendie a détruit, en 1817, le théâtre élevé sur les dessins de Langhaus, et celui qu’on voit aujourd’hui est dû à l’architecte Schinkel, mais nous pouvons parler de la porte de Brandebourg ou arc de triomphe, imitation assez gauche des Propylées d’Athènes, placée à l’extrémité de « l’avenue des Tilleuls ». Elle présente une colonnade composée de : 1° douze grandes colonnes de lm,80 de diamètre et de 14“,30 de hauteur; 2° de dix-huit colonnes plus petites de 1 mètre de diamètre et de 8 mètres de hauteur, réunies ensemble par un entablement hors de proportion avec la dimension des colonnes; au centre de l’entablement s’élève, sur un socle, une Victoire debout sur un char à quatre chevaux, le lout en cuivre laminé, fabriqué par un chaudronnier de Berlin, nommé Jurg, sur les dessins de Schadow. On passe par cinq ouvertures sous la « porte de Brandebourg » que dépare absolument la construction de deux baraques renfermant, l’une le posle et l’autre un bureau télégraphique.

Langhaus mourut, comblé d’honneurs, en 1808. Son continuateur dans la construction du théâtre fut Frédéric Gottlieb Schadow, né à Berlin en 1761 et qui, en 1794, fut nommé*

inspecteur des bâtiments de la Couronne, puis membre de l’Académie de Berlin. Membre aussi de l’Académie de Saint- Pétersbourg, Schadow a dû laisser quelques œuvres en Russie, mais nous ne les connaissons pas. Berlin doit à Bods ou Bodt, un Français né en 1070, fuyant sa patrie après la révocation de l’édit de Nantes, la construction de l’Arsenal dont Nehring et Schlüter avaient donné le plan que Bods modifia heureusement, en suivant les inspirations du goût français de cette époque. A Potsdam, le même architecte éleva le portail du château de ville et l'église protestante (1728) puis fut chargé des fortifications de Wesel qu’il orna de plusieurs portes monumentales. II entra alors au service du roi de Saxe. Là, il continua avec la collaboration de Longuelume, de 1729 à 1733, le « Palais Japonais » de Dresde commencé par Pdpelmann, ainsi que nous l’avons dit et c’est dans cette ville qu’il mourut en 1745.

Un autre Français d’origine, Charles Gontard, né à Manheim en 1738, élève de Blondel, plus heureux que Riedel, a laissé le « Palais de Marbre » achevé en 1788 par Langhaus, construction assez carrée avec une façade en marbres blancs et rouges alternés, placée assez disgracieusement au milieu des prairies qu’arrose la Havel. C’est en 1 7 G 5 , à l’inspiration de Frédéric II, que Gontard éleva cet édifice, après avoir travaillé à l’église française de Berlin de 1780 à 1 781 , puis aux ponts dits de l’IIôpital et de la Tour du roi. Pendant un premier séjour fait à Bayreuth jusqu’en 17G5, il y avait construit le château et le temple du Soleil, construction octogonale couronnée d’une coupole ornée de pilastres corinthiens accouplés, puis, de 17G5 à 17G9, les communs du château de Friedrichskron à Potsdam. La construction du palais de Marbre avait été précédée de celle des deux clochers qui couronnent les églises de la place des Gendarmes à Berlin (1780) où Gontard mourut en 1802.

Nous arrivons aux successeurs de Knobelsdorf, deMemhard, de Nehring dans la construction du château de Sans-Souci à Potsdam. Ce sont, par ordre de date : Richter Johann-Heinrich- Rudolphe qui naquit à Bayreuth en 1748, fut élève de son père Budolplie-Heinrich, dont nous parlons ci-après, et mourut en 1818, architecte de quelques maisons à Berlin ; le baron Wilhelm Friedrich von Erdmannsdorf, né à Dresde en 173G, mort à Dessau en 1800, qui modifia les intérieurs de « Sans-Souci » et

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