CHAPITRE XI
commencé par Nehring, ainsi qu’à l’hôtel de ville depuis remplacé par l’édifice fort inléressanl de terre cuite qu’on y voit aujourd’hui et mourut en 1707. Les collaborateurs de Grünberg lurent André Krüger, architecte de Nauendorf, mais plutôt décorateur, mort à Berlin à l’âge de quarante ans, en 1759, ensuite un Italien du nom de Giovanni Simonettiou Simoneti, né à Boverdo, qui avait quelque temps travaillé à Prague, avec Grünberg, à l’église de Friedrichsladt, et avec Gerlach, l’architecte de l’église allemande, puis acheva le château de Zerbst ; ajoutons que cet architecte mourut à Berlin en 1716, à l’âge de soixantequatre ans et nous en aurons fini avec sa biographie.
Un an après la mort de Grünberg naissait Johann-Friedrich Grael, dont le nom est resté attaché, en Allemagne, à la chute malheureuse de la tour de l’église Saint-Pierre, quartier de Cologne. Grael était né à Quelilz en 1708 et fut élève de Bôhm et de Dietrichs; il put heureusement asseoir sa réputation d’architecte autrement que sur l’œuvre que nous venons de rappeler : auteur de l’église du faubourg de Spandau et du palais du comte de Kamki pendant le temps de sa disgrâce (qui suivit l’accident de l’église Saint-Pierre), il construisit un manège à Scliwedt et des casernes à Bayreuth. La mort de Grael arriva en 1740. Son maître Friedrich-Wilhelm Dietrichs, dont le nom vient d’être prononcé, était né à Metz en 1701 et ne mourut qu’en 1757, à Berlin. Il fut l’un des meilleurs architectes d’édifices privés que connut Berlin pendant le xvnf siècle. On lui doit entre autre la maison Keller, où se trouve actuellement la chancellerie impériale et un projet de façade pour le palais de Sans-Souci.
A la suite d’un voyage par nous fait en Allemagne, en 1 887 (1), nous écrivions : « Derrière l’Opéra, écrasé sous une immense calotte noire, pierre ou bronze, j’entrevois un édifice sur la destination duquel je suis obligé de me renseigner : c’est une église, Sainte-Hedwige, construite de 1747 à 1773, selon Bædeker. Fort bien, mais où je ne suis plus d’accord avec l’auteur du Guide en Allemagne , c’est lorsqu’il la prétend bâtie sur le modèle du Panthéon de Borne. Le Panthéon n’a rien de commun avec Sainte-Hedwige, heureusement pour lui. » Nous n’avons rien à retirer de notre appréciation peu indulgente
(1) L'empire allemand à vol d'oiseau.
sans doute, et nous regrettons d’avoir à dire que l’église et la coupole sont de Henmann, un architecte allemand sur le compte duquel les biographes sont, du reste, absolument muets. L’église de la cour, Hof-Kircke ou Dom-Kirche, date de 1748 et eut pour architecte Boumannpère, sur la vie duquel les renseignements nous manquent également . L’œuvre de Boumann valait mieux cependant qu’un pareil oubli; sa façade de la Hof-Kirche sur le « Lustgarten », entre le palais Royal et la Bourse, se présente bien avec son vestibule hexastyle et sa lanterne centrale surmontée d’une coupole renflée à sa base, dans le genre adopté par les architectes russes. On pourrait seulement demander plus d’élévation aux deux tronçons de tours coiffés d’une calotte qui accompagnent le vestibule. Nous en reparlerons du reste en faisant la biographie de Schlœtzer, qui en a restauré l’intérieur en 1817. Boumann laissa un fils architecte comme lui, auquel Berlin doit sa Bibliothèque publique, édifice sans valeur, construit en 1780.
Un élève plus sérieux de Boumann, Heinrich Riedel, né en 1 748, à Schleiz, après avoir fait des éludes d’architecture et de peinture à Berlin, devint le collaborateur de son maître dans la plupart de ses constructions : l’Académie, l’Université, etc., et mourut inspecteur des bâtiments du roi, assesseur du grand collège d’architecture à Berlin en 1 778, mais ses biographes ne citent de lui aucune œuvre personnelle. Conrad Titel ne nous est, de même, connu que grâce à son titre d’intendant royal et de conseiller du roi de Prusse obtenu en 1788. Né à Potsdam en 1754, élève de Manger et de Gontard, dont le nom suit, il mourut à Berlin en 1832.
Un Hollandais, Jean-Georges Memhart, mort vers 1675 ou 1679, construisit, sur l’emplacement de la Bourse actuelle, un pavillon où la cour se réunissait, pavillon d’ailleurs détruit peu après par Frédéric II; le terrain sur lequel il s’élevait servit quelque temps de place d’Armes, puis fut donné aux commerçants de Berlin qui y construisirent la Bourse. Memhart avait d’abord été employé comme ingénieur par le grand électeur Frédéric-Guillaume et, à ce titre, avait entouré de fortifications la résidence royale, puis élevé au milieu des marécages qui entouraient alors Berlin, le château d’Oranienbourg, pour la princesse Louise-Henriette d’Orange.