CHAPITRE XII
sur un piédestal, sa hauteur totale est cîe 02 mètres. Elle est creuse et contient un grand escalier de marbre noir qui conduit au chapiteau, du milieu duquel s’élève un cippe surmonté d’une urne en bronze doré vomissant des flammes. Sur les faces du piédestal sont placés des bas-reliefs allégoriques, représentant la situation de Londres après la grande catastrophe, exécutés par Cibber.
Les autres édifices religieux, construits par Wren après l’incendie de 1006 sont d’abord : l’église Saint-Etienne de Walbrook. Le plan de ce dernier édifice était presque un parallélogramme divisé latéralement par quatre rangs de colonnes corinthiennes, dont les deux du centre dessinent un octogone régulier supportant une coupole décorée de caissons et surmontée d’une lanterne. Ensuite Sainte-Mary-le-Bone, qui avait péri dans la grande catastrophe de 1606. Celte église était ornée de cinq campaniles, un à chaque angle de l’édifice el un au centre; ils étaient surmontés de lanternes allumées pendant la nuit, et « semblaient être des phares destinés à guider les voyageurs ». Lorsque l’on déblaya les ruines, on mit à jour les traces d’un temple ou d’une église romaine qui parurent (à Wren être la crypte de l’édifice primitif, dont la date lui semblait se rapprocher assez de la conquête normande (1281) et que l’on avait réédifiée en changeant son premier plan, en 1512. Christophe W ren profita de ces fondations pour élever la nouvelle construction. Sa forme est, comme celle de beaucoup d’églises de Londres, à peu près carrée, divisée sur chaque côté par des colonnes d’ordre corinthien; dans l’intérieur, l’entablement n’est pas continu; des arcades s’élèvent au-dessus de la corniche qui supporte un plafond cintré orné de panneaux. Le côté Es! est éclairé par cinq fenêtres, une grande et quatre petites séparées par deux colonnes engagées. Au centre de l’entrecolonnement se trouve un superbe autel. Le côté Ouest présente la même architecture, si ce n’est que l’autel est remplacé par la grande porte surmontée d’un orgue faisant face à l’autel. Les colonnes sont peintes en porphyre avec chapiteaux dorés. Le clocher placé sur le porche d’entrée est formé d’une tour carrée flanquée de pilastres d’ordre ionique, surmontée d’une pyramide conique, forme généralement adoptée dans les églises de style ogival. Sur les angles de la tour sont placées de
petites pyramides, rappelant les pinacles des églises gothiques.
L’église Saint-Bride, dans FleelStreet, est aussi de Wren. Commencée en 1G68 et terminée en 1680, elle est surmontée d’une lour carrée, avec tlèclie en forme d’obélisque, mesurant une hauteur de GO pieds (anglais). Une plinthe circulaire forme la hase du clocher, qui consiste en quatre étages de colonnes, de différents ordres, au-dessus desquels s’élève le clocher. L’intérieur de l’église est éclairé par six fenêtres, dont trois carrées et trois en plein cintre. L’entrée principale ouverte dans la tour du clocher est d’ordre ionique et couronnée par un fronton circulaire. L’église Saint-James Westminster, construite sous le règne de Charles 11 (1684), quoique de dimensions respectables, fut réservée comme chapelle dédiée à saint Mathieu, jusqu’en 1684. Transformée alors en paroisse, elle fut consacrée, cette même année, sous le vocable de saint James. A l’intérieur, deux rangs de colonnes, d’ordre corinthien, forment une grande nef et deux bas côtés; derrière l’autel, une grande verrière à deux étages de colonnes d’ordre composite éclaire l’église du côté de l’Est.
L’Angleterre doit aussi à l’architecte dont nous esquissons la biographie l’église de Saint-Duslan élevée en 1667 ; le théâtre d’Oxford commencé en 1664 et achevé en 1G69, aux frais de Gilbert Scheldon, archevêque de Canlorbéry et chancelier de l’université d’Oxford, le Temple-Bar qui date de 1670, le collège de l’hôpital de Chelsea, fondé par Charles 11 pour les soldats invalides, de 1683, la douane du port de Londres, le palais épiscopal de Winchester, la façade de l’appartement du roi à Hampton-Courtet une partie de l’iiôpital de Greenwich, commencé nous l’avons dit, sur les dessins d’Inigo Jones, le palais de Marlborough dans le parc Saint-James (1709), etc. Wren fut enfin chargé de la réfection de certaines parties de l’abbaye de Westminster dont il acheva les deux tours et mourut le 23 février 1723, à quatre-vingt-onze ans (1). La bibliothèque du
(i) Voici l’épitaphe qu’on lit sur la pierre tumulaire de Wren :
SUBTUS CONDITUR HUMUS ECCLESIAE CONDITOR CRISTOPHORUS WREN QUI VIX1T ANNOS ULTRA NONAGINTA,