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CHAPITRE XII

colossal , ainsi qu’on l’appelait en France; ce spécimen fut la façade de Saint-Paul, avant sa réédifîcation par De Wren, dont nous parlerons ci-après.

Inigo Jones avait visité la France, l’Allemagne et l’Italie avant d’aborder la construction des édifices qui l'ont rendu aussi célèbre en Angleterre, qu’en Italie Palladio, dont il avait éludié longtemps les œuvres à Venise. Outre ses travaux à White-Hall et à Saint-Paul, il construisit, en 1629, le palais de la reine-mère et la grande galerie du palais Sommerset ; à Greenwich, il donna le plan de l’hôpital dont on peut admirer encore aujourd’hui les excellentes dispositions et le palais de lord Pembroke à Wilson; mais le consi rucleur de l’hôpital fut un de ses élèves, nommé Webb. Cet architecte n’est d’ailleurs connu que par la construction effectuée, de 1661 à 1671, de diverses maisons de campagne : celle de lord Carlslon en Wiltshire, celle de Torsley à Nollinghamshire, une autre dans le comté de Cambridge et le palais du comte de Straffort, dit Sleinborough, en Yorkshire. Inigo Jolies mourut en 1651, après avoir enrichi d’observations et de notes l’édition de Palladio publiée en anglais par Jacques Léoni.

C’est par erreur que plusieurs auteurs ont attribué à Inigo Jones la paternité d’un autre hôpital construit de 1628 à 1650, à Edimbourg : Hériot’s Hospital. L’auteur de ce remarquable édifice, qui ne compte pas moins de 47 mètres de côté, et présente quatre façades flanquées à chaque angle de tours carrées surmontées de tourelles, était un architecte écossais nommé William Aytoun, dont le portrait figure dans la salle du Conseil de l’hôpital avec ce titre : Master Mason to Hériot’s Werke, « maître maçon de l’œuvre d’Hériot ». Quand nous aurons ajouté que F hôpital d’Hériot est décoré dans ce style mixte qui date du règne d’Élisabeth et qu’au-dessus de l’entrée principale s’élève une tour carrée de 34 mètres de hauteur, couronnée d’un dôme, nous en aurons terminé avec l’œuvre d’ Aytoun, sur lequel nous ne possédons aucun renseignement biographique.

Le terrible incendie qui, en 1666, dévora la plus grande partie de la Cité de Londres, nécessita la reconstruction d’un grand nombre d’édifices civils ou religieux. Le hasard permit qu’un architecte anglais se trouvât à propos pour tirer Londres de ses ruines. Celui qui allait ainsi illustrer son siècle et sa

mémoire s’appelait Christophe Wren; il était neveu du prélat Mathieu Wren, et né à East Knoyle, dans le comté de Wilts, le 20 octobre 1032. A peine âgé de vingt-cinq ans, Wren professait l’astronomie, la gnomonique, la statique et la mécanique à Oxford, au collège de Gresliam. Élu membre, en 1663, de la Société royale de Londres qui venait d’être fondée, il fut, après l’incendie de 1666, nommé architecte du roi, en remplacement de John Denham qui venait de mourir et put donner la mesure de ses capacités architecturales dans un plan général de réédification de la Cité de Londres; mais ce plan ne fut adopté qu’en partie, malheureusemcul pour la capitale de l’Angleterre.

En 1673, il jela les fondements de l’église Saint-Paul dont la première pierre fut posée le 1er juin 1675 et le chœur ouvert au service divin à la fin de 1697. L’aspect de l’édifice est d’un grand effet ; la façade est formée de deux étages de colonnes d’ordre corinthien et l’entrée principale couronnée d’un beau fronton sur les angles duquel sont placés des piédestaux, surmontés de statues colossales représentant saint Paul et les évangélistes. Chaque côté de ce fronton est flanqué d’un campanile ou heifroi, décoré de colonnes corinthiennes. L’église, en forme de croix laline, est à 1 rois nefs; l’intersection de la nef et du transept est surmontée d’un dôme immense, supporté par deux étages au-dessus de la voûte de la nef, tous deux d’ordre corinthien, avec entablement et au sommet du dôme est une lanterne élégante qui supporte un globe et une croix en cuivre doré. Outre l’entrée principale, il en existe deux autres, une à chaque extrémité du transept. Des portiques en plein cintre et décorés de pilastres ou colonnes d’ordre corinthien séparent les trois nefs; sur l’entablement viennent reposer les pleins cintres qui soutiennent les voûtes et forment galerie audessus des portiques latéraux. L’intérieur de Saint-Paul, aussi bien que son extérieur, fait de cet édifice une œuvre d’un certain caractère, malgré les critiques qui n’ont pas manqué de se produire, avec raison, selon nous.

W ren, en même temps, élevait à Londres cette grande colonne (qu’on appelle du nom seul de Monument ), construite en pierre, à l’endroit même où avait commencé le terrible incendie dont on a parlé plus haut et dont elle était destinée à perpétuer le souvenir. La colonne est cannelée et d’ordre dorique, reposant

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