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CHAPITRE XII

de lord Leimpsler. Hawksmoor mourut en 1736 à Bleinheim, avant d’avoir achevé le mausolée qu’il y construisit, en collaboration avec Van Brugh, dans le château du duc de Marlborough.

Ce John Van Brugh, né en Angleterre en 1679, d’une famille originaire de Gand, avait d’abord pris la carrière des armes qu’il ne larda pas à quitter pour se livrer entièrement à son goût pour le théâtre. Puis, ne trouvant pas de salle de spectacle disposée selon ses vues, il mit à profit les quelques connaissances qu’il possédait en architecture pour en faire construire une à Londres, à l’usage de la troupe dont il se fit le directeur, avec Congrève pour associé. C’est ce théâtre de l’Opéra, à côté de Hay-Market, qui fut détruit par les flammes en 1789 et sur l’emplacement duquel l’architecte anglais Novosielski a construit le Nouvel Opéra de Londres. Du reste, Van Brugh fit marcher l’architecture avec la direction théâtrale et le nombre de ses travaux est important : une maison de plaisance qui n’a pas moins de 106 mètres de façade, à Blencheim, pour le duc de Marlborough, un palais dans le Lincolnshire pour le duc de Lancastre et Carnavon, une maison dans le comté de Dorst pour le chevalier üoddinglon. Ayant obtenu en 1704, l’office de « roi d’armes », il abandonna la direction théâtrale à son associé Congrève et parvint, en 1715, à l’emploi d’architecte des bâtiments de la couronne, puis l’année suivante, à celle d’inspecteur de l’hôpital de Greenwich qu’il orna d’un assez beau portail d’ordre dorique dont les colonnes ont près de deux mètres de diamètre* avec un pavillon à chaque extrémité, couronné d’un fronton semi-circulaire. Malgré les imperfections que présentent les ouvrages de Van Brugh, on ne peut refuser à cet architecte le mérite d’y avoir su distribuer à propos des effets qui attirent l’œil, s’ils ne contentent pas toujours l’esprit. Il mourut à Winschall, le 26 mars 1 726.

L’église Saint-Martin in Fields, construite par Gibbs en 1726, sur l’emplacement d’une ancienne église portant ce nom et qui avait été démolie en 1720, est formée d’un vaste parallélogramme précédé d’un portique de colonnes corinthiennes couronnées d’un fronton orné de l’écusson royal d’Angleterre. Sur la partie qui sépare l’intérieur de l’édifice du portique, s’élève une tour de deux étages, flanquée de pilastres ioniques, au milieu de laquelle on a placé le cadran de l’horloge; elle se continue

par une tourelle surmontée d’une pyramide octogonale. Les façades latérales, décorées de pilastres d’ordre corinthien sont terminées par une balustrade en pierre; les entre-pilastres sont percés d’une double rangée de fenêtres cintrées. James Gibbs, l’architecte de Saint-Martin, mort le 5 août 1754, était né à Aberdeen en 1685 et avait travaillé comme architecte en Hollande, une fois ses études artistiques terminées. Outre Saint- Martin in Fields, il a laissé, à Londres, les églises Sainte-Marie dans le Slrand et Saint-Nicolas; l’Église-Neuve à Derby, puis, comme édifices civils : à Cambridge, le collège du roi, la bibliothèque et la salle du sénat dont Bourough, un inconnu pour nous, avait dessiné les plans; à Oxford, enfin, la bibliothèque Radclifie.

A Southwark, un des faubourgs de Londres, s’élevait, à la même époque, l’église de Saint-George Martyr, pour remplacer l’église primitive devenue insuffisante cl ce fut l’arcbiteclc John Price qui en posa la première pierre en 1734. L’église de Saint-George de Southwark n’offre d’ailleurs rien de remarquable que des tombeaux d’illustrations anglaises enterrées dans l’ancienne basilique. La date de la naissance de Price et celle de sa mort de nous sont inconnues. Nous en dirons autant de Jessé Gilson, qui, en 1791, fut l’architecte de l’église Saint- Peter the Poor , sorte de hall éclairé par une lanterne qui couvre un tiers de l’édifice. L’église est précédée d’un porche décoré de colonnes ioniques composites et surmontée d’une tour à deux étages, dans la partie basse de laquelle se trouve un cadran; ajoutons que des vases enguirlandés marquent les quatre angles de la tour et nous aurons tout dit de cet édifice.

Ce n’est pas à la suite du concours ouvert entre les architectes anglais que la maison destinée à loger le premier magistrat de la ville, Mansion-Ilouse , fut bâtie. Le concours n’eut aucun résultat et le projet de palais signé de Palladio, que proposait lord Burlington repoussé, « parce que Palladio était papiste » ; l’on adopta celui d’un architecte protestant anglais nommé Georges Dance, né en Angleterre, le 20 mars 1741, fils d’un architecte du même nom, qualifié « architecte de la ville de Londres ». C’est à son retour d’un voyage en Italie, où il avait reçu une médaille d’or de l’Académie royale de Parme, pour un projet de palais des Beaux-Arts, qu’il succéda à son père. On

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