CHAPITRE XII
posa la première pierre de « Mansion-IIouse » le 25 octobre 1739, et 1’édifice, entièrement en pierre de Portland, fut terminé en 1753. La façade est précédée d’un portique de six colonnes cannelées, d’ordre corinthien, qui embrassent les deux étages; le même ordre est employé dans les pilastres qui correspondent aux colonnes du frontispice; corinthiens aussi sont les pilastres qui régnent autour du monument. Le portique est élevé sur un rez-de-chaussée massif, bâti en bossage et on y accède par un escalier à double rampe, muni d’une balustrade en pierre; le fronton qui le couronne majestueusement est enrichi d’un basrelief, très bien exécuté par Taylor. Un atlique percé de mezzanines, surmonté d’une balustrade, court le long de l’édifice. L’intérieur est loin de répondre à la majesté de l’extérieur, la distribution des pièces est mal faite et les escaliers sont incommodes. Antérieure à cette œuvre de Dance, qui d’abord s’était adonné à la peinture, fut la petite église de All-Hallows (1 765), d’une architecture assez médiocre; les églises Saint-Luc (1782) de Thoredilh, de Belhnangreen et de Aldgate lui sont postérieures. Mais c’est principalement par la construction des édifices civils que cet architecte consacra sa réputation : en première ligne, la prison de Newgate (1769) qui a servi de modèle à la plupart des établissements de ce genre, pendant près d’un siècle, la prison de la rue Gilto, l’hôpital des Fous, la maison de la Compagnie des Indes (Est), la façade de Guiid-Hcd /, l’Institut britannique et enfin « Mansion-IIouse » dont nous venons de faire une courte description. Dance, à qui l’Angleterre doit un nombre considérable d’hôtels et de cottages et le château de Stralton, présenta, en 1802, un projet remarquable ayant pour objet l’amélioration du port de Londres, mais il mourut le 14 janvier 1825 sans l’avoir vu accepté, professeur à l’Académie d’architecture d’Angleterre, membre des Académies de Saint-Luc et des Arcades de Home, membre de la Société royale et de la Société des antiquaires de Londres.
A la place où s’élève aujourd’hui Sommerset-House, se trouvait jadis l’immense palais construit par Édouard Seymour, duc de Sommerset, en 1519. Ce palais fut démoli en 1775 et c’est d’après les dessins de Chambers qu’on le réédifia . William Chambers, né à Stockholm en 1726, mort à Londres, le 8 mars 1796, membre des Académies de Florence et de
Paris, attira d’abord l'attention de ses contemporains par les « jardins chinois » qu’il créait, après des études faites en Chine même, à l’âge de dix-huit ans : les jardins de Ivew, par exemple. Présenté à lord Bull, il obtint immédiatement la place de professeur de dessin du prince royal qui régna peu après sous le nom de George II; puis il fut successivement contrôleur général des bâtiments du roi et trésorier de l’Académie des arts. On peut citer de lui, dans Piccadilly, la résidence du duc d’York « l’Albany », l’observatoire de Richmond et enfin Sommerset- Ilouse qui est certainement l’œuvre la plus considérable de Chambers.
La façade de Sommersel-House, sur le Strand, se compose d’un soubassement formé de neuf arcades, dont trois, celles du centre, sont ouvertes et donnent accès dans la grande cour d’honneur. Sur les clefs des arcades sont sculptées des têtes d’une dimension colossale représentant l’Océan et huit glandes rivières d’Angleterre; les assises de pierres sont en bossage; du dessus du soubassement au deuxième étage s’élèvent dix colonnes corinthiennes couronnées de leur entablement. Les trois fenêtres du milieu sont surmontées d’un altique divisé en trois parties par quatre statues colossales. La façade sur la rivière présente une belle terrasse élevée d’environ douze mètres audessus du lit de la Tamise, sur des voûtes massives; les bâtiments s’étendent le long du fleuve, mais des maisons particulières forment les ailes de l’édifice à droite et à gauche. Disons en terminant que, comme ingénieur, Chambers collabora avec Adams à l’établissement du pont de Blackfriars à Londres. Outre des vues des jardins de Kew, plusieurs ouvrages sur l’architecture chinoise et un Traité de décoration des édifices civils avec Essai sur l' architecture grecque, Chambers laissa un Traité d'architecture civile orné de 40 planches (Londres, in-f°, 1759 et in-f°, 1768).
Cet Adams, dont on vient de lire le nom et dont le prénom était Robert, fut aussi, avec la collaboration de son frère James, l’auteur d’un grand nombre d’édifices publics et privés construits dans un quartier de Londres, de 1762 à 1792 et qui portent encore le nom d ' Adelphi en souvenir de celle collaboration fraternelle. Telles sont, notamment, les deux galeries soutenues par des colonnes qui régnent d’une extrémité à l’autre de la