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CHAPITRE XII

Conquérant, mais qui menaçait ruine en 1735. L’édifice, commencé en 1737, fut terminé en 1740. C’était une église à trois nefs, mais l’insuffisance des fonds ne permit pas à l’architecte de lui donner toute l’importance qu’il désirait; du reste, elle a été détruite par le feu en 1843. Flitcroft donna les plans de l’église de Giles in Fields , de l’abbaye de Woburn, de l’église Saint-John, à Hampstead, en 1745, et fit rebâtir, en 1749, l’église de Wimpole dans le comté de Cambridge. En dehors de ces édifices publics, il exécuta de nombreux travaux pour des particuliers et mourut le 25 février 1769, à Teddington (Middlesex). L’église de Saint-James de Westminster construite par Wren eut à subir, au commencement du xvme siècle, les modifications de Thomas Archer, mort le 23 avril 1743, intendant des Menus-Plaisirs du roi George. Le critique Halton les à pourtant louées sans réserve, ainsi que Saint- Philippe de Birmingham, le temple de Wresl et l’église de Saint-Jean de Westminster, de même que Walpole a raillé sans pitié les quatre beffrois de ce dernier édifice dont Archer fut également l’architecte, en 1712. On lui attribue encore Burlington House dans Piccadilly, la villa du duc Kent dans le comté de Bedford, l’hôtel de Rowhampton dans celui de Surrey, le château de Cliefden dans le comté de Buckingham, etc.

Outre les églises de Londres que nous avons citées déjà, le xviiC siècle vit s’élever, en Angleterre, quelques édifices religieux : l’église Sainte-Marie à Islington dont la première pierre ' fut posée le 28 août 1750 et qui était achevée en 1754, sous la direction de Lancelot Dowbiggin, architecte qui concourut à la construction du pont de Blackfriars. A citer aussi des restaurations aux cathédrales d’Elv et de Lincoln et à la chapelle royale de Cambridge par l’architecte James Essex, né à Cambridge en 1723, mort en 1784, membre de la Société des antiquaires de Londres, pour laquelle il a écrit plusieurs monographies d’édifices anglais.

Du reste, le nombre des maisons particulières, hôtels et villas, élevées pendant le xvme siècle, en Angleterre, est considérable; mais nous devons dire que l’architecture en est, généralemenl , pauvre et sans originalité. « La Renaissance anglaise, dit un Anglais, M. Lawrence Harvey, comme la Renaissance allemande, est surchargée d’ornements et ne connaît ni principes, ni pro-

portions; lorsque plus tard elle alla prendre ses inspirations en France, elle ne sut. jamais acquérir ce tact, cet art de savoir ménager des elTels, qui distingue F architecture française à toutes les époques, même au moment où la Renaissance semble le plus dévergondée. » Toutefois, fidèles au titre de notre livre, nous mentionnerons chacun des édifices loués par les contemporains des architectes qui les ont élevés, ne serait-ce que pour affirmer, avec preuves à l’appui, la fâcheuse puissance de la mode en architecture comme en toute autre chose.

Voici d’abord le château de Wollalon, construit en 1600, par John Thorpe dont le nom seul nous est connu; celui de Welbeck pour le duc de Newcastle élevé en 1604 par John Smithson qui se fit une certaine réputation auprès de ses contemporains, dans le genre « italien », comme on disait alors ; Buckingham House établie en 1705 dans le parc de Saint-James et démolie depuis pour faire place au nouveau Palais Royal construit par l’architecte J. Nash en 1825. Pugin, que nous avons consulté à cet égard, ne contient que des critiques de l’édifice, critiques qui se résument en ceci : que tout y avait été sacrifié à l’escalier, qui pourtant manquait de grandeur dans le sens artistique du mot, et que les appartements présentaient, dans leur décoration, des « barbarismes de civilisation alors en vogue ». A mentionner ensuite les hôtels du duc de Devonshire, la Treasury dans Piccadilly, la maison de Isabella de Finch’s dans Berkeley square, « le Temple de Vénus » à Slowe, qui, tous, sont l’œuvre de William Kent. Né dans le comté d’York, en 1682, de parents très pauvres, Kent mérita, par son intelligence, la protection du comte de Burlington, grâce auquel il put séjourner quelque temps et étudier les maîtres en Italie; mais c’est surtout à la peinture qu’il s’adonna, ainsi qu’à l’art de tracer les jardins, à l’imitation de ceux des Chinois, et que nous avons improprement baptisés, français, du nom de jardins anglais. Kent reçut du comte de Leicesler, en 1734, la mission de construire le château de Holkham, sa résidence, fil quelques additions à la cathédrale d’York et mourut en 1748, avec le titre d’architecte des bâtiments royaux.

Un Italien de Venise, Giacomo Leoni, mort en 1747, fut appelé, vers 1730, pour construire l’hôtel du marquis d’Angle^ sey près de « Burlington Garden ». Cet hôtel, connu ensuite sous

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