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CHAPITRE XII

aux acteurs parlants de la danse, de la musique, de la pantomime, etc. Tout cela constituait déjà un spectacle nouveau, lorsque en 1801, Lourdale donna sur celte scène une série d’exhibitions d’animaux et d’habitants exotiques sous le titre de Egyptiana et y gagna des sommes considérables. Ce ne fut qu’en 1808, que l’architecte A. Arnold, fils du docteur Arnold, demanda l’autorisation de transformer Covent-Garden en Opéra anglais; mais cette autorisation ne lui fut accordée que pour les représentations d’été et c’est ainsi qu’il marcha jusqu’en 1812, époque à laquelle la déconfiture successive des différents directeurs de « Drury-Lane » lui fit obtenir la permission de bâtir son théâtre sur un plan beaucoup plus considérable. La façade est à l’alignement des maisons du Strand. Elle présente un portique en pierre de huit colonnes d’ordre ionique sur deux rangs qui sont d’ailleurs reliées par une grille en fer et supportent un balcon de pierre, au centre duquel s’étend une large tablette sur laquelle est gravée le mot Lyceum. Au-dessus du rez-de-chaussée s’élèvent trois étages percés de fenêtres, trois par étage, surmontées d’un fronton uni; enfin la partie pleine, au-dessus de ces fenêtres, est occupée par deux panneaux sur l’un desquels est écrit le mot « Théâtre Royal » et sur le second « Lyceum Tavern » (Taverne du Lyceum). Le même architecte a élevé à Londres deux autres théâtres : le théâtre Saint-James dans King’s Street et le théâtre dit de Borton; ajoutons que d’ailleurs X English Opéra de Arnold a été presque détruit par le feu le 16 février 1830, et que celui qui existe actuellement et qui date de 1834 est dû à S. Beazley; nous réservons donc l’occasion de donner sur la vie de ce dernier tous les détails nécessaires.

L’Amphithéâtre royal de Westminster-Bridge eut pour architecte (ou plutôt pour constructeur) Philip Astley, né à Newcastle under Tine, en 1742, mais qui vint à Londres et travailla avec son père jusqu’en 1759. Grand amateur de chevaux et remarquable écuyer, il commença par donner des représentations dans un manège particulier; puis il construisit un cirque qu’il appela Royal Grove et postérieurement « Amphi théâtre des Arts », comprenant à la fois une piste et une scène ; mais l’édifice fut brûlé en 1794, pendant que Astley faisait le coup de feu, comme volontaire, sur le continent. Relevé dès 1795, le cirque d’Astley fut une seconde fois consumé le 2 septembre 1803; alors, doué

d’une énergie peu commune, Astley le rouvrit de nouveau en 1804 et mourut en 1814, à Paris, où il venait diriger les travaux du cirque que l’on y construisait alors. Le plan de la salle est une ellipse; la scène est la plus profonde de celles que présentent les théâtres de Londres, et peut contenir vingt chevaux et un mailcoach. La façade est de brique sans’ ornement, avec un simple portique de bois carré, mais l’entrée des galeries est en contrebas de la rue et séparée de la façade par plusieurs maisons. Les écuries, construites sur un des côtés de la scène à la droite de la salle, sont très spacieuses.

Le Britïsh Muséum , le grand musée d’art des Anglais, fut d’abord l’hôlel Montagu construit, vers 1687, sur l’ordre de Ralph, duc de Montagu, ambassadeur d’Angleterre en France, par Pierre Puget, ainsi que nous l’avons dit en écrivant la biographie de cet artiste ; mais ce que nous n’avons pas dit, c’est qu’il eut pour collaborateurs avec Rousseau, Delafosse et Baptiste ses compatriotes. L’hôtel Montagu était un vaste édifice à deux étages, percés chacun de dix-sept fenêtres, avec un sous-sol aéré par des mezzanines en nombre égal à celui des fenêtres. 11 se composait, comme façade principale, d’un pavillon central et de deux pavillons à chaque extrémité, le pavillon central étant couvert d’un dôme à quatre faces suivant la coutume de ce temps. La très vaste cour, par laquelle on pénètre ensuite, était bordée sur les trois autres côtés de bâtiments du même style. A la réception des marbres d’Elgin et des antiquités de l’Égypte, on résolut un remaniement complet de l’édifice et on en chargea, vers 1804, l’architecte Smirke, dont nous aurons à parler en faisant l’histoire des édifices anglais de notre siècle. Nous terminerons celle du précédent siècle, en Angleterre, en citant : la grande loge des francs-maçons de Londres, Free- Mason's Hall , quoiqu’elle soit, à proprement parler, une maison particulière, sans autre façade que celle de Blasons Tavern. Ajoutons seulement, qu’elle fut construite, en 1776, sur les dessins de Thomas Sandby.

Peu d’édifices religieux furent élevés, dans le reste de la Grande-Bretagne, pendanlles xvif et xvnfsiècles. Nous trouvons pourtant un architecte d’églises dans Henry Flitcroft, surnommé Harry Burlington, né le 29 août 1697, constructeur de l’église Saint-Olaff, à Southwark, qui existait déjà sous Guillaume le

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