CHAPITRE XII
Un ouvrage en deux volumes, publié en 1787, contient les plans, coupes et élévations de maisons et de villas dues à l’architecte James Paine, élève de Jersey. Ce sont deux maisons à Londres, Pall Mail street; puis hors de Londres, la maison de campagne de Cowik Hall en Yorkshire pour lord Downe, Brandling, le palais du prince de Cobourg, la maison de campagne du chevalier Abraham Dixon, celle de lord Galway (Serlby), celle du comte Scarborough à Landbeck, celle de Bywell en Norlhumberland, celle d’Axwell (au baron Clavering) près de Durham, Hopkinson House, près de Wackefield, la maison de Saint-Yves près Bradford, la Banqueting House élevée dans le parc du chevalier Schuttleworth en Yorkshire, Tornhton Hall pour lord Peter en Ecosse, le palais de plaisance de lord Scarsdole, dans le comté de Derby qu’il ne put achever; Brochet Hall pour lord Melburn, à Essex ; la villa du chevalier Wallinger appelée Hare Hall en Essex ; un « Casin » dans le parc de Weston en Straffordshire, la maison de Doncaster et le château de YVarbourg, etc., etc. Nous ajouterons à cette nomenclature déjà bien longue, la villa de Chaftworth où se trouvent des écuries dont les portiques forment manège, un mausolée dans le jardin de Gibside près Durham, la loge maçonnique dans le parc de Bramham en Yorkshire, un temple octogone dans le parc de Giptal, un pont sur la rivière de Dervent et un autre pont sur le Trent à Welden. De plus, Paine a laissé le plan du palais de Worship Mannour House , au duc de Norfolk « qui aurait été le plus grand de l’Angleterre si on avait exécuté strictement le plan de l’artiste ».
Un architecte anglais, plutôt écrivain que constructeur d’édifices, Joseph Givilt, né le 11 janvier 1784, fut élève de son père et passa une partie de sa jeunesse en Italie. C’est à son retour qu’il éleva le château de Markree en Irlande et l’église Saint-Thomas à Charleston; mais il doit surtout à deux ouvrages ayant pour titre : l 'Encyclopédie cl' architecture historique, théorique et pratique publiée en 1827, et Origine des Caryatides , publié en 1824, d’avoir échappé à l’oubli. D’après F iorillo, la maison dite des « Sessions », la prison de Warwick, l’église de Terburg dans Glocestershire et une tour dans le jardin du comte de Norfolk, composent tout le bagage architectural de Francis Hiorne décédé, à quarante-huit ans, en 1789.
Pugin ne cite pas Emlyn parmi les architectes anglais du xvnic siècle; il est cependant constant qu’il restaura, en 1770, la coupole du château de Windsor et modifia sensiblement les dispositions de l’édifice. Il ne cite pas davantage Samuel Wyatt, auteur du Trinity House de Londres, dans l’architecture duquel il fit preuve des connaissances sérieuses qu’iT avait acquises, d’ailleurs, pendant un assez long séjour en Italie. Trinity House commencé en 1793, fut terminé en 1798, ce sont les seules dates que nous possédions concernant son architecte. Il ne faut pas le confondre avec James Wyatt né à Burlon, dans le comté de Stafford en 1743, que sa réputation fit appeler en Russie par l’impératrice Catherine II. A la construction du Panthéon, dans Oxford Street, qui le plaça immédiatement parmi les premiers architectes de l’Angleterre, Wyatt ajouta l’église d’Hanworlh et le palais de Law Courts (1 808). Dans cet édifice sont placées la Cour du Banc de la Reine (équivalant à notre Cour suprême), celle de l’Échiquier (Cour des comptes), celle des « Common Plaids » (affaires civiles), la cour du Vice-chancelier et la haute cour du Chancelier, la « Bailcourt », cour des cautions, etc. La salle d’audience de la chancellerie éclairée par une lanterne et entourée de galeries a un aspect assez original. Wyatt fil d’ailleurs des travaux considérables de restauration cà l’abbaye de Fonthill, au palais des Lords, à la chapelle de Henri VII, aux châteaux de Windsor, de Doddington-Hall, de Kew, etc. Peintre également, il remplaça Benjamin West à l’Académie de peinture et mourut en 1813.
Dans les diverses provinces de l'Angleterre, les communes et les universités ordonnent des travaux ; mais ce n’est pas dans ces constructions de briques qui, pour la plupart, ressemblent aux ateliers des manufactures auxquelles elles servent de centre qu’il faut chercher des modèles d’architecture. Tels sont : le tribunal d’York construit par l’architecte Carr vers 1750, la grande salle de Holkam, à Norfolk, achevée en 1764 par John Brettingham auquel on attribue aussi le dessin des quatre pavillons donnant sur la grande cour du palais de Heddelstone, propriété de lord Scamdole dans le comté de Derby, commencé par James Paine, le palais de la Monnaie de Dublin qui date de 1769 et eut pour architecte Colley, le palais de l’Université de