CHAPITRE XII
celte même ville élevé en 1787 sur les dessins de Williams Chambers et qui eul pour constructeur, d’après Wiebeking, Graham Myerr. Le bâtiment de la Banque de Dublin qui était en même temps la maison commune fut commencé, en 1729, sur les plans de Cassel, par Edward Lovet Pearce, et achevé, dix ans après, par Arthur Dobbs; il ne reste rien, d’ailleurs, de cet édifice détruit par un incendie en 1792 et reconstruit la même année par Gandon. On cite ce dernier, sans autre désignation, mais Wiebeking lui attribue le palais de justice de Dublin en 1786. Architecte de la ville de Chester dont il construisit le palais de justice, la prison et un pont d’une seule arche sur la Dee, ThomasHarrisson était né à Wackefield(comlé d’York) en 1744 ; après avoir fait le voyage d’Italie où il obtint une médaille d’or et le litre de membre de l’Académie de Saint-Luc, comme auteur d’un projet d’embellissement de la Piazza del Popolo à Borne, il revint dans sa patrie avec un bagage classique considérable. C’est en s’inspirant des édifices de l’antiquité romaine qu’il éleva à Liverpool Y Athenæum et la tour Saint-Nicolas, à Manchester la Bourse, la Bibliothèque et le Théâtre, à Shrewsbury la colonne d’Hill, à Holyhead, l’Arc de Triomphe, à Moel Famma la Tour du Jubilé en commémoration de la cinquantième année du règne de George III et en Ecosse le château de Broomehal. Harrison mourut à Chester le 29 mars 1829. Wood qui le précéda, fut, en 1749, le premier architecte du Town Hall de Liverpool reconstruit en partie en 1795 après un incendie. A Oxford, le bâtiment dépendant du collège Christ Church nommé Pekwater eut pour architecte Clarkson ou Clark George, né en 1660, qui fut, en 1680, membre du collège de Fontes Ames, à Oxford, puis avocat général de Charles II, secrétaire de la guerre sous Guillaume III, secrétaire privé du prince George de Danemark, ministre de l’Amirauté sous la reine Anne et mourut en 1736. Ajoutons-y la reconstruction de la bibliothèque de l’Universilé de Cambridge, entreprise en 1795 par l’architecte Stephan Wright, la chapelle du collège Clare Hall, également à Cambridge, élevée en 1763 par James Bourough, auteur du projet d’après lequel a été élevée, nous l’avons dit, la salle du Sénat de celle ville. A Oxford, l’observatoire dont la partie supérieure est la reproduction exacte de la « Tour des Vents » d’Athènes, a pour architecte Henri Keene dont le nom seul nous est connu.
Nous avons déjà parlé du vieux pont de Londres, chargé de constructions suivant l’usage ancien, à l’occasion de l’incendie de 16G6 qui le détruisit en partie ; disons qu’au milieu du xviue siècle une véritable révolution s’accomplit en Angleterre dans la construction des ponts. Déjà en 1736, Hawksmoor, dans un opuscule intitulé « Histoire abrégée du pont de Londres », avait conclu à la nécessité d’en construire un nouveau devant Westminster; la première pierre de ce pont fut enfin posée, le 29 janvier 1739, par lord Pembroke; mais l’achèvement, retardé par suite de la rupture de l’une des piles qui entraîna toutes les autres, n’eut lieu que le 10 novembre 1750. L’architecte, ingénieur du pont de Westminster, fut un Suisse né à Yevey, François-Charles Labelye; mais mal récompensé de son œuvre par les Anglais, Labelye quitta l’Angleterre pour la France et mourut à Paris vers 1762. La construction du pont de Blackfriars fut résolue peu après, en 1756 et confiée, en 1760, à un jeune architecte écossais, Robert Mylne, qui revenait précisément de Rome où il avait fini ses éludes. Dix années plus tard, ce pont était terminé et l’arche du milieu, qui présente cent pieds (anglais) de vide, est certainement une œuvre hardie et qui fait honneur à l’architecte ingénieur. Hors de Londres, nous citerons seulement le pont construit sur le Taufen par William Edwards, né dans le pays de Galles en 1718, mort en 1789, et celui sur la Lilfey, œuvre d’Alexandre Stevens auquel l’Irlande doit l’aqueduc de la Lane et plusieurs autres travaux qui témoignent de scs connaissances comme ingénieur. Nous savons seulement que Stevens mourut à Lancastre en 1796.
Avant de terminer celte notice sur les Anglais, nous devons accorder une mention à un savant, leur compatriote, qui fit, au xviiP siècle, sur le chauffage et la ventilation des appartements, des travaux remarquables que nous consultons encore aujourd’hui : Benjamin Thomson Rumford, membre de la Société royale de Londres, associé à l’Institut, né en 1753 à Rumford et mort à Paris le 21 août 1814. Du reste, on ne peut guère citer de lui, comme architecte, que les petites constructions qui ornent le jardin (tracé par lui) du palais du roi de Bavière, à Munich.