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CHAPITRE XIII

Dans les Pays-Bas, la lutte se circonscrit entre l’architecture classique et celle inaugurée par les Jésuites. — L’architecture des édifices civils flamands, des xvii0 et xvm° siècles, est un compromis entre les principes de la Renaissance et le style italien de la décadence. — Les architectes français succèdent, dans l’Extrême-Nord, aux architectes italiens et laissent en Russie et en Suède des élèves remarquables. — L’introduction de la religion réformée en Suisse, suspend d’érection des édifices religieux. — Les édifices publics et privés de l’époque présentent une grande simplicité de style.

Nous avons dit précédemment que les Pays-Bas n’avaient pu se soustraire longtemps aux idées nouvelles que la Renaissance y avait introduites et propagées, alors surtout que la Flandre déjà réunie à l’Espagne parle mariage de Philippe le Beau avec Marguerite de Bourgogne, en 1496, devint en 1555, après l’abdication de Charles-Quint (qui, cependant était un Gantois), une province espagnole; le séjour des Espagnols dans les Flandres, depuis cette époque jusqu’en 1566, acheva la révolution architecturale déjà commencée. Lorsqu’enfîn éclata la révolution qui chassa les Espagnols et enleva en même temps à l’Espagne sept des plus belles provinces des Pays-Bas, les traditions de l’art ogival y étaient déjà bien oubliées et les applications du style nouveau aux constructions des siècles précédents devinrent, malheureusement, la règle en architecture.

Les architectes flamands allèrent si loin, et les idées de Borromini se propagèrent, dans les Flandres, avec un si déplorable succèsqu’onnedevrait point s’étonner d’y trouver, parmi les édifices des xviie et xvuic siècles, des constructions entières dans le goût des architectes italiens de celte époque. Il est vrai que le bombardement de Bruxelles, résolu par LouisXIV en 1695, elle siège de 1746, par le maréchal deSaxe, en ont fait disparaître un certain nombre de cette ville, et que les édifices civils ou religieux anté-

rieurs à cette époque qui résistèrent aux bombes ou à l’incendie furent réparés, du commencement du xviCsiècle à 1792, date àlaquelle la Flandre eut à subir une nouvelle invasion de la France.

Pendant un quart de siècle encore, dans les Pays-Bas, les arts eurent à subir une éclipse douloureuse; ce n'est véritablement qu’à partir du 21 septembre 1815, quelques mois après la bataille de Waterloo, que les artistes y prirent possession d’eux-mêmes et trouvèrent, pendant quinze années, le calme nécessaire à l’enfantement des grandes œuvres; enfin la révolution de 1830 qui sépara violemment en deux parties l’ancienne Flandre semble avoir été plus favorable que nuisible au développement de l’art architectural, principalement en Belgique, ainsi que nous le démontrerons en faisant l’histoire des architectes belges et hollandais au xixc siècle.

Nous avons mentionné, dans les chapitres précédents, les premiers essais d’architecture Renaissance datant du commencement du xvic siècle, et cité les noms de Lombart, de Franquart, de Coeberger, de Van Mausdaële, de Corneille de Vrient, etc. Dans le siècle suivant, Amsterdam voit à son tour s’élever son Hôtel de Ville; mais le terrain marécageux et sablonneux sur lequel allait être fondé l’édifice obligeait l’architecte à des travaux préliminaires considérables; aussi, en quelques lignes, le « Guide d’Amsterdam » de 1772 nous fait connaître que c’est à la suite de l’incendie qui dévora, le 7 juillet 1042, l’ancienne maison de ville que fut résolue l’édification du nouvel Hôtel de Ville à la place même où avait été le précédent et il ajoute : « Ce fut le 20 janvier de l’année 1648 qu’on enfonça les premiers pilotis qui devaient servir de fondements à ce batiment énorme dans un terrain marécageux où l’on a été obligé d’enfoncer jusqu’à 13 659 pilotis, ce qui ne put être fait que le 6 octobre. Dès le 28 du même mois de la susdite année, sous les bourguemaîlres Wouter Walkenier, Dr Gérard Schapp, Gerbrand Claasz, Paneras et Corneille de Graaf, l’on commença par bâtir les murailles; la première pierre qui était de marbre en fut posée par quatre personnes dont les noms étaient écrits dessus ainsi qu’il suit : Gerbrand Pancras, Jacob de Graaf, Sybrant Walkenier et Pierre Schapp fils et neveux de messieurs les Bourguemaîtres le xxvm oct. MDCXLvm. Trois ans après, le 29 juillet 1655, les cortèges de la magistrature tirent leur entrée dans le nouvel Hôtel

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