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CHAPITRE XIII

balustrade de marbre qui fermait le maître-autel avait coûté 40000 florins. Nous parlons au passé de l’œuvre de d’Aguillon, car elle disparut, à l’exception du chœur et du portail, dans un incendie qui éclata le 18 juillet 1718 et ce qu’on en voit aujourd’hui est dû à Pierre Huyssens ou Hégio, jésuite brugeois qui réédifia Saint-Charles-Borromée, après cet incendie, avec la collaboration du statuaire Quellyn. Le père d’Aguillon mourut en 1617, au moment où s’achevait son œuvre.

L’église des Augustins, également à Bruxelles, fut commencée en 1642 pour l’exercice du culte protestant et n’a d’importance que par sa façade. La chapelle de l’hôpital Saint-Jacques, autrefois Notre-Dame-de-Bon-Secours, œuvre de Jean Cortvriend, n’a de remarquable que le dôme qui la couronne. C’est aussi un édifice du xvne siècle puisqu’il fut élevé de 1664 à 1694; mais les renseignements biographiques sur Cortvriend nous font absolument défaut. L’œuvre principale de Fayd’herbe, l’église Notre-Dame d’Hauswick, à Malines, reconstruite sur l’emplacement d’un couvent de l’ordre du Val-des-Écoliers est également du xviie siècle. Là encore, la coupole venue de Saint- Pierre, en passant par le Val-de-Grâce et la Sorbonne, remplit le principal rôle. L’église du Collège des Jésuites et celle du Béguinage de Malines, commencées sur les dessins de Franquart furent continuées, en 1640, sur ceux de Fayd’herbe et achevées en 1674. Deux statues remarquables signées de cet artiste ornent la façade de cette dernière, car Lucas Fayd’herbe, né le 20 janvier 1617, à Malines où il mourut le 31 décembre 1694, était surtout un sculpteur, un élève deRubens, et Saint-Rombaut de Malines, comme Sainte-Gudule de Bruxelles, possèdent de lui des bas-reliefs et des statues d’une grande valeur. En 1657, Fayd’herbe commença aussi l’église du Béguinage de Bruxelles et puisque nous avons prononcé deux fois ce mot de « béguinage » qu’on nous permette de dire en quelques mots à nos lecteurs français que les béguinages sont des maisons de retraite pour les femmes et les filles qui ne se lient que par des vœux temporaires et peuvent toujours rentrer dans le monde. Pendant la féodalité, ces retraites étaient, pour la plupart, défendues contre toute agression par une enceinte de murailles et de larges fossés. Ajoutons que les murailles et les fossés ont disparu et que l’institution elle-même tend à disparaître de la Belgique, n. 21

On doit enfin à Fayd’herbe l’église et l’abbaye d’Averbode (Campine) 1604-1670, la chapelle de Tour et Taxis à Bruxelles, les églises Saint-Pierre et Saint-Michel à Louvain, la façade du collège communal établi dans la commanderie de Pitsembourg, édifice de 1684, l’hospice des Vieillards établi en 1062 dans le couvent de Lehendal et l’hôtel de ville de Duffel près Malines. Quant à l’église des Jésuites de cette dernière ville elle eut pour architecte un jésuite nommé Guillaume Hesius et non Fayd’herbe, comme on l’a prétendu, mais ce fut le jésuile Huyssens, mentionné plus haut, qui éleva la tour remarquable de l’église des Jésuites, à Anvers, vers 1674.

L’église Saint-Pierre de Gand qui avait été érigée vers 548 tombant en ruines, en 1629, l’architecte Léon Van Santhen d’Utrecht est chargé d’en construire une nouvelle. L’église Saint- Pierre est considérée par certains auteurs comme un des plus beaux que l’art archilectural au xvn° siècle ait produits en Belgique. Nous devons dire que Van Santhen avait passé plusieurs années de sa jeunesse à Borne où il était connu sous le nom de Vansanzio. Malheureusement l’artiste ne vit pas la fin de son œuvre qui fut achevée en 1720 par Maltheys; mais nous ignorons la date de sa mort.

Il nous reste à mentionner, avant d’aborder les architectes du xvuT siècle, Neyn, fils d’un tailleur de pierre, né à Leyde en 1597, mort en 1639, auquel est du le Palais de l’Uni versité de celte ville; le religieux Théodore de Haze auquel durent leur chapelle les Carmes déchaussés de Bruges; Dortsmann, architecte, en 1669, de l’hôpital des orphelins wallons dit la Waale Weshuis , à Amsterdam et, en 1688, de l’église luthérienne de cette même ville ; Henri de Pas ou Paschen (l’auteur du plan de la Bourse de Londres, brûlée en 1666), qui éleva en 1668 la maison llanséatique ou des Oosterlings; cet édifice, qui servait d’entrepôt aux villes de la « Hanse teutonique », n’a de remarquable que sa longueur et sa largeur, d’environ 85 mètres. Donnons aussi une mention à l’architecte de l’hôpital des Veuves indigentes, à Amsterdam, élevé en 1650, à ce Daniel Stalpaert, collaborateur de Van Campen à l’Hôtel de Ville d’Amsterdam sur lequel, du reste, les recueils biographiques ne nous ont fourni aucun renseignement; enfin à l’architecte (peut-être Bosboom) de l’hôtel de ville de Maestricht commencé en 1659, terminé

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