II
Beners, achève en 15021a construction du château de Karlstein, élevé sur les plans de Peter Arler, ainsi que nous l’avons dit (1) et travaille, dit-on, à la cathédrale de Prague; mais rien n’est moins certain. Ce qui l’est davantage, c’est que Johann Walther, né à Breslau en 1526, donna le plan des tours de l’église Sainte- Croix de cette ville. Classé au rang des premiers architectes que compta l’Allemagne à cette époque, il fut bourgmestre de Dresde et mourut eu 1588. De 1523 à 1529, Hans von Weinsberg érige à Heilbronn (Wurtemberg) la tour occidentale de l’église Saint- Kilian, haute de 78 mètres, et refait le bas côté gauche de l’église surmonté d’arcs en ogive. Après les deux incendies qui dévorèrent aux trois quarts les constructions de l’église Saint- Étienne de Vienne, en 1449 et en 1514, de grandes réparations furent jugées nécessaires et c’est l’architecte Léonard, dont nous venons de parler, qu’on en chargea ; ce que nous savons, de plus, c’est que ces travaux ne furent définitivement terminés qu’en 1519. Toutefois, avant cette époque, était déjà construite la grande tour restée inachevée; architecte, Jorg Khleig mort, d’après Hermayr, en 1506.
Un des édifices religieux les plus importants de l’Allemagne est, sans contredit, la cathédrale d’Ulm. Commencée en 1377 par un inconnu, elle eut comme architectes, de la tin du xvc siècle à 1507, Bernhard Winkler et Lienhart Aeltlin dont les noms sont inscrits sur la dernière colonne qui porte un bénitier remarquable de G. Sürlin. Elle est tout en briques, sauf la façade qui est de pierre et sillonnée de la base au sommet de lignes élégantes qui atténuent le contraste de cette partie de l’édifice avec les autres parties. Malheureusement, le « Münster » d’Ulm n’a jamais été achevé; le regard n’en peut voir que la tour, de proportions qui semblent énormes, étant donné qu’elle n’a que 112 mètres de hauteur au lieu de 158 qu’elle devrait avoir. Sa base forme un porche à trois portes de hauteur égale, haut de 15 mètres et orné de bas-reliefs et de statues du xve siècle. Au surplus, les piliers de la nef centrale sont couverts de sculptures variées à l’infini et dont la délicatesse révèle l’influence de la Renaissance dans cet édifice de pur style ogival à trois nefs et
(1) Volume premier, page 193. Quarante ans après il ne restait de l'édifice que les deux ailes et la grande salle. E. Sadeler a publié une vue de ces ruines on 1607.