CHAPITRE Y
présentant 162 mètres de longueur, 68 mètres de largeur et 47 mètres de hauteur.
En 1556, Halsmann on Hasmann répare l’église de Saint- Maurice à Halle construite en 1156 par l’architecte Diochstadt que nous avons omis dans notre premier volume et Bernhard Tappel, architecte de Annaberg en Saxe, construit, en 1532, la (our octogonale de l’église Sainte-Anne de cette ville (1). Mais il n’en reste plus rien aujourd’hui, l’église ayant été incendiée en
L’église de Mersebourg avait été conçue par l’évêque Dithmar, et des architectes inconnus avaient réalisé le plan de l’évêque. En 1535, un architecte allemand appelé Johann Mortel répare le dôme de cette église et y ajoute un vestibule supporté par deux colonnes. En 1548, Matheus Schirmann construit l’église de Guben dans le Launitz, et en 1 558 Jorg Stern, architecte ducal d’Ingolsladt, dirige les travaux de l’église des Jésuites de cette ville ainsi que de leur collège. C’est à cette époque qu’eut lieu, le jour de Saint-Michel, à Strasbourg, le congrès des tailleurs de pierre qui protestaient contre la déchéance de l’art ogival ; Stern en fit partie et reconstruisit le château d’Ingolstadt selon les anciennes traditions architecturales alors encore en vigueur en Allemagne, ainsi qu’on le voit par ce congrès. C’est dans ce même congrès que fut décidée la construction du chœur avec la chapelle confiée en 1559 à Gerhard de Schellard. Quiconque a visité cet antique monument de l’art roman s’est demandé sans doute comment les artistes du temps acceptèrent, sans la critiquer, l’énorme disproportion de ce chœur avec le reste de l’édifice.
Architecte d’Innsbrück, Thuring Nicolaus fit, en 1 553, le plan de l’église de cette ville dite des Franciscains, église de la Cour ou delà Sainte-Croix, sur les ordres de Ferdinand Ier. L’édifice, achevé dix ans plus tard par un Italien, Marco délia Bolla, n’a rien de bien remarquable : la voûte repose sur une double rangée de dix colonnes entre lesquelles se trouvent des statues colossales de bronze, fondues, de 1563 à 1583, par les frères Étienne et Melchior Gall, Grégoire Laffler et Hans Londenstreick, et qui appartenaient autrefois au tombeau de l’empereur Maximilien. Le portail Henaissance, élevé postérieurement à l’achèvement
(1) Suivant une chronique du temps, la partie inférieure de cette tour avait eu pour architecte Conrad Schwab.
de l’édifice, est l’œuvre de l’architecte italien Girolamo Lunghi.
Un autre Italien, Giovanni Vostale, au service de l’empereur Rodolphe II, éleva également, vers 1575, la petite église et le château de Podiehrad; mais, comme on le verra plus loin, c’est surtout à la construction des châteaux que les^ Italiens furent employés par les Allemands. Ainsi Marens Spatz, architecte de l’église paroissiale de Reichemberg, de 1579 à 1587, est de Lanz en Bohême; Lorenz Adler, architecte de l’église de Sainte-Barbe en Wurtemberg (de 1519 à 1580) est Allemand; Wolfgang Muller et Guandelfinger qui construisentà Munich l’église Saint-Michel, de 1583 à 1597, sont Allemands. Bonifacius Wolmutt et Caspar Steinmetz Sapoy qui, en 1547 et 1579, firent des travaux à Saint-Étienne de Vienne, étaient Allemands; Michel Hunger, l’architecte de l’église écossaise de Vienne, élevée vers 1 590, était également Allemand. Allemand aussi, Paul Frankel, qui avait construit, de 1593 à 1612, pour le duc Henri-Jules de Brunswick, l’université de Helmstadt ; mais il est plus connu par sa création de l’église de Wolfenbuttel. Cet édifice, qui date de 1004, est ogival de plan et de construction quoique les formes en soient empruntées au style de la Renaissance. Conrad Stuss ou Stufs qui termine le chœur et la tour de l’église Sainte-Afra à Augsbourg, de 1594 à 1603; Jorg Niedermayer qui termine, vers 1600, l’église du couvent de Michelsberg; Kager Johann Mathias, plutôt peintre qu’architecte, mais qui construisit cependant, vers 1620, l’église de Zwiftallen étaient originaires de Munich.
Le xvic siècle vit donc s’élever en Allemagne un assez grand nombre de châteaux et de maisons de plaisance ; mais on comprend que les causes qui provoquèrent en France le désir d’imiter l’art italien lui ayant manqué, l’introduction en Allemagne des principes nouveaux se fit d’une façon beaucoup plus lente et plus incomplète. Nous indiquerons, en les désignant, ceux de ces édifices dans lesquels on remarque les caractères de la Renaissance.
L’électeur de Brandebourg, Joachim II, fait construire, en 1540, par Caspar Thiess, considéré comme l’un des maîtres de l’époque, le vieux palais électoral de Berlin auquel Schliiter fit subir plusieurs modifièations, ainsi que le château de chasse de Grunewalde sur le portail duquel figurait sa statue à côté de celle de l’électeur. Quelques années plus tard, en 1573, Jean-Georges chargeait l’architecte prussien Didier Corbien de tracer le plan