CHAPITRE VI
l’hôpital de celte ville; Miguel de Santa Celaz et Juan de Urrutia construisent en 1507, l’église paroissiale de Saint-Vincent, à Guipuzcoa, en 1508; Hurtado de Luna pose la première pierre de celle d’Irun et Benedito ou Benito Oger est présumé l’architecte de la ville de Reuss. En 1512, Juan Compero fut chargé d’élever l’église et le couvent de San Francisco de Torrelaguno, mais l’édifice était à peine commencé que Compero l’abandonna pour se rendre à Salamanque où un concours était ouvert à l’effet d’élever une cathédrale. On sait que le projet choisi fut celui de Hontanon; Compero vint donc reprendre ses travaux au couvent pour lequel il construisit un aqueduc. En 1513, Juan Gil de Hontanon, élève la cathédrale de Salamanque dont Henrico de Egas avait donné les plans; mais elle a aussi, pour constructeur, un autre Gil de Hontanon dit el Mozo, puis, après la mort de ce dernier arrivée en 1577, la construction de cet édifice reste suspendue jusqu’en 1585, époque à laquelle le chapitre confie les travaux à Martino Ruiz, le premier d’une famille d’architectes espagnols honorablement connus.
Hontanon, second du nom, eut aussi le bonheur d’être l’architecte de la cathédrale de Ségovie, « le dernier édifice de style ogival qu’on vit s’élever en Espagne » (1). Certains biographes citent un troisième Gil de Hontanon avec le prénom de Pedro qui, disent-ils, termina, en 1553, la façade de l’église du collège fondé par le cardinal Ximénès à Alcala de Henares. Juan de Badajoz, un des neuf architectes chargés par le chapitre de choisir l’emplacement de la cathédrale de Salamanque, commença, vers 151 5, l’édification de la principale chapelle de Saint- Isidore de Léon, mais l’œuvre principale de cet architecte est le cloître du monastère de Saint-Zoïle de Carrion, commencé en 1537 et fini en 1577 par Juan de Celaya et Pedro de Torres. Il fit, déplus, la façade d’ordre dorique du couvent de Saint-Marc à Léon et fut inspecteur des travaux de la cathédrale de Burgos.
En 1514, Pedro de Larren construit le couvent d’Alcantara et, en 1515, Juan Andres et Pedro Alvarez élèvent dans l’île Canarie l’église de la Lagune, dont Manuel Pinedo fit la tour en 1619.
En 1517, l’église d’Uriel, diocèse de Cuença, est continuée par
(1) Une mention doit être donnée à l’appareilleur de Gil de Hontanon, Garcia de Cubillas, qui n’abandonna le travail qu’à sa mort arrivée en 1562.
Juan de Vedana, puis par Diego de Penalacia en 1576; en 1818, Pedro de Mazuecos construit le pont auquel on a donné son nom sur le Guadalquivir et le pont « de l’Evêque » ; Juan de la Valla dirige les travaux de l’église de Santa Cruz de Teneriffe aux îles Canaries; Domingo Urteaga de Biscaye donne le plan de l’église Sainte-Marie de Cocenlaina en 1535 et Martin Regil prend la direction de la construction de la tour de Yunquera, diocèse de Tolède; en 1521, Pedro de Harra jette les fondements du collège de Santiago de Salamanque avec le concours de Gil de Hontanon et de Covarrubias dont il est question un peu plus loin et construit une des chapelles de l’église militaire d’Alcantara. Cette dernière, semi-ogivale, semi-renaissance date de 1550 « et prouve avec quelle peine les Espagnols abandonnèrent les traditions architecturales du moyen âge ». En 1522, l’ingénieur Pedro de Malpaso, construit la forteresse de Pampelune; en 1523, l’église de San Pablo à Cuença, s’élève parles soins de l’architecte Francesco de Luna, auteur également du pont hardi, qui relie le couvent à la ville; enfin, en 1524, c’est Juan de Alava de Viltoria, qui commence l’érection du couvent de Sant Esteban de Salamanque, continué après sa mort par Juan Ribero Lada, Pedro Guttierez et Diego de Salcedo. De ce même Alava est sans doute aussi le pont d’Alvala sur le chemin de Madrid en Portugal attribué par erreur, suivant Hernandez, à l’appareilleur de notre architecte.
L’édification de l’église de Guetaria en Guipuzcoa fut confiée, suivant un contrat de 1526, à l’architecte Domingo de Buztinobiaga qui mourut en 1529 et eut pour successeur Martin de Amentia et Vicente Zahube, mais Amentia et Zahuhe moururent également sans avoir achevé la tour qui ne l’a jamais été depuis. La voussure du portail principal, œuvre de Domingo Cardaveray (1605) est soutenue par quatre colonnes d’ordre ionique qui font disparate avec le monument construit d’ailleurs en style ogival.
C’est en 1523 que l’évêque Alonso Manrique, sans comprendre qu’il enlevait à la mosquée de Cordoue son caractère d’originalité, n’hésita pas à faire démolir une partie de la façade de cet édifice, un des rares spécimens de l’architecture moresque, pour y ajuster un chœur et un transept. Fernando Ruiz se chargea de cette mutilation; il éleva aussi, d’une façon notable, le sol