CHAPITRE Vil
La France prend, en architecture, la première place; mais en haine des fantaisies italiennes, elle substitue à l’élégance et à la grâce de la Renaissance la majesté pesante et massive. — Les conceptions artistiques de Henri IV, interrompues par sa mort prématurée, sont reprises par le cardinal Richelieu. — Palais à Paris, châteaux en province. — Le Val de Grâce, la Sorbonne, la Salpêtrière, les Invalides, etc., sont inspirés par Saint-Pierre de Rome.
L’Italie, livrée tout entière aux aberrations de l’école de Borromini, mort en 1667, perd définitivement le rang auquel l’avaient portée les grands architectes italiens de la Renaissance. Aux magnifiques inspirations de l’art antique se substitue une sorte de « restauration catholique » dirigée par le pape et les jésuites. Elle pénètre dans la sphère de l’art et prétend le conquérir comme elle domine les successeurs de Charles-Quinl elle veut dominer en France ceux de Henri IV. Mais la place abandonnée par l'Italie, à partir de cette époque, est recueillie par la France qui l’a conservée depuis, encore que nos architectes soient peut-être définitivement descendus de l’éternel idéal où se placèrent les maîtres des grands siècles. Dans l’architecture religieuse, l imitation italienne séduit malheureusement les meilleurs génies des xvne et xvmc siècles et si l’architecture civile résiste à l’entraînement, elle substitue, du moins, aux traditions laissées par la génération des Bullant, des Lescot, des de l’Orme, une emphase majestueuse qui, n’étant plus associée à la pureté du goût, « présente la force sans la grâce, la solidité sans l’élégance et ne produit, le plus souvent, que des conceptions pesantes et massives ».
L’architecte du xvne siècle exagère les assises saillantes employées avec justesse par Philibert de l’Orme et couvre ses lourds bossages de vermiculations ( vermicelli ) ; il rompt maladroitement les grandes lignes de la construction et cherche des effets pittoresques dans le mélange de la pierre, de la brique et de l’ardoise ;