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CHAPITRE IX

collabora avec Richard à la construction des casernes de Nancy et des portes de Saint-Stanislas et Sainte-Catherine; puis se démit de ses fondions d'inspecteur des bâtiments de la ville de Nancy en faveur de son fils Louis-Joseph Mique, né à Nancy le 22 février 1757, auquel on doit, suivant quelques biographes, la construction de l’hôtel de ville de Ponl-à-Mousson.

Un des élèves de Richard, élève aussi de Lartigue et de Boulin, Louis-Guy Combes, né à Podensac (Gironde) en 1754 ou 1758, grand prix d’architecture en 1781, attacha son nom à la construction du dépôt de mendicilé de Bordeaux (aujourd’hui petit séminaire) et delà salle de l’Athénée; hors de Bordeaux on lui doit le château Margaux et divers édifices publics à Bazas, Agen, Angoulême, Toulouse, etc. Combes fut également le restaurateur de l’église Saint-André de Bordeaux; il y releva les aiguilles des deux flèches et mourut dans celte ville le 7 mars 1818, membre de l’Académie de Bordeaux et correspondant de l’ Insti tut.

Les frères Mollet, Armand-Claude et André-Armand, rebâtirent, en 1718, du moins en partie, l’hôtel d’Humières et à la demande de Louis d’Auvergne d’Evreux l’hôtel construit rue du Faubourg-Saint-Honoré, hôtel ensuite acheté par madame de Pompadour. Armand-Claude Mollet fut admis à l’Académie d’architecture en 1099 et mourut en 1722; contrôleur des bâtiments du Louvre, André-Armand mourut en 1758. On lui attribue sans doute à tort une collaboration presque générale aux œuvres d’Armand Claude son frère; ce qui est certain, c’est qu’ils furent, de 1718 à 1722, confrères à l’Académie. Les hôtels de Vertu et de Saint-Simon, rue de Bourbon, ceux d’Auvergne, rue Saint-Dominique et de Vaucourt, rue de l’Université; la manufacture royale de rubans de Paris (1 746) et deux autres manufactu res à la Villet te et à Saint-Denis, ainsi que la maison de campagne du marquis de Beaufîremont, près Besançon, furent construits, de 1730 à 1746, par l’architecte Mouret, néàMoussyle-Vieux en 1701, auquel on doit également l’Hôtel-Dieu près le Buen jReliro (1751), à Madrid.

Vingt années après l’incendie de 1753, le duc de Chartres, auquel appartenait alors le Palais- Royal, voulut agrandir sa résidence en entourant le jardin, sur trois côtés, de galeries destinées à des boutiques susceptibles de contenir tous les produits

parisiens et d’auires encore, puisqu’il n’éiaitplus guère possible aux femmes de s’y promener autrement qu’au bras de leur mari. Ce fut un architecte déjà connu par une œuvre capitale, Louis, à qui le duc en demanda les plans, et il faut avouer que si le développement des façades presque sans saillie donne un peu de monotonie à l’œuvre de Louis, l’idée de ces galeries bien ouvertes communiquant de plus près avec un jardin mis à la disposition du public ne manquait assurément pas, pour le temps, d’une véritable originalité. Né à Paris le 10 mai 1 731 , Louis-Nicolas- Victor Louis manifesta, dès son enfance, un goût décidé pour l’architecture; à dix-huit ans, il avait obtenu le second grand prix d’architecture, puis en 1755, le premier grand prix et fait en conséquence le voyage de home. C’est à son retour, en 1759, après plusieurs années d’études sérieuses, qu’il fut chargé de la réfection de l’église Sainte-Marguerile-Saint-Anloine, de la restauration de l’église du Monastère de Bon-Secours, rue de Charonne, de celle de l’hôtel du duc de Richelieu qui devint pour lui un protecteur puissant, et peu après, de la construction du lliéâlre de Bordeaux. De l’aveu de scs contemporains, cet édifice était le plus parfait de ceux qui existaient alors et, encore aujourd’hui, l’œuvre de Louis fait le plus grand honneur à son auteur, alors même qu’on ignorerait que Louis engagea sa fortune pour achever son œuvre.

L’ancien théâtre organisé, en 1 735, par Benzigonou Bouzigon François, dit Condom, architecte bordelais peu connu, dans une des dépendances du vieil hôtel de ville, avait été incendié en 1755 (1) et remplacé par une salle provisoire dont l’architecte avait été Nicolas Montégut; comme elle ne répondait pas aux besoins de la population de Bordeaux, la construction d’un véritable théâtre fut résolue en 1772, sur les instances du duc de Richelieu. On connaît trop l’œuvre de Louis, reproduite par la gravure et la photographie, pour que nous en donnions une description même abrégée. Nous nous contenterons de dire que,

(I) Cet ancien hôtel de ville comprenait un quadrilatère flanqué de quatre tours de 90 mètres de hauteur et élevées en 1246 dont il ne reste qu’une seule dite la Tour de l’Horloge. Nous ne savons rien de l'histoire de cet édifice, mais, en 1759, il existait encore puisqu’un architecte nommé Jean Alary fut chargé d’exhausser les tours et de « consl ruire deux arceaux au-dessus de la grosse cloche pour recevoir l’horloge ». Cet Alary, auquel on doit la tribune de l'orgue dans l’église Saint-Michel, mourut à Rordeaux vers 1766.

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