‹ Les archives angevines de NaplesChapitre 35 sur 142 · III. Valets · texte numérisé non relu

III. Valets

IV. Domestiques ou serviteurs chargés des soins les plus vulgaires.

Tous portent le même titre de familier du roi; leur entrée à l'Hôtel est soumise aux mêmes formalités; mais leurs conditions personnelles diffèrent sensiblement.

I. Chevaliers. — Les clievaliers ne touchent de gages, en tant que familiers du l'oi , que proportionnellement au nombre de joursoùilsfont un service elîectif à l'Hôtel « esquex ils sont àcourl. » Quant au montant de ces gages, nous trouvons ici la proportion habituelle du simple au double , suivant qu'il s'agit de chevaliers terriers, c'est-à-dire ayant déjà reçu une provision, ou de chevaliers ne possédant pas encore de terre dans le royaume. Les premiers reçoivent deux taris et les seconds quatre taris par jour. Les paiements se font tous les deux ou trois mois et, lorsqu'on calcule le montant des sommes à toucher par chaque chevalier, on a bien soin de faire le décompte des jours où il n'a pas été en service. Si dans l'intervalle d'un paiement à l'autre un chevalier non terrier reçoit des fiefs au royaume , ses gages sont réduits de moitié à partir du jour de la donation, sans que sa position hiérarchique éprouve aucune modification (1).

Hospitio ejusdem domini régis, cum duobus equis. Apiid Neapolim , xui" novembris, 1111° indictionis. [1275]. Rej. ang. 22, f» 220^ (1) « Monseigneur Thibaut de Biauvoier [Beauvoir], pour xxij jours, à la

CHEVALIERS ET CLERCS DE l'hÔTEL. 123

En sus de leurs gages quotidiens , les chevaliers de l'Hôtel sont gratifiés de robes , deux fois par an , à la Pentecôte et à la Toussaint (1).

Le nombre des chevaliers familiers est élevé ; mais pour la plupart d'entre eux ce titre de familier n'est qu'un litre purement honorifique. En etï'et, les indemnités accordées aux chevaliers de l'Hôtel ne peuvent être cumulées avec aucun autre traitement. Les familiers cessent donc de toucher ces indemnités, non seulement lorsqu'ils sont investis de fonctions administratives ou militaires qui les éloignent de la cour, mais encore lorsqu'ils exercent une charge particulière, même dans l'entourage du souverain. Ainsi on ne rencontrera, dans les listes de paiements faits à l'Hôtel, ni le sénéchal, quoiqu'il soit le chef de l'Hôtel, ni aucun autre des grands officiers de la Couronne.

Le nombre des chevaliers en service auprès du roi est sujet à beaucoup varier. Il est, par exemple, en avril 1278, de 68 chevaliers dont 38 terriers (2), et, au mois de septembre de la même année, de 38 sur lesquels treize seulement ont des fiefs (3).

II Clercs. — Tandis que le taux des gages est invariable pour les chevaliers de l'Hôtel et reste fixé à 2 ou 4 taris, les clercs , comme les valets , peuvent toucher des sommes très différentes suivant les cas.

Pour les uns et les autres, la solde est calculée de la même manière et d'après un système assez singulier. Lorsqu'un clerc ou un valet est reçu à l'Hôtel , on lui assigne un nombre fictif de chevaux qu'il est censé avoir à employer tant que dure son service. Ce chiffre, qui est presque toujours énoncé dans l'acte de réception, sert à établir le montant des gages (4). Pour chaque demi-cheval, le familier reçoit deux grains ou deniers,* soit 16 grains pour 4 chevaux, 12 pour 3 chevaux, 10 pour 2 chevaux et demi, etc.

Veut-on améliarer la situation d'un clerc ou d'un valet, lui donner de l'avancement? On n'a qu'à porter à un chiffre supé-

raison de iiij tarins le jour que il estoit sainz terre : et pour xlviij , puis qu'il eut terre, à la raison de ij tarins le jour : — v unces, xxix tarins, xij grains i qui sont florins xxix et gros tournois ix. » Reg. ang. 225, f" 301.

(1) Reg. ang. 34, f» 76; Reg. ang. 225, f» 273".

(2) Reg. ang. 225, f" 300" et 301.

(3) Reg. ang. 34, f» 76.

(i) Voir le texte cité plus haut, p. 121, note 4.

rieur le nombre de ses chevaux et son traitement, se trouvera ainsi augmenté (I), É|

Ce système explique les mentions, que l'on rencontre fréquemment, de clerc du roi à 2 ou 3 chevaux (clericus familiaris cum duobus, tribus equis).

Pour les clercs , le maximum est de 4 chevaux ou 16 grains par jour (2), chifTre assez rarement accordé ; le minimum de 1 cheval ou 4 grains. i

Des manteaux , valant deux onces 15 taris chacun , leur sont distribués au moins à la Pentecôte, à la Toussaint et à Noël (3).

Parmi les clercs figurent de hauts dignitaires ecclésiastiques , cardinaux et évoques. Bien que leur titre de familier fût tout à fait honorifique, on avait néanmoins presque toujours soin de leur assigner un chiffre de chevaux à l'époque de leur nomination. Ce n'était qu'une formalité; car, ne remplissant pas de service, ils n'avaient droit à aucune solde. Un certain nombre avaient toutefois leur part dans les dons de manteaux (4).

Les clercs en service à l'Hôtel ont souvent une fonction déterminée. Les clercs médecins {clericus medicus, clericus physicus) sont les plus favorablement traités avec les chapelains et l'aumônier du roi. Ils occupent le premier rang dans les listes de paiements et sont reçus avec les gages les plus élevés, quatre ou au moins trois chevaux, soit 16 ou 12 grains. Ceux qui sont attachés en qualité d.e comptables aux divers services , clercs de la cuisine, de la maréchalerie , etc., sont en général moins généreusement rétribués.

Comme les valets sont payés d'après le même système que les clercs , ces deux catégories de familiers sont toujours confondues dans les listes originales sous la dénomination de gens de l'Hôtel. Le terme de maître devrait être appliqué aux clercs; mais il est

(1) « Nos Guillelmus de Farunvilla, prepositus ecclesie Sancti Amati Duacensis, regni Sicilie vicecancellarius, noluin facimus vobis, domino senescallo, et omnibus aliis officialibus de Hospitio domini régis quod, cum Bertaldus de Curtoloco receptus fuisset de Hospitio dicti domini régis ad duos cquos, dominas rex addidit sibi tercium equum. Aput Neapolim, xii" novembris, 1111° indictionis [1275]. » Reg. ang. 22, f 2I9^

(2) Nous n'avons rencontré que deux exceptions : Guill. de Esseyo, reçu avec six chevaux {Reg. ang. 32, f SOS), et l'archevêque de Durazzo, reçu le Il juin 1276 avec cinq chevaux {Reg. ang. 22, f» 229). La haute dignité de ce dernier explique facilement cette dérogation.

(3) Reg. ang. 225, i" 273 ; Reg. ang. 34, f° 76.

(4) Comptes de 1278 dans le Reg. ang. 225.

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parfois omis. Il n'y a rien, dans ce cas, qui les distingue les uns des autres, et Ton pourrait se trouver embarrassé si d'autres pièces ne levaient tous les doutes (1).

III. Valets. — Les valets forment la catégorie de beaucoup la plus nombreuse. A l'exception de quelques serviteurs de rang inférieur ou domestiques , ce titre s'applique à tous les familiers du roi qui ne sont ni clercs ni chevaliers.

Le maximum de leurs gages quotidiens est de 12 grains équivalant à 3 chevaux (2). Viennnent ensuite les chiffres de 2 chevaux '/a ou 10 grains.

2 chev. ou 8 grains.

1 chev. '/a ou 6 grains.

1 chev. ou 4 grains.

A côté de la solde , les valets reçoivent encore fort souvent une certaine somme pour grains. Quel que soit le taux des gages, elle est, à peu d'exceptions près, uniformément de six grains par jour. C'est probablement une sorte d'indemnité alimentaire accordée sans doute aux valets qui , contrairement à l'usage général , ne mangeaient pas à l'Hôtel pour une raison ou pour une autre.

Enfin, comme les clercs et les chevaliers, ils ont part à des distributions de robes qui se font au moins deux fois par an , à Pâques et à la Toussaint.

Sauf les différences de solde, les valets sont tous traités sur le même pied et jouissent des mêmes avantages. On trouve, au contrair(3, une grande inégalité en ce qui concerne la naissance , la fortune, la position sociale de chacun d'eux.

Quelques-uns sont des fils de grands seigneurs, reçus à l'Hôtel avant d'avoir l'âge requis pour être armés chevaliers : Adenet de Beaumont, fils du maréchal Dreux de Beaumout ; Raymond des Baux , fils du comte d'x\vellino, etc. Ils ne fout absolument que passer dans les rangs des valets et vont ensuite grossir le nombre des chevaliers.

La plupart ont une origine moins brillante et n'occuperont jamais qu'un rang modeste à la cour du roi. Le peu de valeur des concessions qui leur sont faites, la nature même des biens

(l) Ainsi, dans un compte de 1978, Jean d'Amboide ou d'Amboise figure sans aucune désignation parmi les familiers à deux chevaux. Or , Jean d'Amboide ét;iil le clerc attaché à la cuisine.

("2) Nous n'avons relevé qu'une seule exception facile à expliquer : « Raymond des Baux, fils du comte d'Avellino , reçu le 24 juillet 1277 avec cinq chevaux. >> Rey. ung. 25, f 211.

qu'ils reçoivent, biens bourgeois, tenures roturières {bona burgensatica), en sont une preuve. Plus on descend l'échelle hiérarchique établie d'après le taux des gages, plus on rencontre des noms de valets affectant une forme tout à fait populaire : Robert Pié-d' Argent, Pierre Testedoue , ou n'indiquant que le pays natal : Symonet de Paris, Robin d'Amiens, Colin le Normant, etc.

Sans vouloir attacher trop d'importance à la forme des noms de famille, ce fait établit suffisamment, semble-t-il , que toutes les classes du parti français étaient représentées dans cette catégorie des familiers du roi.

Fort souvent , les valets n'ont aucune fonction déterminée à l'avance. Cependant, un certain nombre d'entre eux remplissent différents offices ou sont appelés à la direction des services intérieurs. Ce sont les cuisiniers, les fruitiers, les huissiers, les sauciers, etc., qu'on retrouvera plus loin. Si ceux-ci, dès leur entrée à l'Hôtel, n'ont pas été désignés pour un emploi quelconque, ils doivent y être nommés par un acte postérieur du vice-chancelier analogue à celui de la réception. Comme les fonctions n'influent pas sur le montant des gages, elles sont passées sous silence dans les listes originales de paiement. L'habitude de désigner certains d'entre eux par un surnom en rapport avec leur charge : Pierre le Cou (cocus) , Philippe le Fruitier , Renaut l'Uisier , — permet seule de les distinguer dans quelques cas. A l'exception des chefs de services, ils sont de préférence choisis parmi les valets à un cheval, les moins rétribués , qui sont quelquefois appelés demi-valets. C'est parmi ces derniers que sont rangés tous les sommeliers (sommeliers de la chambre , des armures, de la cuisine) , ainsi que la lavandière de l'Hôtel.

Aux valets proprement dits il faut encore joindre les portiers à pied , qui ne touchent que 2 grains par jour. Dans les comptes, ils sont toujours réunis aux premiers, et avec juste raison, puisqu'ils reçoivent comme eux des gages quotidiens et ont droit aux mêmes distributions de robes. Il en est de même pour les muletiers , avec celte seule différence que ces derniers sont payés au mois à raison de 5 taris mensuellement.

IV. Domestiques. — Au-dessous des valets vient une dernière catégorie de familiers qui remplissent les plus humbles fonctions. Le mot de domestiques , dans son sens moderne , s'applique assez exactement à eux.

Dans les actes originaux français , ils sont désignés sous le nom de « cil des offices. »

DOMESTIQUES DE l'hOTEL. 127

Ce qui les dislingue de tous les autres familiers, c'est qu'ils n'ont pas de gages quotidiens : ils reçoivent seulement des robes ou des cottes deux fois par an , à Pâques et à la Toussaint. Les mieux traités ont une robe de sommelier valant 18 taris (30 s. t.); les autres une simple cotte de 9 taris (15 s. t.) (I).

Chacun d'eux est pourvu d'un emploi dans la maison du roi : for le- chapes de la paneterie, gardes des escueles, pages de la cuisine, garçons des es tables , etc. Leurs fonctions sont toujours indiquées dans les actes de réception comme dans les pièces de comptabilité.

Certains textes signalent encore une autre division hiérarchique des gens de THôlel en trois degrés (gradus). Elle s'applique exclusivement à quelques familiers qui , le 9 janvier 1275 vinrent s'établir à Lucera (2). Charles I" les y envoyait pour remplacer les Sarrasins de Frédéric II, et en attendant 140 ménages qu'une ordonnance du 20 octobre 1274 avait enjoint d'amener de Provence et d'Anjou (3). Dans les actes relatifs à la colonisation , ces familiers sont plus ou moins favorablement traités , suivant qu'ils appartiennent au premier ou aux deux autres degrés de l'Hôtel (iV... de Hospicio primi gradus).

Comme ces actes sont antérieurs aux comptes de 1278, il est assez difficile de savoir en quoi consiste cette division. Il ne s'agit que de familiers de rang inférieur. Les nouveaux colons doivent cultiver eux-mêmes les champs qu'ils reçoivent, et leurs noms indiquent une modeste origine : Espalard , Pierre Bidonège , Angevin de la Cuisine (tous du premier degré). En tête du premier degré figurent deux valets à un cheval et un huissier de la reine dont la situation hiérarchique est à peu près identique (4). On rencontre , parmi ceux des deux autres degrés, plusieurs domestiques , un barillier, des haslèours. On est donc porté à reconnaître , dans les familiers du premier degré , les valels les moins élevés, et d'identifier les autres avec notre catégorie de domestiques.

Cette division en degrés ne se retrouve absolument que dans les actes cités plus haut. Elle ne paraît avoir eu aucune importance dans la pratique , et il suffit d'indiquer son existence sans s'y arrêter autrement.

(1) Tous les détails qui précèdent sont tires des comptes de 1278 , conservés Regisires angevins 34 et 225.

(2) Reg. ang. 21, f"' 275-293 et 338 ; Reg. ang. 22, f" 70^

(3) Minieri-Riccio, Il regno di Carlo l" d'Angiè, anno 1275, p. 3.

(4) Son successeur, en 1278, est traité comme valet à un cheval 1/2.

Administration intérieure de l'hôtel. — La direction supérieure de l'Hôtel était confiée à l'un des grands officiers de la Couronne : le sénéchal. Celui-ci avait une autorité absolue sur les clercs et les valets ordinaires et, pouvait, de son chef, les expulser en cas de faute ou de négligence grave ; quant aux chefs de services , il avait seulement le devoir de signaler leur mauvaise conduite au roi en demandant leur punition. Le sénéchal était, en outre, chargé d'un contrôle et d'une surveillance générale sur tout ce qui avait trait aux achats de victuailles ou de denrées et aux dépenses de toute espèce nécessaires aux besoins de l'Hôtel. 1\ devait même assister, ou, du moins, se faire représenter, à la reddition des comptes des services qui se faisait tous les douze jours, de manière à pouvoir discuter ces comptes et prendre au besoin de nouvelles mesures (1).

A côté du sénéchal, le vice-chancelier du royaume remplissait à peu près la charge de chef du personnel. H constatait les réceptions, les nominations aux divers offices et les augmentations de solde accordées aux familiers. Tous les actes intéressant la situation hiérarchique des gens de l'Hôtel étaient rendus et expédiés en son nom (2).

La partie financière incombait à deux greffiers , valets eslablis sur Voffice du greiffe de l'Oslel , qui étaient chargés des comptes généraux de la maison royale. Ils recevaient et gardaient par-devers eux les sommes consacrées aux dépenses de l'Hôtel, sommes qui étaient, d'une part, fournies par les trésoriers du Château de rOEuf, en vertu de mandements royaux , et, d'autre part, directement prélevées sur certains revenus, tels que le revenu du sceau et des forêts royales , ou encore sur les reliquats dont les. justiciers se trouvaient redevables envers l'Etat, après l'apurement de leurs comptes de gestion. Avec cet argent, les greffiers devaient régler les gages et les gratifications dus aux gens de l'Hôtel , liquider tous les douze jours les comptes des services , efTectuer directement eux-mêmes quelques menues dépenses pour les aumônes et pour la chambre du roi, et, de plus, d'une manière générale , exécuter tous les ordres de paiements qui leur arrivaient sous la forme d'un mandement royal à leur adresse.

Le plus souvent, les greffiers de l'Hôtel étaient choisis parmi les chambellans du roi ; mais ces deux offices restaient parfaitement distincts l'un de l'autre, bien qu'exercés par un même individu.

(1) Minieri-Riccio, M Grandi Vffiziali del regno di Sicilia , p. 196.

(2) Voir les pièces citées plus haut, pp. 121 et 124 , en note.

ORGANISATION INTÉRIEURE DE I.'hÔTEL. 129

Au point de vue de l'organisation intérieure , la maison de Charles Prêtait, comme celle du roi de France, divisée en six offices ou services (1). Sur ces six services, cinq seulement ont une existence tout à. fait iudépeadante. Ce sont : la paneterie, Véchansonnerie ou le vin, la cuisine^ V écurie ^ la fruiterie (2). Quant au sixième service, à la chambre, il est placé directement sous la direction des greffiers de l'Hôtel, sans qu'il y ait, dans les comptes, de chapitre spécial pour les dépenses qui y sont faites.

Sous Charles P'' , on ne rencontre aucun chevalier parmi les familiers attachés aux services. Il existe bien un panetier et un chambrier ; mais ce sont, en dépit de leurs noms, des grands officiers du royaume qui n'ont plus rien de commun avec l'Hôtel.

Les chefs de service sont donc uniquement pris parmi les valets et sont, en général, au nombre de deux, trois ou quatre par office. A côté d'eux est souvent placé un clerc. Ce dernier paraît plus spécialement chargé des écritures et sert de comptable, soit seul, soit en couipagnie d'un des chefs. Le personnel de chaque service est complété par quelques valets de rang inférieur, dont une partie portent lo titre de sommeliers, et par un certain nombre de domestiques.

Durant presque tout le règne de Charles I", la maison de la reine et celle du prince de Salerne, héritier de la couronne , restèrent confondues avec la maison du roi. Quelques serviteurs étaient spécialement attachés à leur personne, mais ne cessaient pas d'être considérés comme faisant partie des gens de l'Hôtel. Ce n'est qu'à partir de 1282 qu'on trouve des familiers du prince de Salerne distincts des familiers du roi ; encore ne rencontre-t-on dans les documents aucune trace d'organisation séparée.

Il faut aussi noter que, parmi les domestiques, on distingue non seulement ceux du roi, de la reine et du prince de Salerne , mais encore ceux du linel^ c'est-à-dire ceux qui s'occupent de servir les gens de l'Hôtel.

Les fragments de comptes des greffiers de l'Hôtel qui subsistent encore aux archives de Naples permettent de dresser comme suit le tableau des six services , vers la fin de mars et le commencement d'avril 1278 :

(1) On ne rencontre pas, dans les Registres angevins, l'expression de métiers usitée en France. Le terme le plus employé est celui d'office.

(2) Comptes de 1278.

jn

KTIJDi: sua LES ItKf.ISTHES ANGEVINS.

Chambre.

Valets.

Domestiques.

2 Chambellans.

2 Valets de chambre.

4 Huissiers du roi.

1 Huissier de la reine.

1 Tailleur de la chambre du roi.

1 Tailleur de la chambre de la reine.

1 Pelletier.

1 Barbier.

3 Sommeliers de la chambre du roi.

8 Sommeliers de la chambre de la reine et des princesses.

2 Haubregiers (fabricants de hauberts).

1 Armurier.

1 Fourbisseur des épées.

2 Sommeliers des armures.

1 Lavandière, comptée comme valet.

14 Portiers à pied.

5 Domestiques attachés à la chambre, dont

deux au prince de Salerne.

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