‹ Les archives angevines de NaplesChapitre 38 sur 142 · VI. — Fruiterie · texte numérisé non relu

VI. — Fruiterie

\ 4 Fruitiers.

Valets {

/ 5 Sommeliers de la fruiterie.

Domestiques. . 6 Aides de la fruiterie.

On pourrait encore considérer comme formant un office la Chapelle du roi, qui comprenait :

Clercs 3 Chapelains.

( 2 Sommeliers de la chapelle du roi. I 1 Sommelier de la chapelle de la reine.

Piien ne prouve qu'il faille, à l'imitation de la cour de France, les réunir à la chambre. Il en est de même pour Vaumânier et les trois Frères mineurs qui distribuent aux pauvres les libéralités du roi.

11 faut encore citer comme remplissant des fonctions déterminées à l'Hôtel :

^ . , , ',5 Clercs médecins,

Parmi les clercs ) . -n, , ■

( 1 Clerc chirurgien ,

Il Ménestrel , et parmi les valets . r- • • ^ I 1 Epicier.

D'autre part, c'est également sur les comptes de l'Hôtel que sont portés tous les paiements de gages faits aux employés de la chancellerie et des comptes. Nous retrouverons plus loin tous ces juges, ces notaires, ces rubriqueurs, etc. (I). Nous devons seulement mentionner ici , dans le même ordre d'idée, parmi les valets de l'Hôtel :

1 Valet du scel ayant deux garçons (domestiques) sous ses ordres ;

(I) Voir le chapitre Xll.

COMPTES DES GREFFIERS DE l'hÔTEL. 133

1 Pai'cheminier;

Et 1 valet de la charterie (les archives) avec quatre garçons.

C'était , avons-nous dit, deux greffiers « valets establis sur l'office du greiffe de COslel » qui étaient chargés, sous la direction suprême du sénéchal, de régler, à l'aide de sommes qui leur étaient remises à cet effet , toutes les dépenses de l'Hôtel.

Y eut-il, relativement aux comptes de ces greffiers, une ordonnance loyale analogue à celle du 27 octobre 1277 pour les trésoriers du Château de l'OEuf? Si elle a existé, cette ordonnance a aujourd'hui disparu. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'on appliqua à peu près aux greffiers de l'Hôtel les règles prescrites aux trésoriers du Château de l'OEuf; et cela à une époque très voisine de l'organisation du Trésor , car nous avons des documents attestant l'usage de ces règles au commencement de 1278. Les greffiers de l'Hôtel furent astreints à tenir leur comptes à la fois en fi'ançais et en latin; d'autre part l'emploi de la langue française fut également exigé pour la rédaction des mandements royaux adressés auxdits greffiers. Toutefois on ne prescrivit pas dans ces mandements l'emploi de la formule : « non obslante. »

Suivant la coutume générale , les mandements aux greffiers de l'Hôtel ont dû être transcrits dans des registres ad hoc. Mais il ne subsiste plus aujourd'hui un seul fragment qui permette de vérifier le fait.

Les cahiers de comptes rappellent ceux des trésoriers; mais il sont sensiblement abrégés et simplifiés, surtout en ce qui concerne les recettes, très brièvement énoncées en tête.

Les dépenses se divisent en trois catégories : dépenses diverses effectuées en vertu d'un mandement royal; dépenses pour les différents services de l'Hôtel ; enfin dépenses pour paiements de gages et de gratifications.

Pour les dépenses diverses effectuées en vertu de mandements royaux, on se borne à transcrire le texte du mandement, en y joignant une courte mention qui constate que les dépenses ont été effectuées, et que les greffiers de l'Hôtel se Sont fait délivrer, pour chacune d'elles, des quittances ou apodixes (1); mais ces apodixes elles-mêmes ne sont pas transcrites, contrairement à la règle suivie pour les comptes des trésoriers du Château de l'OEuf.

(1) Ces mentions sont rédigées sous la forme suivante : « De quoi ledit mestre Pierre assigna son apoilixc seolioe de son scci en reconisanche que il avoil receu celé dit monoic. « l\eg. ang. 32. f" 3b0.

Le montant des sommes payées est porté en marge, afin de faciliter le calcul du total des dépenses.

Il est à remarquer que les mandements royaux insérés dans les comptes comme pièces justificatives sont toujours reproduits sous leur forme originale en langue française, même dans l'exemplaire de ces comptes qui doit être et qui est en effet rédigé en latin (1).

Les dépenses des services sont comptées de douze jours en douze jours. Elles sont partagées en six chapitres. Le premier de ces chapitres comprend les sommes employées « pour les offrendes le Roy , et pour lavenderie et pour autres choses nécessaires en la chambre; » et, de plus, les « menus despens qui sunt fais sainz apodixes » par les greffiers de l'Hôtel eux-mêmes. Les autres chapitres se réfèrent aux dépenses des cinq services qui ont une existence indépendante : la paneterie, le vin, la quizine, Vescuerie et la fruiterie. Les dépenses sont simplement énoncées en quelques mots , et le total est porté au bas de chaque page.

Les paiements de gages et de gratifications sont constatés par de longues listes donnant le nom de tous les personnages faisant partie de la maison du roi, de tous les Gens de f Hôtel, depuis les chevaliers et les prélats jusqu'aux plus humbles aides de cuisine. Auprès de chaque nom est indiqué le montant des gages dus, calculés suivant les méthodes que nous avons indiquées; on y joint , le cas échéant, le chiffre des gratifications , représentant le prix de robes ou de cottes distribuées aux gens de l'Hôtel à l'occasion des principales fêtes, comme Noël , Pâques , la Pentecôte, etc. A l'exception des chevaliers, les gens de l'Hôtel sont payés tous les mois. Pour chaque mois, il y a une liste complète où les noms sont rangés suivant l'importance des gages. Les chevaliers ne touchent leurs soldes qu'à des intervalles plus éloignés, tous les deux ou trois mois seulement.

Une fois leurs comptes examinés et approuvés par les maîtres ralionaux , les greffiers de l'Hôtel recevaient une apodixe ou décharge générale. Ainsi que nous l'avons déjà dit dans le chapitre précédent, ces apodixes furent rédigées en double exemplaires, l'un en français , l'autre en latin , et transcrites, sous leurs deux versions , dans les mêmes registres que les pièces analogues octroyées aux trésoriers du Château de l'OEuf et au vice-maître justicier.

Les comptes des greffiers de l'Hôtel rédigés en notre langue

(1) Voir les Registres primitifs n°> CVI et CVIl.

COMPTES DES GREFFIERS DE l'hÔTEL. 135

sont d'une écriture française très caractéristique, aux angles beaucoup plus accentués que la belle écriture des comptes des trésoriers. Elle rappelle beaucoup, mais eu plus gros, l'écriture en usage dans les plus anciens registres de Charles I'"', à l'époque où la transcription des registres était encore confiée à des scribes français. Ces documents sont d'ailleurs disposés avec beaucoup de soin , comme les comptes des trésoriers.

La copie latine , d'une écriture italienne très fine, est au contraire assez négligée et difficile à lire.

Les comptes des greffiei's de l'Hôtel formaient une des portions les plus curieuses des archives angevines. Malheureusement ils ont presque tous été détruits pour le règne de Charles 1". Il ne reste plus que des fragments d'un seul compte en français allant depuis le 8 mars jusqu'à la fin de mai 1278, y compris le paiement des gages pour le mois de février, paiement qui ne fut effectué que dans les premioi's jours de mars. On a , de plus, des débris de deu.x comptes en latin , l'un qui n'est que la traduction du précédent , et l'autre qui se rapporte aux mois de juin à août de la même année (1).

La période de temps embrassée par chacun des comptes de l'Hôtel n'était pas rigoureusement fixe. Les apodixes délivrées aux greffiers après la vérification faite par les maîtres rationaux nous indiquent qu'en général ces comptes étaient rendus à peu pi'ès tous les trois mois (2). Mais on trouve aussi un exemple d'un compte ne s'applii^uant qu'à un mois d'exercice (3).

Coite oi'ganisation de l'Hôtel que nous venons d'esquisser rapidement se perpétua sous les successeurs de Charles I"'', bien entendu avec des modifications de détail. La plus importante de ces modifications est l'abandon complet de la langue française, dont on ne trouve plus d'exemples pour les comptes de l'tlôtel après la mort de Charles V (4).

Sous Charles II, au commencement du quatorzième siècle , nous voyons apparaître , à côté des comptes proprement dits, une nouvelle espèce de registres spéciaux pour l'Hôtel. Ce sont des

(1) Registres primitifs n"' CV. CVI et CVII.

(2) On trouve la mention do comptes de l'Hôtel, allant du 1°' juin au 30 août 1278 {Reg. ang. lii, t" 71) ; — du 21 mars au aO juin 1279 (Ueg. ang. U. fo G'J") ; — du l'f janvier au 20 mars 1280 (lie;, any. 3i, C 70).

(3) Compte du l"' au 31 décembre 127'J {Reg. ang. 37, f" 110). (i) Voir plus bas, chapitre XI, section VI.

registi'fes-jouniaux où l'on inscrit jour par jour les dépenses faites pour les services. Ceux-ci sont alors au nombre de six , ainsi dénommés : Panetteria , BuHcnlaria , Coquina , Marescalla, Frdclnar/a,For?'arm. Ce dernier service, qui n'existait pas sous Charles P'', comprend la dépense de chauiTage, de nettoyage et les achats de vaisselle pour l'eau.

Chaque jour occupe une page. En tête se trouve la date : jour de la semaine , quantième du mois et lieu. En haut, dans l'angle gauche , l'indication du nombre de personnes qui ont mangé à la Cour, le matin, le soir ou aux deux repas, de celles qui ont jeûné et des pauvres que l'on a nourris. Au bas de la page est indiqué le total de la dépense quotidienne.

Deux fois par mois, au 15 et à la fin du mois, il y a un résumé du compte également réparti par services, indiquant la somme des dépenses faites par chaque chef de service (1).

Cette nouvelle division par quinzaines a remplacé l'ancienne règle, encore usitée en 1293 (2), qui prescrivait d'arrêter les dépenses des services tous les douze jours.

A mesure que l'on s'avance dans le quatorzième siècle , le luxe et le bien-être vont en se développant. Charles P', en 1278, n'avait dans son Hôtel qu'un seul ménestrel : « Musart le Ménestrel , » compté comme valet à deux chevaux (3). Sous Robert , en 1324 , nous trouvons un histrion et un joueur de viole, tous deux Allemands (4), qui reçoivent chacun une once d'or de gages mensuels. Puis, au-dessous d'eux, un véritable orchestre, deux joueurs d'orgue, dont l'un sait également toucher du psaltérion, un second joueur de viole, deux timbaliers ou tambours [nactarii) et quatre trompettes (5). A la môme époque, le roi entretient une ménagerie sous la surveillance d'un gardien des lions [cuslos leonuin),

(1) Le Registre angevin 128, qui porte comme titre, sur le dos]de la reliure : Carolds II Liber expensarum, renferme deux registres de ce genre : l'un (f<" 1-2071, pour l'année de lai'" indiction, du 1^' septembre 1302 au 31 août 1303; l'autre (f"" 208-417), pour l'année de la XV« indiction, du ['" septembre 1301 au 31 août 1302. Le premier est complet -, il manque au second la première quinzaine de septembre et le dernier feuillet comprenant la moitié du résumé de compte pour les dernieis quinze jours d'août. On trouve aussi des fragments d'un registre analogue dans le Registre angevin 279, f<" 212-215.

(2) Minieri-Riccio, De' Grandi Uffiziali del regno di Sicilia, p. 197.

(3) Reg. ang. 225, f 292.

(4) « Istrio et familiaris regius : Herricus de Alamania -. — violator et familiaris regius : Bertulfus de Alamania. » Reg. ang. 256, f" 40,

(byReg. any. 256, f» 41.

l'hôtel du roi ROBERT. 137

avec deux acolytes (1). Il y a également un gardien des oiseaux {cuslos avium), un autre gardien qui est chargé de faire l'élevage des lapins, etc., etc. (2).

Quant à la composition de l'Hôtel , les familiers du roi , ou du moins les chevaliers, les clercs et les principaux valets, continuent h être choisis parmi l'élite des habitants du royaume. Mais de toute française qu'elle était en 1278, cette élite est peu à peu devenue complètement italienne. Les familles amenées au treizième siècle par Charles d'Anjou se sont éteintes ou ont regagné leur patrie. Rien de plus frappant que de mettre en regard les listes des gens de l'Hôtel sous Charles I" en 1278 et, un demi-siècle plus tard, sous Robert en 1324. Les proportions sont complètement renversées; et, en laissant de côté les Provençaux, c'est à peine si l'on rencontre encore quelques noms à forme française dans ces listes où naguère on ne trouvait presque que des compatriotes du frère de saint Louis.

D'ailleurs, les princes angevins du quatorzième siècle, comme leurs prédécesseurs , eurent à cœur d'attacher à leur personne les hommes les plus distingués en Italie par leurs vertus et leurs talents, et ce sera l'éternel honneur du roi Robert d'avoir fait incrire parmi ses familiers , sur les listes de son Hôtel , les noms glorieux de Pétrarque et de Giotto (3).

(1) Reg. ang., 256, f° 54.

(2) Ibid., î"' 49 et 55.

(3) Giotto ëtait déjà peintre et familier du roi, lorsque Robert lui assigna, le 26 avril 1332, une pension ou provision annuelle de douze onces d'or, sa vie durant. Quant à Pctranjuc , il fut nommé clerc de l'Hôtel par Robert, le 2 avril 1341 , et conflrmé dans ses fonctions par la reine Jeanne , le 25 novembre 1345. — Voir les textes publiés par Minieri-Riccio, Saggio di Cod. dlplom., II, pp. 16, 17, 20.

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