DATE DU JOUR
liciter. Amen. Die mercurii, xxvi° mensis marcii, XIIP iudictionis (1). »
Mais, ici encore , il s'agit d'un cas tout à fait spécial et même de documents qui ne rentrent pas véritablement dans les pièces dt! chancellerie. Ce ne sont pas quelques faits isolés, sujets à discussion et se produisant uniquement dans des circonstances particulières, qui peuvent atténuer ce que nous disions en commençant au sujet de l'emploi absolument généi-al des styles de Noël ou du ler janvier dans les actes administi'atifs émanés de Charles ler d'Anjou, du moins dans ceux qui concernent le royaume de Sicile.
2' Jour. — Dans les actes de Charles I", le jour est exprimé par le quantième du mois. Cependant, durant la première année du règne, on s'est quelquefois servi d'une date de saint : « Datum Home, anno Domini m ce Ixv, die mercurii in crastino beati Michaelis (2). » — « Datum Ceperani, die raartis , in ft^sto Purificacionis Béate Marie , indictione IX , regni nostri anno primo (3). » Mais le fait est exceptionnel et ne se rencontre que dans les actes relatifs à l'Anjou ou à la Provence. Il est fort rare aussi que le jour de la semaine soit exprimé à côté du quantième (4).
Quant au système romain des calendes, ides et noues, il n'a jamais été employé pour les actes administratifs, ni pour aucune des pièces destinées à avoir leur effet dans les limites du royaume de Sicile ou dans les possessions françaises de la Maison d'Anjou. Mais il n'est pas absolument sans exemple , quand il s'agit de documents de nature politique intéressant le Saint-Siège ou quelque ville dépendant dos Etats de l'Eglise. C'est ainsi qu'on le trouve appliqué dans deux actes en forme de privilèges : le premier, du 8 juillet 1265 (5), accordant certaines faveurs aux habitants de Bé-
(1) Même registre, f" CLXXI. Tl est à remarquer que ces indications chronologiques sont portées en tête du texte des sententie. Ce ne sont pas, à proprement parler, des dates de pièces.
(2) Registre angevin 40, f° '2.
(3) Archives nationales de Paris, J. 171 , n" 11.
(4) En voici cependant un exemple emprunté à un privilège qui se trouve au Registre angevin 4, f» 11 : « Datum in domibus Vivarii Sancti Laurentii, anno Domini m ce Ixix, mense februarii, die lune xviij ejusdem mensis, XII indictionis, régnante domino K. Dei gratia (etc. ut et in aliis), anno quarto féliciter. Amen. »
(5) Statvta civitatis Beneventi [Roma, 1603, 10-4"], p. 130. Del Giudice, Codice di- Iplomatico, I, p. 27.
névent (1) ; le second, du 4 juin 1267 (2) , contenant les engagements pris par Charles d'Anjou envers Clément IV, lorsqu'il reçut de lui le titre de Paciarms Tuscie (3),
Il est à remarquer que ces deux actes ont été expédiés hors du royaume de Sicile, pendant que le roi se trouvait à Home , ou à Viterbe auprès du Saint-Père, et que, de plus , ils ont tous deux d'étroits rapports avec des bulles pontificales qui viennent pour ainsi dire les compléter. Aussi, étant données les circonstances et la manière même dont les pièces sont rédigées, il est hors de doute pour nous que cette dérogation à la règle habituelle doit être attribuée à l'influence des employés de la chancellerie papale avec qui les notaires et les scribes royaux se trouvaient alors agir de concert.
3» Indiction. — L'in diction en usage dans le royaume de Sicile sous Charles l"est l'indiction de Constanlinople, commençant au 1" septembre (4). On sait quelle importance avait cette notation chronologique. C'était elle qui déterminait l'année administrative et, par suite, l'étendue des registres. L'indiction constitue également le principal élément des dates de pièces, celui qui est le plus constamment exprimé, qui no laisse prise à aucune incertitude et qui prête le moins aux erreurs matérielles. C'est donc au chiffre de l'indiction qu'il faut s'attacher de préférence dans les cas embarrassants.
4o Année du règne de Charles I" comme roi de Jérusalem. — Ici , au contraire, nous nous trouvons en face de la notation qui a le plus troublé les employés de la Chancellerie. Les erreurs commises par eux sont si nombreuses qu'on peut encore hésiter aujourd'hui sur le véritable point de départ des années du règne de Jérusalem. Cependant, après un long examen, nous croyons pouvoir le fixer au 15 janvier 1277. Il est possible, à la rigueur, que ce point de départ soit plus ancien d'un jour ou de deux , mais il ne peut être plus récent.
On remarquera que c'est là un calcul rétrospectif, puisque Ghar-
(1) On sait que cette ville ne fut pas comprise dans l'inféodation faite à Charles d'Anjou et qu'elle resta au Saint-Siège.
(2) Raynaldi, Annales eccUiiastici , an 1267, g vi-ix. Del Giudice, Codice diplomatico, II, p. 45.
(3) Ce titre fut, plus tard, nous l'avons dit, remplacé par celui de vicaire du Saint-Empire romain en Toscane. Voir p. 189, note 1.
(4) Pour plus de détails, voir plus haut, p. 79, note 1.