Lettre ministérielle du 13 août
2. L'inventaire des inventaires de chaque série de la section administrative a été dressé avec le plus grand soin dans le volume de 1883 par l'archiviste s])écialement chargé de cette série. On remarque les monographies de MM. Valois Csérie E), Teulet (F), Laudy cl Gerbaux (G. H. 0), Lelong (N. P. Q. R. S. T).
et documents. » On regrette généralement qu'ils paraissent à de longs intervalles parce qu'ils sont édités avec un luxe exagéré, et qu'ils soient plutôt des livres d'érudition que des inventaires d'archives, « plutôt des œuvres scientifiques que des répertoires destinés à faciliter les recherches des travailleurs ^».
Nous distinguons en résumé : 1° les inventaires sommaires généraux ; 2° les répertoires numériques sommaires; 3° les répertoires de service, sur fiches et sur registres ; 4° les inventaires analytiques publiés dans la collection officielle des Inventaires et documents. Il suffira d'ajouter 5° les inventaires analytiques partiels qui ont été dressés et publiés par des particuliers^, pour avoir la liste complète des catalogues, depuis les plus sommaires jusqu'aux plus étendus, dont les fonds de nos Archives nationales ont été l'objet.
§ 2. Liste., par sections et séries., des fonds conservés aux Archives nationales., avec l'indication des répertoires et inventaires afférents à chacun d'eux.
Les répertoires et inventaires de série ou de section, complets ou incomplets, bons ou mauvais, sur fiches ou sur registres, se
1. A. Giry, Grande Encyclopédie, III, p. 755. On regrette vivement, en outre, que quelques-uns de ces inventaires analytiques, amorcés sur un plan trop vaste, soient condamnés à rester éternellement inachevés. Cf. H. Bordier, Les iuventaires des Archives de l'Empire, Paris, 1867, in-4°.
2. Nous indiquerons les inventaires dressés et publiés par des particuliers qui sont dignes de prendre place à côté des inventaires officiels, mais nous ne mentionnerons point les « catalogues d'actes » dont les éléments ont été puisés à la fois aux Archives nationales et dans d'autres dépôts. Ainsi, nous citerons le « Catalogue des documents du Trésor des chartes, relatifs aux Juifs », de M. Luce ; nous ne citerons point les catalogues des actes de Louis VII, de Philippe-Auguste, de François V', le Cartulaire normand de M. L. Delisle, le Répertoire général des sources mss. de l'histoire de Paris pendant la Révolution française, de M. A. Tuetey, — bien que ce soient, à tout prendre, des catalogues, rédigés à un point de vue particulier, de certains fonds des Archives, — parce qu'il faudrait, pour être logique, en répéter la mention à propos de tous les dépôts où les auteurs de ces publications ont trouvé des documents. Comme ce livre s'adresse aux érudits, de pareilles omissions n'ont point, du reste, d'inconvénients graves. — La même raison nous interdit de citer des collections comme les Ordonnances du Louvre, les Preuves de la nouvelle édition de l'Histoire de Languedoc, la Revue rétrospective de Taschereau, et la Bibliothèque de l'Eeole des Chartes, où des documents conservés aux Archives sont cependant imprimés par centaines.
comptent par centaines aux Archives nationales. Il serait aussi superflu que difficile de les énuraérer tous. Nous énumèrerons seulement ceux que les travailleurs ont intérêt à connaître pour s'en servir au besoin; c'est dire que nous avons laissé de côté, en dressant notre liste, toute préoccupation de coquetterie bibliographique. On ne trouvera ici aucun renseignement de luxe. Nous ne visons qu'à être utile.
Peut-être aurions-nous dû citer seulement les inventaires imprimés et les inventaires manuscrits sur registres (puisque ceux-là seuls sont communicables d'après les termes de la lettre ministérielle du 13 août 1887); mais l'extrême importance de certains répertoires sur fiches nous a décidé à en signaler l'existence. Tels qu'ils sont, le règlement fait sagement d'admettre, en principe, les seuls archivistes à les consulter, mais on peut espérer que l'administration adoptera un jour quelque système de reliure mobile ou de boîtes tringlées qui permettra d'autoriser le public à en profiter.
Les inventaires dont le titre est précédé d'un astérisque (*) appartiennent à la collection officielle des « Inventaires et documents » in-4°.
SÉRIE J. JJ. Trésor des Chartes^
Le Trésor des Chartes était le dépôt des archives propres de la couronne de France. Il j)asse jiour avoir été institué par Philipj)e- Auguste, à la fin du xii® siècle. Saint Louis le transféra à la Sainte-
1. Dans la section historique seulement, les lettres simples désignent les cartons; les lettres doubles, les registres.
2. En dehors des inventaires spéciaux à chaque série, cette section possède des tables générales, communes aux séries J, K, L, M. Quelques-unes sont trop incomplètes ou trop peu sûres pour être utilement indiquées, mais il importe de savoir qu'il existe : (a) une table alphabétique générale en trois parties (personnes, lieux, matières), sur fiches, 70 boîtes ; (b) un carton intitulé Déficits de la section historique. — Des travaux particuliers, qui sont plutôt œuvres d'érudits que d'archivistes, ont en outre été entrepris par des archivistes de la section (M. Douct d'Arcq, etc.) sur l'ensemble des documents de la section : un catalogue sur fiches des actes de Charles VI (G boîtes), de Philippe le Bel (1 boite) ; un itinéraire des rois de France aux xiV et xv* siècles ( 1 boite).
SECTIOX HISTORIQUE 17
Chapelle (où il est resté jusqu'en 1783). Charles V le réorganisa. On y déposa longtemps, plus ou moins régulièrement, les actes relatifs aux grandes affaires de l'Etat; c'est seulement vers le règne de Charles IX qu'il cessa de s'enrichir par des versements nouveaux. Le Trésor des Chartes contient donc, du xii® au xvi^ siècle, les pièces touchant les rapports des rois de France avec les princes étrangers , avec leurs vassaux , avec leurs officiers ; copies des lettres envoyées parles rois (registres), originaux des rapports, lettres, requêtes et enquêtes adressées aux rois (layettes). En outre, les confiscations ont enrichi le Trésor de fonds d'archives tout entiers; des annexions de provinces ou de seigneuries au domaine royal ont eu un résultat analogue. C'est ainsi, par exemple, que le Trésor recueillit à la fin du xiii^ siècle les archives des comtes de Toulouse qui avaient jadis absorbé elles-mêmes celles des vicomtes de Nîmes, les archives de Simon de Montfort, celles de Pierre de la Broce; au xiv^ siècle, les archives des comtes de Champagne et des comtes de Valois; plus tard encore, le fonds du château de Mercurol (archives des comtés d'Auvergne et de Boulogne), etc. II est bien entendu que les grandes compagnies judiciaires (Parlement, Conseils, Chambre des comptes, Cour des monnaies, Cour des aides) ont toujours conservé dans leurs greffes les actes relatifs à leurs opérations, et que, par conséquent, le Trésor des Chartes ne fut à aucune époque le dépôt central de tous les papiers publics. A vrai dire, il n'était guère que le greffe de la Chancellerie, et le Trésor cessa en effet de s'accroître dès que la Chancellerie eut son dépôt d'archives à elle. Le dernier des registres du Trésor est de 1568, et c'est de 1568 que date l'institution d'un « garde des rôles » près de la Chancellerie.
Les registres (il y en a aujourd'hui 271) et les layettes ou cartons du Trésor (il y en a 1167) ont été au moyen-âge l'objet d'un très grand nombre de travaux de copie, de classification et de récolement. Nous avons encore un inventaire de Pierre d'Étampes, daté (le 1318 et dédié à Philippe le Long ; l'inventaire d'Adam Boucher, rédigé au milieu du xiv® siècle sur le modèle de l'inventaire dressé par Walter Stapleton , en 1323, pour les archives de l'Echiquier d'Angleterre; le fameux répertoire alphabétique de Gérard de Montagu (JJ. 278-280), contemporain de Charles V, qui renferme plus de quatorze mille analyses de pièces. Pour les registres , ce répertoire de Montagu est encore aujourd'hui très exact, et il offre
Archives de l'histoire de France. 2
un moyen de recherche aussi sûr et aussi commode que peu connu '.
Malgré ces travaux et d'autres moins considérables, un tel désordre s'était introduit au xvi® siècle dans le Trésor qu'il n'y avait plus moyen d'y rien trouver. Au moins était-il intact. Mais les érudits de la Renaissance, le greffier Jean du Tillet, le président Brisson, Pierre Pithou, en ayant obtenu l'accès, y commirent les plus scandaleuses déprédations. Cela dura jusqu'à ce que Mathieu Mole, chargé de l'administration du Trésor comme procureur général, fit confier à deux savants consciencieux, Théodore Godefroy et Pierre Dupuy, le soin de procéder à la confection d'un nouvel « inventaire » (mai 1615). Pierre Dupuy consacra à cette oeuvre douze années, fixa pour toujours le classement matériel et la numérotation des pièces, acheva enfin l'inventaire ms. qui porte son nom et dont on se sert encore couramment.
L'inventaire de Dupuy (en français) forme 8 volumes in-f*'; il contient l'analyse plus ou moins étendue de 16945 pièces, réparties en 418 layettes, rangées par l'auteur d'une manière arbitraire. II n'a jamais été imprimé 2. Mais la plupart des grands établissements scientifiques en possèdent des copies-*. Il y en a quatre exemplaires aux Archives nationales (JJ. 534-543; 583 *~^ ; 584 ^''^j 585 ^"^). L'exemplaire JJ. 584 '"* est le seul dont les f°^ correspondent exactement aux références de la « Table alphabétique de l'inventaire Dupuy » dont les Archives nationales possèdent trois copies : JJ. 543; 584 9; 585 ».
L'administration moderne des Archives nationales a entrepris de
1. Sur l'histoire du Trésor des Chartes, v. les mémoires de Bonamy [Mé/n. Acad. Inscr., 176'i, XXX, fi97) et de Dessalles (Mcm. présentés à l'Acad. des Inscr., i84i, I, 365-'i61) ; cf. Bordier, pp. 128-187 ; Cabinet historique, III, 282 ; et surtout A. Teulet, Layettes du Trésor des Chartes, notice préliminaire, Paris, 1863, in-i". Joignez A. de Boislislc, Jean du Tillet et le Trésor des Chartes, dans Y Annuaire- Bulletin de la Soc. de l'histoire de France, X, 1873.
2. Quelques fragments de l'inventaire de Dupuy ont été imprimés ça et \h. Le Cabinet historique en a donné des extraits pour Gomminge et le pays de Foix (III, 181, 238), nie de France (III, 199, 249; IV, 'i3; V, 208, 245) le Lyonnais (IV, 21, 61), le Dauphiné (V, 103, 130, 180), les monnaies (V, 65). — Pour les documents relatifs à l'Ecosse, v. un répertoire |beaucoup plus détaillé que celui de Dupuy : Inv. chronolof^ique des documents relatifs à l'histoire d'Ecosse, conservés aux Arch. du roy' à Paris, Edimbourg, 1839, in-S".
3. La Bibliothèque nationale possède plusieurs exemplaires de l'inventaire Dupuy, dans le fonds français; v. entre autres n°' 72'i6-7252 et 21096-21 103. — Au British Muséum, v. le ms. addit. n° 27897.
publier, soit à l'état d'analyses détaillées , soit in extenso , « le Trésor des Chartes tel qu'il a été inventorié par Dupuy ». M. A. Teulet a copié de sa main ou analysé toutes les pièces des layettes du Trésor, et il les a rangées par ordre chronologique. Ce travail a déjà fourni la matière de 3 vol. in-4° [* Layettes du Trésor des Chartes, Paris, 1863-1875), qui mènent le dépouillement intégral des layettes jusqu'à 1260. Il est à souhaiter que cette excellente publication soit achevée ; les matériaux préparés par M. Teulet reposent en attendant dans le cabinet du chef de la section historique' .
Mais le Trésor des Chartes « tel qu'il a été inventorié par Dupuy » n'est pas tout le Trésor des Chartes. Il ne s'étend que jusqu'à la layette J. 735. Dupuy ne s'est point occupé du contenu des layettes aujourd'hui cotées J. 736-1167, que l'on désigne pour cette raison sous le nom de Supplément du Trésor. On ne voit pas bien pourquoi les documents du Supplément , qui ne sont ni moins précieux ni moins anciens que ceux du « Trésor inventorié par Dupuy », n'ont pas été compris dans le dépouillement de M. Teulet et confondus par lui avec les documents de ce Trésor dans une même série chronologique-. Toujours est-il que nous ne possédons pour les layettes du Supplément que les insuffisants répertoires qui suivent : (a) « Inventaire analytique, par dom Joubert, des pièces du Supplément du Trésor, carton par carton », 2 vol. mss. in-f, pour les cartons J. 736 à J. 1053; (b) pour les cartons J. 1054 à 1145, « Inv. du fonds de Mercurol, » 1 vol. ms. ; (c) pour les cartons J. 1146-1165, « Inv. du fonds des archives de Puy-Paulin», 1 vol. ms.
Quant aux registres du Trésor (JJ.), depuis Gérard de INIontagu, ils ont été moins étudiés que les layettes^. Les archivistes possèdent toutefois des clefs qui en ouvrent le secret.
1. Les cartons J. 476 (quittances délivrées au roi de 1307 à 1324) et 515-518 (Schisme au temps de Charles VI) ont été l'objet d'inventaires spéciaux, qui se trouvent aux Archives dans le vol. ms. intitulé Supplément d'inventaires, n° 1.
2. Un carton intitulé Supplément du Trésor des Chartes, copies, contient un certain nombre de copies de pièces du Supplément réunies en vue d'une publication.
3. M. Douët d'Arcq avait formé le projet de publier dans la Collection oflScielle des Inventaires in-4° un dépouillement analytique des registres JJ. qui aurait été symétrique au dépouillement effectué pour les layettes par M. Teulet. La publication a été annoncée, mais elle n'a jamais reçu même un commencement d'exécution. — Le Cabinet historique entreprit en 187G un « inventaire des registres du Trésor des Chartes » qui devait être pour les registres ce que l'inventaire de
En 1703, Chamillart ayant représenté au roi qu' « il serait nécessaire de faire sur les registres le même travail que les sieurs Dupuy et Godefroy ont fait autrefois sur les chartes (lisez layettes) », un inventaire général des registres fut commencé. Il en existe un exemplaire à la Bibliothèque nationale (fonds français n"^ 7202 à 7485, 222 volumes); cf., à l'hôtel Soubise, en quatre volumes in-P* (JJ. 588 ^-^), un inventaire très sommaire^ du contenu des registres du Trésor, suivi d'une table alphabétique, en 1 vol., des noms de personnes y mentionnés; et les vol. JJ. 301-303, qui sont un index rerum. — On a, en outre, une « Table alphabétique des noms de personnes, de lieux et de matières » contenus dans lesdits registres (sur fiches, 36 boîtes). — Ajoutez des inventaires partiels et des fragments d'inventaires; (a) Tables alphabétiques, sur fiches, des registres JJ. a-^, JJ. 1 2 28 59^ JJ. 3G-43, JJ. 74-79; (b) Table chronologique, sur fiches , des pièces contenues dans JJ. 8, 9, 26-27; (c) Inventaire de JJ ^ dans le vol intitulé Suppléments iV inventaires n" 1 ; (d) « Table alphabétique de JJ. 30 " ou cartulaire de saint Louis » et « Table alphabétique pour les lettres A et B et pour le mot Paris des registres JJ. 13, 61, 62, 64-5, 67-70, 74-6, 78, 80, 84, 99, 133-136, 141-3, » dans le volume intitulé : Fragments d'inventaires'^. Consulter, enfin, quelques tables méthodiques : (a) Inventaire, par ordre de cotes, des anoblissements mentionnés dans les registres JJ. 34-232, 1 vol. (qui contient des erreurs^); (b) Table alphabétique, sur fiches de toute la série JJ. en ce qui touche les foires, communes et corporations (2 boîtes).
Ces ressources sont considérables, bien que, avec le temps et la peine dépensés pour se les procurer, si l'on n'avait pas cédé à ce penchant qui, comme le disait, il y a cent ans, M. Camus, « produit l'avortement par le manque de suite, » il eût été facile de dresser des répertoires complets et définitifs. L'initiative privée '' a du reste aug-
Dupuy est pour les layettes; il a imprimé seulement l'inventaire des registres JJ. A-G (t. XXII, 1, 33, 85, 243).
1. Ces quatre volumes sont ceux dont les archivistes de la section historique se servent journellement pour répondre aux demandes du public.
2. La Bibl. nat. possède un grand nombre de fragments d'inventaires du même genre, dont quelques-uns sont utiles : fonds latin, n"' 9839-'i3; fonds français, n°' 7485-91.