Les séries ouvertes sont BB, F, AB xix et AD
2. Sur le personnel, cf. Lelong-, n"' 119-135 ; sur les versements dedocuments et sur la suppression des papiers inutiles, n°' 134-150 ; sur les communications et les expéditions, n"' 166-212; sur la comptabilité, n°' 213-215; sur les bâtiments et les aménagements intérieurs, v. encore Bordier, pp. 28-48.
formulées sur des bulletins préparés d'avance au bureau des renseignements, ouvert tous les jours non fériés, de onze heures du matin à quatre heures du soir. On a accordé 20160 communications en 1888.
La communication des documents a lieu h la salle de travail ouverte tous les jours non fériés, de dix heures du matin à cinq heures du soir. Cette salle, basse, étroite, mal aménagée, en bordure de la rue des Francs-Bourgeois, l'une des rues les plus passagères de Paris, déshonore l'établissement de l'hôtel Soubise , dont les vastes et commodes magasins, oii l'on ne pénétre pas, ont été ornés d'une profusion inutile de boiseries, de dorures et de fers forgés.
Les Archives nationales sont inscrites au budget de 1891 pour 200000 fr., dont 153500 pour le personnel et 46500 pour le matériel (dépenses intérieures, 20000 fr.; frais de cartonnage, de reliure et de moulage, 20000 fr. ; publication d'inventaires, 0500 fr.)
Le garde général adresse chaque année au ministre un Rappo 't sur les Archives nationales. La collection de ces rapports, qui ne sont point du reste accompagnés d'appendices comme ceux du Deputy Keeper du Record Office d'Angleterre, n'a pas été imprimée. On a seulement : Alfred Maury, Rapports du directeur général sur les Archives nationales pour les années 1876, 1877 et 1878, Paris, 1878, in-8''. — Cf. le dernier rapport de M. G. Servois, dans Bull, des hibl. et des archives, 1889, p. 259.
^ 1. Notions générales sur le classement des fonds et sur les inventaires des Archives nationales .
Le nombre des articles (cartons, liasses et registres) conservés actuellement aux Archives nationales dépasse 300000. Il aurait été très simple de les classer par fonds. On aurait eu ainsi à l'hôtel Soubise, juxtaposées, mais non pas confondues, les anciennes archives de la couronne de France, celles des grandes compagnies judiciaires, celles des abbayes, des familles, des ministères, etc., qui auraient constitué autant de fonds naturels et séparés. Mais le malheur a voulu que le principe si rationnel du respect des fonds •ait été méconnu par les premiers organisateurs du dépôt. Les membres du bureau du triage. Camus, Daunou, se sont attachés à
démembrer la plupart des anciennes collections pour en répartir les pièces d'après leur nature , dans les subdivisions plus ou moins arbitraires d'un classement méthodique. Soit, par exemple, le fonds des archives d'une abbaye parisienne : Daunou et ses prédécesseurs l'ont placé dans la série L (monuments ecclésiastiques), mais ils en ont retiré les documents qui leur parurent avoir un intérêt domanial pour les mettre dans la série S (biens des corporations ecc esiastiques supprimées), les documents historiques (comme si tous les documents n'étaient pas historiques) pour les mettre dans la série k (monuments historiques), les plans pour les mettre dans la série N, les documents relatifs à la juridiction de l'abbaye pour les mettre dans la série Z ^ (juridictions seigneuriales). « De sorte, dit très bien M. Bordier, qu'un dossier de vingt pièces qui existait autrefois dans les archives de Saint-Denis se trouve aujourd'hui dépouillé de la moitié des pièces qu'il contenait, et qu'il faut aller démêler celles-ci d'avec d'autres matières dans des séries tout à fait différentes. » — Il importe donc de distinguer aux Archives nationales deux sortes de fonds : 1° Les fonds anciens , conservés dans leur intégrité , qui n'ont pas été abîmés par les dislocations du triage. Il y en a de très considérables : le Trésor des Chartes, les archives du Conseil d'Etat, du Parlement et du Châtelet de Paris; 2° les séries factices, formées aux dépens de fonds anciens à la suite des opérations de triage .
Cette distinction capitale ne fut pas faite dans le cadre de classement général qu'on imagina au commencement de ce siècle. Camus avait distribué, dès l'origine, les papiers des Assemblées nationales en quatre séries, désignées par les lettres A, B, C, D. Daunou « partagea tout le reste du dépôt en catégories qui répondirent à la suite des lettres de l'alphabet » de E à Z. On obtint ainsi 24 séries. Puis on rangea méthodiquement, d'après leur contenu, un certain nombre de ces séries dans chacune des six sections qui avaient été déjà auparavant distinguées et consacrées. (V. le Tableau sijstématique des Archives de l'Empire, publié en 1811) : section législative (A, B, C, D) ; administrative (E, F, G, H); historique (J, K, L, M) ; topographique (N, O); domaniale (P, Q, R, S, T) ; judiciaire (V, X, Y, Z).
Les fonds (naturels ou factices) qui sont conservés aux Archives nationales sont encore aujourd'hui classés en séries désignées par les lettres de l'alphabet, et groupés en sections. Seulement, le nombre des sections a été réduit ; la répartition des fonds entre les
lettres, et des lettres entre les sections, améliorée '. Il n'existe plus maintenant que trois sections : section historique, section administrative et domaniale, section législative et judiciaire, dont on trouvera le tableau littéral, par séries, dans le § 2 de ce chapitre.
Nous n'avons point l'intention d'indiquer ici les subdivisions ni de donner l'inventaire même le plus sommaire des articles de chaque série littérale. Il existe, en effet, des Inventaires généraux, publiés par l'administration, qui nous en dispensent. En 1855, M. Bordier se trouva obligé, dans son livre sur Les Archives de la France, d'inventorier le dépôt de l'hôtel Soubise (pp. 88-283), qui ne l'avait jamais été; il suffit de renvoyer aujourd'hui à des publications officielles. — En 1871 parut V Inventaire sommaire et Tableau méthodique des fonds conservés aux Archives nationales, l""^ partie, régime antérieur à 1789 (un vol. in-4°) ; on s'est efforcé dans ce travail de reconstituer sur le papier les anciens fonds disloqués par le classement de Daunou. Il remplaça un Inventaire général sommaire (in-4°), rédigé dans l'ordre numérique des séries et des articles, qui avait été imprimé dès 1867 et dont les rares exemplaires furent retirés de la circulation. Un nouvel Etat sommaire, plus développé que celui de 1867, mais disposé de la même manière^, a été publié en 1890; la table est en cours d'impression.
Le Tableau méthodique de 1871 et V État sommaire de 1890 donnent, pour certaines séries, des inventaires assez étendus pour qu'il soit désormais sans intérêt d'en publier des nomenclatures plus détaillées. On ne pourrait ajouter, par exemple, dans un répertoire numérique sommaire de la série N, que très peu de renseignements utiles à ceux qui se trouvent dans le Tableau. Mais les inventaires généraux actuels sont, pour d'autres séries, beaucouj) trop peu ex[)licites; « ils procèdent le plus souvent par larges groupes d'articles, comprenant parfois plusieurs centaines de numéros. » On conçoit dès lorsl'utilité qu'il y aurait à posséder des répertoires numériquesde ces séries, oii ?o«s les articles de chaque série seraient énuinérés unàun, avec leur cote, avec la mention des dates extrêmes des
1. Nous n'indiquons pas ici les remaniements intermédiaires entre la distribution primitive de Daunou et la distribution actuelle.
2. Il est à noter, du reste, que ces deux publications se complètent sans s'annuler. On trouvera, par exemple, dans celle de 18()7, des indications relatives A une division topographique de la série S qui ont été volontairement omises dans celle de 1890.
documents y compris, et même, au besoin, avec un titre particulier et des sous-titres analytiques , propres à spécifier la diversité des matières contenues dans un même article, registre ou carton. « Les répertoires numériques sont principalement rédigés en vue des exigences du sei'vice intérieur, mais les éi^udits pourront les consulter avec profit, en attendant la publication de catalogues encore plus analytiques. Ils y apprendront de quels documents sont formés les articles des séries, quelles ressources offrent les fonds et quelles en sont les lacunes, quelle cote enfin on doit inscrire sur un bulletin de demande pour obtenir la communication immédiate d'un documenta » Des répertoires de cette espèce ont été dressés pour quelques-unes des séries des Archives nationales; ceux qui existent et ceux qui sont en préparation seront énumérés plus loin, en leur lieu. Outre les inventaires sommaires généraux de toutes les séries 2, et les répertoires numériques sommaires de quelques séries, l'administration possède quantité de répertoires manuscrits, sur fiches ou sur registres, exécutés d'après des plans très divers, qui constituent de précieux instruments de recherche, bien qu'ils soient pour la plupart incomplets ou inachevés. Quelques-uns, tels que ceux des archives de la Chambre des Comptes, ont été faits avant la Révolution, mais peuvent servir encore, grâce à des tables modernes qui donnent la concordance des anciennes cotes avec les nouvelles . La plupart ont été entrepris depuis le classement de Daunou^. Tous ont été affectés, jusqu'à ces derniers temps, au service intérieur; les archivistes, seuls initiés, en jouissaient mystérieusement "* ; les travailleurs
1. Répertoire numérique des archives du Parlement de Paris (série X), Paris, 1889, in-4"'. Introduction.
2. Parmi les inventaires généraux communs à toutes les séi-ies, on pourra bientôt ranger un « Catalogue des manuscrits proprement dits conservés dans les divers fonds des Archives nationales » qui est en cours d'impression.
3. Les répertoires entrepris depuis le classement de Daunou n'ont pas tous été menés à bonne fin. Beaucoup ont été abandonnés avant d'être achevés , pendent opéra interrupta, et c'est là une des raisons pour lesquelles on a longtemps hésité à les communiquer au public. Rien n'est plus regrettable, en effet, en matière d'archives, de classement et d'inventaire, que le défaut d'esprit de suite, et l'administration ne se souciait guère d'en être convaincue. Parmi les répertoires entrepris et abandonnés à mi-chemin, citons, à titre d'exemple, la table générale sur fiches de la série S et celle de la série Vi (Provisions d'offices).
4. Tel est le système de nos grands dépôts publics. Tant à la Bibliothèque nationale qu'aux Archives nationales, le public n'est pas admis à faire ses recherches lui-même, à l'aide des répertoires qui existent. L'administration cher-
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ordinaires n'en soupçonnaient même pas l'existence. Ce régime très peu libéral a heureusement pris fin depuis que la communication au public de ceux de ces répertoires qui sont transcrits sur registres a été autorisée ' . Mais cette autorisation ne sortira son plein et entier effet que lorsque le public connaîtra la liste des répertoires dont il a désormais le droit de profiter. Le mieux serait sûrement de les installer sur des rayons tout autour de la salle de travail, comme cela se pratique au Record Office de Londres, oîi des centaines de répertoires, registres ou volumes de fiches reliées automatiquement, tapissent les murailles du reading-room. Il est bon, en attendant, d'informer ,les érudits des ressources qui sont virtuellement à leur disposition dans les magasins ou dans les cabinets des archivistes. Elles seront signalées ici pour la première fois. Nous en avons rédigé l'état sommaire à l'aide de « l'Inventaire des inventaires » qui a été arrêté en 1863, sur l'initiative de M. Griin, pour la section judiciaire [Inv. des inventaires, répertoires, tables, etc., servant aux recherches dans la section judiciaire, 1 vol. ms.in-f°) ; en 1882 pour la section historique [Etat général des inventaires et tables de la section historique (1 vol. ms. in-4°); en 1883 pour la section administrative [État des inventaires de la section administrative (1 vol. ms. in-f ). Ces trois volumes sont très précieux, le dernier surtout ^ mériterait les honneurs de l'impression. Nous les avons complétés, grâce à l'obligeance de quelques-uns de nos confrères, en tenant nos renseignements au courant des progrès réalisés respectivement dans chaque section depuis 1863, 1882 et 1883.
Enfin l'administration des Archives nationales a fait paraître un certain nombre de volumes consacrés à des analyses détaillées, voire à l'édition textuelle des pièces contenues dans les fonds les plus importants. Dix neuf volumes in-4° ont été publiés jusqu'à ce jour sous ce titre général : « Archives de l'Empire ou nationales . Inventaires
thc pour lui, hors de sa présence, et il doit accepter comme définitifs les résultats qu'on lui apporte, positifs ou négatifs. Le système contraire est en vigueur en Angleterre. Les répertoires sont à la disposition du public; les archivistes et les bibliothécaires se bornent à lui en enseigner le maniement, s'ils en sont priés. Les deux méthodes ont leurs avantages et leurs inconvénients.