‹ Les archives de l'histoire de FranceChapitre 25 sur 182 · X. — Etablissements de bienfaisance · texte numérisé non relu

X. — Etablissements de bienfaisance

Y. — Etablissements de répression.

Z. — Affaires diverses.

II. La Commission des archives départementales, créée par l'arrêté du 6 mai 1841, affirma rapidement sa compétence et son activité. Les archives départementales n'avaient alors aucun répertoire d'aucun genre. Elle entreprit de dresser l'Inventaire sommaire de leurs richesses, encore aujourd'hui si mal explorées qu'elles réservent sans doute bien des surprises à l'érudition. Elle publia à cet effet deux livres excellents, qui, aujourd'hui bien arriérés, sont restés néanmoins les guides classiques des travailleurs dans nos dépôts de province, à savoir : le Catalogue général dçs cartidaires des archives départementales [Paris, 1847, in-4*' de 227 pp.) ; et le Tableau général numérique par fonds des archives départementales antérieures à 1790 (Paris, 1848, in-4° de 251 pp.i. La Commission préparait des travaux analogues sur les registres capitulaires, les terriers, les registres paroissiaux, etc., lorsqu'elle fut dissoute par le gouvernement impérial et remplacée, le 12 janvier 1854, par une commission consultative des archives, qui se réunit rarement.

Aucun catalogue d'ensemble de nos archives départementales n'a été publié depuis 1848, à l'exception d'un catalogue des mss. littéraires qui se trouvent égarés dans ces dépôts : Catalogue des manuscrits des archives départementales, communales et hospitalières, Paris, 1886, in-8°. On peut citer aussi comme publication d'ensemble le Musée des archives départementales , Paris, 1878, in-f°, iivec album, recueil de 172 héliogravures et de documents tirés des archives des préfectures, des mairies et des hospices, publié par le ministre de l'intérieur à l'occasion de l'Exposition universelle.

Cependant le comte de Persigny, l'un des successeurs du comte Duchàtel au ministère de l'intérieur, se proposa en 1854 de donner une impulsion et une direction nouvelles à la grande œuvre du dénombrement et de la description des ressources scientifiques tenues en réserve dans les dépôts de province. Une circulaire du 20 janvier 1854 prescrivit l'exécution d'un Inventaire sommaire de chaque dépôt établi d'après des règles uniformes, de manière à « donner le signalement exact de chaque article en indiquant sa lettre de série, son numéro d'ordre, l'état matériel, le nombre, la nature et les dates extrêmes des pièces y comprises, avec la mention des familles et des lieux qui y sont nommés ». L'impression de ces Inventaires (il s'agit bien entendu des séries antérieures à 1790) commença dans |)resque tous les départements en 1861.

La collection des Inventaires sommaires, rédigés d'après le plan Per-

signy, s'élevait, au 1" juillet 1890, à 164 volumes in-4*', non compris les volumes sous presse^. On en trouvera ci-dessous un état détaillé et rigoureusement à jour.

Ces Inventaires ne sont pas en majorité satisfaisants. La circulaire de 1854, lancée par des bureaucrates incompétents, avait eu le tort d'imposer aux archivistes l'obligation de donner les mêmes dimensions à toutes leurs analyses, sans tenir compte de l'importance relative des articles, et d'interdire absolument l'indication de toute date en dehors des dates extrêmes. Ces instructions, absurdes en elles-mêmes, ne laissaient aucune part à l'initiative ni à l'intelligence des rédacteurs. Elles les forçaient en outre à une production régulière dont il n'était que trop facile aux archivistes peu consciencieux de diminuer le poids en travaillant avec légèreté. On avait visé surtout à publier beaucoup et à donner à tous les volumes un grand air d'uniformité, conception puérile et même dangereuse si l'on considère qu'en matière d'érudition .toute besogne mal faite est à refaire de fond en comble. Les Inventaires publiés de 1861 à 1869 ne méritent donc, en général, qu'une confiance médiocre, malgré les services qu'ils peuvent rendre à l'occasion^. Depuis que la surveillance de l'entreprise a été, comme de raison, confiée à des hommes spéciaux, les choses ont changé dans une certaine mesure ^ . Mais on

1. L'état détaillé des inventaires publiés des archives départementales est donné chaque année dans V Annuaire des bibliothèques et des archu-es, depuis 1886. Mais cet annuaire n'indique que les pu))lications oflQcielles. Un travail bibliographique de Léopold Pannier, dont toutes les parties essentielles se retrouveront dans le présent volume avec le développement qu'elles comportent, indique en outre les publications privées dont les dépôts départementaux ont été l'objet : Etat des inventaires sommaires et des autres trai^aux relatifs aux diverses archives de la France au l"janv. 1875 (Biblioth. de l'Ecole des Chartes, t. XX.WI, 1875). Cf. depuis 1885 les rapports annuels de M. X. Charmes (ci-dessus, p. 4).

2. Plusieurs volumes rédigés à cette époque sont à tel point insuffisants que l'on songe déjà à les refaire entièrement : tels les tomes I de l'Inventaire de la Côled'Or, de la Loire-Inféricurc et du Nord, consacrés à trois des plus précieux fonds qui existent en France. D'autres, notoirement mauvais, sont restés en feuilles, quoique imprimés, dans les greniers des préfectures, sans qu'on ose leur faire voir le jour.

3. Les circulaires de 187'j, relatives au classement des papiers révolutionnaires, n'ont pas non plus tout prévu. Mais leurs dispositions ont passé aussi en force de loi ; il est trop tard pour mieux faire. — Just[u'ici les inventaires des documents de la période moderne étaient restés manuscrits; mais, le premier, M. Blancard vient de faire paraître administralivemcnt (août 1890) le tome 1" de 1 invcn-

a dû renoncer à remédier aux graves défauts du plan primitif, et la collection demeurera toujours, quoi qu'on fasse, encombrante, mal ordonnée, plus propre à fournir des suggestions que des renseignements , et foncièrement inégale , malgré son apparente uniformité.

Il a paru bon de joindre à cette Notice générale les tableaux suivants qui indiquent dans quels dépôts sont aujoui'd'hui conservées, ou entre quels dépôts ' sont aujourd'hui partagées les anciennes archives des archevêchés, évêchés, intendances et généralités provinciales, parlements, chambres des comptes, cours des aides et universités ^ qui ont existé en France sous l'ancien régime ^.

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