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Louis-Adrien Le Paige, avocat au Parlement

2. Cf. une notice de H. Bordier dans l'Annuaire du bibllopliilc, du bibliothécaire el de l'archiviste pour l'année 18G2, pp. 50-54.

non seulement en nombre les titres de la seigneurie d'Aulnay depuis le xiv* siècle, bien classés et munis d'un ixv. ms. en 3 vol. in-folio, mais encore les papiers des familles Le Clerc, de Coitier et de Gourgues, à partir du xv^ siècle, où le D'' Chéreau a puisé pour son élude sur Jacques Coitier.

Un très grand nombre de familles conservent toutefois, à Paris, des archives intéressantes à conserver et à étudier pour diverses époques de notre histoire ; dans l'impossibilité où nous sommes de les signaler toutes, nous nous contenterons d énumérer les plus connues. M. le comte de Chabrillan a en sa possession les titres de l'ancien duché d'Aiguillon, comprenant entre autres les papiers anciens des baronnies d'Aiguillon, de Madaillan et de Montpezat, et conserve avec soin des épaves encore précieuses des papiers de Richelieu, d'Aiguillon, de Maurepas, de La Vrillière, de Pontchartrain, d'Hémery, de Bréhan-Plého dont on trouvera des extraits dans le Bulletin de la Société de f/iistoire de France, IX (1872), pp. 106-lii et 197-200 ; le Bulletin de la Soc. du protestantisme français, XI, pp. 1-6; et dans le livre de E.-J.-B. Rathery, Le comte de Plélo (Paris, 1876, in-S"). — M. le marquis de Xicolay s'efforce de rendre publiques ses très belles archives relatives à sa famille, aux seigneuries de Bercy, de Charenton, de Bléré, de Courances, au marquisat de Goussainville, aux Lévis-Montcalm et à la domination française au Canada, en autorisant la publication des parties les plus curieuses de son chartrier dans \ Annuaire-Bulletin de la Société d'histoire de France, XV (1878^', jjp. 208-240; dans le beau livre de M. A. de Boislisle, Histoire de la maison de Nicolay, pièces justificatives, I (Nogent-le-Rotrou, 1875, in-4'') ; et dans les publications spéciales de l'abbé H.-R. Casgrain : Journal des campagnes du chevalier de Lévis au Canada, de 1156 à 1760 (Montréal, 1889, in-8'') ; Lettres du chevalier de Lévis concernant la guerre du Canada (Montréal, 1889, in-8"); et Lettres de la Cour de Versailles au baron de Dieskau, au marquis de Montcalm et au chevalier de Lévis (Québec, 1890, in-8° . — Knlre les mains de M. le marquis d'Estampes se trouvent les archives de la maison d'Estampes-Valençay renfermant un grand nombre de lettres de Henri W , de Louis XIII, de Louis XIV, de Richelieu, de Mazarin, des Coudés, des Guises, de tous les personnages marquants de la Fronde, outre les correspondances de trois aml)assadeurs, du cardinal et des gouverneurs de provinces qu'a produits celte famille.

— M. le baron de Chamborant conserve des papiers de ses ancêtres, inventoriés dès 1787. — M. le marquis de Montcalm a également

des archives de famille précieuses pour l'histoire de nos colonies.

Le baron Reille possède les papiers du maréchal Soult. M™e la

duchesse de Gazes est propriétaire d'une série de correspondances très intéressantes, notamment des Lettres inédites de Feuquières^ publ. par Etienne Gallois (Paris, 1845-1846, 5 vol. in-8°). — Le baron Bernadotte a sur son aïeul des documents du plus haut intérêt, déjà utilisés par U. Wrangel, Frdn Jean Bernadottes Ungdom (Stockholm, 1880, in-8«). — Le baron Porlalis conserve la correspondance et les manuscrits de son grand-père, en partie connus par les publications de Frédéric Portails : Discours, rapports et trai'aux inédits sur le Code civil, par J.-Et.-M. Portails (Paris, 1844, in-8''), et Discours, rapports et travaux inédits sur le Concordat de 1801, les articles organiques et diverses questions de droit public concernant la

liberté des cultes, par J.-Et.-M. Portails (Paris, 1845, in-8°).

M. A. de Rochas d'Aiglun conserve les importantes archives de sa famille, intéressantes surtout pour le Dauphiné et la Provence, et remontant au xv<^ siècle; — M. le b""^ Joseph du Teil a des papiers plus anciens encore, d'origine provençale; — M. le m'* de Sauvaire- Barthélemy possède les papiers de l'abbé Barthélémy, le littérateur du xviii'' siècle , et de son neveu, membre du Directoire.

M. Henri Parenty a entre les mains les titres de la famille d'Humières de Recklinghen depuis le xvi^ siècle. — Citerons-nous encore les archives particulières du marquis de Beaurepaire-Louvagny (cf. Revue historique et nobiliaire, 1882, pp. 193-206], des Target, des Turgot, des fils d'émigrés et des descendants des principaux dignitaires du premier Empire (Gambacérès, duc de Trévise, duc de Bassano, prince Murât, etc.)? — Il suffira de signaler ici, sans insister davantage, la présence des Mémoires de Talleyrand chez le duc de Broglie qui les tenait de l'héritage de M. de Bacourl avec M* Châtelain, notaire à Paris (cf. La Révolution française, octobre 1890, p. 350). L'éditeur doit très prochainement d'ailleurs déposer dans un dépôt public ces manuscrits, sur l'authenticité desquels les longues discussions sont à peine terminées; cf. notamment Revue historique, XLVIII (1892j, pp. 301-316.

Les notaires du département de la Seine ont des archives assez considérables et ne remontant pas au delà du xvi« siècle; chaque

Arcliii't's de l Itistoire de France.

titulaire a conservé les archives de son étude ', comme on peut s'en convaincre en ouvrant le volume intitulé : Notariats du département de la Seine ou tableaux par ordre chronologique Indiquant les minutes appartenant à chaque étude, par M^ A.-J. Thomas, Paris, 1863, in-4° de viii-351 pp. — Ces dépôts, loin d'être publics, ne sont guère accessibles que pour quelques privilégiés qui, comme autrefois Eud. Soulié, aujourd'hui MM. le baron Pichon et le vicomte de Grouchy, ont réussi à en tirer d utiles documents pour l'histoire des arts et de l'industrie, à Paris, et pour la biogra|ihie des grands personnages de notre histoire. Entre autres recueils qui ont déjà profité de ces recherches , citons la Gazette des Beaux-Arts , juillet 1885; la Revue de l'art français, passim depuis 1889; et le Bulletin de la Société de l'histoire de Paris et de l'Ile-de-France, depuis 1890. — A Vincennes, les minutes de l'étude sont particulièrement intéressantes comme renfermant les contrats passés par les prisonniers de marque détenus dans le donjon voisin, au xviii'' siècle. — Pour celles de Villejuif, on |)ourra consulter aux Archives nationales, T. 244*^, un réj)ertoire détaillé pour les années 1537 à 1G61.

Les archives de l'Opéra ne remontent pas au delà de 1721 ; des copies prises dans d'autres dépôts publics, notamment aux archives de la ville de Paris et de la Préfecture de police (avant leur destruction en 1871) ont permis de reconstituer en partie les documents antérieurs à cette date. On y conserve une série importante d'arrêts du Conseil, dépêches ministérielles, états du personnel, budgets et comptes, et la correspondance fournit une riche moisson d autographes précieux; l'histoire de l'industrie, du costume et des familles même au xviii* siècle est largement représentée. Les jiapiers de la période révolutionnaire sont à peu près intacts. — Ces archives se sont en outre, il y a une quinzaine d'années, enrichies des archives de l'Opéra-Comique qui, sauf quelques lacunes à l'origine, comprennent la série des registres et documents divers depuis l'ouverture de la Comédie italienne à Ihôtel de Bourgogne, en 1710, jusqu'à Tannée 18.32. — Cf. Note relative aux archives et à

1. Il y a bien eu, dans certaines études (celle de M' de Vassal notamment), des dilapidations altribuables soit à quelque clerc malhonnête et cupide, soit à quelque audacieux étranger, puisqu'on retrouve des pièces notariéfs de ses prédéresseiirs parfois dans des ventes publiques d'autographes ; elles s'expliquent là d'autant mieux que les prédécesseurs de M° de Vassal étaient les notaires de la Cour au xvii* siècle.

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la bibliothèque de l'Opéra [par Ch. Nuitler], Paris, 1880, in 8°. — Une magnifique collection théâtrale livres et estampes) est annexée aux archives de cet établissement.

Les archives de la ComécUe-Fran-aise consistent en : 1° une collection d'environ 500 registres, commençant en 1659 et contenant les spectacles journaliers, les recettes, les dépenses, les feux, les délibérations, assemblées, comités, lectures, conseil judiciaire, inventaires, distributions, bals, comptes, répertoires, etc., auxquels il faut joindre les feuilles d'assemblées de 1G77 à 1706; — 2" environ 1.500 manuscrits de tragédies et comédies, quelques-uns autographes, la plupart accompagnés de notes et de corrections d'auteurs (xviii''-xix'' siècles) ; — 3° une collection de dossiers relatifs à tous les auteurs représentés au Théâtre-Français, de tous les artistes sociétaires, pensionnaires ou débutants; — 4" de nombreux autographes, parmi lesquels il faut citer une signature de Molière, des lettres de Lafontaine, Regnard, Voltaire, Piron, Diderot, Beaumarchais ; M"^ Molière, la Champmeslé, Adrienne Le Couvreur, M"'' Clairon, Baron, Lekain, Talma, etc. ; — 5° de nombreuses liasses et portefeuilles renfermant les ordres des gentilshommes delà Chambre, les contrats, procédures, acquisitions, mémoires, règlements, comptes et quittances; — 6" la musique manuscrite. — Doc. publ. : A. Jullien, Les spectateurs sur le théâtre, Paris, 1876, in-S" ; — G. Monval, Registre de Lagrangc 11658-1685^, Paris, 1876, in-4°; — le même, Le premier registre de La Thorillière (1663-1664), Paris, 1890, in-18. — Une bibliothèque théâtrale importante est jointe à ces archives, ainsi qu'une collection précieuse de gravures, dessins, affiches, maquettes de décors et de costumes.

Le Conservatoire de musique a des archives qui ne remontent pas au delà de 1833.

Au Musée du Louvre, les documents administratifs ont une importance exceptionnelle au point de vue de l'histoire de l'art ; ils remontent à la fin du xviu" siècle, mais ne sont communiqués qu'avec beaucoup de difficultés.

Les archives de la maison de la Légion d'honneur sont particulièrement intéressantes; elles ont déjà été utilisées par M. Bonneville de Marsangy, Madame Campan à Hcouen, Paris, 1879, in-8°; — et par L. Soulageon, Les cohortes de la Légion d'honneur (1802- 1809), Paris, 1886, in-8^

Les cinq sections de V Institut de France conservent chacune leurs

archives particulières, comprenant les registres des séances, la correspondance, la comptabilité, et diverses collections précieuses, surtout jiour l'Académie française, l'Académie des Inscriptions et l'Académie des Sciences, les plus anciennement fondées*. Les archives de l'Académie française ont été à plusieurs reprises mises à contribution (cf. Bulletin du Comité des travaux historiques, histoire et philologie, 1886, pp. 154-156; et Bulletin de la Société archéologique de Soissons, XIY, 1860, pp. 37 et 68). — C'est avec celles de l'Académie des Beaux- Arts que M. le v"= H. Delaborde a écrit son livre L'Académie des Beaux-Arts depuis la fondation de l'Institut, Paris, 1891, in-8°. — Dans celles de V Académie des sciences ont été déposés les registres du laboratoire de Lavoisier, sur lesquels M. Berlhelot a appelé l'attention dans le Journal des savants, 1890, pp. 120-131 et 256-268.

Sur les anciennes archives de Y Académie de peinture et de sculpture de Paris (disparue à la Révolution française , qui sont conservées aujourd'hui à l'École nationale des Beaux-Arts, on lira un article de M. Eug. Miintz dans les Mémoires de la Société de l histoire de Paris, XVIII (1891). Outre les procès-verbaux de ladite Académie 16'l8-1792; qui viennent d'être intégralement publiés ^ par M. A de Montaiglon pour la Société de l'histoire de l'art français (Paris, 1875-1892, 10 vol. in-8°j, cette collection contient la liste des morceaux de réception des membres de l'Académie (cf. Archives de r Art fran.:ais, II, l)p. 353-391, et Gazette des Beaux-Arts, 1890, p. 286,, celle des grands prix, et la plupart des conférences faites par ces membres (cf. H. Stein, Les frères Anguicr, Paris, 1889, in-8\ pp. 50-56K la collection des lettres de faire-part des membres de l'Académie, publiée par 0. Fidière Paris, 1883, in-8<'), et un grand nombre de mémoires, rapports et pièces de comptabilité. Cf. Eu^. Mlinlz, Guide de f École nationale des Beaux-Arts, Paris, [1889], in-8% p. 144.

Les archives anciennes de la Sorhonne ne sont pas très importantes'*; elles sont renfermées dans 25 cartons, comnmnicablos à la Bil)linthèque de l'Université '. — Un inv. ms., qui en fut dressé

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