‹ Les archives de l'histoire de FranceChapitre 67 sur 182 · Cf. E. Dramard, /oc. cit., pp. 13G · texte numérisé non relu

Cf. E. Dramard, /oc. cit., pp. 13G

Archiven de U histoire de France. 3g

562 AncHivES diverses

Béthune-Sully , où existent les importantes archives de la famille de Crèvecœur, des documents sur l'histoire de Flandre à partir du xv^ siècle, et une assez intéressante correspondance de la famille de Nassau-Orange; — Havrincourt m'« d'Havrincourtj, chartrier ancien ; — Colombest, fonds riche et inexploré ; — Hardelot, à Condette, doii sont tirés les Documents pour servir à l'histoire d Hardelot et des châteaux circonvoisins, par C. Le Roy Boulogne, 1859, in-8°j; — Vaudricourt 'c'« de Beaulaincourt), dont les archives ont été jadis explorées par M. Gh. de Linas; — chez le b<»° Blondel d'Aubers , où se trouvent des documents anciens très précieux pour l'histoire locale , entre autres les bans du Pont-à-Wendin (xiii^ siècle), sommairement examinés autrefois par E. de La Fons- Mélicocq ; — à RoUencourt (c*'= de Berthoultl, dont les archives ne remontent guère au delà du xvi^ siècle ; — Lozembergue , près AVimille (^L de Rosny . — La famille de Saint-Just, à Bernieulles, près Ardres, possède la majeure partie des titres relatifs à Ardres et au Pays reconquis.

Les anciennes archives des notaires, en Artois, étaient toutes réunies dans des dépôts publics qui portaient le nom de « gros » ; on a vu plus haut (p. 211), que les gros d'Aire, d'Hesdin, de Bethune, avaient été réunis depuis peu aux archives départementales. Ceux d'Arras, de Saint-Omer, et de Saint-Pol sont demeurés jusqu'ici confondus avec les archives conservées au greffe du tribunal civil de chacune de ces localités. Dans toutes ces villes, sauf d'inévitables délapidations, les vieilles minutes ont peu souffert; mais il n'existe aucun inventaire capaljlc d'y faciliter les recherches. — Pour le Boulonnais, au contraire, il n'existe aucun dépôt particulier pour les minutes des anciens tabellionages, qui sont confiés à la garde des titulaires successifs, et ne i-emontent guère au delà de 15GG pour Boulogne, de 1596 pour Guines. La liste des anciens notaires de Boulogne est publiée dans \ Abnanach de Picardie de 1776, p. 214.

\J Académie d'Arras a ses archives propres; cf. Histoire de i Académie (VArras depuis sa fondation en 1131 jusijuà nos Jours, par le chanoine Van Drivai Arras, 1872, in-8" .

PUY-DE-DOME

Le dépôt du greffe de la Cour d'Appel de Riom est fort important; on y a centralisé partie des archives de la sénéchaussée de Cler-

PYRÉNÉES (basses) 563

mont, celles de la sénéchaussée de Riom ; celles du pi'ésidial, des justices inférieures, bailliages royaux et seigneuriaux, prévôtés, châtellenies, etc., y ressortissant, le tout classé par districts ; on y trouve en outre des documents provenant du conseil supérieur de Glermont, de la Cour des aides et de la Cour des grands jours de Clermont, du bureau des finances, de l'administration des eaux et forêts d'Auvergne. La majeure partie des dossiers ainsi conservés se réfère aux xvii^ et xviii*' siècles'. — Ixv. ms., par MM. Cailhe et Sardier (1825-1830), en 6 vol. in-fol. ; il y a en outre des tables spéciales, de la même époque, pour les plumitifs des sentences rendues jadis par les tribunaux (présidial, etc.) de Riom (cf. R. P., 1884, pp. 225-226). — Doc. publ. : E. Everat, La sénéchaussée (V Auvergne et siège présidial de Riom au XVIIP siècle, Paris, 1885, 1 vol. in-8^

Les plus riches archives particulières du département sont à Riom, chez le m'« de Chanaleilles, où sont réunis les anciens papiers des châteaux de Tournoël et de Murol, — chez le c'^ de Chabrol-Tournoël (riche collection de titres depuis le xiv® siècle), — et chez iNL Marc de Vissac ; — au château de Parentignat, près Issoire [c^^^^^ de Lastic) ; — de Banson (famille de Sarrazin), — de Barmontet, près Herment, de Vatanges, près Tix (titres de la famille de Rochefort et des barons de Châteauvert, propriété de M. le c'« Jacques d'Ussel), — et de Matarel. — Les anciennes familles parlementaires d'Auvergne ont en général, d'après M. Everat, conservé leurs papiers de famille. — Chez ^L A. Tardieu, à Herment, on trouve un répertoire des titres du château du Ronzet, près Giat, dressé en 1742.

Les recherches seront simplifiées chez certains notaires par le Répertoire général du corps des minutes des notaires de l'arrondissement de Riom (Riom, 1865, in-8").

PYRÉNÉES (BASSES

A Saint-Jean-de-Luz, les archives anciennes des bureaux de la marine se composent seulement de 24 volumes de registres matricules (1749-1790), et de 13 volumes de rôles d'équipages (1732-1790).

1. Nous ne parlons que pour mémoire des registres paroissiaux, conservés eu très grand nombre au grefife du tribunal civil de Riom ; il y en a qui intéressent les communes non seulement du Puy-de-Dôme, mais encore des départements Toisins d'Auvergne, par exemple de la Uaute-Loire, dont la préfecture en réclame vainement la réintégration.

De belles archives privées se trouvent chez M""^ la comtesse de Brancion, à Pau, qui possède les précieux papiers d'Arnaud d'Oïhenart; — chez M. Franck d'Andurain, à Amendeuix, qui possède des registres très importants des Etats de Soûle et quelques papiers des Béla-Gharaute ; — chez M. V. de Gasenave, à Mauléon, oii l'on remarque notamment un censier du pays de Soûle ixvi® siècle); — chez M. de Nays, à Jurançon (cf. Notice sur la maison de Naïs par l'abbé Marseillon , Pau, 1885, in-8°) ; — dans la famille de Madaune-Salinis, dont les archives ont servi à écrire un travail intitulé : Le fief du Basagle et la famille noble de Madaune en Béarn (par l'abbé Madaunej, Paris, 1880, in-8°; — au château de Gayrosse, près Audéjos, où se trouvent de curieuses correspondances privées, des registres de comptes, des livres de raison concernant les familles de Gayrosse, de Lago-Méritein, de Monein-Montréal, de Gassion et de Larborie, le tout signalé pour la j)reraière fois par Ad. Planté, Une grande baronnie de Béarn du XIP au XFIIP siècle (Pau, 1891, in-8") ; — à Espalungue, près Laruns 1)"" d'Espalungue d'Arros), — • dans les chàleaux de Coarraze, Apat, Irumberry, Athaguy, Saint-Martin-d'Arberoue et Salha, à Aïcirits ; et dans les familles de Berterèche de Menditte, de Trubessé, de Maluquer, d'Olce, d'Arraing et de Charrilte. Quelques-uns de ces dépôts ont été examinés avec soin par MM. J.-B. de Jaurgain et Dufau de Maluquer, auteurs d'un Nobiliaire de Béarn, paru en partie dans la Revue de Béarn ^1884-1888) et resté inachevé. — M. Bascle de Lagrèze, à Pau, est en possession des papiers du conventionnel Barère. — Les anciennes et considérables archives du château d Uhart, retrouvées il y a quelques années dans un grenier à Saint-Palais, sont actuellement déposées chez M. l'abbé Larremendy, curé de Garris.

PYRÉNÉES (HAUTES

11 subsiste des documents de l'époque révolutionnaire à la souspréfecture d'Argelés.

Les châteaux de ce déparlement riches en archives sont : Tostat (c'« Anselme de Puisaye), avec un beau fonds qui remonte au xiv" siècle îcf. Souvenir de la Bigorre, VI, 188G, pp. 5G1 et suiv.) ; — Bonrepos, près Galan, où sont conservés les papiers de la famille de Sarraméa, et d'où Fr. Abbadie a tiré des Lettres d'un

cadet (le Gascogne sous Louis XIV, Auch, 1890, in-8° [Arc/ih'es hist. de Gascogne, XXI); — Lascazéres, au m'» de Fi-anclieu ; — Ozon, au c*« d'Exea ; — Horgues, à M. H. de Courrèges; — Tibiran, au b°" d'Agos; — et Barbazan-Dobat, au m'» Gh. de Castelbajac. La plupart de ces papiers ont surtout un intérêt local et remontent à la fin du xiv^ siècle ou au commencement du xv^. — A Saint-Pé-de- Bigorre (c'^ A. de Beaumont) se trouvent des pièces relalives aux familles Duhau de Sallies, de Laas-Aignos, d'Idron, de Batsalle, de Belsunce, d'Abadie, de Niossens, de Candau, en Béarn et en Navarre, depuis 1547. — A Tarbes, chez M. Gaston Dreyt, on peut voir un registre en parchemin intitulé» censier de la maison de Lavedan » ou « livre vert de Bénac », rédigé en 1406 par Dominique de la Bivau, pour le v^^ R. G. de Lavedan, seigneur de Castelloubon : il contient des copies d'actes depuis le xii® siècle, très importants pour l'histoire de la maison vicomtale de Lavedan '.

Certains notaires du département ont conservé des minutes assez anciennes ; chez ^P Vivier, à Tarbes, il y a quelques registres du xv" siècle ; à Lourdes, à Luz et â Bénac, rien d'antérieur au xvi^. Il y a d'ailleurs un tableau imprimé des noms des anciens notaires, avec indication de la date des registres qu'ils détiennent, pour les arrondissements de Bagnères-de-Bigorre et de Tarbes.

PYRÉNÉES-ORIENTALES

Le greffe du tribunal civil de Perpignan possède le fonds d'archives du Conseil souverain de Roussillon; c'est une collection d'environ 300 registres d'enregistrement, d'arrêts et de règlements de la chambre du domaine, et de dossiers d'affaires célèbres (Thérèse de Béarn, révolte du Vallespir, etc.); xvii^-xviii'' siècles.

Le tribunal de commerce de Perpignan conserve les fonds d'archives du Consulat de mer, très intéressants depuis le xv^ siècle pour l'histoire du commerce. — Il a versé tous les registres de notaires qui forment aujourd'hui l'un des plus beaux appoints (les archives départementales.

Dans les fonds révolutionnaires restés au greffe de la Cour

1. Larchcr a connu ce manuscrit, dont il donne quelques extraits dans son Glanage ou Preui'ea (25 vol. in-8"), ù la bibliothèque communale de Tarbes.

d appel de Lyon, M. Salomon de Lachapelle a puisé les principaux matériaux de son Histoire judiciaire de Lyon et des dcpartcinents de Rhône-et-Loire et du Rhône depuis 1790 Lyon, 1880, in-8°).

Lyon a également un tribunal de commerce qui a ses archives propres, étudiées par M. Pariset : La chambre de commerce de Lyon, étude faite sur les registres de ses délibérations ; i""* partie (xviii^ siècle); 2^ partie (xix*' siècle), Lyon, 1886, 2 vol. in-S".

Les archives actuelles de l'archevêché, à Lyon, se composent principalement de restitutions faites en 1806 et en 1816 par l'administration départementale qui était entrée en possession de ces papiers, en vertu des lois révolutionnaires. La collection comprend les registres des insinuations ecclésiastiques, en 104 volumes, de 1554 à 1790; — les registres des provisions, 47 vol., de 1584 à 1788; — de l'extraordinaire du secrétariat, 27 vol., de 1629 à 1785; — des ordinations, 22 vol., de 1639 à 1790; — les actes capitulaires du chapitre, 155 vol., de 1459 à 1774, avec un répertoire ms. pour les années 1561 à 1621 ; — les rôles des revenus et impositions des bénéfices, 10 vol., de 1728 à 1700; — une série de registres terriers, 200 vol., de 1325 à 1778; — des pouillés, livres de visites, états de prébendes pour le xviii* siècle ; — et des chartes isolées depuis le xiii^ siècle. Cf. pour plus de détails, un article de L. Niepce dans la Revue du Lyonnais, décembre 1885, pp. 440-443; — et des documents publiés dans le Bulletin de la Diana, V (1890 , pp. 250-256. — Dans les archives de la période révolutionnaire se trouvent, entre autres documents précieux, une nombreuse correspondance de Mgr ^Lirbeuf, émigré, avec le clergé de son diocèse.

Au château d'Avaugy, près Saint-Romain-de-Popey (m'" d'Albon), belles archives de famille et série de documents d'histoire locale, avec inv. ms. de 1097, dressé par J, Jacob (cf. Revue des Sociétés savantes, k^ série, VIII (1808), pp. 126-139); — au château de Nantas, près Terrenoire, fonds intéressant où se remarquent entre autres les comptes et la chronique de la ville de Condrieu, de 1505 à 1649 (cf. Revue du Lyonnais, janvier 1891 et suiv.) ; à Rochefort, en Beaujolais, existe un chartrier exploré pour une publication intitulée : Documents pour servir à l'histoire du Beaujolais extraits des archives du château de Rochefort (Lyon, 1878, in-4'').

Il existe à Lyon un dépôt centi-al de minutes à la Cham])rc des notaires cf. R. P., 1889, p. 622 , et de belles archives chez les

SAONK-ET-LOIRE 567

titulaires actuels, à partir de 1505 ; les plus anciennes du département sont à Beaujeu (1456). On trouvera tous les renseignements nécessaires dans le livre déjà cité de L. Niepce, Les arcltwes de Lyon (Lyon, 1875, in-8°), pp. 673-721.

SAONE (HAUTE)

Parmi les archives privées, on cite dans ce département celles des cluUcaiix de Scey-sur-Saône (famille de Bauffremont), qui possède un fonds considérable pour l'histoire de la Lorraine et de la Comté;

— Ray-sur-Saône i^ famille de Marmier), avec une centaine de grosses liasses remontant au xiii® siècle, mais riches surtout depuis le xvi*;

— Colombier (m'^ de Saint-Mauris), avec un beau chartrier doté d'un Inv. ms. moderne; — Fallon (M. de Raincourt), oîi les documents remontent au xv"" siècle ; — et Buthier (M. de Scey), où l'ordre n'est guère établi et où il existe, paraît-il, des pièces du plus haut intérêt pour le xvii^ siècle.

Pour les recherches à faire chez les notaires, on utilisera le Règlement et tableau des notaires de V arrondissement de Vcsoul en exercice au 1*'' mai 1889, avec indication des minutes dont chacun d'eux est dépositaire (Vesoul [1S89J, in-8*').

SAONE-ET-LOIRE

Au grand séminaire d'Autun, on conserve les titres du prieuré du Val-Saint-Benoît.

Beaucoup de châteaux de cette partie de la Bourgogne possèdent encore des archives intéressantes. A Sully, près Autun (m^ de Mac-Mahon), belle collection de titres historiques du xiii*^ au xviii'' siècle, se référant en partie aux familles de Rabutin et de Saulx- Tavannes ; — à Berzé, près Saint-Sorlin ic'" G. de Milly), archives de famille considérables, avec Inv. ms. in-folio (xviii^s.), et utilisées |)ar 0. de Poli, Inventaire des titres de la maison de Milly (Paris, 1888, in-12) ; — à La Motte-Saint-Jean, près Digoin (famille de Saligny), où se conservent entre autres précieux documents les mémoires du comte de Coligny-Saligny, publ. par Monmerqué, en 1841, pour la Société de l'histoire de France; — au Plessis, par Montceau-les-Mines (c'^ de Barbentane), archives locales assez

considérables depuis le xvi^ siècle ; — à Montcoy, eu Bresse, important chartrier commençant au xv^ siècle et concernant les familles de Granges, de Bauffremont, de Lugny et de Montconys (cf. Revue du Lyonnais, 4* série, VIII, 1879, pp. 191 et ss.);

— à Dracy-les-Couclies (m'** de Laubespin), on trouve entre autres des lettres écrites pendant l'émigration, de Bayreuth et d'ailleurs, par le comte du Parc et le comte de Coucy (cf. Revue de la Révolution, 1890, pp. 78-101); — à Montjeu, chartrier considérable et important, qui est relatif aux familles de Montjeu, Jeannin, Rolin, d'Harcourt, d'Aligre, Lepelletier de Saint-Fargeau et Talleyrand, qui ont successivement possédé le château du xiii'' au xix*' siècle, et a fourni les matériaux du travail intitulé : Montjeu et ses seigneurs, par .^ de Monard, et l'abbé Doret {Mémoires de la Société éduenne, VIII, 1879, et suiv.) ; — au Terrau-d'Audour et à Corcheval, archives signalées par l'abbé Mamessier : Parenté de la Bienlieureuse Margucrité-Marie-Alacoque (Aulun, 1879, in-8'') ; — à Marigny, près Mont-Saint-Vincent, archives de la famille du Mesnil de Marigny;

— à Epiry, qui appartint aux Rabutin et à la famille de La Magdeleine de Ragny (auj. famille de Loisy), chartrier précieux qui remonte au xv" siècle ; — à La Clayette (m'^ de Noblet) ; — et à Chaumont, près Saint-Bonnet-de-Joux fm'« de La Guiche), où il existe, à côté des archives de famille, des manuscrits décrits soigneusement dans la notice bibliographique qui précède l'édition (donnée par Monmerqué) des Lettres de Madame de Sévigné, de sa famille et de ses amis (Paris, 1818, 10 vol. in-8''|. — Cf. en outre un article de Ad. Arcelin : Les archives domestiques et les livres de famille, dans les Annales de f Académie de Mdcon, 2* série, II (1880), pp. 33-75.

Les archives des notaires sont partiellemenl connues par un Etat comprenant les noms des notaires de l'arrondissement dAutun en exercice en ISS^i et ceux des anciens notaires dont les minutes sont en leur possession (Autun, 1884, in-8"j, et par un Tableau des notaires de r arrondissement de Chalon-sur-Saône (Chalon-sur-Saône, [1853], in-fol.)

La Société éduenne, à Autun, s'eflbrcé de constituer un dépôt d'archives en réunissant tous les vieux papiers qui s'offrent à elle : ce dépôt s'accroît sans cesse, et comprend notamment un diplôme original du xii® siècle pour l'abbaye de Tournus, une collection de registres et délibérations du chapitre cathédral d'Aulun (xvi^-xviii*

siècles), la correspondance militaire et diplomatique du maréchal de Brézé (xvii* siècle), un grand nombre de terriers et d'inventaires de titres, à partir du xv^ siècle, et enfin le cartulaire de l'abbave de Charroux, bien éloignée de ce pays (ms. vélin du xiv^ siècle).

La fabrique de la cathédrale du Mans possède les archives du chapitre, constituant un fonds très intéressant depuis le xiv® siècle, et important aussi bien pour l'époque ancienne que pour la période révolutionnaire ; elles ont été dépouillées avec quelque profit par Dom P. Piolin pour son Histoire de l'église du Mans, Le Mans, 1851-1863, 6 vol. in-8°, et L'église du Mans pendant ht Révolution, Le Mans, 1868-1871, 4 vol. in-8''. — On signale aussi, à Assé-le- Boine, des archives de fabrique curieuses depuis le xv^ siècle, et spécialement à consulter pour l'étude des guerres de religion et des confréries.

De nombreux clidteaux de la Sarthe ont des dépôts de titres véritablement importants. A Dobert, près Avoise (c'^ de Bastard), chartrier considérable intéressant à la fois le comté nantais (originaux dep. 1200), le Berri (xv^ siècle), le Maine (dep. 1478), l'Armagnac et le Languedoc à partir du xvi^ siècle ; — à Juigné-sur-Sarthe, un petit nombre de pièces non classées depuis le xiii^ siècle; — à Sourches (duc des Cars), fonds divers et papiers de famille commençant au xm^ siècle et d'où l'on a tiré les Mémoires du marquis de Sourches, publ. par le c'^ de Cosnac et Ed. Pontal (Paris, 1876- 1890, 10 vol. in-8°), et les Mémoires du duc des Cars, colonel du régiment de Dragons-Artois, brigadier de cavalerie (Paris, 1890, 2 vol. in-8°) ; — à La Lucaziére, |)rès SilIé-le-Guillaume, archives importantes de la famille de Dreux-Brézé, mais complètement fermées ; — à Courcival, chartrier à partir du xiv" siècle, et à Créhan, près La Flèche, à partir du xv^; — Couléon (M. Menjot d'Elbène), et La Goupilliére , près de Couléon, titres des seigneuries locales depuis le milieu du xiv* siècle; — à Lucé |m'^ d'Argence), archives de la famille de Coesmes, étudiées avec soin par V. Alouis (cf. Revue Jiistorique et archéologique du Maine, 1881 et années suiv.); — à Chanteloup-Dissay, papiers de la famille Du Casse, utilisés par le b"" Robert Du Casse, notamment dans son livre L'amiral Du Casse {lôke-iliô), Paris, 1876, in-8°; — à Chéronnes, près Tuffé, collée-

tion de cinquante registres de titres seigneuriaux à partir du XV® siècle; — à La Roche-Mailly, documents remontant au xiii*, mais surtout en copies faites par des Bénédictins ; — au Luart m" du Luart), archives depuis le xiv« siècle, où l'on remarque des documents sur Robert Garnier ; — à Courcelles-au-Maine 'm'' de La Suze), chartrier abondant, avec les papiers de Cliamillart publiés par l'abbé G. Esnault, Michel Chomillart, contrôleur général des finances et secrétaire d'état de la guerre [1699-1709], correspondance et papiers inédits, Paris, 1884, 2 vol. in-8«. — Le chartrier de Rouillon se trouve aujourd'hui en la possession de l'abbé G. Esnault, au Mans. A Solesmes, l'abbaye des Bénédictins a reconstitué un petit fonds d'archives; voir Cartulaire des abbayes de Saint-Pierre-de-Solesmes (Le Mans, 1881, in-V^), pp. 408-420.

Chambéry conserve, au greffe de la Cour d'appel, les très importantes archives de l'ancien Sénat de Savoie ; les principales collections qui les constituent sont : les arrêts civils rendus par le Parlement, env. 450 vol., de 1540 à 1848; — les arrêts criminels, en deux séries, l'une de 1540 à 1600, l'autre de 1814 à 1848 ; les édits, lettres-patentes, et registres de provisions aux charges de magistrature (.33 reg. in-4'') ; — la correspondance du Sénat avec les souverains depuis le milieu du xvii« siècle ; — les documents relatifs aux affaires ecclésiastiques, à partir de 1723 seulement; — les registres des audiences, les papiers relatifs à Genève et à la Suisse, enfin une série de documents divers, sur lesquels on pourra être renseigné plus complètement par le livre de Eug. Burnier : Histoire du Sénat de Savoie (Chambéry, 1864, 2 vol. in-S»), et par la brochure de M. Lasserre : Les archives du Sénat de Savoie < (Chambéry, 1883, in.go). — Diverses publications de pièces ont été tirées de ce fonds important, notamment d'un registre qui contient des lettres du président Favre, de saint François de Sales, de Madame de Chantai ; cf Mémoires et documents de la Soc. savoisicnne d'histoire et d'archéologie, XXIII (1884), pp. 1-163, et XXVIII (1889), pp. 234-260;

- Bulletin du Comité des travaux historiques, histoire et phdo-

1. Discours prononcé à laudience solennelle de rentrée le 3 novembre t88:«, à a Cour d'appel de Chambéry.

SAVOIE (haute) 571

logie, 1886, pp. 245-251 ; — Bulletin de la Soc. du protestantisme français, 1890, pp. 464-400.

h'archevéc/ie' de Chambéry a des archives qui remontent à sa création, en 1781; — celui de Moutier-de-Tarentaise possède un fonds assez considérable, qui remonte au moyen âge, et pour lequel il existe un Inv. ms., par MM. Million et Miédan-Grosvital (393 ff.); cf. Recueil des documents de l' Académie de la Val d'Isère, I (1886), pp. 1-74. — h'évéclic de Saint-Jean-de-Maurienne n'est pas moins riche en archives anciennes, dont on possède un Inv. ms., dressé en 1756 par le notaire Buisson et publié fragmentairement par Ern. d'Albane dans les Travaux de la Soc. d'histoire et d'archéologie de la Maurienne, II (1868), pp. 221-262 ; et il a été publié des séries de chartes qui en proviennent, par ex., par Mgr. A. Billiet et l'abbé Albrieux : Chartes du diocèse de Maurienne (Chambéry, 1861, in-8°).

Les archives particulières de M. le m'^ de Costa de Beauregard, à Chambéry, sont les plus riches du pays ; elles ont été déjà utilisées par le propriétaire lui-même ^ et par ses amis, M. Taine entre autres. — On signale en outre le chartrier de M. le comte d'Arves, cil se trouvent entre autres documents des extraits des anciens registres de la Chambre des comptes de Savoie ; cf. Travaux de la Soc. d'histoire et d'archéologie de la Maurienne, II (1867), pp. 99-179, et III 1868), pp. 181-188; — celui de M. le comte de Menthon, et les archives qui ont servi à M. Raoul de Cazenove, pour sa Généalogie de la maison noble des Rapin de la Chaudane en Maurienne, en France et en Prusse, d'après des titres authentiques de 1250 à ISG'i (Lyon, 1866, in-4°).

SAVOIE (HAUTE

L'église de Sallanches possède un beau fonds d'archives qui remonte au xn* siècle, et a servi à M. Bonnefoy pour son recueil de documents sur la vallée de Chamonix [Mémoires de l'Académie de Savoie). C'est, paraît-il, le plus important des chartriers particuliers de ce pays.

Au château de Viry se conservent des documents utilisés en partie par C. Duval, Ternicr et Sa'int- Julien, essai historique (Genève, 1879, in-8°) ; — de Pelly, à Desingy, existent des documents signalés dans la Revue savoisienne, 1890, pp. 247-263.

1 Cf. Rei-tie des Sociétés savantes, 5' serin, VIII (1874), pp. 270-276.

Sur les archives de la Société florimontane , fondée à Annecy, cf. BibliotJièque de l'École des Chartes, 5* série, IV, pp. 500-512.

La Préfecture de police, à Paris, a des archives installées dans les dépendances du Palais de justice, 36, quai des Orfèvres. L'incendie allumé par les insurgés le 24 mai 1871 a détruit une partie des papiers anciens et révolutionnaires, mais des précautions heureusement prises ont permis de sauver : 1" la copie (plus complète que dans la série Y des Archives nationales) des registres des bannières et des livres de couleur du Châlelet de Paris, en 27 volumes, depuis le xiii* siècle ; — 2° les registres d'écrou des prisons de Paris antérieurement à 1789 (Conciergerie depuis 1564, Châtelet depuis 1667, Tournelle, Saint-Bernard, Saint-]\lartin, Saint-Eloi, l'Abbaye, la Force, Bicêtre, Saint-Lazare, etc.); — 3° les registres du Temple et de Vincennes, 4 vol. sur l'importance desquels on j)eut consulter Le Curieux, II, p. 221 ; — 4° les lettres de cachet de 1725 à 1789 et des notes sur les prisonniers de la Bastille de 1661 à 1756; — 5° les registres d'écrou des prisons de Paris pendant la Révolution ; — 6° les registres de procès-verbaux criminels , de 1725 à 1789, et les registres d'interrogatoires de police, de 1790 à l'an II; — 7° les jugements, ordres d'arrestation, de transfert et de libération (1789-an V) ; — 8° les papiers relatifs aux complots et attentats pendant la Révolution, l'Empire et la Restauration; — 9" le recueil Lamoignon comprenant 42 vol. de copies de documents et règlements de police, les plus anciens du xii° siècle. Cf. l'état sommaire des documents conservés dans cet établissement, publ. dans la Bibliotlièque de VEcole des Chartes, XXXII (1871), p. 225 > Annuaire -Bulletin de la Soc. de t histoire de France, 1870-1, pp. 231-2; les Archives historiques, artistiques et littéraires, I (1890), pp. 419-422; et un article instructif de L. Labat dans la Gazette des tribunaux, n"' des 6, 10, 11 et 22 juillet 1882. — noc. publ. : Alex. Sorel, Le couvent des Carmes et le séminaire Saint-Sulpice pendant la Terreur, Paris, 1863, in-8''; — Ad. Schniidt, Tableaux de la Révolution française publiés sur les papiers inédits du département et de la police secrète de Paris, Leipzig, 1867-1871, 3 vol. in-S" ' ; — R. de Lespinasse, Les métiers et corporations de la ville

1. Cet ouvrage a été traduit en français par P. VioUet (Paris, 18801889, 3 vol. in-S").

de Paris du XIV^ au XVII t siècle, Paris, 188G, iii-fol. ; — Le Curieux (Paris, 1886-1888, 2 vol. in-8°), passim ; — et Bulletin de la Société du protestantisme français, XII (1863), pp. 471-473, et XXXV (1886), pp. 506-511 <.

A Paris, l'administration des Domaines du département de la Seine, rue de la Banque, 11, a conservé un dépôt d'archives considérables, inexplorées et impénétrables, dépourvues d'archivistes et de répertoires, dont le contenu correspond assez exactement à la série Q des archives de chaque département.

L'administration de V Enregistrement, rue de la Banque, 13, possède un dépôt d'archives bien tenu et très abordable au contraire. Quoique tous les papiers qui le composent soient d'origine purement fiscale, il serait l'àcheux de Croire qu'ils n'offrent aucun intérêt pour l'histoire des propriétés et des familles parisiennes et ne peuvent pas compléter et contrôler sur certains points les renseio-nements fournis par des dépôts publics plus connus. Les séries antérieures il la Bévolution comprennent : les registres de lettres de chancellerie (actes d'émancipation, arrêts de surséance, anoblissements légitimations, naturalisations, érections de terres en marquisat, comté ou baronnie, etc..) à partir de 1704; les registres de répudiations, renonciations aux successions, interdictions et séparations de biens ^, à partir de 1704; les registres de mutations d'immeubles, échanges, ventes et adjudications (dep. 1704); les registres de contrats de mariage (dep. 1704), d'insinuations de donations et dons mutuels (dep. 1741), d'actes translatifs de propriétés immobilières et mobilières (dep. 1748), de testaments notariés et olographes dep. 1704), de déclarations de successions (dep. 1704). — Les séries modernes comprennent de tous genres, complémentaires de l'état civil et de titres de propriétés pour Paris et pour le département de la Seine : le tout muni de tables onomastiques qui rendent les recherches bien faciles; et il s'y trouve encore, indépendamment

1. Voir une note de Ch. Rcad sur les registres d'état civil protestant de Paris qm appartenaient aux archives de la Préfecture de police et ont été brilles en 1871, dans le Bulletin de la Soc. du protestantisme français X.\XVI flSS;) pp. 140-141. ' ^ ''

2. Les enregistrements n'ont eu lieu qu'en vertu d'un édit de février 1704; les séries qui remontent à cette date sont donc complètes.

3. Les documents ne sont pas intégralement reproduits; une courte analyse en est donnée, avec le droit perçu pour l'insinuation de chacun d'eux.

des archives mêmes de l'administration de l'enregistrement, des registres contenant les collations et reprises de titres, dignités (pour les personnes) et armoiries (pour les villes), à partir du 16 mai 1810 <.

La Banque de France a des archives qui remontent à la fin du xviii^ siècle; cf. Revue <ï Economie politique, I (1887), pp. 471-512.

Il n'existe plus à Y archevêché, à Paris, aucun ])apier ancien ; ce qui avait échappé aux lois révolutionnaires - na pas survécu au sac de l'archevêché en 1822, et certains documents, inconnus aujourd'hui aux dépôts publics de la capitale 3, ont sans doute disparu à cette époque, sans espoir de retour.

Le temple protestant de Y Oratoire possède les registres de délibérations du consistoire ^ des protestants de Paris , depuis le 16 décembre 1791. — Le temple de la Rédemption ou de la confession d'Augsbourg possède divers registres, entre autres ceux de la chapelle de Danemark et de la chapelle de Suède ; cf. Kobler, Les actes religieux des prolestants à Paris pendant les XVIF et XVI W siècles, Paris, 1884, in-12 (extr. du Témoignage), — et le

1. Ce dépôt serait encore plus ronsidérable et plus intéressant si l'on n'en avait distrait, en 1824, une assez grande quantité de papiers et de registres vendus à cette époque par l'administration, savoir : les registres de l'ancienne agence des hypothèques créée par le sieur JoUivet à Paris (an Ill-an MI) ; les registres de patentes, tabacs, voitures publiques et tontines nationales (dep. l'an IV) ; les quittances de rachats de droits féodaux (dep. 1790) et les quittances de rentes sur l'Etat; des registres de toute nature provenant de deux bureaux des départements de Mont-Tonnerre [Winwciller] et Jemmapes [Pâturages], dont les receveurs s'étaient retirés à Paris lors de l'invasion des troupes étrangères (1808-181'i) ; des registres d'amendes, droits réservés, contrôle des dépens, affirmations de voyages, défauts et congés de toutes les parties concernant les juridictions du Parlement, du Chùlelcl, de l'Élection, des Eaux-et-forèts, de la Cour des monnaies, de l'Hùtel-de-Ville, etc., à partir de 1691 ; et des registres de l'office du petit scel (1706-1791) établi par un édit de novembre 1696.

2. Cf. aux .\rchives nationales, sous la cote AHVc 1, un état en 1192 des nrchifes de l'archei'éché.

3. Notamment les papiers de la période révolutionnaire, et pout-èlrc aussi les Regislra episcopatus Parisiensis fréquemment cités et utilisés par l'abbé Lebeuf.

'i. Sur le procès-verbal de saisie des archives du Consistoire en 1685, cf. Bulletin de la Soc. du protestantisme français, XX.WII (1888), p. 067. — Malheureusement, les registres de délibérations avaient été préalablement, san.« doute, mis en lieu sûr et n'ont pu encore être retrouvés. On a supposé, un peu gratuitement peut-être, qu'ils pouvaient être en Hollande. — Cl. encore liullctia de ta Soc. du protestantisme français, 188'j, pp. 353-357, 1887, pp. 203-218, et 1889, pp. 47-52.

Bulletin de la Société du protestantisme français, II, pp. 120-1, el XXXVI (1887), })]!. 2G0-269. — Sur les registres d'abjurations de Charenton et de Saint-Maurice, cf. le Bulletin de la Soc. du protestantisme français, IV, p. 625; XII, p. 155; et XXXVIII, pp. 481- 48G.

Les documents conservés au Grand-Orient , rue Cadet, à Paris, remontent au xvni*^ siècle et intéressent toutes les personnes affiliées à la Franc-maçonnerie, aussi bien que les questions agitées au sein de cette association.

Les papiers des Jansénistes sont entre les mains de M. A. Gazier, professeur à la Sorbonne ; ils comprennent les lettres et les journaux manuscrits de Port-Royal, sauvés par M"^ de Téméricourt; et l'on peut joindre à cette collection importante le journal de Mathieu Feydeau , les mémoires de Godefroi Hermant, les lettres de Robert Desgabets et de Lancelot, jadis propriété de M. Amable Paris qui les communiqua au philosophe Cousin; l'on j)eut y joindre aussi les manuscrits de l'abbé d'Eteraare, les mémoires autographes de l'abbé Ledieu, secrétaire de Bossuet, les lettres de la mère Agnès, publiées par Prosper Faugère, et une très belle collection de documents divers (copies, autographes, etc.), dite collection Le Paige ', formant plus de 500 volumes sur l'histoire religieuse et parlementaire de la France, de 1010 à 1089; enfin, les archives de l'église gallicane pendant la Révolution française et une partie des papiers de l'abbé Grégoire, importante pour l'histoire religieuse de la période révolutionnaire. Cf. A. Gazier, Les dernières années du cardinal de Retz, Paris, 1875, 1 vol. in-12; — Revue internationale de renseignement, 15 juin 1888; — Bulletin de la Soc. du protestantisme français, XXXVIII (1889), pp. 74-85; — et Revue historique, III (1877), pp. 71-85.

Il ne subsiste guère, à l'administration de la Monnaie, à Paris, que quelques liasses de documents des xvii® et xviii^ siècles , ainsi qu'une précieuse collection de copies et extraits relatifs à l'histoire des monnaies en France depuis le xiii* siècle.

Un seul château, dans le département de la Seine, peut être considéré comme possédant des richesses manuscrites considérables, c'est celui d'Aulnay-lez-Bondy, à la famille de Gourgues - ; il contient

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