‹ Les archives de la ville de Honfleur; notes historiques et analyses de documents extraites des archives communales et publiéesChapitre 1 sur 51 · ALPHONSE PICARD, ÉDITEUR · texte numérisé non relu

ALPHONSE PICARD, ÉDITEUR

81, rue Bonaparte, 8 ■ 883

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Introduction.

ES archives communales de Honfleur ne remontent pas au-delà de l'année 1450. c'est-à-dire à l'époque où les Anglais ont été chassés de la Normandie qu'ils avaient occupée pendant trente-trois ans. On peut se demander ce que sont devenues les archives antérieures. 11 n'y a pas lieu d'espérer qu'elles existent encore dans quelque dépôt de la France ou de l'Angleterre ; il est à présumer qu'elles ont été détruites.

Les débris qui subsistent se composent de fonds de diverses provenances. Le plus intéressant de ces fonds est formé des chartes relatives aux franchises et aux privilèges de la ville, lesquelles sont au

nombre de 1 66 pièces; des cahiers des délibérations au nombre de 1 1 5 ; des comptes des deniers qui comprennent un intervalle de cent neuf années. A ces séries, conservées avec soin dans tous les temps et renfermées jadis dans deux coffres à triple serrure, sont venus successivement se joindre les actes provenant des paroisses, des chapelles, des confréries ; les documents féodaux représentés par un ensemble de i , i Sy aveux ; les papiers du grenier à sel; les registres de l'amirauté, et une suite d'autres titres.

La ville s*est toujours préoccupée de la mise en ordre de ses archives. Le premier travail de classement et de récolement auquel ont donné lieu les titres, papiers et actes existants au greffe de la maison commune, fut accompli en 1702 par le secrétairegreffier, Charles Le Chevallier; la signature de ce fonctionnaire figure au dos de nombreuses pièces et sur le premier feuillet des registres. Mais nous n'avons pas retrouvé Tétat établi à ce moment, pas plus que le procès-verbal d'un récolement arrêté et fait par les échevins en 17 18 et à la suite duquel on créa une charge de garde des archives. Il n'en a pas été de même heureusement d'un autre inventaire dressé en l'année 1 746 à la suite du renvoi du greffier municipal et inséré in-extenso dans le registre des délibérations n"" 90. Cet inventaire, poursuivi pendant plusieurs semaines en exécution d'une délibération du 24 juin 1745^ fut fait avec un soin

particulier; chaque registre et chaque pièce furent ' cotés et signés par le maire, puis placés dans une chemise spéciale sur laquelle on reproduisit le numérotage de l'inventaire. Comme document à consulter, nous avons cru intéressant de donner plus loin le texte du procès-verbal rédigé en celte circonstance. Vingt-deux années après, les échevïns décidèrent de faire procéder à la recherche d'anciens documents propres à obtenir la confirmation de franchises méconnues depuis longtemps. A cette occasion on fit un classement de tous les titres de la ville, et au moment où ce travail était sur le point d'être terminé, on obtint de Tintendant l'autorisation de supprimer une grande quantité de papiers inutiles- Quoique nous ignorions la nature des papiers ainsi détruits en 17491 on peut présumer avec quelque certitude que la destruction porta sur les pièces de comptabilité et les registres à souche des receveurs du tarif.

Depuis cette époque jusqu'à nos jours, nous ne croyons pas qu'aucune mesure ait été prise pour assurer la conservation et la mise en ordre des archives de la ville. C'est seulement vers l'année 1860 que la municipalité choisit pour archiviste un ancien instituteur qui, avec une grande bonne volonté et beaucoup de soin, procéda au dépouillement des archives municipales. Son travail fut complet mais conduit sans méthode- Tous les titres, tous les cartons^ toutes les liasses, sauf celles des

papiers de Tamirauté, furent examinés et on ^ forma des dossiers. Cependant cette opératia^ resta défectueuse, par la raison qu'on ne tint aucu<^ compte de la distinction fondamentale à faire entr^ les documents antérieurs à 1790 et les documenta postérieurs à cette époque. Il s'en suivit une confu ^^ sion qui n'a pas encore cessé entièrement, qui vivement préoccupé depuis dix ans les différentes municipalités qui se sont succédées, et à laquelle il a paru désirable de mettre fin. Dans ce but^ pour donner à cette partie de l'administration les soins qui doivent lui être accordés, M. Chasle, conseiller général, ancien maire de Honfleur, a bien voulu nous autoriser à utiliser un travail entrepris il y a quelques années et à commencer un classement provisoire ; le classement définitif ne pourra être arrêté tant que la mise en ordre n'aura pas été entièrement terminée. C'est un devoir pour nous de remercier publiquement M. Chasle de l'intérêt particulier qu'il a témoigné à notre travail. Cest un devoir pour nous non moins agréable d^adresser également nos remerciements à M. Luard, maire de Honfleur, de la confiance dont il a bien voulu nous honorer en nous introduisant jadis dans les archives de la ville, et en nous permettant d'y travailler pendant nos vacances. Enfin, nous ne saurions mieux terminer ces premières lignes qu'en exprimant les sentiments de notre juste reconnaissance envers le conseil municipal pour les précieux encourage-

, qu'ils nous a donnés. Nous n'aurions jamais pu, sans ces sympathies, mènera bien une publication qui répondra, nous l'espérons, aux intentions de nos concitoyens.

Indépendamment des documents analysés dans la première partie de ces notes, les archives de la ville de Honfleur renferment d'autres titres ou registres précieax pour l'histoire locale. Ne citant que les plus intéressants, nous signalerons deux registres d'anciennes confréries de la Charité fondées au XV' siècle. L'un a conservé sa solide reliure de bois recouvert de cuir gaufré ; la reliure de l'autre est dans le plus mauvais état. Leurs feuillets sont revêtus de lettres ornées et d'enluminures. Sur la première page du plus ancien de ces registres on lit : ■« Cy ensuivent les noms des frères et seurs de la <harité et confrarie fondée en l'esglise de Noslre- Dame de Honnefleu en l'onneur de Dieu, de la benoiste Virge Marie, de monseigneur saint Michel, «de monseigneur saint Léonard, de monseigneur Saint Nicolas, de monseigneur saint Cosme et de monseigneur saint Damien, escripts cy après selond l'ordre de l' a. b. c, commencée le jour de la Pentecousle v™ jour de juing l'an ii[i c. cinquante et sept. » On y trouve parmi les confrères les noms suivants qui méritent d'être relevés : Thomas Basin, évêquede Lisieux; Guillaume Cousinot, bailh de Rouen; Louis de Bourbon, amiral de France, et Madame Jeanne de France, sa femme; Jacques de

Chambray ; Louis de Harcourt^ évêque de Bayeux; ^toine de Lastre, dit Canvart, vice-amiral; Pierre de Courtenay; Georges Gannirey^ contrôleur delà marine; Jacques de Monrongnon, capitaine de Honfleur ; Guyon Le Roy, seigneur du Chillou^ viceamiral; Georges d'Auviray, contrôleur général de la marine; Louis d'Estouteville, etc.

Enfin il n'est pas sans intérêt de faire connaître, d'après les délibérations des lo et ii mars lygif que les anciennes archives du bailliage de Honfleur étaient déposées, à Tépoque de la révolution, chez un particulier demeurant rue Brûlée. Une partie en était détériorée par Thumidité et par les rongeurs, mais on y remarquait un grand nombre de registres de l'état civil-, les registres des non-catholiques; les registres d'inhumations; les examens de vétures et de professions faits dans les communautés ; les registres des baptêmes, mariages et inhumations des paroisses de Saint-Thomas de Touque, du Theil, d*Equemauville et d'autres communes du canton de Honfleur. L'on ne sait ce que sont devenues ces archives du bailliage.

Chartes des Rois. — Correspondance des Souverains, Princes, Gouverneurs et Intendants.

La première série forme un ensemble de 60 1 pièces divisées en deux catégories et classées d'après

Tordre chronologique. Elle est renfermée dans quatre cartons numérotés.

La première liasse comprend les Lettres patentes et les Arrêts concernant Texemption des tailles concédée à la ville par les rois de France depuis Charles VIL Les lettres les plus anciennes sont datées du 22 décembre 1459. Elles permettront de rectifier des détails tout à fait controuvés, et Terreur qu'on a commise jusqu'à ce jour en attribuant à Louis XI la première concession de cette franchise. A ce propos, il est à remarquer que la charte originale de Louis XL datée de Honfleur^ décembre 1 465 , ne se trouve plus dans les archives municipales. Mais elle existe aux Archives nationales dans le registre JJ. 194, pièce n* io5, et elle a été publiée deux fois : i* en lySy, à la fin de la requête présentée par les habitants de Honfleur au contrôleur général ; 2* en 1 814, dans les ordonnances des Rois, t. XVI, p. 453 *. — La ville jouit de l'affranchissement des tailles, subsides et impositions jusques et compris le règne du roi Henri III qui le lui continua par ses lettres du mois de juin 1 5j5, lesquelles ne se retrouvent point non plus dans les archives municipales *. Cette exemption prit fin sous Henri IV; ce prince taxa les habitants à 1 ,o5o livres de subvention par

I On a également une copie de cette pièce dans VHistoire de Honfleur, par Thomas, p. 4a 3.

3 Les deux pièces signalées en déficit furent adressées par la ville au contrdieur général, en 1738.

arrêt du Conseil rendu àCaen le i8 septembre i6o3.

La seconde liasse (carton n"" 2) comprend 10 1 pièces relatives à la concession des aides. La pièce la plus ancienne est datée du 1 1 avril 1465. Mais Torigine de la concession est antérieure d'au moins un siècle; elle fut l'objet d'un mandement du roi Charles V, le 6 février i365. Nous donnons plus loin une analyse de ces pièces assez complète pour permettre de ne rien ajouter id.

Dans les cartons n"^ 3 et 4 a été rassemblé la correspondance des princes, des intendants et des gouverneurs. Cette série est incomplète ; nous nous proposons de l'accroître au fur et à mesure que le triage nous fera découvrir de nouveaux documents. Elle sera donc Tobjet d'un supplément dans la seconde partie.

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