‹ Les archives de la ville de Honfleur; notes historiques et analyses de documents extraites des archives communales et publiéesChapitre 3 sur 51 · LU · texte numérisé non relu

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dépècement des navires hors d'état de naviguer; de défendre qu'il fût allumé aucun feu dans les navires pendant la nuit sans nécessité pressante^ et sans la présence ou permission des maîtres de quai; de veiller à ce que les hôteliers, cabaretiers et vendeurs de tabaCi bière ou eau-de-vie ayant maison sur les quais, les fermassent avant la nuit et n'en laissassent sortir qui que ce soit avant le jour; de procéder contre ceux qui auraient volé des ferrailles, cordages et ustensiles des vaisseaux étant dans les ports, et contre ceux qui en auraient acheté des matelots; d'empêcher qu'il ne fût levé aucuns droits de coutume quayage, balisage, lestage, délestage et ancrage qu'ils ne fussent inscrits dans une pancarte approuvée par eux et afl&chée dans le port; de veiller à ce que les boucles et anneaux destinés à l'amarrage des bâtiments fussent entretenus soit des deniers communs des villes, soit par ceux qui jouissaient des droits de coutume et de quayage, etc. Par rapport à la navigation, les fonctions des officiers de l'amirauté étaient : de faire distribuer les congés de l'amiral et de procéder à leur enregistrement, ce qu'ils ne pouvaient faire que sur la représentation du rôle d'équipage -, de procéder aux visites des navires, des armes et des coffres de chirurgie; de veillera ce qu il ne fût embarqué que ceux qui étaient portés sur le rôle d'équipage et à ce que les équipages fussent composés conformément aux ordonnances. Au retour des navires soit par relâche ou pour désar-

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mement, ils avaient : les rapports à recevoir^ les visites à faire, la vérification et la poursuite des contraventions qui avaient dû être commises pendant le voyage. Ils étaient chargés de la réception des capitaines, maîtres, patrons, pilotes et pilotes lamaneurs^ des maîtres-charpentiers de navires, calfats, cordiers, voiliers et autres ouvriers travaillant à la construction des bâtiments de mer et de leurs agrès. Ils veillaient à ce que les prud'hommes des différents corps de métiers remplissent fidèlement leurs fonctions; à ce que les courtiers interprètes ne rançonnassent point les capitaines étrangers. Les huissiers-visiteurs leur rendaient compte des visites prescrites, de la nature des marchandises dans les navires, de la composition des équipages et de l'espèce des passagers qu'ils avaient à bord. Les officiers de l'amirauté avaient Tinspection sur les écoles d'hydrographie dont les professeurs étaient nommés par l'amiral . Us avaient aussi le dépôt à leur greffe des journaux de navigation, ainsi que des minutes des inventaires et testaments faits en mer. Ils étaient tenus d'établir tous les ans, au mois de décembre, un état de tous les vaisseaux de leur ressort et de l'envoyer au secrétaire d'État de la marine avec le nom des propriétaires, mais depuis l'établissement des commissaires des classes ce soin regardait ceux-ci. Au sujet des prises, ils devaient recevoir les rapports de ceux qui en amenaient, se présenter à leur bord pour dresser

les procès-verbaux de Tétat des bâtiments et marchandises et y établir des gardes pour la conservation des scellés et e£fets. Us étaient tenus de se transporter sur le lieu des naufrages pour veiller au sauvetage, empêcher tout pillage et pourvoir à la sûreté des effets sauvés. Quant à la pêche, il leur était prescrit d'avoir à leur greffe des modèles de mailles de toutes les espèces de filets permis par les ordonnances. Ils devaient faire plusieurs fois Tannée des visites de tous les filets des pêcheurs de leur ressort, et étaient même autorisés à en faire chez tous les particuliers privilégiés ou non privilégiés, soupçonnés d'en avoir de prohibéset à procéder à leur saisie. Us devaient veiller à ce que les filets des madragues, bourdigues, parcs et autres pêcheries exclusives fussent conformes à ce qui était prescrit par les ordonnances \ à ce qu'il ne fût établi aucune pêcherie exclusive sans titre ou sans permission, etc. En ce qui concernait leurs fonctions judiciaires, ils avaient toute juridiction en première instance pour les causes procédantes des constructions, saisies, ventes et décrets des navires, chartesparties, prises, solde des matelots, naufrages, affrètements^ avitaillements, etc., et en matière criminelle pour tous les crimes et délits commis à la mer, sur les grèves, sur les quais et sur toutes les rivières afUuentes à la mer jusqu'où le flot de marée s'étend. Enfin ils étaient chargés de l'exécution de toutes les

ordonnances rendues sur le fait de la navigation et de la pèche et pour la police des ports.

L'histoire généraleest également représentée dans les papiers de l'amirauté. Plusieurs registres contiennent la copie d'actes émanés du pouvoir central de la marine et dont on chercherait vainement la trace dans lesarchivesduminislère. Telle est. entre autres, la lettre de Ponichartrain datée du 17 décembre (692, portant information delà nomination de du Trousset de Valincour aux fonctions de secrétaire général de la marine. Dans un autre ordre de recherches, on y trouve des renseignements qui ont un caractère général, tels sont les équipements de corsaires durant les guerres maritimes des deux derniers siècles : le Saint-Nicolas, le Soleil, la Madeleine, la Petite-Notre-Dame, armés en course de i636 à 1643; la Ville-de-Hoii/leur, les, Armesde-Grancey, le Pontchartraitij les deux frégates le Henry et la Sainte-ClotUde, le Lion, la frégate le Harcourt, \c Saint-Nicolas, \z Saint~Jean-Baptiste le Saint~Raymond, le Saint-Guillaume, la Sainte- Françoise, V Etienne-Charles, ie Saint-Patil, la Joyeuse, la Maîtresse, la Surprenante, armés en course de 1692 à 1704; la frégate la Légère, de 3oo tonneaux et 28 canons, armée en course en 1744; le duc de Vauguyon de 1 2 canonSj la Revanche de 14 canons, la Ville-de-HonJlcur de 14 canons et 108 hommes d'équipage, armés en course de 1779 à 1781.

On voit, œmme nous Tavons dit plus haut, que rhistoire commerciale et maritime est écrite dans ces liasses de congés, d'inventaires et de comptes d'armement. En effet, si des faits de guerre s'y révèlent, les opérations de traficy sont enregistrées; on y peut suivre les progrès accomplis par la navigation. De i636à 1645, le port de Honfleur arme 236 navires du port de 22,000 tonneaux à destination du Canada, de Terre-Neuve, des Antilles, du Brésil et des Indes. De 1668 à 1670, le greffier transcrit 416 rapports de mer concernant : 3o navires du port de 2,6go tonneaux, venant du Canada et de Terre-Neuve; 6 navires venant des Antilles; 60 navires étrangers venant des Flandres, de Hollande et d'Angleterre; 5^ navires français chargés de sel pour les gabelles, plus 3i5 caboteurs. Le mouvement de la navigation en Tannée 1679 comprend, à l'entrée, 295 navires venant : 29 de Terre-Neuve et du Canada; 2 duGroeland avec un chargement de i,r90 barriques d'huile de baleine; 3 des Antilles avec du sucre, du coton, du cacao et du petun. Oa compte, en Tannée 1681, 405 navires entrés dans le port, parmi lesquels 45 navires apportent des bancs de Terre-Neuve et du Canada, 869,000 morues. Le tonnage des navires est : pour la grande pêche à Terre-Neuve deSoà 100 tonneaux; pour le Canada, les Antilles et le long cours, de 1 5o à 400 tonneaux.

A partir du milieu du xvi« siècle, nous avons pu établir la liste des lieutenants de Tamirauté de Hon-

fleur. Elle trouve naturellement sa place ici, mais nous n'avons pu fixer avec précision la date des années où ces lieutenants exerçaient leurs fonctions.

Nicole Le Boucher, lieutenant de l'amiral en i55o.

Richard de Thieuville, sieur de Bailleul, lieutenant en i565.

Pierre Eude, écuyer, seigneur de Noron, lieutenant en i585 et i586.

Guillaume Charlemagne, sieur de la Champagne, lieutenant en i6o3-i6o6.

Jean Desson, lieutenant en 1607.

Romain Rebut, lieutenant en 1620.

Pierre Troussel, sieur de Mousseaulx, lieutenant de 1624 à 1641. Résigna son office au suivant.

Laurent Ameline, avocat, fils d'Elie Ameline et de Marie du Bosc, lieutenant de l'amirauté suivant lettres de nomination du 24 janvier 1642. Conserva son office jusqu'en 1697.

Guillaume Duval, lieutenant de 1697 à 1700; échevin en 1 699 et 1 700.

Etienne Benoist de Fresnel, lieutenant de 1 700 à 1749, année de son décès.

N... Benoist de Fresnel, fils du précédent, lieutenant de 1749 a 1766. Décédé le 5 juin 1766.

Benoît-Philippe Le Monnier, lieutenant de 1 7G7 à

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L'amirauté de Touque s'étendait depuis VîUerville inclusivement, et elle comprenait les paroisses qui ont formé en partie Tamirauté de Dives. En 1 745 , les charges de lieutenant criminel et de substitut du procureur général de Tamirauté de Dives ayant été levées, les limites de Tamirauté de Touque furent fixées à la paroisse de Villers.

Par édit du mois d'août 1786, l'amirauté de Touque fut supprimée et réxmie à celle de Honfleur.

Quoique Tédit de 1 554 annonce qu'il existait alors des sièges d'amirauté à Touque, on ne connaît d'autre date de la création de l'amirauté de Touque que celle de cet édit.

Les anciennes archives de ce siège se composent de : 63 registres; 9 cahiers; 2 liasses de procédures; 2 dossiers renfermant 55 pièces.

Registres provenant des paroisses. — Etat civil.

Les registres de l'état civil antérieurs à l'année 1 790 sont au nombre de 328 ; ils ont été revêtus d'un numéro d'ordre. Ces registres proviennent des quatre paroisses de Honfleur : Saint-Etienne, Sainte- Catherine, Notre-Dame, Saint-Léonard; la première et la troisième ont été supprimées en 1 79 1 . La série n'en est point complète, et on peut constater d'im-

portantes lacunes pour deux paroisses; on remarquera en outre que le registre de l'année 1 73o de la ,' paroisse Sainle-Catherine a disparu; il existait à ' à Thôtel-de-ville, nous a-t-on assuré, il y a peu f d'années.

I Nous donnons avec l'indication sommaire des registres et à titre de document quelques actes de F naissanceintéressants. Nons avons également relevé ' plusieurs actes d'abjuration relatifs à de riches fay milles honfleuraîses du xvii° siôcle. A ce sujet, il n'est peut-être pas inutile d'ajouter que pour les |-»reIigionnaires de Honfleur les archives municipales ' n'ont conservé que très peu de pièces, et on verra que leur histoire n'est point représentée dans la I série de l'état civil. Aussi est-il utile de faire connaître qu'il existe deux registres de l'église réformée de Honfleur; l'un appartientau dépôt départemental du Calvados, l'autre est en la possession de M. Arthur de Ville-d'Avray, qui l'a recueilli par amour du sol local et à qui nous en avons dû l'obligeante communication.

Documents divers. — Aveux.

La série des aveux ou actes de foi et hommage, se compose de i.iSy pièces sur parchemin, qui se rapportent à 4 [ fiefs. Ces pièces réunies en cinq cartons (n" 20-24) ont été classées, cotées et numé-

rotées sous la lettre D reproduite au dos des pièces. Chaque pièce porte en outre un numéro d'ordre qui en règle définitivement le rang. Dans le cas où une refonte de classement serait ultérieurement reconnue nécessaire, la série des aveux qui est complète pourra entrer dans le cadre sans avoir besoin d'un remaniement.

Ces documents proviennent de versements faits à la municipalité à Tépoque de la Révolution, en exécution des décrets de 1793. On en peut tirer des renseignements instructifis. L'origine, la nature, rétendue des propriétés, les charges et les privil^ey attachés au sol, l'origine et la variation des divisions topographiques et même l'histoire des familles, telles sont en quelques mots les principales matières sur lesquelles on peut interroger les aveux.

Papiers de Martange.

La correspondance d'Antoine BoQet de Martange, officier distingué, qui fut général-major au service de l'Electeur de Saxe, maréchal de camp et lieutetenant général des armées au service de la France, le confident et le secrétaire du prince Xavier de Saxe, se compose de 427 pièces divisées en quatre catégories et renfermées dans deux cartons (n" 25 et 26.)

L« quatre séries marquées des lettres A. B. C. D répondent aux divisions suivantes ;

Doujer A. Correspondance politique et militaire (;75ô-i77Û )

— B. Correspondance inlime(;757-[ 783.)

— C. Correspondants divers (1758-178 3.)

— D. Pièces diviiTses et notes de dépenses.

Les papiers de Martange, abandonnés pendant plus de soixante ans dans le grenier de la mairie, puis réunis pèle-mèle en une liasse vers 1 860, ont beaucoup souffert de l'humidité. Un certain nombre de lettres dont l'écriture a blanchi sont indéchiffrables. La plus grande partie des mémoires, rapports, notes et lettres qui composent les deux premières séries, est de la main du général de Martange ; son écriture minuscule est assez difficile à lire. D'autres pièces, les plus longues, ont été copiées par M"'" de Martange, dont l'écriture forte et bien formée est facile à reconnaître.

Il était intéressant de rechercher par suite de quelles vicissitudes cette correspondance mêlée d'épanchements intimes, d'informations historiques où se révèlent les secrets du foyer, les intrigues de la cour et parfois les mystères de l'État, était possédée par la ville de Honfieur. Un regard rapide jeté sur la vie aventureuse de Martange en fournira l'explication.

Martange revînt de la guerre de Sept-Ans général major, maréchal de camp et marié. Il avait épousé à Dresde M'"" de Rachel, veuve d'un magistrat.

Mais une chose était médiocre, la fortune; et les ressources dont Martange disposait étaient dues en partie aux libéralités du prince Xavier. Cependant il put faire l'acquisition d'un petit domaine situé aux environs de Brie-Comte-Robert. '

C'est dans cette habitation qu'il se retira après que le duc de Choiseul l'eut éloigné des antichambres de Versailles. Mais cherchant à se créer un rôle, à pousser sa fortune par un coup de bonheur ou d'adresse, Martange n'en continua pas moins à être assidu dans une société brillante. Les résultats de sa politique se firent attendre; la bourse du prince Xavier se ferma; au lieu des succès entrevus ce furent les créanciers qui se présentèrent : les frères Bettmann, de Strasbourg^ le banquier Rougemont, de Paris, et d'autres encore. Aussi Martange écrivait-il à sa femme à la date de 1 771 : « Je vais toucher une dizaine de mille livres qui sçront comme une goutte d'eau dans l'immensité des mers, comparées à ce qu'il nous faudrait. Tu ne connais pas encore notre situation toute entière^ ma chère amie, et ce que je te sauve des inquiétedes que l'avenir me cause est peut-être encore plus considérable que ce que tu as vu et ce que tu sais. > Martange dut se condamner à quitter Paris avec sa famille pour aller s'ensevelir dans une petite ville de province, tout en conservant dans la capitale des amitiés, un pied-àterre et de lourdes dettes. Ce fut sur Honfleur qu'il jeta les yeux pour attendre, comme il le disait, la fin

de la grande tempête. Il y installa W de Mariange àvecia plus jeune de ses filles au mois de mars 1773. M™ de Martange résida dans cette ville pendant dix ans, loin de sa famille qui habitait Lyon, loin de deux enfants dont l'un était officier au régiment de Conti, loin dc-s plaisirs élégants et des distractions que cherchait son mari toujours en affaires, toujours solliciteur.

En 1783, à son départ de Honfleur, Martange laissa sans doute par oubli, dans la maison qu'il occupait rue Haute, les liasses de papiers dont nous avons rédigé l'inventaire et dont personne ne paraît s'être préoccupé jusqu'à ce jour. Nous pensons que ces papiers ont été versés à la municipalité en 1793, époque où Martange était allé se joindre à l'armée de Condé.

Nous ajouterons que les arcWves de l'Aube renferment une forte liasse de lettres du général de Martange sur les affaires politiques et militaires de France et de Pologne, et trente lettres de Mme de Martange. Cette correspondance fait partie de la collection des papiers du prince Xavier de Saxe. D'après leur nature et leur origine, les documents découverts à Honfîeur devraient à notre avis être réunis à cette collection.

En résumé, on a rassemblé en vingt-six cartons ' les documents sur lesquels notre examen a porté. En y ajoutant les registres de l'état civil et les

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