VOLO
Son chapeau de cardinal a été longtemps suspendu dans la chapelle sous laquelle il repose.
(2) La Révolution avait brisé tous les monuments élevés dans cet édifice en souvenir de ses bienfaiteurs, mais le Préfet du Rhône, par un arrêté du 9 brumaire an IX, décida qu'on placerait, dans les galeries du claustral, des tables de marbre contenant les noms de tous ces bienfaiteurs. Une première liste fut d'abord dressée et communiquée dans V Annuaire de Lyo.i de l'an X, mais on la reconnut bientôt incomplète ; le travail fut révisé et aujourd'hui des tables de marbre du claustral contiennent les noms de tous les donateurs qu'il a été possible de retrouver.
En 1648, Philippe Borde, recteur sortanti donne 900 livres «■ pour estre employées aux orgues pour le culte de Dieu et la décoration de l'église. •
En 1727, on réduisit à 77 les fondations faites dans régHae de la Charité, par ordonnance de l'Archevêque.
D'après les lettres-patentes de septembre 1729, l'cBOvre
moratifs de Mathieu Chabert, recteur de TÂumône, mort en 4763, — de Jean Pierre Giraud, enseveli dans cette église en 4762, — de Jean-Baptiste Trineaud, négociant, et d'Antoinette Reboul,^sa veuve, morts en 1750 et 1751, de Marc Panissod fi), mort en 1737, — de Jacques Moyr on, (2) baron de Saint-
de l'Âumône générale de Lyon a servi de modèle à tous les autres hôpitaux du royaume et même à l'Hôpital général de Paris.
(1) Marc Panissod, président du Bureau de la Généralité de Lyon, légua à l'Aumône générale plus de 700,000 livres, qui servirent à l'achat, au prix de 535,000 livres, du ténement du monastère de Sainte-Elisabeth, situé au sud de l'hospice de la Charité. Ce monastère fut réuni à un autre de même nom, situé à Vaise* an lieu dit des Deux-Amants, -* et le prix de vente servit à l'extinction des dettes de ces deux maisons religieuses.
Sur l'emplacement du premier monastère, on éleva, en 1753, le bâtiment appelé Bicétre, affecté spécialement aux mendiants. Mais le gouvernement s'en empara en 1*786, et fit construire à sa place les bâtiments qa'on y voit actuelloment et qui servirent de Douane, de grenier â sel, puis d'entrepôt général de tabac, et, enfin, d'hôpital militaire.
(2) La terre de Saint-Trivier faisait primitivement partie du domaine des comtes de Lyon et du Forez ; puis elle fut concédée en fief aux sires de Beaujeu. Dalmace de Beaujen prit alors le titre de seigneur de Saint-Trivier ; sa fille épousa Guillaume Chalieu. Puis elle passa à la maison de Lugny^ puis â celle de La Chambrt,qvâ la vendit, en 1554, â Péronne de Bonsin, veuve de Jean de Cléberg, seigneur de Chavagnieux, dit le bon Allemand ou l'Homme à la Roche. Un des descendants de ce dernier la céda à Jacques Moyron, fameux avocat et lieutenantgénéral en la eénéchaussée de Lyon, le 22 septembre 1625. — Il en disposa, ainsi que de celle de Chavagnieux en Bombes. ea faveur de l'hospice de la Charité, par son testament du 12 octobre 1651. (Voir Goichenon, avec notes de M. Guigne, 1. 1, Lyon, 1874.)
Trivier, mort en 1 656 et de Simon Former, mort en 1678. De simples inscriptions, dans les travées du collatéral Nord, rappellent les bienfaiteurs presque contemporains, Claude de Chavannes, conseiller de préfecture ; l'abbé Antoine-Barthélémy Lacroix de Laval et Claudine Valette, morts en 1804, 1822 et 1870 ; — enfin, deux dernières inscriptions, portent les noms d*Ântoine Desartinne et de Claude Jon, avec les dates de 1 667 et 1 686. Outre ces monuments qui décorent Féglise, on rencontre dans les galeries une longue suite de tables de marbre noir, avec lettres d^or, presque effacées par notre climat destructeur, rappelant un grand nombre d'autres bienfaiteurs de la maison. En tôte de ces noms figure JeanEIéberg (1), dit le bon Allemand, cet homme de bien qui soulagea tant d'infortunes à Lyon et auquel la reconnaissance avait élevé déjà, il y 8 longtemps.
Jaeques Moyron, fils d'un paavre tripier, devint, par son talent, un avocat célèbre. Sa grande probité le fit élever aux fonctions de lieutenant-général de la sénéchaussée de Lyon. Louis XV en fit un conseiller d*Etat. Ayant acquis la terre de Saint-Trivier, il la légua à Thospice de la Charité, avec tous ses autres biens, d'une valeur de 2ô0,000 livres. Ainsi, la majeure partie des biens de la famille de Jean de Cléberg, qui s'était déjà montrée si généreuse, vint augmenter encore le patrimoine des pauvres. (D' Potton, Notice $ur l'hospice de la Charité, p. 257.)
(1) Cléberg (Jean), était né à Berne ou à Nuremberg, vers 1485, et mourut à Lyon le 6 septembre 1546. (Lyofin. dUgn^ de mémoire t p. 75.)
Il s'inscrivit le premier sur la liste des fondateurs de la Charité pour 560 livres, et, à sa mort, lui légua encore 4,000 livres.
une statue connue bous le nom à^Hamme à la Roche^ et qui a été remplacée sous l'Empire par une statue plus artistique, placée sous une élégante arcature de rochers gracieusement drapés de verdure.!
Comme la plupart des monuments religieux , l'église de la Charité suhit les effets de la tourmente révolutionnaire ^ans notre ville. Ses autels furent détruits. Ses vases sacrés et ses ornements enlevés. Lorsqu'en 1802, le culte fut rétahli, cette église exigea d'importantes réparations. Des dons suffirent encore à tous les besoins, et en t6te des souscripteurs figure M"* de la Balmondière pour une somme de 6,000 francs. (D' Potton.)
C'est Catherine de Mazenod, veuve de Maurice Âmédée de Servient, qui a légué aux hospices les inunenses domaines de la Part-Dieu et delà Téte^'Or aux Brotteaux.
Je ne décrirai pas plus longuement cet édifice qui a eu déjà des historiens de mérite. Je tiens à parler surtout de ses Archives. Dans le corps de logis formant angle droit avec l'église, à Test, sont la salle du Conseil, précédée d'une antichambre, et à la suite la salle des Archives. L'antichambre est sans aucune décoration, mais la salle du Conseil, appelée jadis salle du Bureau, est entièrement revêtue de boiseries d'un style élégant et d'une exécution parfaite, dues au menuisier Sébastien Tardy, qui reçut, en 4744 et 4745, trois mille cent- vingt livres pour ce remarquable travail. La cheminée de cette salle est l'œuvre de Perrache ; eUe est en marbre gris et lui fut payée 530 livres.— Il fournit aussi le modèle de l'omementstion du plafond. Les huit fenêtres avaient été garnies, en 1746, de verres de Bohême qui ne coù-
tèrent pas moins de 570 livres payées au vitrier Simon. Que sont devenues ces glaces?
Dernièrement, le Conseil de l'hospice a fait placer sur la cheminée le buste en marbre blanc du cardinal de Tencin (Pierre Guerin) , mort archevêque de Lyon le 2 mars 4758. En 4747, il avait succédé à M. de Rochebonne et fut remplacé par M. de Montazet. Ce buste est Tœuvre de Coustou le jeune, auteur de la statue de la Saône, placée dans le vestibule de THôtelHle-Ville. Le tableau de la Charité qui orne cette môme cheminée , est dû au pinceau d'Orsel , également artiste très-distingué de notre ville.
A la suite de cette belle salle du Conseil, se trouvent les Archives qui occupent deux pièces (<).
(1) D'après une note manuscrite conservée aux Archives de la Charité, la décoration des salles de ces Archives aurait été faites sous le rectorat de François Deschamps, et aurait été commencée en 1739.
Les boiseries coûtèrent 3,000 liv. «
Le ferrement 3,ô00 »
Le classement des Archives 5,918 68 d.
La reliure des petites Archives. . . . 132 »
Lettres dorées des inscriptions. • . . 270 »
Les huit statues en bois attribuées à Perrache 1,600 »
Total. . . . 14,415 68 M. Deschamps de la Madeleine, fils de François, était chanoine d'honneur de l'église primatiale de Ljon. Il décéda en juin 1830. Yoici les termes mêmes de son testament : « Je prie Messieurs les administrateurs des Hospices de Lyon d'accepter le legs que je fais & l'Hospice des Vieillards, du portrait de M. François Deschamps, mon très-honoré père. Je désire
J'emprante leur description à un rapport adressé k r Administration de la maison, en 1812, par Tarchiviste alors en exercice.
« La première et plus grande pièce, destinée aux papiers de l'établissement, prend son entrée par la saUe du Conseil, au moyen d'une porte en fer garnie de deux fortes serrures de sûreté. Les cle& en sont déposées dans le bureau de TÂrchiviâte ; et, le double de ces clefs est entre les mains de M. T Administrateuravocat. La dimension de cette première salle est de 25 pieds carrés sur 1 6 de hauteur. Elle est parquetée de feuilles et éclairée à lest par deux croisées de 9 pieds de hauteur sur i de largeur ; ces fenêtres sont garnies à rextérieur,de barreaux et de volets en fer. La voûte, décorée en plâtre, se divise en quatre croix d*ogives soutenues au centre de la salle par un pilier de forme
qu'il soit placé dans la salle des Archives, où l'on a conservé la mémoire des services qu'il y a rendus pendant son administration, et qui sont rappelés, soit dans la quittance passée le 11 décembre 1791, par Messieurs les Administrateurs à M. Pierre-Suzanne Deschamps, mon frère, dépuié à TAssemblée nationale, du legs de 300 francs fait par mon père à l'hôpital de la Charité, soit par les lettres initiales de son nom, sculptées sur la boiserie de la salle des Archives de la Charité.
Le portrait de François Deschamps a été livré à l'hospice par M. Brac de Bourdonnel, petit neveu du donateur. François Deschamps décéda en 1795.
François Deschamps eut pour fils M Deschamps de la Madeleine, lequel, par son testament, du 15 mars 1830, rappela à la mémoire de la Charité le souvenir de son père, par deux legs ; l'un de 600 francs en numéraire, et l'autre par le portrait de son père, estimé alors 600 francs, à la condition que ce portrait serait placé aux Archives, dont il avait si bien fait exécuter le classement.
ronde, mais qui, par la boiserie dont il est revëta, affecte la forme d'une colonne quadrangulaire, dans le genre des pilastres figurés sur les quatre faces de la salle. Toute la salle est revêtue d une boiserie en chêne élégamment sculptée. On y a pratiqué, de trois côtés, ving^ grandes armoires de 4 0 pieds de hauteur sur 3 de largeur et 18 pouces de profondeur. Chacune de ces armoires est garnie d*une porte & panneaux avec une serrure fine à tringle de deux tours et demi, (un gros bouton de fer, à l'extérieur, pour en ouvrir le demi-tour), et des gonds analogues, enrichis de vases en cuivre doré. Des guides, en quart de cercle, placés au haut des portes, en règlent l'ouverture de telle sorte qu'elles ne peuvent jamais se heurter entre elles. Cette garniture a coûté, en 1742, 160 livres pour chaque armoire,
Du côté des croisées, règne une armoire en forme de pupître de 1 7 pieds de long sur 4 de hauteur et 2 de profondeur. Sa face est divisée par cinq portes ayant chacune 8 tiroirs. Pour utiliser toute cette partie, on a profité du vide formé par la corniche de la boiserie au-dessus des gprandes armoirea en y adap* tant des recouvrements qui s'inclinent, et même les pilastres au milieu de la face de chaque côté de la salle forment de petites armoires étroites et hautes. En résumé, cette salle ofire environ 90 armoires, tiroirs ou divisions différents, presque tous fermante clef. Les titres, classés par ordre de matières, sont distribués en divers chapitres dont la série est indiquée par des inscriptions en caractères de cuivre doré (1)
(1) Ces inscriptions ont malheureusement disparu. Ces lettres et ces chiffres, pesant ensemble 259 livres, furent fournis au prix de 270 livres par Michel Perrache.
de deux pouces de haut, appliqués sur la boiserie, au-dessous des corniches. Outre cette première indication, le revers de la porte de chaque armoire offire encore une inscription en forme de placard qui indique le sujet du chapitre qu^il contient.
Enfin, la salle est ornée de huit figures symboliques en bois, de trois pieds de hauteur, de Texécution, dit-on, de M. Perrache et de môme couleur que la boiserie. Elles sont distribuées sur le haut des armoires , tant dans les angles qu*au milieu des faces.
Dans les angles sont quatre statues de femmes assises et représentant :
La Religion tenant la main droite sur la poitrine et de la gauche un calice.
La Charité ayant à son côté un jeune enfant qui lui tend les bras, et sur son sein un autre qu'elle considère avec tendresse.
La Prudence tenant dans sa main droite un serpent replié autour de son bras et dans sa main gauche un miroir sur lequel ses yeux sont fixés.
La Force couverte d'une peau de lion assise sur une colonne et s'appuyant sur une massue.
Les figures placées au milieu des faces sont quatre génies assis et représentent :
La Fidélité accompagnée d'un chien quelle caresse et tenant dans sa main gauche une clef.
V Union tenant de la main gauche un faisceau lié par un branchage de chêne et montrant de l'autre un anneau.
Le Silence ou la Discrétion tenant un doigt sur la bouche et de la main gauche un sceau aux armes de la maison.
Des nids de pélicans sculptés dans le haut de la boiserie auHlessus des armoires offirent aussi Temblême de la Charité et de la tendresse maternelle.
Au milieu de la salle, de chaque côté du pilier, sont deux grands bureaux dont un de la même couleur que la boiserie est surmonté d'un corps de bibliothèque destiné à recevoir les registres de l'inventaire général au nombre de douze volumes in-fol. reliés en veau et fermés par de larges agraffes en cuivre. Ces volumes, d'un grand poids, reposent sur des tablettes à coulisse, ce qui permet de les prendre sans effort.
La seconde salle, dite des Petites Archives, fait suite à la précédente et y prend son entrée. Elle a de même 25 pieds de long sur 46 de hauteur, mais seulement 9 de large. Elle est éclairée par une seule croisée de même forme que celle de la grande salle. Au lieu de parquet, elle est pavée de pierres bleues et blanches d'un pied carré en losange. Ses murs sont revêtus d'une boiserie, en noyer et hêtre, à panneaux unis, de 9 pieds de hauteur, dans laquelle sont pratiquées onze armoires à deux portes. Leur ferme* ture consiste seulement en un ressort & tringle, adapté à la porte de recouvrement et mue par une poignée de fer.
Au milieu est un bureau sur lequel est disposé un petit corps de bibliothèque destiné à recevoir l'inventaire général de cette salle, en 9 gros volumes in-fol. conditionnés comme ceux des Grandes Archives.
De sages règlements, ajoute Tauteur du rapport dont je cite de nombreux passages, défendent sous les peines les plus sévères , d'introduire , en aucun temps aux Archives, ni feu ni lumière.
Eo 4812, date de ce rapport, les titres et papiers étaient plies ou réunis en dossiers revêtus de leurs cotes indiquant le nombre et l'analyse succincte des pièces qu'ils contenaient ; en outre, on comptait 2,500 sacs de papiers et 500 registres ou volumes. Les titres les plus anciens qui s'y rencontraient étaient :
4» Un contrat de vente en latin, du 8 mai 1350, au profit de l'hOpital Sainte-Catherine, d'une grange appelée de MamioleSf par Perronin de Beaujeu, Jean de la Mure et Gilet de Cuisel, exécuteurs testamentaires de Guillemet Fabri, bourgeois de Lyon ;
2* Un contrat d'abénévis, en latin, du 29 novembre 1357, par Jacques d'Albenco, recteur de l'hôpital Sainte-Catherine, à Pierre Bouchon, boulanger h Lyon ; 4
3û Un contrat de vente du 28 avril 1 370, en latin, d'une terre et bois au Perron, paroisse d'Oullins.
On conservait aussi aux mdmes Archives, comme antiquités, une petite cassette du temps de François I" couverte en cuir ouvragé, avec une inscription en caractères gothiques, provenant de la succession de Jacques Moyron, décédé, en 1656, baron de Saint- Trivier et de Chavagneux, l'un des bienfaiteurs de la maison, — et un sceau en cuivre de David de Cleberg, fils de Jean Cleberg, appelé le bon Allemand, si renommé par sa bienfaisance et si fameux parmi les membres de T Aum6ne générale de Lyon ; il fut le premier souscripteur de l'œuvre.
Mais des titres d'une date plus reculée et plus nombreux devaient nécessairement se rencontrer dans les Archives de cette maison ; ces titres, malheuieasement, ont disparu. Voici ce qu'on lit, en
effet, dans le rapport de 1812, auquel j'ai déjà &it de nombreux emprunts. « Au commencement du xYiii* siècle, les Archives de cet hôpital étaient dans un tel désordre qu'on y cherchait inutilement les papiers dont on avait besoin. Les anciens inventaires que l'on conserve encore, avaient été fiûts avec si peu d'exactitude qu'il n'y avait pour ainsi dire aucun ordre dans les matières. M. AiméBertin (4), avocatrecteur en 1724, 4725 et 4726 y avait fait d'utiles travaux, notamment un corps d'extraits des délibérations par ordre de matières que Ton consulte journellement; mais avant 4728, époque de la première nomination d'un archiviste (2) personne n'était chargé d'office du soin de ce Dépôt, ni d'y maintenir un
(1) Ce recueil embrasse toutes les délibérations depuis le 6 mars 1614 jusqu'au 33 juin 1726. En tète se trouve une dédicace aux recteurs en exercice au 31 décembre 1726. c Measieun, dit M. Bertin, j'ay Tbonneur de vous présenter ce recueil de délibérations qui vous auroient été peut-être inconnues, sans la découverte que j'ai faite» aux Archives, de quelques registres où elles sont dispersées. Dans ce grand nombre de décisions que j'ay vues» je n ay choisi que celles qui m'ont paru mériter quelque attention, ou qui peuvent influer sur la connaissance de l'ordre, des usages et de la discipline de cette maison. Quelque peu considérable que paraisse ce travail, puisqu'il n'est, eu effet, qu'une occupation de copiste, j'ay cru qu'il ne vous seroit pas inutile. C'est le fruit de la méditation de vos pères et de l'expérience qu'ils ont acquise dans l'administration de cette maison. Je vous supplie de l'agréer, comme un témoignage de mon affection pour les pauvres et pour un Bureau que je respeeteray toute ma vie. » (Tome III Archives de la Charité. série E, n* 3.)
(2) Cette assertion est inexacte, puisqu'en 1701 un sieur Martel fut nonuné archiviste. Voir plus loin.
ordre constant, ir n*est donc pas étonnant ^'t7 y manque tant de titres^ tant de monuments qui devraient y être, ni qu'on ait vendu alors divers immeubles sans imposer aux acquéreurs les charges dont ces biens étaient grevés, parce qu'on né les connaissait pas, et même sans délivrer les titres de propriété parce qu'on ne savait où les prendre »
Jusqu'en 4789, les archives de la Charité n'avaient pas subi de pertes notables, mais alors elles en éprouvent une malheureusement irréparable (1).
n existait à cette époque un troisième corps d'Ârchives destiné à servir de décharge aux deux premiers, pour l'entrepôt des objets les plus volumineux et les plus anciens. Placé, dans le principe, derrière la sacristie, le local qu'il occupait fut pris, en 1779, pour la construction de l'hôtel de Provence. On transféra alors son contenu dans un grenier où il demeura intact. L'archiviste Dupré étant mort, en 4795, ne fut pas remplacé inunédiatement. Les administrateurs, ignorant l'importance de ce dépôt, et sans le fidre examiner, ordonnèrent aux domestiques de distraire le papier blanc et les couvertures, pour s'en servir au besoin, et tout le reste fut vendu au poids à un épicier. Ainsi périrent des titres des plus nom-
(i) Le S2 frimaire de Tan XII, le bareaa de la Charité ordonna qae Fane des clefs des Archives serait remise à Tadmînistrateiir chargé du contentieux, et l'autre à l'archiviste, qui était alors M. Monot.— Il décida en mêma temps qu'il sera procédé de soite k la reconnaissance de la sitoation et de Tinyantairo des Archives par le citoyen Bertholon* chargé du contentieux, et par le citoyen Seryan-Poleymieux. (Archives de la Charité, DO
breux et des plus importants de lliospice. Du reste, on le sait, cette douloureuse époque fut désastreuse pour toutes les Archives lyonnaises. Pendant que des administrateurs insoucieux et probablement incapables vendaient au poids la plus belle partie des Archives de la Charitéy Tautorité départementale lacérait et faisait brûler, sur la place de Roanne, les plus précieux titres de la ville , comme entachés de féodalité
La sage et prévoyante administration de cette grande maison hospitalière ne put pas manquer, non plus, de veiller à la bonne conservation des actes et des titres de son énorme gestion.
Fondée en 1533, elle ne songea cependant qu'en 1 589 (1 ) & faire fisdre un inventaire complet de ses Archives.
Ces Archives étaient déposées alors au couvent de Saint-Bonaventure, lieu ordinaire des séances du bureau de cette administration. Le local où étaient conservées ces Archives avait été construit avec des matériaux provenant des ruines de l'église et du cloître de Saint-Just, saccagés et démolis par les
(1) On trouTe cependant aux Archives de la Charité^ à la date de 1557, un règlement dans lequel il est dit « qu'il se fasse ifvoentaife général des tiltres et documents de ladicte aumosne, la copie duquel sera remise es mains et garde d'un ancien recteur, notable d'icelle. Et sera renouvelé ledit inventaire, de cinq en cinq ans^ pour voir si Ton n'aura pas obmis de renouveler et poursuivre les droicts appartenant soit par le légat, substitution ou aultrement. » Ce règlement n'a-t-il pas été observé, ou les inventaires ont-ils été perdus? Anjourd'hoi, il n'existe plus, il paraît, d'inventaire antérieur à 15^.
bandes du baron des Adrets, dans la fatale année de 4562 (1).
On dressa alors, en 1 589, un livre intitulé : « Sommaire, description et inventaire, in-folio de 48 feuillets, papier, de tous les tiltres^ contratz, documents et renseignementz faisans au proffit, tant del'Aumosne générale de Lyon, pour les fonds, possessions,
(I) Lorsque le bateau de rAamosne générale siégeait encore aa couvent des Cordeliers, c'est-à-dire dix-sept ans après la fondation de l'œuvre, le recteur Bertrand Castel fait au bureau, en 1572, « rapport que Messieurs de Saint-Just, à la prière des seigneurs recteurs, ont octroyé lever de cent charretées de pierre de taille de la démolition de l'église Saint-Just, pour hastir les archives de ladite ausmône, et qu'il ne restoit que de les faire charrier, pourquoy il faudroit argent etaussy commec« tre l'ung de ladite compagnie pour distribuer lesdits deniers aui charretiers.. » L'église de Saint-Just, le couvent et le cloître avec ses fortifications avaient été entièrement renversés par le baron des Adrets lorsqu'il surprit Lyon, et ses bandes s'acharnèrent surtout à saccager nos églises. Une partie des pierres de l'église Saint-Just servit alors à construire, dans l'enclos des Cordeliers, le bâtiment des Archives de l'Aumosne générale* Nous croyons aussi, par les comptes de l'hospice de la Charité, que, peu de temps après la construction des Archives de TAuroosne générale, Antoine Carra, peintre, reçut 14 livres 8 sols pour avoir blanchi les armoires de ces mêmes Archives. En même temps, les recteurs firent injonction au secrétaire de l'Aumône c de travailler sans rel&che à l'inventaire des tiltres de la maison. » En 1580, un serrurier reçut 3 écus sol et 5K) sols tournois « pour avoir fabriqué une serrure pour la caisse beuve . des Archives de l'Aumosne et gamy ce coffre de toutes ferrures nécessaires. > En 1570, il y avait c eu une crue si merveilleuse du Rhosae et en si grande abondance, que la salle basse du couvent des Cordeliers, où se tenoit le bureau des recteurs, avoit été remplye de deux pieds et demy d'eau. »
héritages, pensions et rentes qu'elle possède, — qae pour les enfants adopti& d'iceUe Aumosne génénde, trouvez dans la chambre des Archives de ladite Aumosne, au couvent de Sainct-Bonaventure et en iceUe délaissez et remis, par ordonnance de MM. les recteurs et administrateurs pour y avoir recours en temps et lieu et quand requiz besoing sera. »
Cette description fîit faite « en la présence et assistance du sieur Félix Régnier, bourgeois de Lyon, Tung desdits sieurs recteurs, à ce commis, et par M* Michel Molla, notaire, tabellion royal à Lyon et secrétaire de ladite Aumosne. »
Elle fut commencée « le lundy, 13* jour du moys de novembre 4589, avant midy, pour continuer dorénavant. »
Cet inventaire nous fournit de précieux renseignements historiques et mentionne, entre autres, le testament de Louis Charlin (Charly, dit Labbé), par lequel « les pauvres sont substitués à Jacques et Pierre Charlin, ses héritiers, venans à mourir sans enfants. L'hoirie consiste en une maison près VEsekhquier, de vers Vhospiial (Hôtel-Dieu), cour et jardin joincts. De ladite hoirie dépend aussi une grange sise à Sainct-Jean de Thurignieu. »
Ce testament, reçu par M* Delaforest, est à la date du 18 avril 4565.
En 1624, trente-quatre ans après la confection du premier inventaire, les recteurs jugèrent convenable de fiùre procéder à un nouveau et plus considérable. Ce second travail forme un volume in-folio de 381 feuillets; une miniature représentant les armes de TAumOne générale est peinte sur le plat supérieur du volume. Il est intitulé : « Inventaire général et
arraisonné des titres et contractz perpetuelz trouvez aux Archives de la grand aumosne générale de Lyon, en Tannée 4624, rédigé en divers chapitres, soubz lesquelz chasque nature de droictz et contracts instructifs d'iceux ont esté rangez, affin qu'il puisse estre continué par le mesme ordre, à mesure que les droictz et tiltres de ladite aumosne s'augmenteront. »
a Ledict inventaire, dressé suivant l'ordre ci-après déclaré, par messire Loys Quinson, docteur es-droit, advocat es cours de Lyon, Tun des redleurs de ladicte aumosne, par ordre du bureau d'icelle, assisté des autres sieurs recteurs et vérifié avec le secrétaire d'icelle, le 24 novembre 1624. » Comme on le voit par cet intitulé, les recteurs poussèrent leur dévoûment à l'œuvre de l'aumône jusqu'à se charger euxmêmes du difficile et fastidieux travail de la confec* tion de l'inventaire de leurs Archives, — et en feuilletant ce registre, on peut admirer le soin pieux qu'ils y apportèrent. L'une des pièces les plus importantes mentionnées dans ce registre est a l'institution première de l'estabHssement et ordre de ladite aumosne, du mois de mars 4534 ; ladite institution estant en ung tableau velein, en lettre de main, avec les armes du roy, de la ville et de l'aumosne, et au bas de celluy qui a faict présent à ladite Aumosne du dit tableau qui est attaché à la salle du bureau. »
Neuf ans après, ce second inventaire ne suffit plus aux recteurs et ils le complétèrent par un nouveau registre in-folio de 350 feuillets, papier, intitulé :
« Inventaire général et arraisonné de tous les titres et contractz perpétuels appartenant à la grande Aumosne générale, fisdctz et passez despuys Tinsti* tution d'icelle jusques en Tannée 4 633 et lesquelz
ont esté treavez et délaissez aux archives de ladite Âumosne, rédigé en dix-sept chapitres, soubz un chascun desquelz chasque nature de droictz et contractz instructifs d*iceux ont esté rangez.
a Ledit inventaire dressé suyvant Tordre cy après déclaré par messire J.-B. Sarde, chevalier, conseiller du roy , teésorier général de France en la Généralité de Lyon, et par messire Clément Faure, docteur ez-droitz, advocat es cours dudit Lyon, deux des recteurs de ladite Âumosne, par ordre du bureau d'icelle et vérifié par le secrétaire, M. Favard, notsdre de ladite Âumosne, le 29 décembre de ladite année 4633. »
Cet inventaire, divisé comme le précédent en dixsept chapitres, n'est que son complément. De tous les actes mentionnés dans ce registre, je ne citerai que a l'extraict de Testât de distribution des 60,000 livres ordonnées sur les biens de MM. Défiât (Henry d*Effiât, marquis de Cinq-Mars) et de Thou, par lequel appert que M^ le chancelier a baillé la somme de 2,000 livres à la Charité à prendre sur ladite somme. Cinq-Mars et de Thou avaient été exécutés, on le sait, sur la place des Terreaux, le 12 juillet 1642, par ordre de Richelieu.
En 1 669, les recteurs ordonnent la confection d*un nouvel inventaire. Quarante-cinq ans «'étaient écoulés depuis Tachèvement du précédent.
C'est encore Tun des recteurs qui s'en charge, c'est M. Dufournel, le môme qui écrit le rapport au Roi sur Tadministration de THôtel-Dieu, en 1661.
Cet inventaire forme un volume in-folio de 397 feuillets, papier, relié en veau gaufré , il est intitulé :
« Inventaire général des livres papiers et documents, titres et contrats concernant l'Aumosne générale de la ville de Lyon, puis l'institution et commencement d'icelle jusques & ce jourd'huy que ledit inventaire a esté parachevé par messire Guillaume Dufoumel, advocat es cours dudit Lyon et l'un des dits sieurs recteurs ; et pour le continuer et y adjouster les titres et contrats nouveaux qui seront passez à l'avenir, a esté laissé du blanc à la fin de chasque chapitre, mesme a esté dressé un résultat cy-après inséré et encore dans le livre des notes du Bureau, contenant l'ordre qu'il fiauldra tenir dorénavant pour icUer que ludits papiers ei lettres n^etombent en con^ fuskm. »
Quand cet inventaire fut achevé, le 29 décembre 4669, il fut BfipbTté sur le Bureau et les recteurs décidèrent « qu'aucun de MM. les recteurs, ny autre, ne pourra tirer aucunes pièces desdites archives sous quelques prétextes que ce soit, sans en fisdre un récépissé dans le livre à ce destiné. » Les archives étaient déjà alors fermées dans des armoires et les sacs des titres suspendus à des chevilles posées dans ces meubles. Un autre inventaire, in-foUo de 253 feuillets, sur papier, relié en veau gaufré, est dressé la mdme année. Il ne concerne que les enfiuits de l'Œuvre appelés adoptifs.
On trouve en outre, un inventaire commencé en 1610 et achevé en 1714 et qui est aussi spécial aux adopti£i. Cet inventaire fut vérifié par messire Gayot de la Bussière^ trésorier de France, président du Bureau de r Aumosne générale ; on lit à la suite a les sacs des anciennes adoptions avant 1670 ont été mis an rebut. »
En 4 701 , les archives de la Charité, malgré la vigilance de ses recteurs, étaient tombées dans un grand désordre.
Il ressort» en effet, d'une délibération du Bureau , à la date du 27 janvier 1701 , qu'à ce moment « les archives sont en grande confusion » et il intervint une délibération du Bureau de TAumosne générale contenant que : noble Mathieu de Lafont, ancien recteur de rhôpital et ci-devant échevin de la ville de Lyon, s'est présenté devant les recteurs et a dit que: « ayant travaillé avec soin et application pendant les deux années de son rectorat, et encore actuellement, à mettre en ordre les titres, papiers et documens estans dans les archives et qui estoient en confusion depuis longtemps; ayant considéré que ce travail seroit inutile dans la suite et que la môme confusion arriveroit , si Ton ne prenoit pas un soin particulier de remettre les titres et papiers qui sont journellement tirés des archives pour lesaffidres de la maison et ajouter à Tinventaire général une note des actes d'importance qui se font pour la maison, à quoy il n'est pas possible que MM. les recteurs puissent donner leurs soins, par leurs grandz emplois, qui ne leur permettent pas d'y vaquer, il a fait aux recteurs la proposition de créer une rente annuelle de 4 00 livres pour les appointements d'un employé qui seroit choisi et préposé par le Bureau au maintien de l'ordre nouvellement rétabli dans les archives ; que, d'ailleurs, ledit de Lafont ayant à cœur d'exécuter les dispositions dans lesquelles il a fait ou poorroit fidre des legs à l'hôpital, offre, en déduction de ce qu'il a légué ou pourroit léguer par lasuite,de payer lasomme de 3,000 livres pour constituer la rente aonuelle de
4 00 livres destinée au seul traitement de l'archiviste, et le surplus à condition de faire dire annuellement deux messes basses à son intention, priant encore les administrateurs de recevoir, indépendamment des 3,000 livres mentionnées plus haut, la somme de 2,000 livres, sous la rente annuelle et perpétuelle de 400 livres; mises en délibération, ces diverses propositions ont été acceptées par les recteurs, qui promettent d'employer annuellement la somme de 4 00 livres pour le salaire d'une personne qu'ils choisiront et nommeront pour prendre soin, une fois tous les mois, de venir aux archives, en la présence de l'un desdits sieurs recteurs, mettre en ordre les titres et papiers qui en auront esté tirés, pendant ledit mois, des sacs, armoires ou autrement; comme aussi pour insérer, en substance, sur le livre général, le contenu aux minutes et actes qui se trouveront reçeus et passez en faveur des pauvres, dans les endroits de leur destination, par une juste application de chacun des titres, contrats et procédures ; à Tinscription et relation des articles, numéros et lettres alphabétiques des chapitres, sur l'étiquette des sacs, les armoires et sur ledit inventaire ; et enfin pour faire, à la fin de chaque année, une révision générale desdits pan piers, et s'il s*en trouve quelques-uns d'engagez dans des instances, procès ou ailleurs , afin que lesdits sieurs recteurs, leurs agents et autres, qui les auront tirés ou fut leurs récépissés en les tirant des archives, les rapportent ou s'en chargent de nouveau sur le livre tenu à ce sujet, pour que la chose soit vérifiée plus fiicilement. »
Mathieu de Lafont, auteur de ce généreux don, était né à Lyon, en 4640, et mourut en 4702, après avoir
été échevinen 4694et1692 (1). Pendant les deux ans de son rectorat à la Charité et mdme encore après, a il se plat à travailler avec soin et application à mettre en ordre les titres, papiers et documents estant dans les archives et qui estoient en grande confusion. » La ville reconnaissante donna son nom à la rue qui longe, au sud, la fiiçade latérale de l'Hôtel-de-ViUe et qui s'était appelée jusqu'alors « rue des Ecloisons. »
Le Bureau de TAumosne générale accueillit avec reconnaisance le don de M. de Lafont, et les administrateurs « informés de la capacité et vigilance d'un sieur Martel et que nul autre que luy ne pouvoit mieux s'acquitter de cet employ, comme ayant travaillé avec ledit sieur de Lafont, aux dites archives, nommèrent ce sieur Martel à l'emploi d'archiviste de rhôspital de la Charité. »
Mais exerça-t-il longtemps ces fonctions et s'en acquitta-t-il à la satis&ction du bureau? On peut en
(1) Le Consulat était dans l'usage de choisir l'un des Juges du tribunal de police parmi les recteurs de la Charité. Ce magistrat était, à ce titre, préposé à la recette des amendes. En 1682, c'est Mathieu de Lafont qui s'acquittait de cette charge. Cet ilhistre citoyen, après aroir acquis dans le commerce une fortune considérable, exerça plusieurs fonctions gratuites avant d'arriver à Téchevinage, et marqua son rectorat de la Charité par de grândeb largesses envers la maisoo, par un zèle soutenu pour ses intérêts et par rhablleté qu'il montra comme administrateur; homme d'ordre, il s'occupa lui-même, le premier, à réunir avec méthode, à classer les archives de l'hospice, comprenant toute la valeur de ces matériaux pour l'histoire de cette institution.
(La Charité, par le D* Potton, page 367.)
douter, en lisant un rapport adressé, le 30 novembre 4725, aux administrateurs par M. Bertin, Fun des membres du bureau. On y lit, en effet, ce passage : « Lorsque j'entrepris de faire la revue des Archives au mois de juin 1 '^Si, avec les sieurs Chazel et Bruchard, je consideray ce travail comme un ouvrage immense^ et je ne pensay pas pouvoir arriver au troisième chapitre pendant les deux années de mon rectorat; cependant le succès passa mes espérances, et nous eûmes la satisfaction de nous voir parvenus, en moins de trois mois, au cinquième chapitre, que nous aurions passé bien au-delà sans le désordre où nous avons trouvé les fondations des messes et de prières, etc. » Il ressort aussi d'un autre passage de ce rapport que le sieur Martel « avoit conçu un ordre de classement qu'il étoit bon de maintenir^ sans s'embarrasser si cet ordre a été bien ou mal imaginé. » Ce rapport se termine par d'excellents conseils que le sieur Bertin donna pour l'achèvement du classement qu'il avait entrepris et que ses occupations ne lui permirent pas d'achever.
En 4740 et 174 4 , l'inventaire général des titres et papiers de l'Âumosne générale et hôpital de la Charité, dressé par les soins et sous la direction de noble Mathieu de Lafont, ex -consul, recteur de l'hôpital « fut revu et augmenté par Mathieu Gayot, seigneur de la Bassière, conseiller du roi. On commença ensuite le second volume qui embrasse vingt-sept chapitres dans lequel cependant on signala plusieurs lacunes. Ce volume se termine par un répertoire des matières.
L'œuvre de M. de Lafont et de M. Bertin était un grand progrès ; mais il était réservé à M. François
Deschamps, avocat-recteur (1) en 4739*40-44 et 4742, d'organiser définitivement les Archives de l'Âumosne générale, en renversant Tordre de classement primitif pour en créer un plus rationnel, plus pratique et tout nouveau. Ce fut aussi à son zèle et à ses travaux que furent dus la disposition matérielle et la décoration de la salle des Archives, ainsi que la confection des inventaires et l'arrangement général des titres qui fut aussi adopté pour les Archives de THôtel-Dieu.
Cet inventaire se compose de 6 volumes in-folio, reliés en veau, avec fermoirs en cuivre. En tête du premier est une préface historique contenant le récit des causes qui amenèrent la fondation de la Charité « dont la réputation, s'étend jusque chez l'étranger, et qui a servi de modèle à plusieurs autres hôpitaux du royaume ». Je ne reproduirai pas ici ce document qui n'est qu'un résumé de tout ce que nos anciens auteurs lyonnais ont déjà dit sur cette importante création.
(1) On troave aux Archives de la Charité une note, sans date, mais assez ancienne, et dans laquelle on lit le passage suirant an sujet du classement des archives, fait par M. Deschamps :
« L'arrangement général des Archives de cet hôpital fait par M. Deschamps, avocat-recteur, est digne des éloges que les connaisseurs et les curieux luy donnent. La clareté des divisions et des subdivisions des matières rendent la recherche des titres aussi facile qu'on désirait avant cet arrangement, et si on vent fsdre réflexion sur le nombre d'années qu'il a sacriflées à cet important ouvrage, on ne peut s'empêcher d'admirer son lèle et son attachement pour le bien des pauvres. On lui doit aussi un nouvau règlement qui interdit d'entrer la nuit aux Archives avec de la lumière. »
Ensuite de ce précis historique, M. Deschamps ajoute ces lignes : « Les Archives de l'Hôpital général de TAumosne générale de Lyon étoient tombées dans un si grand chaos, par la succession des temps, que Ton y cherchoit inutilement les papiers dont on pouvoit avoir besoin. Les anciens inventaires avoient même été fûts avec si peu d'exactitude qu'il n'y avoit, pour ainsi dire, aucun ordre dans les matières ; tout étoit confondu. Un dérangement aussi complet demandoit un prompt remède. Pour y parvenir, il a fallu renverser totalement Tordre primitif de ces Archives et en établir un nouveau. » Outre les titres et pièces compris dans ce volumineux inventaire divisé en trente chapitres, M. Deschamps inventoria tous ceux qui concernaient la baronnie de Saint- Trivier (4) et la terre de Chavagneux en Dombes
(1) Cette terre appartenait à Mesure Jacqaes Moyron, baron deSaint-Triyier, dont j*ai déjà cité le nom en parlant des bienfûtears de l'œuvre. C'est par un testament olographe du 2 octobre 1651, que Jacques Moyron institua les pauvres de cet hôpital ses héritiers universels. Le testament de ce généreux donaleur est encore conservé aux Archives de la Charité dans une petite cassette.
M. Deschamps a ajouté des notices historiques à presque tous les chapitres de son inventaire et ces notices sont d'un véritable intérêt. Ainsii en ce qui concerne le ténement allodial, sur lequel on a construit les bâtiments de la Charité, il a raconté tout ce qui a trait à la construction de ce vaste édifice, en 1614, à laquelle s'associèrent si généreusement Jean de Sève» seigneur de Fromente, Mathieu de Sève, seigneur de Saint-André du Coing, les marchands drapiers de Lyon, Horace Cardon, André Gueston, André Olier, Gaspard Dugué, trésorier de France, Constance Musard* femme de Jean Paris,
qui formèrent comme un corps d'archives particulier. Ces documents ne se retrouvent plus aujourd'hui aux Archives de la Charité. En 4770, ils durent être remis aux acquéreurs de ces domaines.
M. Rolle, en faisant actuellement l'inventaire entier des Archives de l'hospice de la Charité, a donné un résumé de chacun des trente chapitres qui forment l'inventaire dressé par M. Deschamps. Je ne reproduirai pas ce résumé qui est trop étendu pour figurer ici, mais je crois devoir copier un autre résumé plus succinct, que j'ai rencontré aux Archives de la Charité, pour donner une idée de ce que pouvaient être ces Archives, en 1742, et de la nature de leurs richesses.
4 . Privilèges de V Hospice^ contenant tous les droits honorifiques, lucratifs et utiles concédés parles rois de France ou les autorités secondaires. Cette série subdivisée en 47 parties, forme deux volumes.
2. Directe et rente noble de Sainte-Catherine. Cette série a été brûlée par ordre de la Convention, en 4793, comme entachée de féodalité !!!!!