‹ Les archives de LyonChapitre 24 sur 48 · Des enfants exposés · texte numérisé non relu

Des enfants exposés

4. Des vieillards des deux sexes^ après Tftge de 70 ans, après un domicile de dix ans à Lyon.

Lorsque M. Deschamps eut terminé son volumineux inventaire, il acheva son œuvre par un répertoire de 81 feuillets de toutes les matières contenues dans ses inventaires et dans les armoires des Archives. En tête de ce volume se trouve une dédicace adressée aux recteurs de l'établissement» ainsi conçue :

et J'ai reçu tant de marques de bonté de vous en particulier et singulièrement de MM. les avocats chargés spécialement de diriger mes ouvrages dans vos Archives que j'en conserverai toute ma vie le précieux souvenir. Je suis pénétré de la plus juste et de la plus respectueuse reconnaissance, et je ne peux, messieurs, vous la marquer; mais daignez au moins, je vous prie, agréer le répertoire que j'ay Thonneur de vous présenter, comme une preuVe de mon sincère attachement à la maison que vous servez avec un zèle inimitable et un désintéressement qui n'a pas d'égal, n

Les traits de M. Deschamps sont pieusement conservés encore dans la belle salle des Archives de rhospice de la Charité. Us furent légués à la maison par le testament mystique de feu M. Deschamps de la Madeleine, chanoine d'honneur de Téglise primatiale de Lyon, décédé en juin 1 830. Ces dernières

dispositions reçues par M* Dacniet, notaire à Lyon, le 15 mars 4830, sont ainsi conçues :

<c Je prie MM. les administrateurs des hospices de Lyon d'accepter le legs que je fids du portrait de feu M. François Deschamps, mon trës-honoré père. Je désire qu'il soit placé dans la salle des Archives où l'on a conservé la mémoire des services qu'il y a rendus pendant son administration... »

Ce portrait fut livré à l'administration par un petit neveu de François Deschamps, M. Brac de Bourdonnel. (Note de M. BoUe.)

Une note manuscrite conservée aux m6mes Archives indique ensuite M. Chappe comme ayant travaillé à ces Archives. M. Chappe avait rempli aussi avec distinction les lourdes fonctions de Téchevinage de Lyon. Après leur expiration, il s'était voué au classement des Archives municipales dont il avait dressé riuventaire détaillé en 22 volumes grand in-folio et qui existe encore. Il avait été nommé ensuite bibliothécaire de la ville, en 4753, en remplacement de « noble François Deschamps. » Echevin en 4746. il reçut, par délibération du 42 décembre 4756, 4 ,500 livres de pension annuelle, pendant dix ans, pour le classement du médailler de la ville.

D'après cette même note, les Archives de la Charité auraient passé des mains de M. Chappe dans celles du frère Crozier (1 ) , un des anciens frères de la maison, chargé de Téconomat. « Il acquit en peu de temps, ajoute cette note, une connaissance si

(1) Le frère Crozier était âgé de 77 ans, et avait été 61 ans au service de la Charité.

complète de ces Archives qu'on pouvait dire qu^elles étaient gravées dans sa mémoire. » Parvenu à un grand âge et atteint de graves infirmités, il dut rési* gner ses fonctions qui furent confiées à M. Ferrand (1), agent général des hôpitaux, et il les conserva de 1808 à 4826, concurremment avec M. Hébrard, ancien employé du bureau de l'agence. Ils eurent alors pour successeur, M, Dagier, qui fiit archiviste de 1 826 jusqu'au 3 mars 1 840 , époque de son décès (2).

Il fut remplacé par M. Stonnot (3), qui a occupé ce

(1) En 1813, la ville, sur Tordre de H. d*Albon, alors maire, remit à Tbospice de la Charité quelques ouvrages sur Lyoo, pris dans les doubles de la bibliothèque du collège, soi» /a condi' Uon de Us rendre h ladite bibliothèque en cas de perte des autres doMes qu'elle possède. M. Ferrand, alors archiviste de THôtel- IMea, en prit charge.

(2) Lorsque M. Dagier entra en fonctions, il trouva les Archives pèle-mèle ; une partie des dossiers était dans des Mcs pendus à des chevilles dans les placards ; une autre partie était empilée sur ces sacs. 11 fit faire alors des rayons et les boites dans lesquelles les titres sont aujourd'hui conservés et qui ont l'apparence de gros volumes, ce qui donne aux Archives l'aspect d'une bibliothèque. (Notes du frère Gamier, du 10 janvier 1848.)

(3) M. Monnot a été archiviste pendant plus de trente ans. Il entra en fonction en brumaire an III, comme chargé des écritures, mais en germinal an IV, la détresse de l'hospice fut si grande que presque tous les employés furent renvoyés par mesure d'économie. M. M onot fut rappelé cinq mois après. Le 9 brumaire an IX, sur Tordre de M. Veminac, alors préfet, il commença le catalogue des bienfaiteurs de l'hospice dont les noms devaient être gravés sur des tables de marbre, mais il mit nue si grande lenteur dans ce travail que les Recteurs mécon* tents firent une réduction sur son traitement. Mais en 1833, on

poste jusqu'en 4843. Mais, atteint de paralysie, il cessa définitivement ses fonctions en 4847. Depuis 1821, il avait eu pour aide le frère Gamier, qui lui succéda et demeura en fonctions jusqu'en 1853(4). Ce frère Garnier était aussi un bon ouvrier. H se chargea de restaurer lui-même et de ses mains les salles des Archives, dont la décoration avait été faite en 1 739 et les années suivantes, sous le rectorat de François Deschamps. Il commença ce travail en juillet 1832 et le termina en janvier 1839, en y travaillant depuis cinq heures et demie du matin

lui rendit Tintégralité de ses émoluments. C'est sur son initis* tive que fussent confectionnées les belles hoUes^artonst en forme de gros volumes dans lesquels sont enfermés les titres des Archives. Il serait à désirer vivement que les titres de nos Archives départemen laies fussent conservées dans dés boites semblables.

M. G. Monot est Tauteur de la remarquable notice sur Thospice de la Charité, insérée dans le BuUetin des Archives du département du Rhône.

M. Dagier a été aussi conservateur des Archives de THôtcl- Dieu. En 1830, il publia € V Histoire chronologique de V hôpital général et Grand-Hôtel-Dieu de Lyon, depuis sa fondation, en 2 vol. in-8». Rusand.

En 1760, on reçoit comme sous-archiviste un sieur Dupré, le sieur Jacquet étant archiviste. Les Archives étaient alors dans un très-bel ordre qu'il ne s'agissait que de maintetiir.

Le bureau donna au sieur Dupré un jeune aide qui devait se former pour devenir à son tour archiviste.

M. Monnot était né le 2 octobre 1793 ; il est décédé le 28 mai 1853.

(1) En 1821, le frère Garnier fut employé momentanément h la construction du pont de Serint

jusqu'à six heures du soir. En fitisant lui-même cette restauration, il économisa aux hospices une somme de 4,i89 fr. Il n'avait dépensé que 418 fr. 65.

On trouve ensuite parmi les archivistes «de la Charité, M.Steyert, auteur de beaux travaux historiques et généalogiques, mais plus préoccupé peut» être de ces travaux que du classement des Archives de son dépôt. L'administration le remercia de son concours insuffisant et eut, en 1873, la pensée très-louable de confier ses Archives à M. Rolle. J'ai déj& parlé plus haut de cet habile archiviste et dit les criantes injustices dont il fut victime après l'avénement du pouvoir municipal, né de la désastreuse révolution de 1870. J'ai dit aussi, que M. BoUe, Ift-* chement dénoncé , fût brutalement révoqué par M. Barodet, alors qu'il achevait si bien le premier volume de l'inventaire des Archives municipales* L'administration des hospices, qui ne partage pas les haines de la démagogie, alla au devant de M. Rolle et lui confia ses Archives. M. Rolle est entré aux Archives de la Charité le 1*' janvier 1873, à la suite d'une délibération du ConseU d'administration des hospices, datée du 12 octobre 1872, en remplacement de M. Steyert, révoqué depuis quelques mois déjà, mais auquel on laissa, néanmoins, par un sentiment d'humanité, la faculté de publier le reste des travaux préparés par lui. Au moment où cette mesure l'atteignit, M. Steyert était resté depuis plus de deux ans sans paraître aux Archives de l'établissement. M. Rolle trouva ce dépôt dans un état pitoyable et à peu près livré au désordre. Chacun y entrait & sa guise et y cherchait à sa manière ; or, on sait quels inconvénients résultent de pareilles fa-

çons d'agir : je n'ai donc pas besoin d'insister sur ce point.

Les bancs» les sièges et les tables étaient encombrés de papiers en garenne (c'est le mot consacré). Les dossiers, formés avec beaucoup de soios et de discernement par les anciens archivistes du zvni* siècle, sous l'habile direction d'administrateurs compétents, et concordant avec les inventaires rédigés à cette époque, étaient éventrés, démembrés, et la restitution de la plupart d'entre eux était devenue impossible. La désorganisation était sinon complète, du moins fort avancée, et Tincrojable système de classement adopté par M. Stejert, qui ne voulut jamais se plier aux exigences des instructions ministérielles, ne compta pas pour peu de chose dans ce bouleversement déplorable.

Six mois furent accordés h M. Belle pour rétablir Tordre et remettre toutes choses en état dans le dépôt ; l'administration lui alloua un traitement mensuel de 1 00 fr . pendant le même temps et lai fit savoir que si, ce terme expiré, le travail préparatoire auquel il allait se livrer n'était pas terminé, il aurait à le continuer gratuitement. Fort heureusement, il n'eut pas & redouter une pareille éventualité ; non-seulement les titres et papiers avaient été rétablis à leur rang (je parle de ceux qui, non inventoriés par M. Steyert, étaient susceptibles de reclassement), mais les séries dont M. Rolle n'avait pas même vu l'ombre ni trouvé la moindre ébauche, les séries, dis-je, étaient entièrement formées et éti* quetées, article par article, bien avant l'échéance du délai précité. Si bien que, dans le courant du mois de juin, il livrait è^ l'imprimeur la copie de

trois feuilles d'impression, qui sont les 48*, 49* et 20* de la série B. La feuille B 50 termina le tome I*', qui fut achevé à la fin de février 4874. (Les quatre feuilles de la série A et les dix-sept premières feuilles de la série B appartiennent en propre à son prédécesseur.)

Cela fSût, M. Belle se mit, sur le champ, en devoir d'entreprendre le tome II ; mais ici la publication eut à subir un temps d'arrêt qui dura tout le mois de mars 4874 : U s'agissait de certains arrangements à prendre avec Timprimerie Perrin. Cette afi^e réglée, les choses reprirent leur train ordinaire, et depuis cette époque, M. Belle a fourni consécutivement à l'administration des hospices quatre feuilles d'impression par mois. Il a ainsi terminé l'inventaire de la série B, qui empiète sur le tome II et en occupe les 29 premières ; il termine en ce moment l'inventaire delà série C, qui se composera de neuf feuilles et demie, et va incessamment mettre la main à l'inventaire de la série D, qu*il espère mener promptement à bonne fin.

Cet inventaire est &it en conformité des prescriptions du gouvernement, c'est-à-dire selon les règles tracées dans le cadre dont je donne plus bas le texte. '

Séria A.

Âctesde fondation de l'établissement. — Diplômés et privilèges émanés des Papes, rois, évêques, seigneurs. -^ Cartulaires. — Ordonnances, décisions et autres actes relatifs à l'établissement, émanés de diverses autorités.

Série B.

Titres de propriété : donations, échanges, acquisitions. — Terres, maisons, cens, rentes. — Registres concernant les biens, les revenus, les droits utiles dô l'établissement , baux. — Pièces de procédure, mémoires, etc.

Série G.

Matières ecclésiastiques en général. — Chapelle, aomônerîe, cimetière, nécrologes, obituaires, etc.

Série D.

Inventaires généraux et partiels. — Instructions, lettres, récépissés et autres pièces relatives au dépôt même ou au service du dépôt des Archives. — Catalogue delà Bibliothèque.

Série B.

Administration de rétablissement. — Délibérations , nominations , règlements. — Budgets et comptes ; états de recettes et dépenses. — Economat ; fournitures, entretien des bfttiments. — Inventaires de mobiliers, livres de caisse, etc.

Série F.

Registres d'entrée et de sortie des personnes admises dans rétablissement. — Religieux et religieuses,

— Service intérieur. — Domestiques. — Service médicat. — lofinoiers. — Demande d'emploi et d'admisfflOQ.

Papiers et registres des institutions, succursales de l'établissement. — Ancien bureau des pauvres ; mendicité ; tutelle des enfanta trouvés et orpbelins ; écoles, salles d'asile. — Sages-femmes, vacciae, etc.

Papiers et correspondances diverses, ne rentrant pas dans les séries précédentes.

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