‹ Les archives de LyonChapitre 40 sur 48 · Chapitre de Glalnt-Panl · texte numérisé non relu

Chapitre de Glalnt-Panl

« Inventaire des Archives du ChapUre de Saini^ Paul. 4 vol. de 225 pp. in-fol. (Très-belle écriture, mais fautif .) n

GoiiTMit des CélMtliis.

« Le grand inventairB des titres des C^egtms. » (Suis date.)

« Inventaire gteéral des titres des Cékfims, 1784. »

dergé de FnuiM.

« Inventaire général et raisonné des titres et pa^ piers trouvés dans les Archives du clergé du diocèse de Lyon, 1786. »

Bnnaii des Flaaiieea de Lyon.

al{^bétique et raisonné des titres et papiers des Archives du Bureau des Finances de Lytm,

contenant tout ce qui a rapport aux officiers du Bureau des finances avec un répertoire particulier, 1790. » (7 vol. in-folio, très-belle écriture et 1 vol. répertoire.)

CouTent de Salnte-Ellsabetli.

Triage préparatoire.

BT

CoaTent des Denx-Amants.

Triage préparatoire.

« Inventaire de toutes les pièces qui regardent TEstat spirituel et le temporel du monastère de SaifUe^Elisabeth de Bellecour, de ceste ville ei des Deuao' Amants.

CoaTent des Oraads-Cannas.

Triage préparatoire.

« Inventaire des titres et papiers des Archives des Carmes, des Terreaux. » (4 vol. , sans date.)

Couvent de rAntlonallle.

Triage préparatoire.

« Inventaire des titres de la maison de l'Antiquaille. »

Archevêché et Primatle de Lyon.

Classé et prél à être inTentorié.

Cet inventaire forme un volume in-folio, assez incomplet.

Abbaye de llle-Barbe.

Fonds entièrement classé et prêt à être inventorié.

L'inventaire de ce fonds se trouve dans les trois derniers volumes de Tinventaire du Chapitre métropolitain, composé de 35 volumes. (Voir plus haut.)

Maison des VUles Pénitentes.

Triage préparatoire.

« Deux inventaires des titres de la maison des Filles-Pénitentes, de Bellecour. » (4 vol. chaque.)

Collégiale de Fonrvléres.

Triage préparatoire.

tt Inventaire des titres et papiers terriers et autres actes appartenant au Chapitre de Fourvières. »

Abbaye de Savlgny.

Triage préparatoire.

Son inventaire se trouve chez M. de Veroa, en Dau-

phiné. Ce fonds se compose de peu de pièces,, il a beaucoup souffert de la Révolution.

L'inventaire se trouvait aux Archives du Rhône, il en a été distrait par la négligence d'un archiviste.

Gonvent des Cordellen.

Triage préparatoire.

(( Inventaire des archives du couvent des Carde^ lierSf de Lyon, fait pav le P. Samettet Frère prêcheur. » (4 énormes in^foliOt) travail des plus remar^ qnablès.

Enfin, il me reste à citer encore un inventaire très-important, celui des titres dea Ecoles des pauvres et du séminaire de Stmi^harles^ à Lyon.

Cet inventaire, dressé à la fin du dernier âède, forme un volume in-folio d'une exécution des pins savantes et d'une écriture admirable. Il a pour titre : « Archives du bureau des Ecoles des pauvres et du séminaire de Saint-Charles de Lyon, divisées en quatre chapitres, ensemble celles du prieuré de Montverdan, pareillement divisées en quatre chapitres. »

Dans ce volume se rencontrent deux gros cahiers intitulés, l'un « Répertoire alphabétique des titres et papiers des Archives du bureau des Ecoles des pauvres et séminaire Saint-Charles, de Lyon. »

Et l'autre « Répertoire par ordre alphabétique des matières, titres et pièces du prieuré de Montvordun,

en Forez, uni au séminaire de Saint-Charles et bureau des Ecoles des pauvres de la ville de Lyon. »

L'histoire de renseignement public, à Lyon, est encore à écrire, c est à peine si l'on sait dans quel but a été fondé le séminaire SainM3harIes qui n'existe plus» et s'il y a eu des Ecoles des pauvres. Je ne ferai pas id cette histoire, ce n'est pas sa place ; mais puisque j*ai dft citer l'inventaire des archives de ces établissements, il n'est pas inutile peut-être que j'en dise, au moins sommairement, quelques mots.

Déjà, à la page 562 j'ai cité le séminaire Saint- Charles. Cette maison, on le sait, fut fondée par Charles Démia, prêtre, vice-promoteur de Tarchevéché, sous l'autorité de Camille de Neufville-Villeroy , archevêque de Lyon « pour y recevoir des ecclésiastiques pauvres, lesquels tout en faisant les petites écoles de la ville feraient en même temps leur séminaire pour être ensuite admis dans les ordres sacrés. » Charles Démia était né à Bourg, le 3 octolve 4696 et mourut à Lyon le 23 octobre 4689. Cet homme de bien qui a consacré toute sa vie et toute sa fortune aux en&nts pauvres a trouvé, heureusement, un historien et M. Tabbé Paillon a écrit sa vie, en 4829. La Biographie universelle lui a consacré également un article. Le roi Louis XIV donna toute son appro* bation à cette œuvre, car elle avait aussi son cêté politique puisqu'elle s'attachait surtout à faire élever dans la religion catholique les enfents nés de parents protestants. Aussi le roi, après avoir approuvé la fondation de Tœuvre par lettres-patentes, félicita Camille de Neufville « de Tapplication avec laquelle il travaillait à confirmer les nouveaux convertis de son diocèse dans les bons sentiments qui leur ont été

inspirés et des soins particuliers qu'il prenait pour bien faire instruire les enfahts. » Ces enfants étaient répartis entre diverses écoles dans tous les quartiers de la ville. Des prêtres donnaient l'enseignement dans les écoles des garçons ; celles des petites filles étaient tenues par des religieuses dites de Saint-Charles. En 1742, d'après VAlmanach de Lyon de cette époque, on comptait huit écoles pour les garçons et neuf pour les filles. Ces écoles étaient situées, entra autres, dans des maisons, propriétés de l'œuvre, dites Musique des anges, place des Cordeliers, du grand Saint'-Lauis , rue Saint - Marcel ou bien dans la rue Noire, au faubourg de Vaise, au fieiubourg de Saint-Irénée,àla Croix-Rousse dans la maison dite de Y Enfance, dans la rueOrenette, dans la rue de Flandres, à la Guillotiëre et au quartier de Saint-Claude. ' Ces écoles étaient administrées, au temporel, par un bureau laïque et au spirituel par le séminaire de Saint-Charles. Le Consulat ne manqua pas de prendre l'institution naissante sous sa protection et beau* coup de Lyonnais la comblèrent de ses largesses. Parmi ces bien£ûteurs on peut citer la dame veuve Gueston, M. Barrieu de Maisonnette, noble Nicolas- Alexandre-Claude Livet, Pierre Florent, Gabrielle Medier, Joseph Favre et sa femme, Françoise Imbert et MM. Hubert, négociants suisses qui fondèrent Tune des a Ecoles de travail. » Le prieuré de Montverdun fut uni ensuite au séminaire Saint-Charles et il intervint en môme temps des conventions au sujet des redevances que durent payer à ce séminaire le prieur de Montverdun et les curés de Saint*Paui d'Uzore, Momand, Sainte-Agathe, Saint-Etienne-le- Molard, Saint-Sulpice, Saint-Myard, Chazelles et

les prieurés de Rivas et de Saint-Bomain-le-Puy .

Le Consulat avait été non moins généreux : il avait créé au profit des petites Ecoles une rente de 660 livres au capital de 33,000 livres, augmentée plus tard de 600 livres. Marie-Marguerite Moulin légua une rente de 20 livres, à employer, annnellement, pour régaler, en Carnaval, les sœurs qui servent Técole des pauvres filles de la paroisse Saint- Pierre et Saint-Saturnin, et le surplus pour donner une demi-livre de pain par jour, pendant les trois mois d'hyver, aux plus pauvres filles de Técole. »

Des écoles semblables à celles de Lyon avaient été fondées aussi par l'œuvre de M. Démia dans le Beaujolais, la Bresse, le Bugey, la Comté et la Dombes. Il y en avait aussi, dans le Forez, dans les principales villes de cette province, et les archevêques Camille et Paul de Neufville et François de Chftteauneuf les confièrent à des religieuses dites « de Sainte- Françoise et de la Charité. » L'inspection de ces écoles était aux soins de prêtres chargés de présenter ensuite des rapports dans lesquels ils signalaient les abus à corriger et les améliorations à introduire, — ainsi, un jour, ces inspecteurs durent se plaindre au bureau de Lyon « qu'à Saint-Etienne de Fusau, on faisait Técole en chemise et en bonnet de nuit, qu'on y entendait des paroles malséantes, — qu'on châtiait les enfants avec fureur et sans modération ; mais les maîtres de ces écoles rurales étaient des laïcs.

M. Démia les réunissait souvent sous sa présidence «< leur faisait des exhortations, les engageait à rappeler aux écoliers de fuir les excès du carnaval, à ne pas fréquenter les cabarets, n Ce saint prêtre avait

dressé aus^^i « des règlemens pour les écoles de la ville et du diocèse de Ljon, par autorité de Mooseig^eurCamilledeNeuffille-yi]leroy,aYec dédkaœ.La mort l'enleva peu d'années après la fondation de son œuvre , elle se soutint après son décès ; mais la Révolatioa ne la respecta pas... comment aurait^e pu former dee jeunes citoyens € aux vertus dviques » que devaient pratiquer « ks vrais sans-culottes, avec des i^ôtred enseignant la morale chrétienne? Tous les ti^s concernant les petites écoles sont conservés anx Archives du Rhône et figurent dans l'inventaire sommaire dressé par M. Gauthier. Bs y sont compris dand la série D et sous les numéros 338 à 448. Espérons qu^il se rencontrera bientôt un auteur qui voudra «écrire cette page si intéressante et si peu connue de notre histoire locale, tl importe, du reste, aujourd'hui que les niveleurs de la société se donnent comme sachant seuls diriger rinstructionde renfismce dans des écoles dont ils ont chassé Dieu, de faire ressortir comment nos pères, en élevant leurs enfimts dans des sentiments chrétiens, savaient faire des hommes utihs à leur pays, et non pas des révolutionnaires Kbre8--pmseurs qui ne croient qu'A la satis ftiCtion de leurs pasëiens et de leurs i^pnobles appétits. Mais ces inventaires, de même que ceux des an^ities des autres maisons religieuses qui nous restent encore, ne nous disent pas tout ce que ces nombreux dépôts ont pu posséder, siècle par siècle, ni les pertes qu'ils ont successivement subies par les révolutions ou par des faite èe vioknce. Ces £sits ont été malheureiiBeiaenttrèfih4péqttentset souvent si déplerables que Ballandie a pia dire, avec justesse, que notre vflle est une viUe de Â&uleurs. Toutefois, il est

aasez difficile aujourd'hui de bien préciser toutes les ▼ieissitudes de nos anciennes archives ecclésiastiques ; les monuments qui les ont constatées sont purdus pour la plupart ; une main coupable a enlevé» entre autres, le procèsKverbal dressé le 7 juillet i 563, leqnd indiquait toutes les pertes éprouvées dans le sac de nos édifices religieux, en 4562, par les hug^e* noto, et c'est à grand'peine que je suis parvenu à réunir quelques documents authentiques au sujet des événements qui ont été si souvent préjudiciables à nos monuments écrits. Leurs premiers désastres remontaient bien loin daus les siècles passés. On sait les ravages fisiits à Lyon, dans les temps antérieurs à Charlemagne, par les invasions; tous nos monastères ont été dévastés alors, et avec eux avaient péri tons les titres de ces nombreuses maisons. EUes étaient, dans ces temps d'ignorance, les seuls asiles où les lettres et les arts avaient pu trouver un refuge.

Plus tard, de nombreuses invasions ont encore lieu ; Charlemagne par les soins de son missuê et ami Leydrade (1], archevêque de Lyon, avait relevé ces maisons, y avait fondé des écoles célèbres ; les moines

(I) Voici comment s'exprime Paradin, à ce sujet : « En son épttre, Leydrade récite comment Charlemagne réédiGa et fonda de Bowreâii le monastère de TIle-Barbe, en rhonneur de saint Msrtia, lequel a?oit esté jadis fondé en rhonneur de aainct Aadré, apostrs» et quant envoya ses liTres et voulut esire dressé sa liftratrta, et pour honorer Tabbaye de l'Ile-Barbe. CharlanaiiM y a Ikit dresser sa royale Ubrairù, y faisant apporter ses livres dont il estoit richement meublé» comme le prince le plus sçavant et le plus studieux. »

s'étaient livrés avec ardeur à la copie des œuvres des auteurs de l'antiquité et avaient fondé dans chacune de leurs maisons, une librairie (librarium) importante ; ' mais le règne de ce puissant empereur n'avait été qu'un éclair au milieu d'une nuit profonde» et, après lui, sous ses fiedbles successeurs, son vaste empire croula avec ses monuments élevés e\ écrits ; de nouveaux désastres atteignent encore nos monastères et leurs archives. Un moment, on avait eu l'espoir de retrouver des épaves de ces naufrages. Notre historien Glaade Rubys (!) avait pensé que nos envahisseurs avaient transporté à Bordeaux les vieux titres et les manuscrits de nos maisons religieuses ; le Consulat avait môme, en 1578 et en 4 584, chargé Claude de Bellièvre, en mission dans cette ville, de les réclamer a aux Jurais de Baurdeaux, » mais ces recherches furent vaines.

Après ces invasions étrangères, la guerre civile est aussi funeste à nos archives ecclésiastiques que Tavait été la guerre avec les ennemis dii dehcHrs. En 1448, Guy, comte de Forez, surprend Lyon, en chasse Farchevôque et son clergé, détruit leurs maisons et les contraint à chercher un refuge dans la Chartreuse de Portes, en Bugey.

Guy n'épargna ni les titres, ni les papiers de l'archevêche qu'on n'avait pas pu enlever tant son invasion avait été prompte et inopinée. Dans ce pîUage périrent la plupart des manuscrits que l'archevêque Leydrade avait trouvés dans les ruines de l'abbaye de rile-Barbe, qu'il avait ensuite restaurée avec le con-

(1) Voir plm haut, page 107.

cours de Charlemagne. La concorde entre le comte de Forez et Tarchevêque de Lyon ne fut rétablie, on le sait, qu'en 1 173, par un traité par lequel le comte Guy n abandonna notamment à Tarcheydque et au Chapitre tout ce qu'il possédait à Lyon,«r quidquid juris ipse cornes Lugduni habebat vel alius ejus nomine possidebat, » (acte de 4473,) et certaines terres sur le Rhône et la Saône. L'Eglise, de son côté, céda au comte tout ce qu^elle détenait au-delà de la Loire, et mille marcs d*argent. « Dominus archiepiscopus et Ecclesia concesserunt Comiti quidquid ipsi vel alius nomine eorum trans Ligerium possidebant. » (idem.) Après cette guerre intestine, une autre lutte commence, et cette fois, entre les archevêques et l'abbé de Savigny. Le monastère de ce nom relevait, on le sait, de TEglise de Lyon, en vertu d'un acte de Lothaire (B52), confirmé, en 878, par Louis le Bègue. Mais les abbés de Savigny cherchèrent souvent à se rendre indépendants de Tarchevêque, et de là des guerres fréquentes et des paix peu durables. Ainsi, lorsque Renaud de Forez devint archevêque, les moines de Savigny, cherchant à défendre contre lui leur prétendue indépendance et ne pouvant s'appuyer sur son frère, le comte de Forpz, implorèrent le concours de Guichard, sire de Beaujeu ; mais ils nen furent pas moins défaits. Renaud de Forez pilla labbaye et brûla ses places fortes, et dans ces désastres périrent bien des titres de cette grande communauté religieuse, dont les restes sont conservés maintenant aux Archives du Rhône , où elles forment un fonds spécial de 20 cartons de titres, de 940 au dixhuitième siècle.

Après ces funestes événements s'en produisirent

d autres non moins regrettables, puisqu'ils ont lien entre Farclievêque et son propre Chapitre ; mais si, dans ces luttes» les archives de Tarchevêché ne furent pas Uvréea aux flammes comme dans les guerres précédentes, eSes eurent pour conséquence le partage de ces archives entre les deux pouvoirs rivaux, et la création» à dater du jour de leur réconciliation » de deux dépôts entièrement distincts, qui formèrent Tun, les archives de Tarchevêché» et l'autre, celles du Chapitre. La première cause de Tétat d'hostilité dans lequel vivaient trop souvent ces deux pouvoirs destinés à marcher toujours dn même pas» remonte à l'acte conclu, en 1467, entre Téglise de Lyon et Guy II, comte de Forez. L'archevêque et le Chapitre y avaient obtenu, en effet, par indivis, du comte de Fores, la cession de tous ses droits sur Lyon. Alors les chanoines de la métropole étaient appelés, du vocable de leur église, « Frères de SainiSHenne (Fratres sancti Stephani), » car alors cette église, maintenant démolie, et située jadis à côté de celle de Saint-Jean, qui n'était pas encore bâtie, était le siège de Tarchevêqoe. Mais, à dater de la construction de la nouvelle cathédrale, les chanoines prirent le titre de chanoines de Saint-Jean, a canonici sancti Johannis lugdunensis » ou simplement : « de canonici lug^ dunensis. »

Jusqu'à la mort de l'archevêque Renaud de Forez, les Uens de l'élise furent possédés en commun, mais les divisions qui survinrent les firent séparer. Ce partage amena de nombreuses et fréquentes difficultés. Le pape Grégoire X fut, une première fois, choisi pour arbitre, et rendit sa sentence le 1 4 novembre 4S72. En 1283, de nouvelles querelles recommencent ; elles

se iermiiieut par un second pacte, en t286, puis par d'autreâ traités de 1290, 4291 et 430i. A dater de ce jour commencent lea luttes entre l'Eglise de Lyon et le roi de France. L'archevAque et le Chapitre coalisés contre Tennemi commun, interrompent leurs querelles, mais la séparation des patrimoines était accomplie. Le Chapitre participa aussi à Texercice de la juridiction et eut la nomination de lun des trois officiers chargés de rerdre la justice Ces nouvelles attributions amenèrent forcément la création (T Archives disiinctes, aussi riches les unes que les antres. Les archevêques conservèrent les leurs dans leur modeste palais, élevé non loin de leur cathédrale, ou au chftteau de Pierre-Scize» leur demeure habituelle, et les chanoines placèrent leur dépôt dans Tancienne Manécanterie, dans l'une des tours de la cathédrale, et, en demief lieu, dans la nouvelle Manécanterie, élevée au XVIII* siècle sur remplacement de l'ancien petit cloître, et c'est là que la Révolution vint mettre sur elles sa main tachée de sang. Elle fut moins cruelle pour ces dernières que pour celles de Tarehevêclié, car il subsiste une quantité considérable des titres des archives des chanoines, tandis que nous a-t-elle laissé de celles des archevêques ?

Mais remontons de nouveau le cours des âges et précisons les autres événements violents qui portèrent aussi, à leur tour, de si funestes coups à nos archives ecclésiastiqueà, principalement aux arohives de l'arche vèque et du Chapitre.

Le réveil du Tiers-Etat au xii* siècle, dit M. P. Bonnassieux, dans son beau travail sur la Réunion de Lyon h la France, ce réveil se manifesta à Lyon par les entreprises des Lyonnais Contre leurs arche-

Toques. M. Auguste Bernard queciteM. Bonnassieux, pensait même que « nos pères avaient été incités secrètement par Philippe-Auguste traversant Lyon pour se rendre dans la Terre-Sainte avec Bichard, Cœur-de-Ljon. » Un impôt extraordinaire sur les denrées fut le prétexte des premières récriminations. « A ceste cause le peuple s'étant mis en armes, en grande esmeute, Tulcère qui avoit si longuement attiré de pernicieuses humeurs, se rompit, et occupa le peuple les maisons de Messieurs et le cloistre de Saint-Jean, y établissant garde — et tendit des chaînes par certains cantons de rues, — et furent, lors, plusieurs rempars et barrages, parce qu'ils avoient entendu que ceulx de Téglise se fortifioient contre eux. — Et comme le peuple fortifioit une tour de la ville, les gens de guerre de SaintJust descendirent à grand force. — Quelques jours ensuyvants estant monté le peuple au mont Saint-Just, en bataille, il y fust donné un grand assaut et y furent blessez plusieurs chanoines et aultres du clergé, et mis à mort aucuns de leurs serviteurs et soldats. » (4).

C'était en 11 93 ; mais la querelle entre les archevêques et les citiens de Lyon, avides de jouir de leurs anciennes franchises dont le souvenir ne s'était pas perdu, — recommence en 1269 et en 4340 — et ne se termine que lorsque la ville, avec le concours intéressé du roi, a reconquis ses immunités et ses franchises. On devine ce que les Archives de Tarchevéché et de Saint-Just, pris d'assaut, purent devenir.

(1) Paradin, Hist, de Lyon,

En 4S62(1), ce sont les calvinistes qui, à leur tour, assiègent et prennent d'assaut le cloître fortifié de SaintJean.

Le procès-verbal qui constata le pillage des archives de rArchevèché par le baron des Adrets subsiste encore aux Archives du Rhône (armoire David, 53 6t9, n^ 1). n est môme en plusieurs expéditions, dont la plus ancienne est sur véUn.

Cet acte fiit dressé le 7 juillet 1 563, à la requête « de nobles et vénérables personnes, MM. Théode de Vichy, Doyen et Bertrand de la Tour, dit Saint-

(1) Une commiision da roi da 27 février 1566 permet an Chapitre d'iaformer pour li recherche de set titres et enjoi- ^it aux Dotaires de lui exhiber leurs registres pour qull pût se faire payer ses rentes. Les chanoines obtinrent ensuite une autre commission royale pour la validation d'anciens titres, dont plusieurs avaient été emportés dans le Foret.

En 1587, Sixte Quint adressa une bulle à Tofficial afin qu'il ordonnât la restitution de pièces de même nature au Chapitre de Saint-Just. Un monitoire fut lancé par le pape Clément VIII , le 1** février 1602, « pour faire rendre aux chanoines leur biens, titres et ornements qui se trouvaient en mains étrangères. » La haine des huguenots contre les chanoines était implacable» et dans un manifeste qu'ils publièrent pour se justifier des horreurs qu'ils avaient commises à Lyon, ils reprochèrent « aux jadis comtes, prostrés, chanoines de Saint-Jean de Lyon d*aYoir dominé et plus que tyrannisé l'espace de huit à neuf cents ans la dite ville, — ruiné les âmes, corps et biens des pauvres Lyonnois pareulx abuseï, d'avoir envahi la juridiction du dit lieu, — et que pour cela ils furent par le juste jugement de Dieu ayant déployé bannière de sa vérité, fait sonner le tambourin de son évangile et desgainé la verge de fer de son fils Nostre-Seigneur Jésus^3irist, — chasses et extermines du dit Lyon.

Vidal, archidiacre de FégUse Saint-Jean, » par Jean Dufoumel, conseiller du roi, lieutmant général de la sénéchaussée et siège présidial du Lyonnais.

« Nous sommes montés» dit Jean Dufoumel, au premier étage des Archives^ que nous avons trouvé ouvert, et la porte d*icelles brisée^ mwerié et rcmpiêe

— et dans laquelle première chambre et étage avons trouvé plusieurs vieux papiers easséa^ brisés et rompus, desquels n a esté possible fiedre inventaire, d'aultant qu'il n'y avoit aucune chose où Ton pût asseoir jugement, ny substance. — Après, nous sommes montés au second membre desdites Archives, qu'étoit une chambre voûtée, — la porte de laquelle avons semblablement trouvée ouverte et rompue par force, et dans icelle avons trouvé de grands buffets de noyer, tout à Tentour, et iceux buflPets buUetés et étiquetés des noms des terres et seigneuries que tiennent les sieurs Doyen et chapitre, tant aux champs qu*en cette viUe de Lyon, lesquels buffets avons trouvé aussi rompus et brisés, sans que dans iceux y eost aucuns papiers^ lettres^ titres, documents ou enseignements, et dans lesquels lesdita sieurs Doyen et archidiacre ont dit leur avoir été pris dans leur dit trésor, terriers, lettres, titres, documents et enseignements que leur estoit un dommage ei perte inestimabk,

— requérant de ce que dessus leur estre fiiict acte, pour leur servir et valoir, en temps et lieux, ce que^ de raison, — ce que leur avons octroyé. »

On ne put sauver que ce qui était ches les officiers du Chapitre et surtout chez le seerétabre Croppet qui put en garder un certain nombre. Le Chapitre reconnaissant lui accorda une faveur toute particulière, ainsi qu a ceux de son nom qui était fort ancien à

Lyon. Il décida qu'à leur mort on sonnerait la grosse ctoche, ce qoi ne se faisait que pour l'arclievêque et les chanoines de Saint* Jean.

Tootefois, ces épaves furent très-considérables, car (*e qui subsiste encore des anciennes archives du Chapitre constitue, encore aujourd'hui, aux Archives du Rhône, un fonds très-considérable, malgré aussi les détournements commis en 1 792 et postérieurement encore. Du reste, de nombreuses restitutions eurent lieu, même au cours du dernier siècle. Ainsi, on voit, par des procès* verbaux (armoire David» S3 bis), un volumineux inventaire de titres restitués au Chapitre par le comte de l'Escouet et remis par ce dernier à Tabbé Ctouvillier, alors archiviste du Chapitre. Ainsi, encore ea 1750, on trouva, dans Thoirie d'un sieur Mallet, de nombreux papiers de MM. les comtes de Lyon, et, en 4757, Guillaume et Raymond de Sallemard en rendent encore beaucoup. »

Les archives et la bibliothèque du clottre deSaint- Just furent en grande partie enlevés par les bandes du baron des Adrets (1) lors du pillage de cette maison, en 4562. Un témoin oculaire, Bennont (Pierre), trompette ordinaire de la ville, demeurant prèâ la porte Saint-Just, entendu dans l'enquête fiûte par ordre de Charles IX sur cet acte de dévastation « rapporte que le lendemain de la surprise de la ville par ceux que Ion dit huguenots, fiit faict le - X"- ..

(1) Lm ealviaiftes iMtèrant mâilns de Lyon peadsnt seiie moU» et Ton c«aia de iûre les cérémonies da ealte catholique du aO avril 1562 jusqu'au samedi 26 août 1563 que la messe fut célébrée, pour la première fois, dans la cathédrale de Saintieao, par le P. Edmond Auger, jésuite.

semblable du bourg Saint-Irénée et cloistre Samt- JuBt, y entrèrent, sur lesquels sont plusieurs incog^ nus et étrangers et autres de la ville, mirent en pièces les chasses, image de la dite église Saint-Just, se saisirent et emportèrent publiqxiemeni les papiers, livres et ornements à leur volonté. » Un autre témoin, maistre Barthélémy Girard, commis au contrôle des vins en la porte Saint-Just, déclare aussi « que pa> reillement il vit prendre au dit Saint-Just en l'église et autres endroits dont tïn'a souvenance plusieurs livres et papierS'4erriers, desquels il en a veu bonne partie dans la maison qui estoit dans le dit cloistre, appelée la maison Maladière où le capitaine Bitema s'estoit retiré, dont plusieurs de la religion prenoient, comme que leiir estoient, et comme sembloientà leur façon de faire, en butin et en proye. »

Dans une requête présentée au roi par les chanoi* nés pour obtenir la remise des décimes (impôt) , ils déclarèrent « que leurs meubles, papier^erriers et enseignements onf esté prins, perduz el adirez^ tellement qu'il n*y a église en ce royaulme qui soit tant appauvrie et maltraitée. »

Les archives des Cordeliers de Saini'-Bonaveniure furent anéanties aussi, en majeure partie, dans le sac des églises de Lyon, en 4562, par les huguenots. On lit dans un ouvrage grand in-8®, intitulé a Narration historique et topographique des couvents de l'ordre de Saint-François, par Fodéré. — A Lyon, chez Pierre Bigaud, rue Mercière m d c xix. » Les lignes suivantes : << Le lendemain de la prise de Lyon, une compagnie de soldats vint attaquer le couvent et corn* mencèrent à rompre la grande porte de l'église avec une poutre portée par 40 soldats. T étant entrés, ils

briflèrent les images et )es tableaux, brûlèrent les livres de la bibliothèque et du ch(Bur, comme les titres et documents et mirent le feu au couveut qui brûla le couvert de Téglise et gasta la voûte. » (4).

Après tant de pertes, dit M. Leymarie dans sa notice publiée dans Lyon ancien et moderne, en 4843, on ne conservait, à la fin du siècle passé, dans les archives du Chapitre que quelques titres du ix* et du X* siècle. Le plus ancien était une donation de l'abbaye de Savigny faite à Téglise de Lyon, en 852, par Tempereur Lothaire; mais en revanche, on y trouvait une masse énorme de titres relativement

(1) Un procèfl-verbi], en due forme* dressé le 7 juillet 1563, constata toutes les pertes éprouvées, en 1562, par les Archives de l'archevêché dans le pillage du palais par les huguenots. Ce document, si précieux à tous égards, est le premier inscrit sur les inventaires des titres du Chapitre Saint-Jean dressé par l'archiviste Lemoine en 1765 ; mais il est malheureusement perdu, et il n'en existe pas de copie* Nous ne savons donc pas les pertes que ces Archives et celles des autres maisons religieuses éprouvèrent pendant l'occupation de Lyon par le baron des Adrets. — Mais cette occupation lut des plus désastreuses pour nos édifices. Jamais les Vandales n'avaient exercé de semblables dévastations. La fureur de destruction des barbares était aveugle et soudaine ; — bien plus terrible, celle des protestants était raisonnée, — rien ne leur échappa. Ce fut par l'église Saint-Jean qu'ils commencèrent, et on sait tout ce que Tart perdit dans cette stupide invasion. Le cloître de Saint-Jean, solidement fortifié, avait servi de refuge au comte de Sault, alors gouverneur de Lyon, liais ce cloître avait été attaqué par une brèche qu'on avait pratiquée en face, pour le canon, dans la muraille du monastère des Célestins,— et quand la brèche de Sainl^ean fut praticable, l'assaut fut livré au cloître. Un prêtre de Saiat-Jean et quelques religieux périrent dans ce combat.

modernes. Depuis lors, la RéTolutioii % dispersé ces précieuses reliques. On a presque ioat retrouvé, il est Trai, mais les plus grands efbrts seraient insuffisants pour réunir, en un Um spécial^ les docnments qui ont pu écliapper auK désastres de douze siècles. Les consulter est presque impossible ; les nns sont déposés aux Archives de la préfecture du Bhône, les autres aux Archives municipales ; il s'en trouve» à Saint-Jean, dans les bibliothèques publiques de la ville, dans celles de Parie, d'Aix-en^Proveoce , et entre les mains des particuliers. »

Le vœu de M. Leymarie de < voir réunir en un lieu spécial » toutes les épaves de nos anciennes Archives, sera peui^ire exaucé avant bientôt. Aussi ému que lui de la dispersion de nos anciens monuments écrits, et non moins effrayé des mille daiigers qui les eniourent dans leurs locaux actuels, j'ai cru devoir faire connaître mon émotion et mes craintes à mes collègues de la Commission des Archives et des Bibliothèques et leur indiquer un local propre à recevoir UnUes nos anciennes Archives.

La Commission ayant bien voulu partager mon avis sur cette grave question, m'a autorisé à adresser à M. le Préfet divers rapports dans lesquels j'ai exposé Vurgence du transfèrement de nos Dépôts dans un autre lieu que j'ai indiqué aussi. Cet habile administrateur et le gouvernement ont accueilli favorablement nos légitimes doléances, — et M. Francis Wey, inspecteur général des Archives, a été envoyé, ces jours derniers, dans notre ville pour étudier, sur place, la question. Son rapport est déjà aux mains du ministre de Tlntérieur. Espérons donc que nos

conseils électifs qui aeront appelés, à leur tour, à l'étudier, foumirout largement les voies et moyens pour la création d'un Dépôt ceiUrat de toutes nos Archives.

Ed disant Isufes nos Archives , j'entends parler aussi des Archives de la Cour et d'une partie de celles du Notariée, lesquelles ne sont, pour ainsi dire, plus que des Archives Historiques, comme je vais l'établir dans le chapitre suivant.

Si cette réunion a lieu, peu de villes posséderont QD dépôt aussi considérable et aussi riche en monuments de toutes les époques et de tout genre. Espérons donc que rien ne s'opposera à sa procbùne création, laquelle ne serait pas, du reste, au dessus des ressources réunies de la ville et du département. Le gouvernement même ne viendrait^il pas apporter aussi sa contribution à une œuvre aussi importante?

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