ADMINISTRATION COMMUNALE
Délibérations ot résolutions du Conseil de tille * . BB. I. — 1897-1611.
« Registre * contenant les résultais pris au Conseil de ville, aux affaires d'icellc, représentées de jour à jour par-devant les douze eslablis pour le Conseil de ladicle ville, institué soubz l'auclhorité de Son Altesse, tant pour la police et observation des édiclz que pour l'administration du bien publicque. ■
1 Je donnerai le texte des délibérations les plus intéressantes, et seulement le sommaire des antres, en conservant, autant que possible, la forme de leur rédaction.
1 Je reproduis l'intitulé de ce registre en forme de spécimen ; je me bornerai à indiquer les suivants par leur numéro de série et leur date.
12 février 1597. Est résolu « que doresnavant seront rédigées par escrit toutes les résolutions qui se prendront en la Chambre, pour y avoir recours aux occurrances qui se présenteront, et en dressé registre à cest effet ».
« Que, pour entretenir les pauvres de la ville et y aporter ung ordre et reiglement tel que cy-devant a esté ordonné, il sera présenté requesle à Son Altesse à ce que ceulx qui, raisonnablement et selon leurs facultés, n'ont contribué à l'aumosne, soient coltisés par les douze du Conseil de la ville, et qu'à faute de paiement, les valetz d icelle auront puissance de les gaiger et contraindre, par vente desdiclz gaiges, au paiement de ce dont ilz seront coltisés ».
25 février. € A esté résolu par Messieurs que deux valetz de la ville, chacun à leur tour, prendront garde et auront le soing que les pauvres n'aillent mendier és portes des bourgeois, et, où il s'en trouvera aucuns, seront conduictz et menez par eulx auprès du distributeur des aumosnes, qui, selon leur infirmité, leur fera l'aumosne, pour, delà, les mettre hors de la ville s'ilz sont déforains, et où ils seroienl de la ville, leur sera oslée l'aumosne qui leur a esté ordonnée, et mis hors de* la ville.
» Pour salaire et vacations desquelx valetz de ville, leur est accorde, à l'cffecl de ce que dessus, par sepmaine, à chacun trente gros ; lesquelx auront aussy esgard que les chasse-coquins establis facent leur debvoir ; et où il se-
roit aultrement, faire leur raport à Messieurs pour y prouveoir.
■ Et parce que grand nombre de pauvres déforains se retrouvent en ce lieu, sera supliè Monseigneur le comte (de Salm, gouverneur) de commander au portier d'empescher l'entrée d'iceulx.
> Et comme, à chacune fois que Messieurs sont assemblés, ils se retrouvent la pluspart du temps occupés à entendre les pauvres, à raison de quoy plusieurs aultres affaires preignans sont différés, a esté résolu que deux du Conseil seront commis par sepmaine pour entendre lesdiclz pauvres et en faire raport à mesdiclz sieurs. »
17 mars. « A esté résolu que, pour la grande nécessité et diselte en laquelle se retrouvent la pluspart des villageois des environs de Nancy, et dont journellement ilz sont pleurans de famine, que, pour leur subvenir, sera convenu de pris avec ung boulangier pour faire du pain bis, d'une libvre l'un, telle quantité que I on jugera estre nécessaire, aflin d ésire distribués ansdiitz pauvres mendians par ladicle ville, lesquels aians receu ceste aulmosne, seront mis hors de iadicte ville ; et sera faicte telle distribution par les sepmainiers. •
9 avril. ■ A esté résoud que les trois de ville représenteront à Messieurs du Conseil, à la première assemblée, huict bourgeois de la ville et huict de la ville neuve pour quarteniers, pour, puis après, estre représentés à Monseigneur le comte. »
14 avril. Ordre aux valets de ville de voir où il y aura des fumiers dans les rues et en faire leur rapport. « A esté résolu qu'il sera esleu des huicleniers en chacun quartier, tant de la ville que ville neuve , pour prendre garde qu'il ne s'y commccle aucune chose contre les ordonnances de Son Altesse touchant la police, et faire raport au Conseil de ville des y contrevenons. » « A esté suprimé l'office de chaces-coquins , pour la négligence que, jusques ici, ils y ont commise, et, eu leur lieu, eslably ung quatricsme valet de ville, qui, tous ensemblement, ont esté chargés de veiller et tenir la main à ce qu'il ne se trouve doresnavant aucun mendiant ez églises, rues et portes des maisons, à peine de privation de leur office.
• A esté résolu et ordonné que tous les refusans de satisfaire à ce dont ilz sont esté cotlisés pour la contribution aux pauvres, seront conlrainctz, par exécuiion en leurs biens, à la paie de ce dont ung chacun d'eulx a esté cottisé suivant l'ordonnance de Son Altesse, et ce par les valets de ville.
1 er mai. Traité avec un fossoyeur touchant le salaire qu'il devra avoir pour inhumer les corps morts tant ès églises que cimetières.
27 février 1598. Salaires payés à différents individus pour avoir aéré les maisons (pendant la contagion).
26 mars. Amende de 10 fr. et confiscation contre les boulangers qui ne marqueront leurs pains.
18 mai. Marché avec un fontainier pour transporter les
eaux du canal de la grande fontaine (de la place Saint- Epvre) du lieu où elles sont présentement, sur le fossé de la nouvelle fortification.
35 mai. Établissement de deux sergents des pauvres pour empêcher les pauvres de mendier dans les églises et devant les maisons, si les valets de ville n'en veulent prendre la charge. Traité passé à cet effet avec deux valets de ville, le Ti mai.
1 G juin. Commission aux commis de ville pour, lorsqu'il arrive quelque contagion, fournir ce qui est nécessaire aux malades.
10 août. Marché avec un ardoisier pour les réfections nécessaires à la tour de l'église Saint-Epvre.
14 février i»99. Résolution touchant la levée de deniers à faire pour la réception de la duchesse de Bar (Catherine de Bourbon, sœur d'Henri IV, mariée à Henri, fils ainé du duc Charles III).
Pénultième février 1600. Résolution touchant l'expulsion des pauvres qui seront trouvés demandant l'aumône par les églises.
21 décembre. Règlement pour la police et l'ordre à observer à la nourriture et entreténement des souffreteux et indigents de Nancy.
5 juin 1601. Règlement pour ceux qui sonnent pendant les gelées, foudres et tempêtes.
10 septembre. Ordonnance contre les trois sergents des
pauvres qui n'exécutent leur charge louchant la police des pauvres.
Une délibération de cette année fait mention de l'hôtellerie de la Fontaine, rue Saint-Michel.
1 er janvier 1G02. Il est jugé nécessaire : 1" d'ordonner que les pauvres n'aillent par les églises ni ne demandent par les maisons ; 2° de faire travailler és piliers et canal à conduire les eaux (de Boudonville) dans la ville vieille ; 3° de faire faire des trappes en plusieurs caves, notamment en celles des rues étroites.
21 odobre. Ordonnance touchant le marché au gibier, qui doit conliuuer à se tenir en la place du Vieux-Change, avec les cossons et revendeurs.
13 février 1603. Traité avec Nicolas «t Florent « les Hocquelz », flamands, pour la réparation des orgues de Saint-Epvre.
19 décembre. Résolution touchant l'expulsion d'une femme accusée de vie scandaleuse.
19 février 1604. Ordonnance contre les vagabonds et pour l'enlèvement des immondices de la ville.
1 1 mars. Adjudication du droit de cueillerelte des grains et légumes qui se vendent sur le marché nouvellement érigé par S. A. à la ville neuve (sur la place actuelle du Marché).
5 avril. Résolution touchant la construction de boutiques aux deux bouts de la place joignant l'Hôtel- de-ville
(sur la place Mengin), qui fonl face sur les deux rues devant et derrière, et d'une tourelle pour servir de prison, au haut de laquelle sera mise une horloge publique , etc.
Dernier avril. Marché avec des tailleurs de pierre et des charpentiers pour la construclion d une tour et de boutiques dans le jardin de l'Hôtel-de-ville, etc. ; lesquels ouvrages consisteront, pour la tour, « en un pavillon et une pomme ronde, une lanterne au-dessus pour mettre une cloche à sonner I horloge, un petit dôme sur la lanterne, des moulées jusques en haut de ladite tour.... >
Il est fait mention, dans une des délibérations suivantes, des hôtelleries de la Corne de bœuf et du Ciseau d'or.
8 juillet. Don de l'office de réveilleur à la ville neuve, « à cause du grand nombre de peuple qui y est résidant ». L'individu pourvu de celle charge promet de s'en acquitter, comme celui de la ville vieille, trois nuits la semaine, des lundi , mercredi et vendredi ; revisiter à chacune fois les principales rues et les autres alternativement ; prendre soigneuse garde au feu, larcins et autres inconvénients qui, sous occasion de la nuit, pourraient arriver par la ville ; conduire les processions , aller à minuit par la ville inciter le peuple à prier pour les âmes des trépassés.
C'est ce qui les faisait appeler aussi clocheteurs des trépassés. Ils s'affublaient d'une dalmatique blanche, chargée de tètes do morts, d'ossements et de larmes noires, et, tenant en main une clochette, ils parcouraient tous les quartiers en Taisant retentir leur clochclte et en psalmodiant ce triste refrain :
Uéveillez-vous, gens qui dormez, Priez Dieu pour les trépassés.
Ils ne se contentaient pas de sonner et de crier, mais ils frappaient aux portes pour mieux éveiller les dormeurs. Cet usage, dit Lionnois (t. I, p. 259), fut encore continué dans notre ville fort longtemps, mais seulement pendant l'octave des morts. Lescrieurs, en place de cloche, se servaient d'un pot de terre couvert d'un parchemin tendu. comme celui d'un tambour, auquel était attaché, dans le milieu, un boyau ciré, par le moyen duquel ils liraient des sons lugubres qui accompagnaient celui de leurs lamentations. Celte coutume a élé abolie depuis l'arrivée du roi de Pologne. Le réveilleur de la ville neuve recevait ses émoluments de la Piïmatiale, celui de la ville vieille de la chapelle Saint-Nicolas, érigée à Saint- Epvre, et la ville les exemplall des aides.
16 décembre. Réception de serment des basles jurées (matrones ou sages-femmes), au nombre de huit pour les deux villes et une pour le dehors, lesquelles devaient assister toutes femmes riches ou pauvres, et étaient affranchies des aides ordinaires et extraordinaires.
14 février 1605. Rôle des hôteliers et cabareliers condamnés à l'amende pour n'avoir eu chez eux les ordonnances du taux des vivres ; hôtes à l'enseigne du Conseil des femmes, de l'Aventure, de l'Écu de Bretagne, du Bouc du monde, de l'Écu de France, du Dauphin, du Grand cerf, de saint Claude, des Quatre ûls Aymond, de la Coupe d'or, de la Caroche (du Ca rosse), de la Croix blanche.
23 mai. Ordre au receveur de poursuivre le paiement d'une somme de 4,000 francs léguée par M me de Noviant
(la fondatrice de Maréville) pour l'érection d'une église paroissiale à la ville neuve.
7 septembre. Marché avec des charpentiers et Nicolas de Chamagne et Claude des Jardins , tailleurs de pierre, pour la halle que l'on prétend faire ériger à neuf en l'Hôtel-de-ville.
13 avril 1606. Ordre de dresser rôle des Allés, tant servantes qu'autres, tenant chambre à part, et qui, par leurs déportements, donnent scandale.
6 mai. Marché avec des charpentiers pour faire l'arcade (arc de triomphe) à la bien- venue de M" la duchesse de Bar (Marguerite de Gonzague, seconde femme d'Henri, depuis duc de Lorraine sous le nom d'Henri 11).
9 mai. Marché avec Rémond Constant, François Vannesson, Jacques Danglus et Jacques de Bellange, peintres, pour l'arc de triomphe et galerie pour la réception de la duchesse de Bar, suivant le plan donné par M e Florent Drouin, sculpteur ; et avec Jean Callot, héraut d'armes, pour les armoiries à poser aux avenues des rues.
Marché avec Nicolas Hultinet, fondeur de cloches à Huillécourt ; Jean du Bois, demeurant à La Mothe, et Melchior Saunois, de Romain-sur-Meuse , pour faire les trois cloches de l'église Saint-Epvre.
28 avril 1607. Défense de nourrir des porcs dans la ville, et ordonnance touchant l'enlèvement des immondices : il est enjoint aux bourgeois de faire porter hors de
la ville, chaque semaine, les fanges et fumiers qui seront devant ou derrière leurs maisons.
9 juin 1C08. Ordonnance au sujet de la pompe funèbre de S. A. (le duc Charles III). — Marché pour 300 torches (à porter par des bourgeois). — Ordre envoyé aux sieurs du Conseil par les maîtres des cérémonies funèbres.
14 août 1609. Marché pour la façon d'uu arc triomphal pour l'eulrée de S. A. (le duc Henri II).
8 novembre ICI 1. Suppression des états de sergents des pauvres. — Une délibération de cette année et une autre précédente mentionnent les enseignes du Bras d'or et du Mouion de Nancy.
Division de la ville en douze quartiers.
« La vieille ville de Nancy a esté divisée en six quartiers, sçavoir : Depuis la porte la Crâne et jusques à la ruelle Nostre-Dame, qui Gnit à l'artillerie (l'Arsenal) et ruelle des Cordeliers, finissant au rampart, y comprins ladicle ruelle, pour un quartier.
» La Grande rue, à commencer ausdictes ruelles Nostre- Dame et Cordeliers jusques à la porte Sainct-Nicolas ; Neuve rue , celle du grand Jeu-de-Paulrae et maisons qui sont depuis ladicte porte Sainct-Nicolas près du rampart, tirant au logis de Monseigneur le comte (de Salm), pour ung autre quartier.
» t'ng autre quartier commence à l'artillerie , quartier des Suisses, rue Derrière, régnant jusques à la poterne,
avec l'autre rue du dessoubs , dite de Naxon , qui commence à la rue Sainct-Michiel et finit à la rue de la Monnoie.
» L'ung des autres quartiers consiste en la rue qui commence à ladicte poterne, communément appellée la rue des Petiles-Escuierics, et rue des Marchaux, jusques à ladicte porte Sainct-Nicolas , rue des Comptes et rue de la Monnoie, jusques à ladicte poleroe.
» Le resle de la ville est divisé en deux quartiers, à commencer de l'église Noslre-Dame et finissant sur les rues des Comptes et de la Monnoie, faisant loulle la partie du coslé monsieur de Marcossey, messire Jhérosme, monsieur de Villeparois et Dames prescheresses , y comprins le bout de la rue Sainct-Michiel tirant audicl quartier des Suisses, rues de part et d'autre de la boucherie et du vieux change, pour un quartier.
» L'autre dernier quartier commence à ladicte église, du costè du logis feu Monseigneur de Vaudémont , Sainct- Epvre et monsieur deBourbonne, et finissantes ausdictes rues des Comptes et Monnoie , y comprins l'autre bout de la rue Saiuct-Michiel, dicte du Four-Sacré, jusques au logis de feu mousieur le président Alix ; ruelle qui commence audicl logis pour aller à la place, celle qui descend de la place pour aller au Chasteau, l'autre qui descend de Sainct-Epvre à la fontaine du vieux hospital, rue du Molin, et ce qui est contenu entre icelles.
• Quartiers de la ville neuve. Le premier commence au couvent des Sœurs-Grises et hospital, qui sont les rues Sainct-Nieolas et Saincl-Julien, avec les ruelles contenues entre ladicle rue Sainct-Nicolas et rampart du coslè de la prairie ; régnant ledict quartier tout le long de ladicte rue Sainct-Nicolas jusques au rampart du coslè de la Magdelaine.
» Le second quartier contient la rue Saincl-Dizier, commenceanl à la grande place de la rue Sainct-Jean et finissant à la porte de Solrup, y corn p ri n s le bout des rues des Moulins, Saint-Jacques, Neuve rue et rue de Grève, qui sont entre lesdicles rues Sainct-Dizier et Sainct-Nicolas.
» L'autre quartier contient la rue de l'Église, commenceant à ladicle rue Sainct-Jean et places et finissant à ladicle porte de Solrup, y comprins ce qu'il y a des rues des Moulins , Sainct-Jacques , Neuve rue et rue de Grève entre lesdicles rues de la Grande-Église et Sainct-Dizier.
» L'autre quartier contient la rue des Pontz , corçraenceant à ladicle rue Sainct-Jean et finissant à la courtine d'entre ladicle porte et bastion de Solrup , y comprins ce qu'il y a des rues des Moulins, Sainct-Jacques , Neuve rue et Grève entre ladicte rue des Pontz et celle de l'Église.
» L'autre contient la rue Nostre-Dame , commenceant à ladicte rue Saint-Jean et couvent des Miuimes et finissant à ladicte rue de Grève, y comprins semblablement ce qu'il y a des rues des Moulins, Sainct-Jacques, Neuve rue et rue
de Grève entre ladicte rue Nostre-Dame et celle des Ponlz.
> Le dernier quartier contient la rue des Artisans, comroenceant au couvent desdictz Minimes et finissant à ladicte rue de Grève , y comprins tout ce qui est des rues des Moulins, Saincl-Jacques, Neuve et rue de Grève entre ladicte rue des Artisans et celle de Nostre-Dame, comme aussy tout ce qui regarde le rampart du coslé de l'Estanche. »
BB. 5 (registre). — 16U-16S3.
Juillet 1615. Ordre aux pauvres n'ayant marques de sortir de la ville (il sera souvent question des marques ou médailles que devaient porter les pauvres).
4 décembre. — Nomination d'un fossoyeur aux Trois- Maisons, et règlement pour le prix des fosses.
Permission à l'ermite de Bon-Secours, dit des Bourguignons, de quêter par la ville, comme cela s'est fait de tout temps, et fixalion de la somme qu'il pourra exiger de ceux qui voudront faire enterrer à ladite chapelle.
Dernier mars 1616. Permission aux réveilleurs de continuer à quêter dans les églises aux jours de Pâques, Penlecéle, Toussaint, des Rois et de la Purification Notre- Dame ; et par la ville, les jours de la Saint-Martin, des Rois, et le mardi gras.
3 août. Ordre de faire mettre des trappes aux caves.
16 février 1617. Permission donnée par l'évéque de
Toul aux gens du Couseil de prendre une cloche qui est discordanle en l'église Saint-Epvre, pour servir à l'horloge au-dessus de la porte Notre-Dame.
Dernier septembre. Don, par le duc Henri H, aux geus du Conseil, d'une somme de 4,000 francs pour employer aux ouvrages nécessaires pour faire venir et passer par les rues le ruisseau de Boudonville, en se servant de certain canal destiné à faire entrer en ville les eaux des fontaines.
La requête des conseillers de ville et le décret du duc à ce sujet, se trouvent au Trésor des Chartes (lay. Nancy V, n° 39), et sont ainsi conçus : • Remonstrent très-humblement les gens du Conseil de la ville de Nancy qu'a y ans advisé, pour le bien, utilité et commodité de ladicte ville, de faire conduire et passer par les rues d'icelle le ruisseau de Boudonville, et, à cesl effect, proposer se servir de certain canal et versure souslérienne destinée à faire entrer en ladicte ville les eaues des fontaines etaulres nécessaires, ilz auroient, pour acheminer leur desseing, faict provision de bonne quantité de cors propres à la conduicte desdictes eaues. Mais comme, en ceste entreprise, ilz ont recongnu leurs eaues trop basses, et n'avoir fond suffisant pour cond.iire à chef leur intention, mesmes qu'il manque encore plus de quarante toizes de ladicte versure pour la continuer jusque sur le fossé, ilz ont très-
humble recours à Sadicle Altes3e à ce qu'en considération du bien, promet et commodité qui, par tel ouvrage, reviendra à ladicte ville, il luy plaise l'udvancer de quelque somme de deniers, sy mieulx elle n'ayme ordonner que ladicte versure et canal soit parachevé aux frais des fortifications, ainsy que desjà il a esté commencé...
• Veue la présente requeste et eu béning esgard aux considérations y représentées et à l'utilité et commodité publicque qui reviendra à ceste nostre ville de Nancy et aux résidans en icelle de
tirer et faire passer par les rues de nostredicte ville le ruisseau de Boudonville, nous mandons à noz... députez à la réception et distribution des deniers de nos aydes généraulx... que des deniers dont... Hz sont trouvez rélicquataires... ilz en baillent et délivrent à noz chers et bien aymez les gens du Conseil, bourgeois, et communaullé de nostre ville de Nancy, la somme de quatre mille
frans Expédié à Nancy, le dernier jour de septembre mil six
cens dix-sept... Signé Henry.
11 janvier 1618. Élection de deux conseillers de ville pour exercer la charge d administrateurs de l'hôpital Saint-Julien.
Enregistrement de la permission précédemment accordée à un nommé Jean Barthélémy, venu de Neufchàleau, « d'enseigner la jeunesse tant à bien lire, écrire, jeter, nombrer, orthographier, que chanter musique et décorer l'église, voire même l'usage de l'astrolabe, carré géométrique et, si besoin est, les principaux fondements de la grammaire. »
Mention des hôtelleries des Trois rois, du Petit saint Nicolas, du Petit saint Jacques et de saint Jacques.
Enregistrement des lettres de privilège accordées, en 1598 et 1602, aux ouvriers de la batterie de cuivre établie a la ville neuve; et, en 1613, à Albert Ginet, pour l'érection, dans une maison qu'il avait récemmeut fait bâtir sur le ruisseau de la ville neuve (celui de Saint- Thiébaul), d'une teinture de draps, serges et estamettes.
3 février 1620. Ordre aux boulangers de vendre leur pain à la balance.
16 mars. Amende de 5 francs conlre un individu pour avoir soutenu en sa maison une fille mal famée.
51 mai. Ordonnance enjoignant aux propriétaires de payer certains impôts pour leurs locataires lorsque ceuxci n'en auront le moyen.
58 mai. Sentence rendue conlre une fille accusée de mauvais comportements : ses meubles sont pris et jetés dans la rue et elle est expulsée de la ville. Elle y rentre et loue, derrière l'église des Cordeliers, une maison où elle
reçoit toutes sortes de filles, femmes et autres gens scandaleux. Les gens du Conseil ordonnent de rechef aux sergents de ville de l'exécuter en ses biens pour l'amende de 55 francs, jeter ses meubles dans la rue et la chasser de la ville tout promplement.
13 juillet. Délivrance de certificat par le curé de Saint- Sébastien pour la réception d une basle (sage-femme) jurée.
Pénultième juillet. Défense aux potiers de terre étrangers d'exposer leurs marchandises ailleurs que devant l'église des Dames prêcheresses, où se tiennent ceux de la ville.
Requête des bons malades (lépreux) de la Madelaine à l'effet d'être autorisés à quêter dans les rues. Us rappellent un décret de Charles III, du 5 avril 1565, portant que les bons malades de la Madelaine, encore qu'ils ne soient de la paroisse de Nancy ou de Saint-Dizier, seront
participants des aumônes qui se font les dimanches, mardis et vendredis ; et un autre décret de ce prince, du 8 août 1603, qui leur a permis de quéler par les rues de Nancy.
57 novembre. Défense de laver aux fontaines publiques.
19 décembre. Permission aux Glles pénitentes du tiersordre de saint François ( Tiercelines ) de s'établir à Nancy.
57 juillet 1651. Traité avec les maîtres paveurs pour ce qu'ils doivent avoir de façon et fourniture de leurs pavés.
Mention des hôtelleries de Rome, de la Charrue, de la Tète d'or, du Sauvage, des Quatre-Assiettes, du Ciseau d'or.
17 novembre. Exemption d'impositions pour Jean La Hiere, architecte des bâtiments de S. A.
55 novembre. Retenue de Gaspard des Jardins comme architecte de la ville.
53 décembre. Permission à Hanss Hawert, chirurgien, de tenir et avoir un lieu pour une éluve et des bains chauds pour y laver et venlouser toutes sortes de personnes.
57 août 1653. Expulsion de la veuve d'Abraham La Cloche, avocat, et de ses filles, à cause de leurs déportements, vie scandaleuse et lubrique.
BB. 3 (registre). — 1615-1635.
5 mai 1616. Il est ordonné aux commis de ville de faire acheter, par certaines personnes supposées, de la chair en la boucherie, et, au même temps, reconnaître si elle est du poids auquel les bouchers l'auront vendue.
Mention de l'hôtellerie de la Téte d'or.
Pénultième mai. Il est résolu qu'il sera fait marché avec un charpentier pour le dôme de l'horloge qu'il convient faire au-dessus de la porte Notre-Dame.
24 octobre. Marché passé avec David « de Chailigny » (Chaligny), fondeur, pour la fontaine qu'il doit faire de bronze à la porle Notre-Dame.
1618. Déclaration des noms et surnoms des livreurs jurés de la halle, au nombre de onze, parmi lesquels Claude et Antoine Platel, son frère.
1 er septembre. Règlement des charges des valets des pauvres (à 80 francs de gages par an), au nombre de huit, savoir : un à l'église Sainl-Epvre et celle des Dames précheresses et le quartier en dépendant ; un à la paroisse Notre-Dame ; un à l'église des Cordeliers ; un à celle de Saint-Georges et les quartiers en dépendant ; pour la ville neuve : un à l'église de Sainl-Sébaslien, au collège (des Jésuites), aux Bénédictins et les quartiers en dépendant; un à l'église des Jésuites, aux Capucins, « Carmelines » et « Filles de l'Annonciatte » ; un à l'église
de la Primatiale, aux Filles spirituelles (religieuses de la Congrégation), à l'hôpital (Saint-Julien) et tout le quartier en dépendant; un à l'église des Minimes, à celle des Carmes et aux Sœurs-Grises.
lin individu est, en outre, retenu pour surveillant, sans gages, la franchise néanmoins accordée comme ci-devant, avec la casaque, à charge de prendre garde aux pauvres ès jours de dimanches, de fêles solennelles et autres, tant seulement.
15 avril 1619. Expulsion du paumier de Saint-Nicolas (sans doute le teneur du jeu de paume de ce faubourg), ci-devant accusé de maquerélage, et qui s'était retiré à la ville neuve sans en avoir demandé permission.
18 juillet. Est résolu que les immondices de la Grande- Rue et autres seront amassées, vidées et menées aux frais des bourgeois.
29 juillet. Défense aux bouchers de tuer des bêtes dans leurs maisons.
29 août. Permission aux Pères de l'Oratoire de faire une forme de petit clocher au-dessus de la voûte de l'église Notre-Dame, du côté du cimetière.
16 décembre. Ordre aux boulangers d'apporter leurs poids et balances en la Chambre (de ville) pour y être ajustés.
24 septembre 1620. Ordre à la veuve d'un soldat de sortir de la ville dans la huitaine, « à cause de sa vie, et
qu'elle relire ses filles, quoique non mariées, pour tant plus librement vaquer à leurs vies dissolues » . — Admonestation à une autre de se mieux comporter à l'avenir que par le passé, sous peine, la première fois qu'elle y sera reprise, d'être châtiée, « et éviter toutes sortes d'impudicilés dout elle est accusée ».
D'autres délibérations analogues à celles qui précèdent, font voir avec quel soin les magistrats municipaux veillaient au maintien de la morale publique, et montrent, en même temps, que la prostitution, quoique poursuivie sévèrement, ne laissait pas de s'exercer à Nancy d'une manière plus ou moins ostensible.
15 mars 16*21. Traité pour la fontaine de la rue de la Monnaie.
Mention de l'hôtellerie de l'Espérance.
23 mai 1622. Remontrance au sujet de plusieurs personnes scandaleuses qui, depuis quelque temps, se seraient établies à Nancy et aux Trois-Maisons ; nomination de deux conseillers pour aller s'en assurer et prendre des mesures pour les empêcher de continuer.
16 novembre 1623. Ordonnance portant que dorénavant nul ne sera reyu bourgeois qu'il n'ait certificat ou quittance du receveur attestant qu'il a pnyc la somme à laquelle il a été cotisé par les consci lers de ville.
22 novembre. Amende de 10 francs contre un individu pour avoir soutenu et logé en sa maison une fille scandaleuse et débauchée, et défense à celle-ci d'y plus récidiver.
27 novembre. Marché avec Nicolas de Chamagne pour faire les canaux nécessaires pour la conduite de l'eau de la fontaine Saint-Thiêbaut.
7 décembre. Ordre d informer contre une femme pour avoir relire et soutenu en sa maison plusieurs filles mal famées.
Memion de l'hôtellerie des Dcux-Écharpes.
14 décembre. Ordre aux commis de ville de se transporter dans une maison pour s'informer de la pauvreté d'une femme soupçonnée lépreuse. — Commission donnée à deux conseillers de pourvoir à ce que les lépreux ne soient plus pêle-mêle avec les sains et qu'ils ae logent les passants mendiants et autres.
18 décembre. La Chambre ordonne que la femme dont il vient d'être question sera conduite à Toul par un sergent de ville pour y être appliquée « à l'examen de Tépreuve » pour savoir si elle est entachée de lèpre, et ce aux frais de la ville, attendu qu'elle est pauvre.
Cette épreuve avait lieu, devant le tribunal ecclésiasUque de l'Officialilé, avec des formalités singulières, dont on peut voir le détail dans une intéressante notice sur les maladreries de la cité de Verdun, par M. Ch. Buvignier.
22 décembre. Amendes contre trente-trois individus
qui n avaient trappes sur leurs caves, et ordre de les faire
■ trapper ».
Il est bon de rappeler ici que les trappes de caves ont été supprimées en vertu d'un arrêté municipal du 15 août 1849, auquel la ville de Nancy a dù l'un de ses plus notables embellissements.
11 janvier 1624. Amende et confiscation prononcées contre un boulanger pour avoir fait conduire chez lui trois voitures de blé, empêchant ainsi qu'elles aillent à la halle.
Ordre à un individu demeurant en Abécor (à Nabécor) de sortir de la ville attendu que sa femme était prévenue de sortilège.
1 er février. Permission à une femme, dernièrement reçue bonne malade, de quêter, comme les autres, par la ville et ailleurs.
4 septembre 1628. Est ordonné que commandement sera fait aux rôtisseurs de Nancy la vieille de , à laveuir, et dans huitaine, réparer la muraille de Saint-Epvre contre leurs rôtisseries.
16 novembre. Est résolu que les commis de ville placeront les revendeuses de fruits, vendeuses d'herbages, etc., ès lieux qu'ils jugeront à ce plus propres de la grande place de la ville neuve.
1 er décembre. Est résolu que 10,000 francs seront empruntés pour être employés en achat de blé froment, lequel sera distribué aux particuliers bourgeois de Nancy.
22 janvier 1629. Est résolu que le R. P. Jérôme, de Tordre des PP. Carmes du couvent de Nancy, sera prié de prêcher à la paroisse Saint-Sébastien pendant lavent et le carême prochains.
12 février. Provision de la charge d'organiste de Saint- Sébastien pour Louis Lurin.
2 mars. Commission à un conseiller el à un commis de ville pour reconnaître la place requise au cimelière de Nancy la neuve.
5 avril. Le sieur (Siméon) Drouin, sculpteur, bourgeois de Nancy, a juré de reconnaître l'état auquel se retrouve présentement le cheval de bronze qui se doit mettre « sur une statue de feu duc Charles », et des défectuosités qui s'y retrouvent en douner avis par écrit.
Il s'agit de la statue équeslre de Charles III, destinée à être érigée sur la place du Marché de la ville neuve, et dont il sera question ailleurs avec plus de détails.
6 août. Est ordonné que les boutiques faites à l'entour des églises Saint-Epvre el Saint-Sébastien et des Hôtelsde-ville, présentement occupées par des rôtisseurs, seront occupées par d'autres personnes, et que défense sera faite aux propriétaires de les y plus souffrir.
6 novembre. A été fait défense à Jean de Croix, paveur, de plus travailler dudit métier, sur le refus qu'il a fait de travailler à une nécessité, et lorsqu'il lui a été commandé.
Pénultième novembre. Quittance du droit d'entrée accordée au sieur de Belchamps, médecin, à cause de son expertise.
28 janvier 1630. — Résolution touchant l'établissement d'un visiteur juré ès boucheries de Nancy la vieille et la neuve.
14 février. A été fait commandement à N... de mettre
hors de son logis, dans demain pour tout délai, sa servante, que I on dit être enceinte de ses œuvres.
6 février 1631. Charge donnée à deux conseillers et aux commis de ville de vaquer à l'audition des pauvres de ce lieu pour les admettre à l'hôpital de Saint-Charlesdes-Champs, et d autres pour leur ordonner du pain par semaine, selon qu'ils jugeront devoir Cire fait par raison.
13 mars. Députation envoyée vers S. A. (le duc Charles IV), à Pool a-Mousson, pour lui parler des affaires importantes de la ville.
23 avril. Retenue du sieur de Belchamps, médecin, pour servir la ville lors de la contagion.
Février 1G32. Ordre aux propriétaires de maisons ou jardins dans la rue Sainte-Catherine (aujourd'hui du Manège) de faire paver au-devant de leurs maisons ou jardins.
4 mars. Se souvenir de faire remplir les mortes qui sont à la rue Sainte-Catherine, rue des Artisans et vers le Paille-Maille.
1 1 mars. Commandement à tous les maîtres et compagnons paveurs de faire les pavés nécessaires à réfectionuer le long de la Grande-Rue, depuis la porte Saint-Nicolas jusqu'à la porte Notre-Dame.
22 novembre. A été résolu que le sieur Reboucher sera prié d'accepter la charge de receveur des deniers qui seront donnés pour faire bâtir une paroisse à Nancy la
neuve, et que quatre conseillers seront députés pour les affaires qui concerneront ladite nouvelle paroisse, avec d'autres bourgeois notables qui seront dénommés par le sieur curé.
Les offices de la paroisse Saint-Sébastien s'étaient faits, de 1994 à 1G09, durs l'église de l'hôpital Saint-Julien ; on les célébrait alors dans la première église Primatiale provisionnelle, qui était insuffisante et peu solide ; c'est pourquoi on voulait la faire reconstruire. (Voy. Lionnois, t. Il, p. 869.)
27 mai 1633. Il est ordonné que tous les malades» indifféremment, touchés de peste., seront dorénavant mis dans l'enclos de Maréville.
22 août. Ordre de S. A. aux commissaires de quartiers de faire sortir de la ville les personnes inutiles, lesquelles n'ont vivres pour six mois , et de retenir les artisans et autres hommes capables de porter les armes ou de travailler aux ouvrages qui leur seront ordonnés, leur enjoignant de faire sortir leurs femmes, enfants et servantes ; de tolérer, jusqu'à nouvel ordre, les personnes inutiles, comme vieillards impotents et enfants au-dessous de quatorze ans, ayant vivres en sufûsance. — De par le marquis de Mouy (Henri de Lorraine, lieulenaut général) il est enjoint ù toutes personnes auxquelles commandement à été fait de sortir de la ville, d'y satisfaire dans les deux heures après-midi, et mandement est fait à toutes personnes de prêter force et assislauce aux commissaires, le tout à peine de la vie dans l'un et l'autre des cas.
Ces mesures de rigueur étaient occasionnées par l'approche de l'armée française, qui venait assiéger Nancy. M. Digot a donné, dans son Histoire de Lorraine (t. V), le fac-similé d'un plan, gravé par ordre de Louis XIII, représentant la ligne de circonvallaiion tracée autour de la capitale, et accompagné d'une légende ayant pour titre : « Description du siège de Nancy, commencé le vingtseptiesme jour d'aoust, et rendu le vingl-troisiesme jour de septembre mil six cents trente-trois ».
31 août. Commission donnée au sieur Lenoir, conseiller, pour, à l'assistance du sieur de Belchamps, médecin, reconnaître le lieu où on logera les pestiférés. Sur leur rapport, il est résolu qu'on traitera avec le sieur Odot, secrétaire à S. A., et avec ses voisins, qui ont jardins sur la rue Sainte-Anne, pour y retirer les malades de contagion. — Amende de 200 francs contre l'hôtelier du Marteau d'or pour avoir mis hors de son logis sa servante, laquelle serait décédée emmi la rue de mal contagieux. (Il y a beaucoup d'autres résolutions relatives à la contagion.)
3 septembre. Vœu de la ville de Nancy à Notre-Dame de Lorette, pour la conservation de Son Altesse, de sa sérénissime Maison, de l'Étal et de sa ville capitale.
Ce vœu consistait à envoyer à Lorette une représentation de la ville en argent. (Voy. un opuscule de M. l'abbé Guillaume intitulé : Nancy, ses vœux à Marie.)
25 octobre. Sur la proposition faite à M. le comte de Brassac, gouverneur, il est ordonné que Ton fera faire cinq cents huttes pour y loger les soldats du roi en gar-
nison à Nancy, et qu'à cet effet, il se fera une levée de deniers par cotisation sur tous les habitans. A la suite de celte résolution se trouve une supplique adressée au roi, par les conseillers de ville, au sujet de la fourniture des bois, chandelles, matelas, etc., pour les soldats. Ils y exposent la pauvreté de la ville, affligée, depuis cinq à six ans, de la contagion, dont les frais n ont pu être jusqu'à présent levés. Us y remontrent qu'elle est grandement endettée ; que la plupart des bourgeois doivent le fond de leurs maisons nouvellement bâties ; que le nombre des bourgeois est fort petit, la plupart gens de petit trafic et de métier, qui ne vivent que de l'emploi qu'ils ont pour ceux de la cour ; que la ville est occupée pour un tiers par les couvents ; qu'il n'y a aucun commerce ; que le nombre des soldats, de 6,000 et 1 50 maîtres pour la cavalerie, en fait une armée et non pas une garnison, etc.
24 novembre. Commission aux sieurs Rennel et Janin, conseillers, pour soigner et tenir la main « à ce que le pourtrait d'une Vierge tenant son petit Jésus en main et la ville de Nancy », soient faits au plus tôt pour envoyer à Notre-Dame de Lorelte accomplir le vœu.
1 6 janvier 1 634. Distribution des quartiers des deux villes entre les conseillers de ville pour que chacun d'eux ait soin de tout ce qui s'y passe.
13 février. Charge donnée au sieur Viriet, conseiller, pour faire entrer les deniers qui ont été ou seront légués
à la paroisse Saint-Sébastien, en inlenlion de faire une nouvelle église à la ville neuve ; lesquels deniers demeureront ès mains du curé, qui a promis d'en payer la rente.
Assignation aux particuliers qui ont conslruit de nouvelles boutiques auprès des landres d'entre les deux villes pour savoir de qui ils en ont obtenu permission. On les leur laisse à condition d'en payer une redevance. Dans le nombre de ces particuliers se trouve un Etienne Benoit, serrurier. — Permission à d'autres individus de construire des boutiques sur la levée (l'Esplanade) d'entre les deux villes (20 février).
8 juin. Ordonnance touchant la contagion.
8 janvier 1635. Nomination d'un chapelain de la confrérie des archers de Saiut-Sébaslien, érigée en ladite paroisse.
22 Mars. Ordonnance touchant ta démolition des boutiques d'entre les deux villes.
2 avril. Ordre pour l'expulsion d'une fille qui vivait avec le sieur Graillot, apothicaire. Elle est conduite hors des portes par les valets de ville, avec défense d'y rentrer, sous peine du fouet « et de plus grande » , et il est enjoint au sieur Graillot de se charger de l'enfant procréé de leurs œuvres, de le nourrir et élever.
9 mai. Messieurs de la Chambre ayant eu commandement de M gr le comte de Brassée de se porter en corps et au nom de la ville à la porte Saint-Jean, hors la barrière,
à rentrée de M* r le prince de Coudé, et lui témoigner l'obligation que Ton a au roi d'avoir fait choix d'une personne chère et rare comme la sienne pour commander ou protéger le peuple de Nancy et la Lorraine, ils ont député le sieur Modo, l'un d'entre eux, et lui ont fait pareil commandement de mondit seigneur le comte de Brassac ; ce qui a été effectué le jour suivant, environ les onze heures du matin.
22 octobre. Commission au sieur Belchamps, médecin, pour reconnaître la place dite de Saint-Thièbaut, près de la porte Saint-Jean, et désigner un lieu pour servir à l'enterrement des soldats et autres personnes mortes, afin d'éviter les inconvénients que pourrait apporter la quantité de corps morts qu'il faut journellement enterrer au cimetière d'entre les deux villes.
Mention de l'hôtellerie du Lion d'or.
1" décembre. Retenue de François Guinet comme avocat de la ville.
BB. 1 (registre). — 1637-1643.
16 mars 1637. Nomination de conseillers pour aller saluer et congratuler Charles-Chrétien de Gournay, évèque de Toul, à son arrivée à Nancy pour la première fois après sa prise de possession.
19 mars. Commandement à ceux qui ont charge de conduire les bétes mortes hors de la ville de les mener au
lieu nommé la Rouge-Eau, vers les Grands-Moulins, ou bien vers Saulrupt, dans une fosse appartenant à Messieurs de la Primaliale.
Pénultième mars. Ordre aux commis de ville de restituer les clés de la maison où est « la Purificatoire », près de la porte Saint-Georges, au propriétaire d'icelle, sauf à les lui répéter pour s'en servir au besoin.
10 septembre. Résolution touchant le fait de la contagion.
31 décembre. Défense sera faite aux maîtres d'école de recevoir ni admettre aucuns enfauls « tachés de la malleligne ».
8 mars 1638. Résolution touchant la recherche des pauvres, pour en dresser rôles.
15 mars. Suspension de sa charge, prononcée contre un maître d'école pour avoir, sans sujet valable, donné le fouet à un enfant.
25 mars. Délibération portant que les curés des paroisses et. le sieur Mus, maître du Mont-de-Pièté, continueront à diriger l'hôpital Saint-Joseph, parce que, si Messieurs (du Conseil) en entreprennent le gouvernement, cette obligation donnera sujet aux bienfaiteurs de se relâcher de leurs charités pour se décharger sur la ville.
Lionnois ne dit rien de cet hôpital, qui ne subsista probablement que momentanément.
10 mai. Privation de sa charge pour uue basle jurée,
laquelle ayant accouché une femme, aurait apporté si peu de soin au soulagement de son enfant, qu'il serait mort.
27 mai. Adjudication de la mise en état du pont prés de l'étang Saint-Jean.
10 octobre. Résolution portant que la résidence du greffier sera dorénavant dans la Grande-Maison de la ville (l'Hôtel-de- ville), et que les papiers du Trésor de la ville (les archives) seront enfermés en une chambre de ladite maison.
Permission donnée par le roi aux Dominicains de s'établir à Nancy.
2 novembre 1640. Retenue du sieur du Pasquier comme avocat de la ville.
8 avril 1641. Les sieurs Philbert, de Silly, de Girmont et Terrel, conseillers; Margand et Marchai, commis de ville, sont députés pour se transporter vers la personne de Son Altesse (Charles IV), là part où elle se trouvera, pour lui faire compliment de son heureux retour et lui parler de certaines affaires concernantes le bien de ladite ville; et se feront sui\re par deux valets de ville, revêtus de leurs manteaux de livrées.
« Harangue faite à S. A.
> Monseigneur, les bourgeois et peuples de vostre ville de Nancy, que les misères du passé, les proscriptions, pertes de biens et de liberté n'ont peu faire chanceler en la fidélité, respect et zèle qu'ilz doivent à Vostre Altesse,
la suplient très-humblement de croire que ta vie, que leur rend sou retour, servira d'exemple à loul l'univers de la plus rare el plus fidèle et constante subjeclion qui se puisse veoir. L'on nous a oslé, jusques à présent, le pouvoir et la liberté de luy en l'aire les protestations véritables, lesquelles nous venons jurer aux pieds de ses grâces, et l'asseurer de la possession absolue de noz cœurs, vies et biens, luy cousacrant les premiers mouvemenlz de noslre liberté recouverte avec la suitte entière, qui fera advouer à ceulx mesmes qui ont cru nous arracher du cœur noz affections inesbranlables, qu'il n'y a prince au monde qui possède plus certainement des plus obéissans, plus humbles et plus fidelz subjeclz que nous luy serons tousjours.
» Harangue faite à Madame.
» Madame, Son Altesse nous a fait l'honneur de recevoir les protestations île noslre fidélité et obéissance ; nous espérons de la vostre qu'elle ne dèsaggréera point l'offre que nous luy faisons de noz cœurs et de noz affections ; qu'elle nous regardera comme ses très-humbles et obéissans subjeclz et serviieurs, et nous fera re-sentir les effeclz de sa bonté, dont nous la supplions très-humblement, el de prendre une créance entière que nous ferons paroistre noslre zèle à son service par tous les plus fidelz et respectueux debvoirs qui nous seront possibles ».
Charles IV venait de signer avec le roi le traité de Saint-GermaiD-
en-Laye, qu'on surnomma la petite paix, parce qu'il fut de courte durée, et il s'était immédiatement rendu en Lorraine. Le dernier avril 1641, il fit un pèlerinage à Bon-Secours, accompagné de sa nouvelle épouse, Béatrix de Cusance, princesse de Cantecroix, et logea à la Malgrange, où le peuple de Nancy et des environs accourut avec un empressement qui tenait du délire. Ce fut là, sans doute, que les députés de la ville furent admis à lui présenter leurs hommages, ainsi qu'à la femme qui tenait la place de celle qu'il avait répudiée. (Voy. Lionnois, t. I, p. 507 *t suiv.)
1 er août. Permission à César Callot, maître opérateur, de résider à Nancy saus payer le droit d'entrée.
3 décembre. À été commandé aux conseillers de ville de faire faire des feux au-devant des maisons des lieux (des rues) où passera M* r du Hallier, gouverneur de Nancy, retournant de Paris.
17 mars 1642. Est résolu que le sieur Pierre Pierson, imprimeur, demeurant en l'Hôtel-de-vilIe, sera employé à imprimer toutes ordonnances et autres dépêches dont it sera besoin pour le service de la ville.
17 avril. Résolution touchant le pèlerinage de Notre- Dame de Benoitevaux.
Lionnois a donné (t. Il, p. 347 et suiv.) une relation très-détail lée de la procession faite par les habitants de Nancy, au nombre de plus de deux mille, à la chapelle de Benoitevaux, au-delà de Saint- Mibiel , pour obtenir de Dieu , par l'intercession de la Sainte- Vierge, la paix si ardemment désirée. (Voy. aussi Nancy, ses vœux à Marie, par M. l'abbé Guillaume, et l'Histoire de l'Étanche et de Benoite-Vau, par M. Dumont.)
26 août. Plaintes adressées au roi contre Ferry d'Haraucourt, bailli de Nancy, touchant les « actes extraordi-
naires des entreprises infinies faites par ledit sieur, non moins contre le Conseil de ville que contre la justice ordinaire ».
16 décembre. Résolution touchant un jet (une imposition) à faire sur tous les habitants de telle somme de deniers qui sera trouvée raisonnable pour l'entreténement des paroisses, fourniture de linges, ornements, paiement des organistes, etc.
BB. 5 (registre). - 1643-1653.
Enregistrement des lettres patentes du roi, du 24 décembre 1642, portant exemption de fournitures et logements de gens de guerre pour les maître échevin et échevins de Nancy.
26 mars 1643. Réception des Tiercelins de Notre- Dame-des-Anges à Nancy.
4 septembre. Commission donnée aux sieurs Sarrazin, conseiller, et Richardot, receveur, pour rechercher les traités faits avec les sieurs Chaligoy pour le cheval de bronze et la statue qui se doit mettre dessus, et avec défunt César Foulon pour faire la ville de Nancy en relief sur une table d'argent (c'est le vœu à Notre-Dame de Lorette) ; en6n, pour savoir du sieur (Siméon) Drouin, sculpteur, si 1 ecriteau de marbre à lui marchandé pour être mis en l'église de Notre-Dame de Bon-Secours, est achevé.
It est ici question du vœu fait par la ville à la Sainte-Vierge, et dont il sera parlé ailleurs.
18 février 1644. Résolution touchant la suppression de la dépense de bouche (collations ou repas que faisaient les officiers muuicipaux dans certaines occasions), à cause des nécessités de la ville.
4 mars. Remontrance au sujet de la fourniture de bois demandée par le maréchal de La Fertè-Senneterre. Il y est dit que les habitants ont été maintenus dans leurs privilèges par les précédents gouverneurs : le comte de Brassac, le prince de Condé, le comte de Barrault, le marquis des Fossés, le vicomte d'Arpajon, le marquis de Sourdis et le marquis de Fontenay.
27 mai. Invitation à Claude Drouot, maître du corps des pâtissiers, de rendre sou compte devant les conseillers de ville.
Dernier juin. Ordre aux propriétaires des maisons ruinées des deux villes, et non habitées, de les fermer de murailles; au cas où il ne s'y trouvera aucun propriétaire, elles seront murées aux frais de la ville.
19 mars 1G45. Traité avec le sieur Hardy pour loucher l'orgue à la paroisse Saiut-Sébaslien.
7 avril. Résolution touchant l'envoi d'une dépulation à Paris pour représenter au roi les nécessités du pays et principalement de la ville.
8 mai. Serment de Claude-François Labbé, prévôt de Nancy, en qualité de conseiller.
19 juillet. Délibération au sujet du travail à faire pour la fontaine médicinale nouvellement trouvée prés du moulin Saint-Thiébaut. — Avis des médecins Perrin, Vitou, Rousselot et Lambert, touchant ladite fontaine. — Résolution (du 27 septembre) pour le pavage du circuit de la fontaine médicinale, afin d'en faciliter l'abord, selon l avis de Siméon Drouin, mailre sculpteur et architecte.
28 août. La Chambre ayant été avertie que M. de Marie, intendant, avait arrêté de faire des impositions nouvelles sur la ville, il est résolu qu'on ira le voir en corps pour le divertir de celte pensée, « sur la considération des misères généralles de ladite ville, causées par la continuation de la guerre et des grandes charges qu'elle soufTre depuis douze années et plus » .
L'intendant n'ayant reçu les raisons qui lui ont été déduites verbalement, la Chambre décide, le même jour, qu'il lui sera présenté un état exact des charges de la ville, et elle délègue à cet effet trois de ses membres, lesquels font savoir, le 30, qu'ils lui ont remis cet état.
6 septembre. Le sieur Sarrazin, mandé par l'intendant, rapporte à la Chambre des imprimés de deux ordonnances « portant plusieurs et diverses impositions par lui faites de nouveau et par augmentation des précédentes », en date des 25 et dernier août , et dit que mondit sieur, sans considérer les charges de la ville, l'état misérable où elle est réduite et les autres remontrances qu'il lui a faites, veut absolument faire publier et afficher ces ordonnances,
si la Chambre ue lui donne des expédients plus doux pour faire la somme qu'il disait lui manquer.
Lecture faite desdiles ordonnances, il est résolu qu'il en sera communiqué à quelques notables de la ville, et deux conseillers sont délégués pour prendre leur avis.
10 septembre. Les deux conseillers font rapport que le sentiment des notables est de faire des remontrances par écrit. Le sieur Jeanmaire est commis pour, avec le sieur Guinet, avocat retenu au service de la ville, minuter lesdites remontrances. En voici le texte :
■ A Monsieur
» Monsieur de Marie, chevalier, seigneur de Beaubourg, etc.
» Les conseillers de la ville de Nancy, ayant eu advis que Ton prépare de nouvelles impositions, après en avoir communiqué avec aucunes notables personnes de ladite ville, vous remonstrent humblement qu'il ne se fault pas estonner sy les finances du roy diminuent en ce pays, et le fond nécessaire pour satisfaire aux estatz arrestez en son conseil pour le payement des garnisons vient tous les jours à deiïaillir : la cause en est toute évidente dans la diminution du peuple, et celte diminution ne provient que de la foulle excessive des grandes charges qu'il a souffertes et qui les contraint d'abandonner leurs demeures et de quitter leurs propres maisons qui se démo-
lissent tous les jours, mesmc dans Nancy, où il ne reste pas la dixiesme partie des bourgeois qui y estoient; et, néantmoings, il y a six fois plus de charges que lorsque la ville esloit bien peuplée.
» Pour remédier à ces inconvénientz, le moyen (soubs très-humble correction) n'est pas d'augmenter les charges, lesquelles, par la misère du peuple, ruynent, en conséquence, les finances du roy ; mais bien plustost de les soulager, comme ilz vous en supplient très-humblement...
» C'est une chose aujourd'huy sans exemple dans les provinces de l'Europe, que, dans une ville capitallc de l'Estat, le pain, qui est la substance nécessaire absolument à la vie, soit tellement chargé d'imposition que, pour avoir ung rezal de bled cuyt, il en faille payer deux, puisque le rezal ne vaut que cinq frans, il en faut payer deux à la porte, un au four, sans le droit de moulure et l'impost que le boullenger paye. Après le pain suit le vin, sur lequel on prépare ces nouvelles impositions, quoyque desjà on en prend le dixiesme d'une sorte et les trentedeux gros qui se lèvent d'autre sorte font encore, sur le pied de vingt-quatre frans le virly, ung autre huitiesme.... »
11) octobre 1647. Traité fait entre le sigur Charles Vitou, docteur médecin, et autres (au nom de la ville) et les Prêcheurs (Domiuicains) de Nancy pour l'établissement d'un religieux de leur ordre pour régenter et enseigner la
philosophie, en leur couvent, aux écoliers qui, après avoir passé leurs éludes d'humanités et de rhétorique, demeureraient inutiles, pour n'avoir en celte ville la commodité de continuer leur philosophie.
8 juin 1648. Résolution touchant la réparation des piliers qui soutiennent le canal où passent les eaux tant des fontaines que du ruisseau de Nancy la vieille.
9 décembre. Don de l'office de porteur des corps morts à la paroisse Saint-Sébastien.
14 janvier 1649. Amodiation du droit de la faciende de la bière.
25 janvier. Plainte contre le prieur des Auguslins, chapelain en la chapelle Saint-Charles, lequel avait dit, en prêchant dans ladite chapelle, que « les bourgeois de Nancy se réjouissoient des divisions qui estoient en France et dans la ville de Paris; qu'il y resloit encore assez de fléaux pour les affliger, et n'estoient au point auquel ils le soubaitoient ».
14 décembre. Résolution portant qu'il n'y aura plus d'ouvriers retenus pour le service de la ville, mais que les ouvrages se feront « à la ravalée (adjudication au rabais) et à l'éteinte de la chandelle ».
25 février 1650. Avis des curés touchant la dévotion du peuple de Nancy à saint Joseph. — Lettre adressée au vicaire général de l'évèché de Toul pour obtenir l'autorisation de célébrer sa féte. — Résolution (du 3 mars) touchant la solennité de la fête de saint Joseph.
20 décembre. Résolution au sujet de la levée de six francs sur chaque chef de famille pour subvenir aux nécessités de la ville.
BB. 6 (registre). — 1683-1685.
16 janvier 1653. Retenue de M c Jean-Baptiste Saint- Didier, procureur au parlement de Metz séant à Toul, au service de la ville en ladite qualité. — Permission à Claude Verlet, de Paris, de tenir école publique.
13 mars. Retenue de Chrétien Dognon et de Nicolas Villemet comme organistes à Notre-Dame et à Saint-Sébastien.
8 juin. Exemption de logement de gens de guerre et autres charges de ville pour Jean Petit-Nicolas, autrement appelé Johannes, maître opérateur, ■ capable de la cure de la pierre, de la gravelle et du calcul ».
14 avril. Traité avec les Jésuites du collège de Nancy pour un régent des classes d'humanités et de rhétorique.
6 août et 5 novembre. Permission à des individus de tenir école publique.
26 octobre. Permission à Claude Collignon, maître sculpteur, de mettre une croix sur un petit tertre entre la chapelle de la Madelaine et celle de Notre Dame de Bon- Secours, près de cette dernière de quelques cent pas, le chemin venant de la porte Saint-Nicolas d'une part, et celui de la porte Saint-Georges d'autre. (Suivant la requête de Collignon, cette croix, qui lui avait été com-
mandée par un particulier de Paris, était en pierre de Sorcy, « façonnée et enrichie de figures », conformément au modèle joint à sa requête, et qui n'existe malheureusement plus.)
Procès-verbal dressé au sujet de l'inondation arrivée aux Trois-Maisons en 1652.
17 décembre. Résolution touchant la levée du débit de ville pour faire présent au maréchal de La Fertè de cuiller, fourchette et manche de couteau tout d'or, demandés par lui.
Je passerai sous silence d'autres résolutions analogues ; il sera question, avec détails, dans les comptes des receveurs, des fréquentes fantaisies du maréchal, du genre de celle qui vient d'être mentionnée.
15 mars 1655. Ordonnance défendant aux pauvres de mendier dans les églises, sous peine d'être chassés de la ville, « sur les plaintes adressées au Conseil que les pauvres, tant sains que malsains, contrefaits et difformes, mendiant dans les églises, causent beaucoup de distractions et désordres, comme aussi de très-fàcheux accidents aux femmes enceintes et à leurs enfants ».
28 avril. Résolution touchant l'entrée de M 0 * 0 la maréchale de La Ferlé. Il est décidé que des députés iront audevant d'elle et de son mari jusqu'à Gondreville ; que le peintre Deruel sera chargé des dessins et aura la direction des ouvrages à faire pour leur réception.
20 et 21 mai. Résolutions au sujet de l'établissement
des Carmélites de Lunéville à Nancy, et des réjouissances publiques pour la promotion du pape Alexandre VII : Te Deuvi chanté à la Primaliale ; feux de joie faits devant chaque maison, etc.
BB. 7 (registre). — 1686-166*.
11 janvier 1656. Permission à un individu de tenir école pour enseigner la langue latine.
31 janvier. Octroi aux Augustins de Saint-Charles de la petite chapelle Saint-Michel. (A ce sujet, les conseillers de ville adressent une remontrance au maréchal de la Ferté sur les inconvénients qu'il y a dans rétablissement d'un trop graud nombre de maisons religieuses.)
1 6 mars. Ordre à Basile Mus et à ses associés , entrepreneurs <le la faciende de la bière, laut à Nancy que dans la banlieue, de déclarer ce qu'ils en ont fabriqué depuis le 1 er janvier.
Dernier août. Retenue de Nicolas Thouvenin, de Nancy, comme organiste à Notre-Dame, par le congé de Pierre Eslienne.
51 septembre. Comparution, devant la Chambre du Conseil de ville, d'une femme qui s'était permis des propos injurieux contre les conseillers, laquelle est obligée de leur demander pardon à deux genoux.
Pénultième mars. Remise aux Dominicains d'une relique de saint Hyacinthe.
Il sera parlé, dans les comptes, de ce qui se passa à l'occasion de la remise de cette relique, dont Lionnois ne fait pas mention.
10 décembre 1658. Remontrances de la ville à M. (Colbert) de Saint-Pouanges , intendant , et demande de faire une levée de 14 francs sur chaque chef de famille. — Décret en conséquence (du 18 décembre), commençant ainsi : « Sur ce qui nous a esté remontré que les revenus de la ville esloicnl tellement diminués par continuation de la guerre , qu'il ne leur (aux habitans) reste que fort peu pour satisfaire aux grandes charges et dépenses qui leur surviennent successivement depuis une longue suite d'années... »
20 juillet. Réception d'une lettre de cachet du roi (Louis XIV) demandant des secours d'argent à la ville pour son voyage en Guyenne. — Résultat de l'assemblée des notables et des maîtres des corps de métiers pour faire des remontrances au roi et lui envoyer à cet effet deux députés (22 août).
« Estai sommaire du revenu de la ville de Nancy tel qu'il esloil du passé et avant les guerres et tel qu'il est aujourd'hui, ensemble de ses charges (remis aux députés pour être placé sous les yeux du roi).
» La ville de Nancy a voit en recepte 4,200 frans de rente qu'elle tiroil, par chacun an, sur la recepte des deniers des aydes généraulx ; le roy les lui a oslé et prins pour soy.
» Une aultre rente annuelle de 2,510 frans, qu'elle tiroit tant sur la saline de Dieuze que domaine ; elle n'en a non plus rien eu depuis les guerres , le roy tirant tout.
» Elle avait 5,000 frans de la levée des sols , par la concession des princes ; le roy les a aussy pris.
» La ville avoit le magasin à sel, par mesme concession, qui lui rapportoil 9,000 frans ; cela lui est pareillement oslé.
■ Elle faisoit proftict, avant les guerres, de 1,200 frans annuellement de ses bois ; les soldats de la garnison les ont fouragé et y mis le feu.
• Ses fermes des gabelles montoieut à 9 ou 10,000 fr.
» Les cens el louages des boutiques à quelques 5,000 fr.
» Le droicl entier de la réception en la bourgeoisie lui apartenoit ; le roy en a pris le thier.
> L'entrée du vin, suivant les fermes et baulx en passés, raportoit 18,000 frans tous les ans à la ville ; aujourd'hui, par la diminution des peuples , elle ne peut raporler que 2,000 frans par commune année.
» Tellement qu'elle pou voit compter en recepte fixe, par chacun an, la somme de 55,000 frans en gros ; le roy en prend à soy 20,700 frans, et, aujourd'hui, elle n'a, pour tout revenu, que les fermes, cens et louages des boutiques, qui ne montent pas à 8,000 frans, à quoy joinct quelques 2,000 frans de l'entrée du vin, elle ne compte pas en sa recepte aujourd'hui 10,000 frans.
» Elle porte sur ce les mesmes charges ordinaires qu'elle avoit lors , et est engagée de plus de 350,000 frans de debles en capital ; elle est encore contraincte de paier des rentes à des créanciers les plus pressans et authorisés.
» Elle porte, oultre ce, des charges nouvelles, imposées depuis la guerre, sçavoir : que le bourgeois paie à chacune chambrée de soldats 4 gros par sepmaine, ce qui monte à 12,000 frans par an.
» Il fournit, depuis vingt-cinq ans, l'ameublement à toute la garnison, qui est une petite armée , et cesle fourniture porte plus de 50,000 frans par an.
• Le bourgeois paie 2 frans de chacun resal de bled qu'il fait mouldre ; ce qui ne se voit en aucun lieu ; de quoy la ville, à l'establissement de cest impost, a paié 52,000 frans par an. La diminution qui y est aujourd'hui est la preuve de la diminution du peuple.
• L'entrée du vin a esté augmentée , et le roy en tire 2 frans par virly.
» L'impost sur toutes les danrées, le droit du poid et du Crosne rehaussés ; enfin , il n'y a ville dedans la province ny ez environs où il y ait tant de si diverses et extraordinaires impositions que dans la ville de Nancy ; ce qui divertit les trafiquans et les oblige d'aller ailleurs.
» La ville, qui a veu autrefois tant d'habitans et de chefs de famille, n'en sçauroit pas compter le quart, dont plus de la moitié est au blanc et ne sçauroit montrer un sol que
ce qu'il gagne du jour à la journée pour nourir sa famille avec beaucoup de peines.
» Les héritages que les principaulx bourgeois ont en la campagne, leur sont infructueux. Ce n est pas que les charues ne travaillent par toule la banlieue, mais un bourgeois à qui un fermier rendoit tous les ans 30 ou 40 paires de resaulx de grains, ne sçauroit aujourd'hui affermer sa terre à plus de G ou 7 ; encore leur fault-il avancer pour des chevaulx. Le fermier ne laisse de labourer et de recueillir autant qu'en temps de paix, mais ce que le maistre debvroit avoir s'en va aux magasins du roy et aux contributions, en sorte que c'est le bourgeois qui paie cela, non le paysan ; et ainsy privés du revenu de leurs rentes sans charge ni employ, sy on leur doit, tout est inexigible. Les familles sont désolées, et n'y a pas de quoy prouvoir un enfant.
» Ville, au reste , sans commerce de quoy que ce soit ; autresfois, le séjour du prince avec sa cour et la séance de la justice souveraine , la nourissoil ; sevrée de ses deux mamelles, elle décline tous les jours, diminue de peuple et de moiens , et [si] cela continue, elle se désertera tousjours plus, n'y aiant pas en la ville vieille le quart des chefs de famille qu'il y avoit, où les maisons tombent et se ruinent l'une après l'aullre.
» Les fabriques des paroisses estantes ruinées , on est contraincl de demander aux bourgeois de quoy les entre-
tenir et de supléer aux réparations et aultres affaires publiques ; dans laquelle levée on descouvre tous les jours plus de pauvreté en plus des deux thiers des habitans.
• Faict en la Chambre du Conseil... le 26 e jour du mois d'aoust 1659... »
1 1 septembre. Remontrances de la ville de Nancy, mises ès mains de M. l'intendant, lesquelles il a envoyées à le surintendant des finances. (Elles offrent moins d'intérêt que les précédentes.)
24 décembre. Résolution touchant le voyage des députés de la ville pour aller à Paris vers S. A. lui témoigner la joie qu'ont les habitants de Nancy, tant de sa liberté que de l'espérance de son prochain retour.
« Teneur de la lettre de croyance escrile (le 25) à Son Altesse, par les sieurs du Conseil de ville, en faveur des sieurs députés (nommés par la Chambre et par les notables et maîtres des corps de métiers), ausquelz elle a esté délivrée.
* Monseigneur,
• Comme la liberté de Vostre Altesse a esté le premier recueil des espérences de vostre ville de Nancy, assoupie dez si longtemps , elle a aussi esté le commencement de sa joye, bannie entièrement, dez le point de la détention d'un si grand prince, du cœur de ses subjects. Le Ciel, favorable aux vœux que nous lui avons porté pour la conservation de la personne de Vostre Altesse, et aux prières
que uous lui avons faicl sans intermission, nous a depuis,
de jour en jour, fait croistre en espérences et les a mis enfin au point d'une certitude que vostre ville jouira de ce bonheur, incomparable à tout aultre de ce monde, d'y reveoir eu bref Vostre Altesse dans son palais ; ce qu'attendant avec des excès de joye encore retenus de nos désirs , nous avons député trois personnes pour porter nos très- humbles respects et debvoirs aux pieds de Vostre Altesse ; l'asseurer que les jours nous sont des années jusques à la jouissance de ceste haulte félicité ; la suplier de la hasler, puisque Dieu nous la veut doner, et bienheureux le reste de nos jours de la présence de noslre prince naturel, et dire en oultre à Vostre Altesse tout ce qui est de nos cœurs et de nos affections, » Mouseigueur,
» de Vostre Altesse » les très-humbles , Irès-obéissaniz et très-fidèles subjecls
» Les Conseillers de la Chambre du Conseil de sa ville de Nanci. »
Charles IV venait de quitter sa prison de Tolède , où il avait été détenu depuis le 26 février 1684 jusqu'en octobre 1689. Le dernier février 1661, il signait le traité de Vincennes, qui le rétablissait dans ses États, en stipulant la démolition des fortifications de Nancy et la cession de différentes places. (Voy. Lionnois, t. I, p. 816 et suiv.)
23 février 1660. Traité avec Remy Racle, graveur, pour
la façon de cent jetons d'or destinés à être offerts au maréchal de La Ferlé : • Monseigneur le mareschal de La Fertô Seneclerre , etc. , aiant fait entendre à aucuns de cesle Chambre qu'il auroit pour agréable que la ville lui baillât cent jetions d'or, conformément au résultat de rassemblée faicte cy-devanl à ce sujet ; pour à quoy satisfaire avons fait appeller en ceste Chambre le S r Remi Racle, graveur, avec lequel a esté Iraiclé et convenu qu'il aura cent soixante et dix pisloles d'or et de poid ou la juste valeur, pour toutes les fournitures , tant de l'or à ce nécessaire que des coings et pour faç on et deschet desditz cent jetions d'or, du poid d'une pistole et demi pièce, et d'or d'Espagne, à quoy il travaillera incessamment et avec le plus de diligence que lui sera possible, ainsy qu'il a promis. »
19 avril. Teneur d'une délibération prise par les conseillers de ville : « Sur ce que nous avons esté informé du retour heureux de Son Allesse à Paris, et qu'il a receu toute sorte de bon accueil du roy, de la reyne et de toute la cour de Leurs Majestés, avec asseurance de satisfaction, à son conlentemeut, a esté arreslé que l'on escrira à Sadilc Allesse les redoublemens de joye que sa bonne ville de Nancy a de ces heureuses nouvelles, d'en l'attente d'en veoir les cflects souhaités. »
Ces effets se firent longtemps attendre, car les conférences entre Charles IV et le cardinal Mazarin durèrent pendant Tannée IG60
presque tout entière. Ce fut seulement le S8 février 1661 que le duc signa le traité de Vincennes, où il était stipulé que les fortifications de Nancy seraient démolies.
16 avril 1661. Résolution touchant l'envoi d'une députation à Bar vers S. A. (à son retour dans ses États).
$4 novembre. Traité avec Remy Racle pour cent jetons d'argent à offrir à MM. Mengin, conseiller secrétaire d'État, et Labbé, président en la Chambre des Comptes, en reconnaissance des services par eux rendus à la ville.
BB. 8 (registre). — 1663-1664.
Février 1663. — Nomination de deux conseillers députés de la part de la Chambre pour se trouver à la conférence de l'assemblée qui se fait au Pont-à-Mousson par Messieurs de l'ancienne chevalerie, pour faire les remontrances de la ville.
Quoique les gens du Conseil eussent été autorisés par Charles IV à députer un ou deux de leur corps pour se trouver, en leur nom, à cette assemblée, les délégués de la ville ne furent pas reçus dans la salle de ses séances, et se plaignirent vivement, à leur retour, de l'affront qu'ils avaient reçu.
11 juin. Ordre de Charles IV aux ecclésiastiques, religieux et curés de la ville de faire les prières et services pour le repos de I âme de défunte Madame (Béatrix de Cusance, sa seconde femme).
16 juillet. Ordre aux basles jurées de donner avis des filles qu'elles auraient accouchées, à peine de privation
de leur office, et aux commissaires de quartier de s'en informer.
18 août. Résolution louchant la formation de deux compagnies de bourgeois pour faire garde et résister aux courses et irruptions, à cause du départ du régiment des gardes. Il est aussi résolu qu'on fera boucher les avenues de la ville.
24 août. « Mémoire de ce que Messieurs les députés du Conseil et de la ville de Nancy auront à représenter au roy très-chreslien
» Premier. Il faudra remercier le roy de la descharge de la garnison de Nancy et supplier Sa Majesté d'en exempter la ville de Nancy à l'advenir.
» Supplier Sa Majesté de considérer qu'ayant esté trente ans soub la domination du feu roy et de Sa Majesté régnante, tous les gouverneurs qu'ils ont eu peuvent, en faveur de la vérité, déposer et tesmoiguer que les peuples de iNancy ont esté sy respectueux aux commandements du roy, qu'ils y ont ponctuellement obéy avec autant de facilité et d'exactitude que s'ils avoient esté ses véritables subjecls naturels, qui n'auroieut sccu mieux faire qu'ils ont faict.
» Qu'ils espèrent de la justice et bonté du roy que, dans Testât déplorable où la ville de Nancy est réduicte, dans un abaissement et humiliation aussi profonde qu'autrefois elle a esté relevée, Sa Majesté, compatissant à
leurs misères, les prendra, s'il luy plaisl, soub sa sauvegarde et prolection particulière, leur eu oclroyera ses lettres et leur permettra de faire garde bourgeoise pour leur conservation et contre les coureurs.
■ Qu'à cet eflect ils pourront boucher les advenues plus dangereuses par quelques petites palissades, en attendant qu'ils puissent baslir une muraille de douze pieds de haulteur et quatre ou cinq de largeur, suivant la permission que M. de Pradel leur a dict que Sa Majesté leur en avoit donné ; à quoy ils ne peuvent penser pour le présent, dans la nécessité où ils sont et raccablemeul qu'ils souffrent, n'ayants, depuis trente ans, receu aucune chose de tout ce qui leur est deub sur le domaine et les salines de Lorraine, les intendants du roy ayants tiré tous les ans près de 20,700 fr. qui apparlenoienl à la ville.
» Qu'il plaise au roy de vouloir ordonner que la ville en jouira, du moins pour l'advenir, et de ce qui est deub à Thospital de Nancy, dont, depuis trente ans aussy, il n'a rien receu.
» Qu'il luy plaise d'en ordonner aullanl pour les fondations pieuses pour la plus graude gloire de Dieu.
• De demander la conservation des droicts et privilèges de la ville, à elle accordés de toute ancienneté.
* Que, pendant les guerres, la ville de Nancy n'a jamais esté obligée de fournir aucuue estappe aux gens de guerre, quoyque aucuns des gouverneurs pour le roy
les y ayent voulu obliger. One, néanlmoins monsieur le comte de Guiche semble prendre l'authorilé de les y contraindre par des ordres qui! envoyé à la ville pour nourir des cavaliers el leur faire bailler la subsistance lorsqu'ils passent à l'enlour de la ville. C'est pourquoy il en sera demandé la descharge, comme n'y ayant point esté soubmise lorsque le roy possédoit la Lorraine, à cause des privilèges de ladite ville.
• Que la ville est engagée de plus de 350,000 livres, n'ayant plus aucun revenu, estant absolument ruynée.
» Qu'il plaise au roy permettre de faire quelque ject et légère imposition sur la ville annuellement, d'environ cinq à six mille livres, pour subvenir aux pressantes nécessités du publicque de ladite ville.
• Que ces grâces obligeront tous les habitants dudict Nancy de prier Dieu qu'il luy plaise combler Sa Majesté de ses saincles bénédictions et de tous bonheurs et prospérités.... »
4 septembre. Convocation des curés des trois paroisses, des religieux, religieuses el bourgeois pour le Te Deum qui se chantera à cinq heures du soir a la Primaliale, pour rendre grâce à Dieu de ce qu'il a donné la paix à la Lorraine (par le traité de Nomeny, signé le 31 août 4 ), et prier Dieu pour la conservation de S. A. et de sa Maison.
1 Par un des articles de ce traité, il était permis au duc d'élever autour de «Nancy une simple muraille.
Le surlendemain, Charles IV fit son entrée dans sa capitale, avec une suite brillante, composée d'une partie de l'ancienne chevalerie et de touto sa maison militaire. Il refusa, on ne sait pourquoi, de passer par la porte Saint-Nicolas, et pénétra par une brèche voisine de cette porte ; après avoir traversé les deux villes au milieu d'une foule immense, il descendit de cheval devant Saint-Georges, où l'on chanta un second Te Deum. Le prévôt offrit au duc sa distribution comme premier chanoine de la collégiale, et celui-ci la reçut en disant : • Il y a longtemps que je n'en ai point tant gagné. •
C'est à l'occasion de cette entrée que fut composé, mais ne parut que l'année suivante, • le Triomphe de Son Altesse Charles Illl. Dvc .le Lorraine, etc. A son relovr dans ses états • , dont les belles gravures furent exécutées par Sébastien Le Clerc, d'après les dessins de Deruet, et le texte rédigé par Philippe Bardin, conseiller d'État '. La réception projetée par les magistrats n'avait pu avoir lieu , faute de temps pour la préparer. (Voy. Digot, t. V, p. 371-373.)
La joie du retour de Charles IV dut être tempérée par l'annonce des nouvelles impositions qu'il se disposait à jeter sur la capitale, et au sujet desquelles les officiers municipaux lui adressaient, dès les premiers jours d'octobre, les remontrances suivantes :
« Très-humbles remonslrances que font à Son Altesse
les conseillers de la Chambre de ville de Nancy sur [a pro-
* M. Beaupré, dans ses Recherches sur les commencements de l'imprimerie en Lorraine, a donné une minutieuse description de ce curieux volume, imprimé à Nancy par Dominique Poirel, Antoine et Claude Cbarlot, ses associés, imprimeurs de Son Altesse. Parmi les gravures qui l'accompagnent, il en est une qui représente l'ancien Hôtel-de-ville situé sur la place Mengin; c'est la seule vue que l'on possède de cet édilice. Deux autres planches, qui manquent à presque tous les exemplaires, repr 'sentent, l'une le Palais ducal, l'autre la Carrière ou rue Neuve, où se font les combats de barrière, courses de bagues, joules, tournois, etc., dont Callol nous a laissé également une vue, mais prise sous un autre aspect.
position des nouvelles impositions à faire sur les denrées qui se débitent en ladite ville.
» Son Altesse ayant eu la bonté de tesmoigner à la ville de Nancy qu'elle désire luy donner les moyens d'acquictcr les debles qui luy restent encore , après avoir souiïert des oppressions eslranges depuis 30 ans , pour le reslablissemenl de ladite ville, qui se trouve déserte et presque dépeuplée ; et ayant esté proposé d'imposer sur les bestiaux, le vin qui se vendra en deslail , les chars et chareltes qui entreront chargées à Nancy, et les bleds que Ion portera mouldre.
» Les gens du Conseil de ladite ville, après une grande délibération et en avoir coramunicqué avec les principaux habilans, se sentent obligés, par leur debvoir, de remonstrer à Vostre Altesse :
» Que, pour reslablir en quelque façon ladite ville, qui est la capitalle de ses Eslats, et dont la force et la grandeur importe extrêmement à Vostre Altesse, ils estiment estre nécessaire de chercher les moyens de la peupler de grand nombre d'habitans , ne lestant aujourd'huy que de maisons religieuses.
» Que ces impositions nouvelles sur les denrées , bien loing d'inviter les peuples à s'y venir habituer, donneront mesme du dégousl à ceux qui y restent, dont la plus grande partie se retirera pour vivre à meilleur marché, et il n'y restera que la solitude, toutes charges nouvelles estantes suivies de plainctes.... •
24 septembre. Défense de donner à jouer aux cartes ni tenir brelans pendant la célébration du service divin, les dimanches et fêtes.
27 septembre. Résolution touchant l'exécution du vœu fait, en 164G, à Notre-Dame de Sion.
• Ce fut seulement le 20 octobre 1663, dit le P. Trouillol, que les peuples de Nancy Turent solennellement conduits en procession sur la sainte montagne. Messieurs les conseillers de l'Hôtel-de-ville y envoyèrent la lampe d'argent par les sieurs prévôt de la ville et d'IIédival, conseiller de la Chambre, qui fut reçue et consacrée à l'honneur de la Sainte-Vierge par le R. P. Albert de Nancy, gardien. » (Histoire de l'image miraculeuse de Notre-Dame de Sion.)
1 5 octobre. Ordre de Charles IV à la Cour souveraine de se transporter dans la ville de Nancy avec les registres de ses greffes, de les mettre dans la maison de ville et d'y établir ses séances.
• Depuis l'occupation deja Lorraine, elle avait siégé successiveà Sierck, à Luxembourg et à Trêves, et Charles IV, après avoir disgracié quelques-uns de ses membres, venait de leur rendre sa faveur et de donner à la Cour une nouvelle organisation, au détriment des Assises de l'ancienne chevalerie. (V. Digol, t. V, p. 361 )
BB. 9 (registre). — 1659-1666.
25 janvier 1603. — Retenue de Florent Grillol comme apothicaire de la ville (elle avait aussi à ses gapes un médecin et un chirurgien).
19 février 1605. — Itésolulion au sujet de la cérémonie des nouveaux mariés, prise ensuite de la requête
ci-après : « Supplient humblement les sergents du Conseil qu'il vous plaise de leur ordonner ce qu'ils seront obligés de faire pour la conduictc des nouveaux mariés, où Ton prendra du bois pour faire leurs fagots, et d'ordonner aux sieurs vos commis de leur donner des livrées jaulnes pour mettre sur leurs chappeaux ; syavoir aussy s'ils conduiront lesdicts nouveaux mariés faire le tour dans la Cour pardevant Son Altesse, et qui payera les tambours, haullbois et cornemuse et autres joueurs d'instruments qu'il conviendra prandre, attendu que, Tan dernier, les suppliants en furent dans linterresl.... »
• Veu la présente requeste, les conseillers de la Chambre du Conseil ordonnent aux cinq valetz de ville de faire battre le tambour dimanche prochain, dès les sept heures du malin, pour faire assembler les nouveaux mariés dans l'Hostel-de-Ville de Nancy la neuve ; là estans, les conduire dans les bois de la ville pour y couper chacun un fagot, en présence des forestiers des bois de ladicte ville, affin dempescher les desgals qui s'y pourroient commettre par lesdicts nouveaux mariés, et, à leur retour, les conduire dans la Cour, y faire trois tours allenlour, et, à la sortie , leur faire apporter leurs fagots à la grande place dudict Hoslel-de-Ville pour y faire une bure accompagnée de flfres et haullbois, comme d'ancienneté. Et auront lesdicts valets de ville chacun une livrée de ruban jaulne sur leurs chappeaux ; et seront lesdicts tambours , fifres et haullbois payés suivant qu'il sera ordonné cy-après.
• Ordre ausdicts valets de ville de bailler déclaration de lous les nouveaux mariés qui delTaudront de satisfaire à leur debvoir. »
On appelait cette cérémonie la procession des féchenales ou des petits fagots, sur laquelle Lionnois (t. I, p. 54) donne quelques détails qu'il est bon de consigner ici, parce qu'ils rappellent d'an-
ciens usages. Tandis que les nouveaux mariés faisaient le tour de la cour du Palais, on jetait des cornets remplis de pois grillés avec du beurre et du sel, que le peuple nommait pois dépechis (épicés), qui occasionnaient leur chute et provoquaient les rires des spectateurs. Le soir des Brandons, on tirait au sort les valentins et les valenlines, que l'on proclamait du haut du balcon de l'Hôtel-deville, et, les jours suivants, les valentins envoyaient des présents à leurs valenlines, qui leur donnaient, en retour, des pois épicés. J'ajouterai que la coutume relative aux valentins fut interdite par plusieurs ordonnances épiscopales.
5 mars. Retenue , comme opérateur de la ville , de Charles Bernouin , dit La fleur, à charge par lui de distribuer ses antidotes, médicaments, remèdes, emplâtres, et faire ses autres opérations manuelles aux pauvres infirmes réduits en l'hôpital de Nancy, et ce gratuitement ; et comme il a plusieurs beaux secrets pour les feux d'artifice, il s'oblige aussi d'en faire et y travailler pour les temps de carnaval et veille de Saint-Jean-Bapliste de chaque année.
13 avril. Retenue de Pierre Lenoir comme ingénieur de la ville.
i 5 juillet 1666. Retenue de Claude Gérard, fondeur, pour ajuster et marquer aux armes de la ville toutes les mesures.