II. DOCUMENTS DIVERS ; INVENTAIRES
Cartes, plans. — Inventaires anciens et modernes des Archives.
Ce cadre , on le voit , embrasse loules les matières qui doivent entrer dans l'histoire d'une ville, si Ton veut la faire connaître au triple point de vue matériel, intellectuel et moral.
Les Archives de Nancy possèdent des documents qui répondent à toutes les questions posées dans ce programme, aussi étendu, aussi complet qu'il est permis de le désirer. Parmi ces documents, quelques-uns méritent d'être signalés d'une manière spéciale.
Je placerai en premier lieu les registres des résolutions ou délibérations du Conseil de ville , qui commencent en 1597 et se continuent sans interruption jusqu'en 1790, époque où je dois m'arrèter.
Viennent ensuite les comptes des receveurs de ville, qui remontent à 1592 et ne forment pas moins de 691 articles, en y comprenant leurs pièces justificatives. Celte importante série, qui n'a jamais été dépouillée , est une source
féconde , inépuisable , de renseignements de tout genre : j'y ai trouvé, notamment, les détails les plus précis et les plus circonstanciés sur les exactions commises par quelques-uns des gouverneurs qui administrèrent la Lorraine pendant l'occupation de ce pays par les armées françaises, sous le règne de Charles IV.
Enfin, j'ai pris à tâche d'examiner avec un soin scrupuleux les registres des paroisses 1 et d'y relever les dates exactes de la naissance et de la mort de tous les personnages qui se sont distingués à un titre quelconque , afin d'établir si nous avons le droit de les revendiquer. L'ignorance est encore grande , sur ce point , à l'égard de plusieurs hommes illustres, et il importe de dissiper les ténèbres qui environnent leur berceau ou leur tombe. En même temps qu'on les glorifie eu consignant leurs noms dans les annales de la ville qui les a vus uaitre, on glorifie cette ville en lui restituant les illustrations qui lui appartiennent légitimement.
Je pourrais indiquer une foule d'autres sujets intéressants : coutumes locales ; réjouissances publiques ; cérémonies religieuses ; fêles nationales ; distributiou de secours aux indigents ; police des pauvres ; prostitution ; revenus et population de la ville à diverses époques ; liste
1 J'ai été secondé, dans cette longue et pénible opération, par M. Alexandre de Bonneval, bibliothécaire de la Société d'Archéologie, à qui je me plais i adresser ici tous mes remercîments.
complète des magistrats municipaux depuis leur établissement, etc. ; mais ces explications m'entraîneraient beaucoup trop loin, et il me sufGra de renvoyer au sommaire de chacune des séries, où se trouve la substance des matières qu'elle embrasse.
Je ne me suis pas borné à mettre en œuvre les matériaux qui m ont été fournis par les Archives de la ville ; j'ai également utilisé ceux que j'avais précédemment recueillis aux Archives départementales , et j'ai même été puiser dans quelques collections particulières, que des personnes obligeantes 1 ont bien voulu mettre à ma disposition. De plus, toutes les fois que l'occasion s'est présentée de mentionner des pièces imprimées dans l'ouvrage 1 de l'abbé Lionnois, j'ai eu soin d'y renvoyer, afin que le lecteur puisse aisément , s'il le désire, compléter mes indications.
De cette manière , mon livre est devenu une véritable Histoire de Nancy, tantôt sommaire, tantôt détaillée, sui-
• Je citerai, notamment, MM. Beaupré et de Rognier, conseillers à la Conr impériale. J'ai dû a ce dernier la communication de deux documents de famille fort curieux : le premier est un • Journalier ■ rédigé par Pascal Marcol, qui fut prévôt, puis lieutenant général de police de Nancy et commissaire des troupes de France sous la domination de Louis XIV en Lorraine ; le second, un • Livre-journal ■ de François-Pascal Marcol, successivement conseiller des finances sous Lcopold, conseiller en la Cour souveraine et conseiller d'Etat ordinaire du roi de Pologne.
* Histoire des villes vieille et neuve de Nancy.
vaut que les faits m'ont semblé mériter des développements. Je me suis attaché à laisser à cette histoire sa couleur locale , sans la rendre néanmoins trop aride en multipliant les citations textuelles. On la verra se dérouler jour par jour, durant une période de deux siècles, à l'aide des délibérations municipales et des comptes des receveurs, écrite, si je puis m'cxprimer ainsi, par des personnages contemporains des événements, et dont je ne me suis fait que l'interprète et le traducteur.
Pour compléter mon travail et me conformer aux prescriptions ministérielles, je le fais suivre de trois tables qui le résumerout et y rendront les recherches faciles :
1° Table des noms de lieux ;
2° Table des noms de personnes ;
3° Table des matières.
Enûn, les Archives de Nancy ne remontant, sauf quelques litres antérieurs, qu'à la Gn du xvi* siècle, j'ai donné, sous forme d'introduction, un résumé général de l'histoire de cette ville depuis les temps les plus reculés jusqu'à celte époque. J'y ai disculé son origiue, beaucoup plus ancienne, à mon avis, qu'on ne le croit généralement; j'ai indiqué les développements successifs qu'elle a pris, les institutions qui s'y sont créées ; je me suis efforcé de la suivre dans les progrès de sa civilisation , sous le rapport des arts, du commerce, de l'industrie, de tout ce qui fait la richesse et la gloire d'une cité.
Telle esl la tâche que je me suis imposée : j'espère être soutenu dans son accomplissement par la conviction de faire une œuvre utile, et par le désir d'élever un monument digne d'elle à la ville où j'ai eu le bonheur de rencontrer tant de bienveillantes et d'honorables sympathies.