‹ Les archives de Nancy, ou Documents inédits relatifs á l'histoire de cette ville, pub. sous le patronage de l'administration municipaleChapitre 10 sur 36 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Ainsi que je l'ai annoncé dans l'Avanl-propos , je vais traiter de l'origine et des premiers temps de Nancy, et essayer de présenter un résumé succinct de son histoire 9 jusqu'à la fin de xvi e siècle '. Afin de suivre un ordre méthodique dans cette partie de mon travail , je me conformerai, autant que possible, aux divisions adoptées pour le corps même de l'ouvrage, et je discuterai successivement les différentes questions que soulève de lui-même le programme que je me suis tracé.

Mais, avant d'aborder ces questions , je crois bon d'indiquer, en quelques ligues, la position de Nancy, son élévation, son étendue, etc., c'est-à-dire d'en faire connaître la topographie. J'emprunte la majeure partie de ce qu'on

1 J'irai quelquefois au-delà de cette époque, quand cela sera nécessaire pour compléter un sujet.

va lire à un ouvrage 1 public , il y a dix ans , par un de nos plus honorables concitoyens, qui a consacré sa vie à l'élude el dolé la science de nombreux el utiles travaux.

Nancy est situé au 48° 41 r 58" de latitude, et au 3° 50' 1 6" de longitude à Test du méridien de Paris ; son élévation moyenne au-dessus de l'Océan, au Havre, est de 501 mètres 46 centimètres. Il est placé dans le 7 e climat de demi-heure ; son plus long jour, au solstice d'été, est à peu près de quinze heures et demie ; son plus court jour, au solstice d'hiver, est de neuf heures un quart ; la plus courte nuit est donc de huit heures el demie, cl la plus longue de quatorze heures trois quarts.

La ville est hàtie dans un vallon agréable, qui fait partie du bassin de la Meurthe. Son sol est formé par un terrain de transport d'une épaisseur variée el par le lias, ensemble de couches d'argile et de calcaire. Ce terrain, peu perméable, relient Peau, et doit être considéré comme une des causes de l'humidité dont noire atmosphère est chargée.

Deux chaînes de collines ou petites montagnes bornent le vallon de Nancy, l'une à l'orient, l'autre à l'occident ; une vallée assez large au sud , une autre plus étroite au nord, les séparent et livrent passage à la Meurlhe. La chaîne orientale est fort éloignée de la ville, au nord-est ; une ligne allant de Bosserville à Pixerécourl en représente la direction.

* 1 Recherches topographiques et médicales sor Nancy, par J.-B. Simoniu, père, docteur en médecine, etc.

L'ne seconde ligne, partant de Uneuveville el passant par Yandœuvre, Villers, Laxou et Boudonville pour aboulir audessus de Champigneules, dessine les ondulations de la chaîne occidentale. Celle-ci, à partir du Monlet, louche les faubourgs de Nancy el présente une assez grande élévation, car le point culminant de celte côte esl à 353 mètres 54 centimètres d'élévation au-dessus de l'Océan, au Havre ; celui de la côte de Buthegnémonl à 331 mètres 8 G centimètres, enfin le sommet de la côte Sainte-Catherine ou de la Croix- Gagnée à 313.

Ces chaînes de collines, à l'ouest surtout, sont couronnées par de belles forêts. Leurs versants, du côte de la ville, sonl couverts par de nombreuses habitations, autour desquelles se groupent des bosquets , des parterres , des vergers, des jardins potagers , etc. ; des vignobles productifs occupent les intervalles.

Au sud et à Test de Nancy est une vaste prairie que parcourt la Meurlhe en faisant de longs circuits. Entre cette rivière el la ville est le canal de jonction de la Marne au Hhin ; du côté opposé , c'est-à-dire au sud-ouest , passe le chemin de fer de Paris à Strasbourg.

Les vents du nord , du nord-est et de l'est , trouvant un libre accès vers la ville, y portent les vapeurs aqueuses qui s'élèvent de la rivière el les effluves qui se dégagent des eaux stagnantes de la prairie. Ces vapeurs et ces effluves, rencontrant à l'ouest el au sud-ouest un obstacle à leur

dispersion, s accumulent au-dessus des habitations, et lorsqu'une température froide vient les condenser, elles forment un brouillard épais et quelquefois fétide , qui ne se dissipe que vers dix ou onze heures du matin.

La ville de Nancy se rapproche, pour la forme, d'un carré long ; l'uue de ses extrémités est tournée vers le nord-ouest, l'autre vers le sud-est ; un de ses côtés regarde le nord-est et l'autre le sud-ouest. A l'exception de la citadelle, construite par les ordres de Louis XIII pour dominer la ville, et dont les remparts et les fossés existent encore en partie à l'extérieur, Nancy n'est entouré que par un mur de ceinture d une assez grande élévation. Autour de celle enceinte se groupent de nombreux écarts et sept faubourgs.

La superficie de la ville, de ses faubourgs et de son territoire est de 1,405 hectares 57 ares 90 centiares, dont 154 hectares 30 ares $ centiares sont renfermés dans l'enceinte de la ville, où tes habitations et leurs dépendances couvrent 97 hectares 95 ares, tandis que les espaces vides, tels que les promenades, les places et les rues équivalent à 56 hectares 35 ares 2 centiares ; espaces vides auxquels il faut ajouter ceux des cours et des jardins particuliers.

D'après le recensement de 1861 , on compte 3,802 maisons 1 , qui, par leur alignement, forment 16 places, 89 rues

• Dont 3,904 entièrement habilles ; 843 habitées en partie, et 86 inhabitées. Elles se classeul de la man ère suivante, selon leur plus ou moins d'élévation : n'ayant qu'un ret-de-cUussée, 7 1 ; s/anl rex-de-ebaussée et on étage, 1 ,008 ;

et 5 impasses daos la ville môme, el 53 rues ou ruelles dans ses faubourgs. Ces maisons sont habitées par 14,020 ménages 1 et par 44,815 individus, non compris une population flouante de 4,490 âmes , en tout, 49,305.

Cette population se répartit de la manière suivante par sections et par paroisses 8 :

l re Section 6,780. Paroisse Notre-Dame (Cathédrale) 9,413

2 e — 4,936. — Saint-Sébastien 9,765

3 e — 5,279. — Sainl-Epvre 7,097

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