DIE XXII JUNII, IN COXS. X
Quiim una ex principalibus provi-sionibus qui requiruntur super Cancelleiia nostra ilia est màxima et importantissima omnium quocl videlicet non fiât ita comunis, et apertus additus sicut a pauco tempore citra videtur factus...
Vadit pars quod auctoritate hujus consilii statutum et provi-
sum sit : quod de cœtero aliquis notarius Cancelleria? nostrx qui non sit ex deputati.s sive ex illis qui modo possunt intrare et stare in consilio nostro rogatus, non possint illis diebus quibus ipsum Consiiium vocabitur, nec venire nec stare in Cancelleria nostra sécréta. . . . C.cterum ut liijri et omnes ali.-p scriptune Gancelleriae nostne sécréta; non possint Ita ab omnibus secretariis licentiose videri et contractari captum etiam et provisuni sit quod capta presenti parte nominari et deputari debeat ille numerus notariorum rpù videbitnr siifMciens et de personis electis qui soli habeant et possint intrare et stare in ipsa Cancelleria quando non erit Consiiium Rogatonim. Excludantur lamen ab boc ordine illi duo notarii nostri, unus qui tend Rcgislium sccictum et aller qui lenet Registrum comune \Am multisannis.
LA GHAN'GELLEIÎIE SECUETE. IGI
arien fait rencontrer de notable. Mais en 157i et en 1576, l'histoire de la Secrète a ses chapitres dramatiques. Le feu prit au palais des Doges, et il s'étendit n ce sanctuaire des arcanes politiques de la République vénitienne. Le récit de ces deux épisodes a été fait officiellement, et nous en avons tiré les détails relatifs à la Chancellerie.
C'était le 1 1 mai I^IA. Le Sérénissime Prince A.lvise Mocenifjo, venant de présider au banquet de famille pour fêter l'anniversaire de son élection au principal, se trouvait (Ml la salle du (hand Conseil, où le Sénat avait alors séance. C'était le soir; une heure et demie environ après le coucher du soleil : le Secrétaire d'office donnait lecture des dépêches, lorsque soudainement il fut interrompu par le mouvement précipité de quelques Sénateurs vers les portes de la salle. Un incendie s'était déclaré audessus des appartements du Doge. La fumée était épaisse, les flammes s'étendaient au long de l'édifice et présageaient les plus grands désastres. Le Sérénissime Prince, resté jusqu'alors sur le tribunal où il [)résidait à l'assemblée du Sénat, dut (juitter le palais, soutenu par deux secrétaires de la Seigneurie, et il se réfugia en compagnie de quelques Sénateurs chez le procurateur Giovanni da Lezze, qui rc'sidait près du Palais du(;al. Malgré les plus prompts secours organisés par les gens de l'Arsenal, les flammes en peu d'instants avaient g;>gné la salle ordinaire du Sénat, le Collège, ranti-Collége, et s'étaient fait jour du côté des rayons les plus élevés de la Chancellerie, où elles avaient n-duit en cendres les papieis
d'Etat, des registres, et autres écritures importantes qui s'y trouvaient ran^j^ées. Les Secrétaires, quelques citoyens, tous ceux qui avaient pu pénétrer dans le but de secourir, avaient emporté, qui ici, qui là, qui ailleurs, le reste des archives. La plus [grande partie fut du reste déposée dans les vastes appartements du Procurateur, où le Doge s'était fait transporter. Les papiers des Dix eux-mêmes furent enlevés; bref, les archives de la politique des Vénitiens, conservées et surveillées jusqu'alors depuis le treizième siècle avec des précautions si jalouses, furent, en cette soirée si fatale, dispersées et réparties chez ledit Procurateur, à la Zecca, au palais Trevisan et dans les chambres des Ouaranties. Qu'il ne s'en soit pas égaré davantage, qu'il n'en ait j)as été détruit ou détourné un plus grand nombre, est admiralde et prouve de quel respect louable était pénétré le peuple de Venise pour les choses de l'Etat. On sut ensuite que ce qui ne se retrouva plus avait été l'unique proie du fléau, car lorsqu'on rappela les registres et les liasses à la Chancellerie, il fut aisé de reconnaître par les débris que si des pièces manquaient à cet apj)el, il n'en fallait attribuer la perte qu'à la fatalité du sort et non point à la malveillance ou à la mauvaise foi des hommes '.
Le second incendie, non moins terrible dans ses effcls, menaça d'une ruine complète le fameux Palais
' \'o\cz Libri C'ei iinoiiiali aux xVrchives de Veuist; , six registres iii-folio. lU'g. l'' 1464-1509. La conie du récit de l'incendie, en 1574, .-.e trouve aussi dans les Coslumi <• Lf-aai de Giov. Rossi, (onic VI, pajje 6. (Marciana.)
ducal, recueil illustre de tant de chefs-d'œuvre. Ce fut en l'année 1577, le 20 décembre. Cette fois les flammes se déclarèrent du côté de la grande salle du Scrutin, provenant du lieu où résidaient les Seigneurs de la nuit au civil. On en attribua la cause à l'imprudence des archers du Prince. Le vent par sa violence aida au développement des flammes avec une rapidité surprenante. La salle magnifique du Grand Conseil fut atteinte ; attei nts et détruits les ouvrages célèbres dus aux plus illustres peintres de la brillante école vénitienne, peintures de Gentile et Giovanni Bellini , du Titien, de Tintoret, du Pordenone. Le tribunal des Dix fut menacé, l'activité et le courage merveilleux des maîtres de l'arsenal en prévinrent la destruction. Le lieu des séances des vingt Sages et de la Ouarantie civile fut la proie du feu. De ce côté étaient répartis les protocoles des notaires défunts, la totalité en fut brûlée. Dans ce grand danger, tout le personnel de la Chancellerie s'était porté aux archives des Dix, de la Secrète et de la Ducale, et en avait retiré les écritures pour les déposer, qui dans la sacristie de la basilique, qui dans les chambres inférieures, qui dans la Lor/gietta; mais la plus grande confusion régna dans ce transport, et plusieurs liasses n'ont pas depuis été retrouvées. La fameuse Caisse blanche {il Casson hianco), renfermant les procès les plus mystérieux expédiés jusqu'alors par le tribunal des Dix, et des clefs de laquelle le Grand Chancelier était le dépositaire unique, fut portée , sans être ouverte, en lieu sûr. Andréa Frizier était alors revêtu de cette grande dignité dans la République, et, pareil au capitaine du navire menacé à qui son de-
voir impose de n'échapper que le dernier au plus grand péril , il ne quitta le palais ou plutôt la Chancellerie qu'après en avoir fait enlever jusqu'au dernier registre et aux derniers parchemins '.
Après ces deux épreuves véritablement terribles, la Chancellerie ducale et la Secrète furent réorganisées. Les rapports qui ont dû être faits par le Grand Chancelier au Conseil des Dix sur les pertes qu'elles avaient éprouvées n'ont malheureusement pas été retrouvés. Il serait donc impossible de les apprécier avec l'exactitude que permettrait la connaissance d'un inventaire officiellement dressé. Néanmoins les lacunes énormes consta-
1 Idem. Cer ! mon iali délia Serenissîina Signoi-ia, page 64. Un témoin oculaii-e, le patricien Molin , s'exprime de cette façon touchante : « Et Ln meno di mezz' ora ancorchè dalla fedele e valorosa gente dell' Arsenale fossero fatte prove Incredibili ed usata ogni fatica e diligenza, con tutto clô trapassô nella ricca sala del Gran Consiglio con la medesima violenza e forza , aiutato da un gagliardissiuio vento da levante clie in quell' ora s'avea posto a soffiare notabilmeiite e l'augmontava , onde miserabilissimo speitacolo rendeva alla nobiltà e ai Ijiioni c veri cittadini, i quali ansiosamente discorrendo per piazza non sapevano rimediar ail' irrimediabile danno, Tedendo cosl glorioso ad antico ricetto d'ornamenti délia Repubblica, testiraonio per le tante e si preziose pitture délia virtù e fervide operazioni de' nostri vecchi, sugli occhi pro])ri ridursi in cenere, ne a suo servitio poter adoprarsi... E percliè nel luogo ove si riduceva il Collegio de' xn, il Gollegio de xx Savi e la Quaranlia nuova vJ erano di molli pianij scale di Icgno e il ricettacolo dei prolocolli dei nodari, il fuoco trovando materia da rinchiudersi si ferma per divorar afïatto ogni cosa, onde spinto del vento tante fiamme spargeva fuori chc empicndo la piazza pareva lo spaventoso Etna o Mongibello, per il che fu dubitato che non accendesse le fabbriche délia Libreria nuova che è di rimpetto e la Cecca onde ne seguisse consiguenza di esirema rovina. » Voyez S. llo.MAJiiN, Stoila documeiilata di Venezia, tome VI, page 357, et pour riiistoire de la réédification et restauration du Palais ducal, Cauorin, Panii di xv archilvtli , Venezia, 1828.
tées plus tard clans les séries de la Secrète, lorsqu'il fut fait un catalogfue officiel dont nous parlerons plus loin , purent révéler l'étendue des désastres accomplis. Qu'étaient devenues, en effet, les précieuses liasses des dépêches de ces ambassadeurs que Venise avait envoyés en tous pays pour négocier, observer, traiter et rapjjorter? Qu'étaient devenues les plus anciennes, toutes celles qui depuis le treizième siècle jusqu'en 1550 environ avaient dû trouver place sur les rayons de la Secrète? Rien ne pouvait égaler ce dommage, parmi tous ceux qui résultèrent de ces deux incendies si funestes. Les dépêches de France, d'Angleterre, de tout l'Orient, des Etats d'Allemagne et d'Italie, depuis l'époque glorieuse déjà si ancienne où la République des Vénitiens avait entamé et mené avec tant de nations diverses des négociations importantes , jusqu'à la moitié du seizième siècle, avaient disparu dans les flammes. Trois siècles de dépêches et de rapports d'ambassadeurs anéantis ! Perte irréparable pour la connaissance véritable de l'histoire particulière de l'Europe et de l'Asie et pour la science de la politique générale!
Le Conseil des Dix ne |)ouvait manquer de penser à prévenir le retour de pareils malheurs en cas de nouveaux incendies. Il avisa donc aux moyens les plus sûrs pour préserver à l'avenir de si terribles atteintes les écritures de ses Chancelleries. En 1579, le 5 mai , il décida que les grandes armoires de la Secrète seraient converties en un nombre nécessaire de petites qui, mobiles et faciles à être maniées, ])ourraient être poitées à dos d'homme à l'heure du p(;ril.
La caisse de Yofjîcio al sal fut chargée de subvenir à cette dépense ' .
L'année 1586 est mémorable pour l'histoire de la conservation des papiers de Venise, car elle est l'époque où le Conseil reconnut de quelle importance pourrait être l'œuvre d'un répertoire bien établi des documents politiques renfermés dans la Secrète. Considérant que les Secrétaires perdaient souvent un temps précieux à chercher telles ou telles informations réclamées pour le besoin des affaires courantes, il voulut que les Sages du Collège , chargés de veiller à la conservation des Rapports (Relazioni) et des Annales, s'entendissent avec le le Grand Chancelier pour présider à l'ouvrage d'un index