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LES DOCUMENTS DU CONSEIL DES DIX

Intérêt particulier des documents jiolitiqiies du Conseil. — Nature de ces documents dans la série des pièces secrètes. — Une correspondance s'établit entre les Cliefs du Conseil et les Ambassadeurs de la Seigneurie. — Etat des dépêche». — Particidarité des informations. — Preuves à l'appui. — Autres documents. — Audiences auxquelles assistaient les trois Chefs du Conseil. — Où se trouvent les lettres des Chefs du Conseil aux Ambassadeurs. — Examen des pièces secrètes, communément appelées Parti Secrète. — Détail des matières dont elles traitent le plus ordinairement. — Lettres des Dix à l'Ambassadeur en France. — Citation de différents documents. — Pièces désijjnées sous le titre de Cniiimiinicate del ConsijUo. — Pièces secrètes concernant les affaires de lioine. — Mélanyc^s.

L'histoire du Conseil des Dix peut et doit être considérée sous deux aspects essentiellement différents. L'un est tout de politique, l'autre tout de jurisprudence criminelle. Le premier est le plus intéressant pour l'historien proprement dit. La loi du 28 septembre I 468 avait ainsi déterminé les attributions politiques du Conseil : « Il informera sur les trahisons, sur les conspirations, sur les sectes. Il connaîtra des actes qui sont de nature à troubler la paix de l'Etat , des conventions et pratiques, soit à l'extérieur, soit à l'intérieur, pour surprendre et livrer une partie du territoire, toutes choses en un mot qui exigent d'être traitées dans le plus grand secret {segretissimamente ^) . » Rien de plus large assurément

1 1468, 18 SEPTEMBnis, in M. Consici.io. (Liber Regina , p. 76.) • Magno semper studio couati sunt progenitores nosti-i tenere in cul-

que cette définition d'attributions, car par elle il advint que le Conseil des Dix eut à pénétrer en toutes affaires d'État, selon que, pour rehausser l'autorité de sa juridiction et l'importance de son pouvoir, il établit et décida que telle affaire plutôt que telle autre méritait d'être traitée segj'etissimamente . C'est par ce côté particulier d'intervention politique que le Conseil des Dix appartient à l'histoire générale tout autant qu'à celle de Venise. Mais s'appuyant sur les formules si larges de la loi de 1468, le Conseil des Dix avait peu à peu étendu ses pouvoirs à des matières et à des négociations d'Etat qui, au terme des Constitutions en vigueur n'auraient dû être traitées que dans le Sénat. Cet envahissement lui attira la réprobation d'un parti puissant dans le grand Conseil. On voulut une réformation. Les graves et politiques débats auxquels donna lieu cette importante affaire eurent pour résultat le vote qui décida d'une réforme dans la définition des attributions anciennes du Conseil'. Les termes de la définition nouvellement adoptée peuvent être ainsi résumés :

mine Consilium nostruni de X tum propter auctoritatem et dignitatem suam , tum propter magnltudineia gravissiinariim rerum tangentium staliim nostrum sibi commissarum. Verum ut omnes scire possunt, ab all- <[iio tempore citra excreverunt in tantum occiipationes et negotia ipsius Coiisilii pra?sertim in multis et diversis rébus impcrtinentibus indignis- <pic tanti Magistratus, ut necessarium sit et honori nostro maxime conveniat providere. Propterea, vadit Pars quod ea, quod pertinent ad pruditiones et sectas et ad turbatioiiem pacifici status nostri item ad tractatus terrariim et bjcorum subditorum et aliariim rorum ejusmodi quae secretis.slme tractari inerentur " , etc..

1 Voyez à la lîibliotbèque de Saint-Marc le manuscrit DCCLXXIX, Rticrolta di memoiic sloric/if et aneddolirlte pcr fovmarc lu storiu del Cousiqlio de' Dieci,

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