‹ Les archives de VeniseChapitre 132 sur 176 · DEPECHES ADRESSEES AU CONSEIL · texte numérisé non relu

DEPECHES ADRESSEES AU CONSEIL

encore transpiré. Certes, pas n'était besoin de les rappeler souvent à cette manière de servir. Le zèle à cet éyard était presque inné chez eux. En voici un, Andréa Trevisano, qui commence ainsi sa dépêche du 19 avril 1516 : u Excellentissimes Seigneurs, c'est le devoir des Ambassadeurs qui sont auprès des princes de rapporter au gouvernement qu'ils servent non-seulement leurs paroles ^ mais même l'expression de leur visage, afin qu'avec d'autant plus de prudence ce gouvernement puisse diriger ses affaires et mieux comprendre ses intéri'ts ; aussi dirai-je à Vos Seigneuries^ », etc. llien de curieux aussi comme de les voir étudier, pondérer, chercher les instruments personnels qu'ils croient propres à aider à leur pénétration. Il leur faut des serviteurs non vulgaires. O séduction ! c'est là qu'est ta légende. Cadeaux ici, cadeaux là, argent monnayé ailleurs. Misérables révélations ! mais elles font connaître les hommes et elles expliquent des faits souvent inexplicables. Robertet, Florimond Robertet, « qui est l'âme du Roi », dit l'ambassadeur Marco Dandolo , est comblé de biens et de dons, et tant que Venise a sa faveur, elle a peu à craindre du Roi de France. Le récit qu'ils font des tentatives pour être bien servis, procure quelquefois d'intéressants détails : c'est ainsi que, dans la dépêche du 18 novembre 1504, François Morosini vient à parler de ce célèbre moine italien, ingénieur si habile, et que Paris et la Cour de France employèrent pour de grands travaux.

' AncHiVES DK Vkmsk. Papiers du Conseil dos Dix. Dépêches des Ambassadeurs. VnxitCE.

u Ici, (lit-il, se trouve un moine, Fra Giocondo, de Vérone, à la solde de cette magnifique commune de Paris; c'est un homme d'un grand esprit. La ville l'a récompensé pour la construction d'un pont qu'il lui a faite sur la Seine, et qui est une fort belle chose. Il a aussi une provision du Roi Très-Chrétien pour l'habileté avec laquelle il lui a fait un aqueduc, à Blois, destiné à conduire les eaux jusqu'à ses jardins... Il est en grande familiarité avec Mario Romano, secrétaire du duc de Sora, et il a été en rapport avec le seigneur Philibert et l'a servi comme secrétaire. Il lui faisait la lecture de Vitruve, car il aime à s'occuper des sciences mathématiques, de l'architecture et des machines de guerre'. »

Et tous ces détails sont exposes pour en arriver à dire comment par ce Fra Giocondo il a eu connaissance de certains articles d'un traité qui se préparait entre le Roi de France, le Roi des Romains et le Duc de Bourgogne. Encore ces choses ne sont-elles, pour ainsi parler, que les menus propos recueillis au jour le jour ; mais ces documents atteignent à la hauteur de véritables pièces d'État, lorsqu'ils ont pour principal et quelquefois unique objet de rapporter tout au long des entretiens d'une importance extraordinaire avec la personne même du Souverain ou du premier Ministre, en grande humeur de confidence. Telle est une dépêche du 19 décembre 1507, écrite de Rouen par l'ambassadeur Gondulmer, à qui le Cardinal d'Amboise venait de faire une sorte de profession de foi politique sur la conduite que se proposait de tenir la France dans les affaires étrangères du moment. Telle encore l'intéressante communication donnée par Andréa Gritti de l'audience confidentielle que

'Archives de Vkxisk. Papiers du Conseil dos Dix. Dépêches dex Ambassadeurs. France.

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