LES INQUISITEURS ET LES BEAUX-ARTS. G
{jrands abus avaient été signalés. Des tableaux précieux avaient été détournés de certains couvents, au préjudice de l'honneur national, et cédés pour des prix relativement vils à des étrangers '. L'incurie des prieurs de
coine suddito rospottoso e fedelo, credo essere deLilo inio il injsegnare ai sapiciui riflctti delifi Eccellenze Vostre un abuso, cho se non ni'inj^anno, puo (lc{;nam('nle inipegnare la inano délia e(!celsa autorità.. . m Mais le passade principal et di{;ne de l'attention puhliipie est celui-ci : « La copiosa e pregiaLilissima uniune dclle pniililiclic pitture è forse la j)iù rara sn|)pellettile clie adornn ipicsta Dominante, e chc attrae l'ainmirazione de forestieri quanto o{;n'altia sin{;olarità. Alla custodia c conservazione délie Pittui-e de' Palazzi pnbbllci di San Marco e di Rialto si è provcdutto dall Kxcellentissinio Senato, e si sono asse{jnati con più decreli slipendiati inspettori. llestano le Pitinre délie chiese, sruole, degli oratorii e d'allii lunglii. che sono in continno pericolo o di perire o di esser vendute, non essendovi autorità |iii1jLlica che lo impedisca, o inspezione clie invigili. Ardirei di rassscf[nare nmilmente, clie si comandasse un esatto Catalofjo o InveiUarw dcl!e Pitliire scelle , esistenti ne soj)radetti Inoglii, degne sinyolarnu^nte ilella puLlilica tutela, a norma del quale intininto che fosse a rispettivi sopraintendenti o direttori de' luo{;hi istessi, in forma di consegna, restasse impedito oj[ni qualunque arhitrario asporto o vendita di esse Pitture, et per i necessarii ristauri, o urfjen/e di rifabbriche et altro clie potessero occorrere, si dovesse diniandare c irnpetrar le licenze, previa l'inspezione e la relazionc di approvato conoscitore. n
Voir à cet égard les textes des décrets et arrêtés du Conseil des Dix et des Inquisiteurs : Archives de Vemse. Papiers des Dix. (Parti secrète fil/.a 74.) 20 avril et 12 juillet 1773. Le décret du 12 juillet a pour objet de soumettre à l'inspection du délégué de l'Etat les ouvrages de peinture possédés par les Ejjlis(;s et les Monastères qui sont du juspa- Iroiiuto (lu Doge. Puis le texte des instructions pour l'inspecteur, les ordres donnés aux recteurs de Brescia, Padoue, Crème, Bergame, Salô, Vérone, Viccnce, Rovigo, Udine, Trévise, Feltre, Rellune, Cividal de Frioul, Conegliano, Cliioggia, etc.
' Ainsi trois tableaux de l'autel et les panneaux de l'orgue de San-Giacomo à Murano, œuvres précieuses du Veronèse, venilues à l'Envoyé d'Angleterre, en 1772, pour quelques sequins. Peu de temps auparavant, une négociation avait été secrètement entamée pour l'acquisition du tableau fameux du Bassan, «l'Arche de Noe' » , conserve dans l'église
quelques monastères ou des grandes confréries avait laissé se détériorer des ouvrages qu'il était du devoir des possesseurs de rendre autant que possible impérissables. Le Tribunal, autorisé par un décret aussi solennel qu'éloquent du Conseil des Dix, prit aussitôt les mesures nécessaires et rigoureuses pour obvier à de semblables dangers. Il donna commission à l'auteur des Considérations genéî'ales sur l'état des peintures publiques de préparer et former un catalogue général de toutes les œuvres d'art qui se trouvaient réparties dans les innombrables couvents de Venise. Les podestats et préfets des provinces reçurent l'ordre de faire dresser de semblables inventaires pour les faire ensuite parvenir au Tribunal des Inquisiteurs.
Les Pères supérieurs, gardiens et directeurs d'établissements religieux furent avertis que, sous peine de l'indignation publique et de châtiments déterminés , aucune œuvre d'art consignée dans les catalogues, et dont ils étaient regardés comme les dépositaires, ne pourrait être aliénée sans le consentement du Tribunal. Enfin, les Inquisiteurs furent autorisés par le Conseil des Dix à désigner d'office un inspecteur expert, régulièrement choisi parmi les peintres célèbres de l'État, pour examiner, en temps voulu, les ouvrages inventoriés, et présenter tous les six mois à Leurs Excellences un rapport circonstancié sur la mission qui leur était con-
t\e Santa Maria Magijiore. Einpêchôe |)ar les soins des Inquisiteurs, ils avaient tait aii.s.sit'it apposer sur le cadre l'effigie nationale et significative du Lion de Saint-Marc. Mais en 1781, le 14 septembre, ce tableau fut enlevé par des jnains inconnues, et il s'ensuivit une instruction des plus t:iu'ieuses tlont les pièces existent dans les papiers dos liHiuisiteurs.