‹ Les archives de VeniseChapitre 145 sur 176 · PAPIERS DES INQUISITEURS · texte numérisé non relu

PAPIERS DES INQUISITEURS

Nous avons indiqué toutes les attributions diverses du Conseil des Dix et des Inquisiteurs d'Etat, et par cela même tous les genres de documents qu'iui cherchenr peut s'attendre à rencontrer dans ces curieuses divisions des Archives de Venise. Notre tâche est terminée, car avec cette période s'arrête l'examen que nous avions à faire de toutes les archives des magistratures politiques qui formaient ce qu'on appelait à Venise le corps de la République.

Nous dirons cependant en finissant, que les dernières années de cette République Sérénissime , témoins de si grands mouvements politiques au dehors et au dedans de l'Italie, furent loin d'être inoccupées pour les In(piisiteurs. La présence du comte de Lille (plus tard Louis XVIII ) à Vérone fut pour eux du plus cruel embarras devant les remontrances du Directoire; et l'arrivée des armées françaises sur terre italienne, bien que non encore déclarées contre les Vénitiens , fut un danger plus formidable encore que le mouvement insolite qui pénétrait dans les idées du peuple. Ainsi, c'était vainement que Robespierre, dans son Rapport sur la situation en 1793, maltraitant Gênes, avait dit de Venise : « Venise, plus puissante et en même temps plus politique, a conservé une neutralité utile à ses intérêts. » La chute de cette République devait devenir

Osservanli detti Gcsuati, cli Sun- Francexco délia Vi<jna, delli Fraii , <li San-Stefano, dei Carmini, dei Teatini e di SS. Giovanni c Paola , le quali lutte o in ma{j{jior, o iii miiior iiiiriici'o hanno liliri di pro- {jio..., « etc.

inévitable devant les pas du conquérant qui, deux ans plus tard, sous le poids récent de ses lauriers, méditait déjà une civilisaiion nouvelle. Aussi le Tribunal qu'on appelait suprême et qui se disait terrible exerça-t-il, en ces derniers ans, une vigilance excessive. Ses Archives se sont donc accrues alors d'un nombre considérable d'informations de toute nature. De récents historiens, et particulièrement Samuel Romanin , auteur de la Storia Documentata, les ont consultées avec le plus grand fruit pour l'intérêt et à l'honneur de leurs patients travaux. Néanmoins l'historien des choses de la fin du dernier siècle peut encore porter ses regards avec intérêt sur ces amas de Correspondances et de Rapports qui arrivaient de tout côté à l'adresse du Tribunal Inquisitorial, aux soins duquel, en cette époque de tourmentes, il semble que la patrie, fatiguée, ait uniquement voulu confier son salut. Malgré leurs prédécesseurs en curiosité et en investigations ardues, les chercheurs trouveront encore sur l'époque révolutionnaire de la France, et sur les mouvements personnels de Bonaparte en Italie, de ces données particulières, de ces informations inédites, propres a nourrir autant qu'à animer les chapitres d'un grand ouvrage d'histoire.

APPENDICES

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