ARMOIRE X» LXXV
Place réservée à toutes les écritures ndatives aux charges et dignités de l'Excellentissime Giand Chancelier.
(^ette œuvre do cliissenient ainsi terminée, et ce répertoire bien établi, la Cliancellerie secrète, en l'année \C)Gd, se trouvait être dans le plus bel ordre où elle eût jamais été, et ce lut ainsi (|iie la laissa Battista Nani, mort le 5 décembre 1<)78, à son successeur Michiele Foscarini, élu le 10 dé(end>re de la même année, l.a nouveau
surintendant dut n'avoir autre chose à faire qu'à suivre la méthode nouvellement établie. Nous n'avons en effet rien trouvé dans les documents qui concernât ses travaux. Mort en 1692, il fut remplacé, le 10 juin, par Pietro Garzoni , qui demeura en charj^^e quarante-trois ans. Ce fut peut-être à son instigation que le Conseil des Dix crut devoir, par un décret du 26 août 1716, rappeler la teneur des anciens règlements ' . Un troisième secrétaire fut élu député à la Secrète, et les recommandations les plus particulièies furent faites pour que les livres dits Rubricarii ou sommaires très-détaillés des dépêches des ambassadeurs fussent mis au courant. En 1720, le Grand Chancelier, Anzolo Zon, après s'être entendu avec le surintendant, propose aux Dix, dans un rapport développé, de former un catalogue
' Kavviva e confcnna le preceilcnti leggi , etc.
Il detto segrctario doverà iiel corso del suo impicgo fai- la Rubrica <li tutti li dispacci diretti dall' Ambasciatore o Rappresentaute al Senato.
Vienc riceicata la S. Sig'noria a devenire ail' elezione d'nii terzo segretario deputato alla Sécréta con ii stes.si ol)blighi ed emoluinenti. Debba une di essi tre esser destinato alla Rubrica générale e coiiie si vuole che la predetta sia compita cosi trovaiidosi difetto , s'incarica il C.ancellier Grande a rimediarvi incaricandolo tanto in questa parte che in quella degli Annali a non rilasciare le fedi per il lievo de soliti inandati a chi avesse operato se prima non averà esaminate l'opère fatte e non l'averà trovate nella dovuta perfezione di clic si racconianda l'ese- «iizione al sopraintendeiite alla Sécréta.
Sia iinpedilo a chiiinque ili ostrar copie o note con incliiostro, lapis o in altro modo, conie fu decietato sotto le pcno cominate a trasgressori in matcria di Stato. Sia per le HIze correntl destinato il banco in faccia la porta ove abbia a tenersi sotto l'osservazione de Segretarii prescrivenilosi pero a maggior custodia il'ogiii altro luogo dclla Sécréta che uno de .Segretarii debba scdcrc alla parti- più interna di essa in vicinanza alli ai'ineri di Roina.
des matières dispersées dans tant de volumes différents, de manière qu'aussitôt que le Sénat ou le Conseil demanderait tous les papiers relatifs à une négociation , ils pussent être indiqués et livrés immédiatement'. C'était proposer un travail considérable, et pour l'exécution duquel il ne fallait rien moins qu'une expérience éprouvée. Des secrétaires du Sénat furent choisis pour l'entreprendre.
Les termes dont s'était servi le Surintendant pour persuader les Dix avaient été pressants. On sent à les lire que l'auteur n'est pas seulement un chef, mais qu'il est encore et surtout un ami de la Secj-ète. Avec le cours des ans, il s'est incarné dans elle. Il aime l'histoire, il a
' Le ranpr.rt du Granil Chancelier forme V Inserta datée du 4 février 1720, dans le texte du décret du 12 du même mois. Voyez Conseil des Dix p. C. ///sa n° 919. « Serenissimo Principe, 111"" et Ecc">' signori Capi deir eccelso Consiglio di X*^'. Quanto sia necessario et importi che nella Cancellaria sécréta una materia dispersa in varie filze possa ail occasione ritrovarsi con fai-ilità nel suo intiero, lo ha rilevato con la sua riverita (;t savia scrittura l'Ecc'"" Pietro Garzoni che come sopi-aintendente alla medesima invigila anco a cio che servir possa di lume e scorta sicura aile pui)bliche deliberationi. Ij'Indice générale snggerito dalla virtù di S. E. è quell' unico ordine che tener si deve per conseguire l'intento. Ma come la fatica è assai faraginosn, cosî non tutti cer-
tamente sono capaci ad intraprenderla Pei- qiiesto comandato io col
decreto del 20 sett. passato a riferire chi deputarvisi potesse, son andato esaminando soprà ogn' uno dc-lla Cancelleria stessa , et ho considerato che questa grave incombenza appoggiar meglio non si potesse che ad uno segretai-io dell' Ecc""* Senato, come qu(!lio che dotato di maggior senno per custodir II segreto, fornito di miglior e.spcrienza a distinguere e .-.ciogliere le materie triie non arrivano ad esso iinprovvise e rpialiticalo di caractère gode maggior libertà e commodi d'operare in luogo dove ad ogni momento viia aperto l'acnosso, ridursi potrebbe l'opéra a perfe- • ione con niaj;{;ior lirexilà di tempo come appunto segui colla |)ersoiia dcd circospetto segretario Antonio Negri destinalo in aitri teinjn alla st(.-ssa incombenza... » etc.
vécu là dans l'intimité de ses secrets. Il voit et connaît quels services ce dépôt précieux est appelé à rendre , il voudrait que le grand travail d'un inventaire des matières fût entrepris. Depuis les dix-huit ans qu'il consacre ses heures et ses jours à l'examen de tant de papiers, grands témoins du passé, il a vu tellement s'accroître le dépôt qui lui a été confié, qu'il a dû demander au Sénat d'en transformer le local. Un nouveau matériel a été construit , la Secrète a été agrandie , restaurée , presque réédifiée, coyi nohile architettura. Mais cela ohtenu et fait, il voudrait que le fond répondit à la forme, et que des mesures fussent adoptées , des sacrifices même résolus, pour atteindre à la perfection dans l'ordre des matières et dans l'usage qu'on en peut faire ' .
« J'ai fait, dit-il, de longfues stations dans la Secrète, soit que le {jéiiie des recherches qui est ea moi m'y poussât, soit
* Conseil dks Dix. (^Filze. Scrittura inserta nel decreto del 24 lugliu 1720 in C. X.)« Illustri™' et Ecc'"' Sij;" Capi. Piacqur ni Si{;n. Iddio di l)enedire l'elezione di sopraintendente o deputato alla Scgreta, che si degno l'Ecc. Consiglio di fare délia mia humilissima persoiia, imperocchè supplendo il lungo corso della vita aile mie note imperfezioni potei riparare gli errori che vl ho trovato, ed ostare ai nuovi, che il tempo infesto nemico del hiioii ordine tenta sempre d'inlrodiirvi. In ventotto anni, <,-h' io sostengo debolmente quest' ufficio mi rinsc'i di veder ampliato l'archivio non e.sscndo rantico più capace a contenero il niiiiiei-o copiosissiino di tanti rcgistri e volumi, i quali non solo vcngono moltiplicati dai negozi interni e stranieri , ma dell' uso ancora dello scrivere incomparabilmente piîi diffnso, ed assiatico del passato. Somministrato dunque dell' Ecc'"" Senato il danaro già qnalclie anno per il rial/.ainento dclla Segreta, e dilatatone il luogo con nobile architettura, hehhi, confesso, un gran contento, che si fosse riinediaio al bisogno del materiale; ma mentre il cielo mi protraeva i giorni del vivere e mi lasciava ail' onore di servire l'Eccelso Consiglio dei X, pensai e ripensai più volte anche alla perfettion del formale, » etc..
que poiii- les devoirs de ma charge je dusse approfondir les sources de l'histoire vénitienne; et l'expérience acquise m'a démontré combien nous fait défaut un répertoire des matières. Nos ancêtres en ont connu la nécessité, et nous avons la preuve (ju'il en est résulté (juelque bon ordre; mais, pour l'usage habituel, ce qui a été fait est de nul service. Que Vos Excellences songent à quelqu'une des nombreuses affaires {|ui sont enjeu pour le moment, et qu'elles aillent dans la Secrète pour y pratiquer des recherches sur des affaires de même sorte advenues au temps passé, elles en reviendront sans succès, ^lon idée serait donc qu'on prit en main les papiers d'Etat réunis là, remontant à quatre siècles environ, et qu'on en formât un répertoire entier. Je considère l'œuvre comme aussi utile que grandiose; je ne puis espérer d'en voir la fin, mes vieux ans me l'interdisent: je n'ambitionne que d'en commencer l'entreprise avec le consentement et l'approbation de l'Excellentissime Conseil*. »
Le catalogue désiré fut aussitôt commencé , mais nous voyons par la minute d'un décret daté de quatre jours après que le Surintendant eut soumis au Conseil ses propositions, qu'elles ne furent, pour le présent, a|)prouvées qu'en partie. Les Dix, en effet, estimèrent qu'il suffirait de remontci" à l'année 1600 et non pas tout d'abord à quatre siècles en arrière.
Andréa Garl)oni, travailleur excellent et fort expert au maniement des paj)iers anciens, j)roposé par Pietro (Tarzoni et adopté d'abord par le Conseil , lut installé dans la Sccreta uuova pour procéder aux premiers mouvements de cet ouvrage capital ^. Ainsi, c'est à cette date
' « LiiiijjIkî sta/.ioni fcci io iii^lla S(!{;ict.i s"i per jjeiiio d'inveslijjazione, SI |»er ol)lili{;(> (li rac<-i)lrc a liiiiio dclla Veiieta storia, e coll' esperiiïn/.a sropersi il (jraii (lifetto àAV Indice iiiaiicaïUe délie mat<;rie, » etc. (/</., Ibid.^
2 Décret du 24 juillet 1720, in C. X. « Destiiiato il dilettissiiiio N. N.
(le 1 720 qu'il faut rapporter l'établissement d'une Secrète nouvelle en même temps que l'entreprise de l'œuvre conçue par Pietro Garzoni. Ces mots de Sécréta îiuova, rencontrés pour la première fois dans un document officiel, ne pouvaient passer indifférents à nos yeux, et, nous rapportant aux paroles de la lettre du surintendant, en date du 8 juillet J 720 : « L'Excellentissime Sénat ayant donc procuré depuis quelques années déjà les sommes nécessaires à la restauration de la Secrète, et le lieu de sa destination ayant été agrandi dans un style d'architecture fort noble... » , nous avions eu l'espoir de retrouver parmi les papiers conservés les preuves et même les plans de la nouvelle Chancellerie, mais nos recherches à cet éjjard ont été aussi infructueuses que longues. Plus heureux avons-nous été pour nos informations sur l'œuvre de l'important répertoire. Un rapport du grand chancelier Angelo Zon , du 6 juillet 1723, sur l'état du travail en cours d'être accompli par les Secrétaires ' , mentionne dès les premières lignes un Aurc-
l'ietro Gar/oni in .sopraintendeiite alla Secreta, nliro ii inolti Friitti pro- (lotti dal suo comnicndabile zelo nella re{;olazione délia medcsima continua colla sua virtîi e prudenza ad esporre nella savia scrittiua hora letta qiiello crede, che possa riuscir utile al piibblico servilio nella co- {{nition ordinata délie molliplici |)ubbli('lie importanti niaterie cbe vi si Irovaii raccolte e massime nella iiuova stanza in ciii sono state riposte le più antiche, onde con quella facilita eh' è necessaria si |)OSsa haver senza inolta fatica la série intiera degli affari a hune di quclli del présente.
Frà le opère di tempo in tempo ordiuate essentialissima si releva (|uella deir Indice délie materie niedesime senza in qnale rimangono lutte in nu otiosa e prcjjiudiciale oscurità e cbe cssendo fatlo puô somuiinistrare quella cognilionc che s'inteude necessaria et indispensahile... •
• CoNSEii. DKs Dix. Filzc. 1723, G jullici. .. 111"'' et Ecc"»' Sig" l'a-
lio Bartolini comme étant deputato alla facitura dell' Indice avec un autre secrétaire. « L'Indice, dit-il, est commencé depuis quelque temps, mais difficile et long en est le travail, et il n'y a point à espérer qu'il puisse être mené à bonne fin avant un (^rand espace de temps et une grande somme de fatigues, si diligents et actifs que soient ceux à qui le travail en a été confié'. » Au
droni colendissiini : Alla custodia délia Cancelleria Sécréta, dove stanno riposte le filze délie materie pin rerondite e {{l'avi, sono destinati tre segrelarii dell' Ecc'"° Senato, con l'incombenza loro di teiier cliiusi gli armari, d'osservare quelli clie entrano e serivono in essa e di forniare i fierjistri di Borna v. la Riihrica (jpnerale . Allro segretarlo viene deputato sWwjaciUiin delC Indice, oltre al fedeliss™" Anrelio Bartolini, eletto nltimamente dall' Ercelso Consiglio in aiuto e sussidio, con il riflesso ad' un opéra, che dovendo coniineiarsi dall' aiino 1600^ viene ad essere assai faragiii.'sa, coine qnella che coniprende un lungo spatio di cento e più anni. Dielro a (jiiesto seguono li Annali di non ininor peso; a quattro secretarii tocca l'incaiico di formarli e tra questi li due, che di due in due anni escono dair Ecc"'" Consiglio non senza la sopraintendenza d'uno degli Ecc"'' savii di Terra Ferma, corne prescrivono li decreti 1702 e 1705. Li Registri in fine délie Corli et delli Bellori si vanno ripartendo dal Cancellier Grande agli Ordinarii délia Cancelleria ducale, ohligati a terminarli d'anno in anno a misura délie HIze più o nieno voluniinose, che sono.
Se poi da tutti sia tntto adenipilo con quella puntualità che si deve, mi honorerô di dire, per quant» ho osservato, andarsi foririando dal circospetto scgretario Giavarina, uno de' deputati il Rerjistro corrente di lioma, dal circospetto segretario Pauliicci li tre antécédent! che solo li soli <;he mancano, e dal circospettcj segretario Filippi la Rubiicu générale, trascnrata e negletta sin dall' anno 1713, et che per teruiinarla in brave tempo, non puô certamenle supplire la diligenza d'un solo. "
' Idem, a L'indice s'è cominciato da qnalche lempo ma difUcile e Inngo il lavoro, non è da S'perarsi che possa rendersi perfetionato e compito, che con lungo consnnio di leiiij)o e d'applicalione, per qnanto prestar la possino i sopradctti diw deputati. Il magjjior difetto si rileva negli Annali, mancando d.iH' anno 1()20 lin al 1031; poi dall' anno 1040 lino al 167."), e finalrncnte dall' anno 1082 siiio a l'aiino 1710, n<l ipi.d annii >i xcdoui) npigliali, ma non giiingendo che ail' anno 1712, ^| MIC .1 c.diiil.n SI I omiiiissioiie iirr più di SO .iiiiii. (Jiicsli iinn r iiossi-
mois de décembre de la même année, le 14, Giovanni Filipj)i fut élu pour contiimer l'ouvrafje aux lieu et place de Fabio Lio '. Il était un des secrétaires les plus habiles et avait même mérité d'être nommé l'un des trois conservateurs de cette Chancellerie. Mais malgré tant de fatigues consacrées au labeur qu'exigeait l'inventaire conçu par le Surintendant , nous voyons qu'à la date du 17 août 1731, il n'avait pu parfiiire que six années : de
bile che terminai- si posseno anco in lunjjo spali(j di tempo cou l'impic{»o di qiiattro segretarii divertiti pcr lo più et adoprati in altre depiitazioni dell' Ecc*"" Collenio e Senato ; perquesto crederei che corne gll Annali si riferiscono intieiamente aile Ruhriche geneiali , cosî lissar se d>>vessc lo stndio a compir piuttosto le ruhriche stesse clie a oonsumar il tempo in quelli inutilmente, lasciando per non alterar li decreti dell' Eco'"" Seiiato, alcuno de segretarii ail' incombenza d'andar formando gli Aiinali correnti et obbligando gli altri a ripigliare le Ruhriche f/eiierali elle molto pin importano del tempo che mancano col compreiidere anco le Hlze del Militare, onde qneste rulotte al coixente, si prosegniscano poi con Hlo et ordine, senza Intermizione dal segretario deputatu. Anco per i Registri délie Corti e de Rettori che sono lasciati per molti anni iniperfetti e non compiti , osservandosi non essere ancora adempita la depntazione fatta dal predecessor JNicolosi, non lascierô di rinnovare gli ordini, sostitueiido a qnclli clie o fossero passati ad altro servitio, o si trovassero fuori in piibblico servitio. Ma a questo passo mi farô lecito di consideiare a Vostre Eccelenze che taie è la scarsezza degli Ordiiiarii per l'età, per l'indisposlzione, o per altre cause, che mancando chi deve trascrivere i Da inô, etc.. Data li G luglio 1723. AxnKi.o Zon, C.vncel-
LIER CliANDE. »
* CoNSKiL DKS Dix. Iti'terla du 14 déceinlire 1723 an décret du 17 août 1731. (Frà coiisigliori) Stante la ricercata del Consiglio dei X, 12 lebbraro 1720 di divenire ail' elezione d'un segretario del Senato, perché abbia a snpplire alla facitura dell' Indice dellc materic nella Sécréta, et essendo stato dispensato con terminazione 4 setteinbre trascorso, il circDsp. Fabio Lio... trova opportnno la Signoria iiostra appoggiare tal iiiiportanlissima incombenza al circosp. Znanne Filipi)i , che attrovandosi già destinato alla cnstodia della Sécréta stcssa, dovcrà in oitre con la sua abilità adempire anche ad una tal opéra...
1600 à 1606! Aussi Pietro Garzoni demanda-t-il à cette époque au Conseil que deux coadjuteurs fussent adjoints au laborieux Filippi.
« Avec le plus louable zèle, dit-il, ce Secrétaire a aussitôt entrepris cette œuvre ardue, et à force d'assiduité et de patience, il a, en commençant à Tannée IGOO selon que l'ordonne le décret, séparément inventorié par métbode alphabétique, selon mes instructions, chacune des affaires advenues et traitées dans le cours des six années suivantes. J'ai examiné attentivement tout ce qu'il a fait, et je vois enfin, de tout point conforme à la volonté de l'État, un copieux répertoire général expliquant les motifs, désignant les origines de toutes les affaires, indiquant les difficultés soulevées, révélant les moyens et manœuvres employés pour les surmonter, produisant enfin le but atteint et les résultats obtenus '. »
En 1735 mourut cet homme consciencieux, jaloux d'honorer par des œuvres utiles et grandes la charge que lui avait confiée l'État. Historiographe de la Répubhque, il fut le dernier des historiens nommés d'office dont l'ouvrage ait été imprimé.
A Pietro Garzoni succéda Marco Foscarini. La surintendance de la Secrète eut toujours ce privilège d'être
1 Inxerta nel decreto tlel J7 afjosto in C. X. 1731. « III'"' et Ecc™' si- (jnori Capi. L'opéra {jraiidc di raccojjlieri! ed unire col metodo d'un indice da me l'oriiial<i le differenti moltissime inaterie spar.se confuse nei
nuinerosi volunii di^lla Cancelleria scci'ota Con lodevole rasscjjna-
tioiie ha (Z. Filippi) egli subito cominciato l'arduo travaglio, cd a coslo d'indefesso studio dando princi|)io ail' anno 1600, ha esteso separatamente per alfalictio giiista le mit; instruzioni ciascuna materia occorsa nello spa/.io di sci anni susscgiicnti. lo ho csaminato fissaineiite quanto egli conipilô, e trovo esser appiiiito conforme alla pubhlica imeniione un diligente copioso indice générale chc dimostra il niotivo e l'origine d'ogni negozio, se sono iii«orte difficoltà, qnali nianeggi per snperarie e (jual fine siasi consegnito... »
occupée par des hommes du j)lus grand mérite , soit qu'ils en aient fait preuve dans la politique, soit qu'ils se soient distingués dans les belles-lettres. Marco Fos- Ciuini est l'une des gloires vénitiennes, et il faut dire italiennes, du dix-septième siècle. Orateur éminent, lettré du premier ordre , politique consommé , ambassadeur dans des circonstances difficiles, surintendant de la Secrète, il fut élu Doge trente-deux ans après son élection auprès de cette chancellerie. Les documents qui nous restent de la surintendance de ce grand personnage sont rares. Il n'eut d'ailleurs qu'à poursuivre absolument l'œuvre commencée par Pietro Garzoni. Jusqu'où la conduisit-il? Nous l'ignorons. Les pièces relatives à la Secrèle que nous avons rencontrées pendant le temps de son administration ne traitent en quelque sorte que de la police intérieure de la Chancellerie. Les règlements, en elfet, étaient moins observés. De nouveaux abus s'étaient fait jour. Quelques papiers, égarés un instant, puis retrouvés, avaient donné lieu au rappel aux lois et prescriptions jadis en vigueur. Les chiffreurs, oubliant qu'ils ne pouvaient traduire les dépêches qui étaient l'objet de leur délicate besogne ailleurs que dans la Secrète, emportaient leurs papiers en d'autres salles. Il importait de remédier promptement h ces désordres. Aussi le Conseil des Dix informé lut-il unanime pour voter l'arrêté suivant :
« Que le Mémoire de notre bien-ainu'' noblo Marco l'oscarini, Chevalier et Procurateur, Député à la Chancellerie secrète, concernant les désordres énoncés à l'occasion de liasses et papiers emportés, ainsi que l'abus qui a été si{jnalé comme
étant en contravention avec les prescriptions qui régissi-nt le déchiffrement des dépêches, soit remis aux Inquisiteurs d'Él;it pour qu'ils agissent selon leur prudence'. »
Et comme si le Conseil s'était plus ému encore les jours suivants, le 2 avril, c'est-à-dire douze jours après qu'il eut voté cet arrêté, il décida de faire appeler à sa barre les secrétaires députés à la Secrète. S 'étant présentés, lecture leur fut faite d'un décret nouvellement rédigé, très-long, et qui dans soti développement résumait toutes les prescriptions antérieures , et particulièrement celles considérées comme fondamentales, énoncées dans les décrets du 5 septembre 1G69, du 26 août 1716, du l^ novembre et du 3 février 1735 ^' Nous en avons signalé le détail dans le cours des pages précédentes. Ce serait donc faire redite que de reproduire ici ce décret revivifié, malgré toute l'importance de ses nombreux articles.
Le 31 mai 1762, l'illustre Marco Foscarini, surintendant depuis 1735, fut élu Doge. Il était le deuxième personnage que le suffrage des I^atriciens venait enlever
1 Voii- aussi un décret du 5 juillet 1735, Conseil des Dix, et dans la filza 65. G. X. P. S. 174;i, 20 mars; le mémoire de Marco Foscarini daté du 16 mars même année.
2 CoNSEii, DES Dix. P. S. /z7;a 65. 1743, 2 avril. « Ma la fatalità e la corrutella de' templ di tratto in tratto rendend(jne inl'crma l'eseouzione, e forse introdducendo anche una certa dimentican/,n , die puô essere lerrace di pessiine consejjuenze, viude, che se ne ravvivi la memoria, aftincliè impressi li aiiimi de' citiadini dell' importanza di clic si tratta, conoscano sempre più l'evidenza dei Lcnc cIic ni' è |)er derivare, e per isfu{;{>ire rpiel maie, che indispensabilmcntc iiuu j)uô riuscire che di relevamento pubhlico di servitio. La prtidenza del N. H. Marco Foscarini, cavalier et procuralor, dcputato alla Sécréta, ne somministra nella scriltura (;ià leiia fin solto li 20 marzu scorso lui forte arfjomcntu... ^>
à la présidence de la Secrète pour l'élever à la dignité souveraine. Nicolô Barbarigo le remplaça dans la Chancellerie, et ce nouvel élu marqua son entrée en charge par un rapport au Conseil des Dix sur la nécessité d'une plus active vigilance pour contiiuier et parfaire l'œuvre difficile du fameux répertoire dont les décrets de 1720 et 1731 avaient ordonné l'exécution. Il est regrettable que ce rapport ' ne contienne pas d'informations plus précises sur ce grand travail. Rien en effet ne se rencontre pour nous mettre à même de savoir à quelle année du dix-septième siècle les secrétaires députés alla facitura delV indice délie materie en étaient arrivés. Ce document est le dernier qui, à notre connaissance, soit relatif à l'histoire de la Secrète.
Deux Surintendants se succédèrent encore à l'administration de cette Chancellerie. Ils furent deux personnages de la famille des Donà ou Donado : le premier, Nicolô, mourut en 1775, et le second, Francesco, fut surpris dans l'exercice de sa charge, en 1797, par le fatal événement de la chute de la République des Vénitiens.
Vers la fin du dix-huitième siècle, de 1770 à 1797,
1 Voir le décret du Conskil du 23 novembre 1762 avec Vinserla du 20 novembre. « Sereiiiss" Principe. Quaiito con riconoscenza perfettissima deir anime ravviso non essere che un puro effetto dell" inclinato clémente giudi/io di V. V. E. E. la conferitami sopraintendenza alla Sefjreta, altrettanto non lascierô io certamente di risvegliar in me tutte le sollecitudini e le attcnzioni per corrispondere con meno d'imperfezione che sia possibile alla uualità dell" appogiatomi incarico, presti a ragione «oprà di se da qucsio augusto consesso con spezial cura giacchè riguarda la custodia délie più gélose carte, isiru/.ioni, memorie che si attengono al maneggio dei più delicati negozi del Governo. Qualunque mio pensiero e passo, altra scorta non avrô che le provvidenze di V. V. E. E. di tempo in tempo stabilité... >•
le silence des documents à l'égard de la Secrète parait absolu. Dans ces temps, du reste, le Conseil des Dix était fort occupé avec d'autres archives tout aussi secrètes, sinon plus encore, que celles de la Chancellerie. Ses propres archives , en effet, ainsi que celles du Tribunal des Inquisiteurs d'Etat, durent être remaniées, déplacées, examinées à fond, puis subir un nouveau classement. Différents arrêtés qui les concernent se retrouvent dans les cartons du Conseil. Ces vastes recueils formaient archives complètement à part de celles de la Secrète, aussi aurons-nous, dans ce livre même, a en traiter et à les exposer dans des chapitres tout spéciaux, puisque les intéressants et dramatiques débris de ces arcanes font aussi partie intégrante et essentielle des Archives vénitiennes telles qu'elles sont établies aujourd'hui.
Ici sera donc la limite de notre chronique de cette Chancellerie si célèbre. Ainsi donc, nous avons dépeint d'après des notes officielles et authentiques patiemment recueillies, la Sécréta vénitienne, et pour finir avec l'expression d'un éloquent hommage pour ses tranquilles mais admirables dépouilles, nous rappellerons le préambule du rapport adressé par les Consultores de jure, le 27 août 1G35, au Conseil des Dix, qui leur avait imposé le devoir d'informer sur elle :
« En vérité, le désir si di{jne manifesté par Vos Excellences concerne une dos pins importantes et utiles affaires qui soient. Et si les uiovens iiiia^jinrs pour sa perfection pouvaient aussi loi correspondre à l'urgence des mesures à prendre, il est certain que la Sérénissime République en recevrait le plus particulier service. Dans la Gliancellerie secrète — nous avons été à même
de le savoir en plus d'une occasion — repose un trésor pour ainsi dire inestimable de documents d'Etat, et bien que des incendies terribles en aient détruit quelques parties, ce qui a été conservé est d'une inappréciable valeur. En ce lieu sont les sources de l'bistoire'. C'est là que se trouvent les antiques non moins qu'admirables formes du Gouvernement qui, respectées en tous les temps, peuvent assurer à cet Etat un perpétuel bien-être. Ici sont les affaires qui concernent tous les Princes et l'Etat de Votre Sérénité, tant dans ses parties terrestres que dans ses divisions maritimes , tant dans les choses de la paix que dans celles de la guerre : Traités, Alliances, Ligues, Décrets, Instructions, Informations, Commissions,
Négociations, en un mot tout le Gouvernement Il ne se
passe point de jour qu'il ne parvienne à la Secrète des affaires dont en peu de temps l'importance forme des volumes. »
Or, les Consuhores de jure, Scipione Feramosca et Liidovico Raitelli, s'exprimaient ainsi en l'année 1635. La République des Vénitiens comptait déjà de nombreux siècles de vie politique très-active , et les destins lui réservaient encore près de deux cents ans pendant lesquels elle ne devait encore vivre que de ses constitutions et dans ses usages. On peut donc bien dire avec ces Consuhores que dans ce lieu de repos appelé la Secrète, dans ce centre de la conservation des preuves d'Etat et des papiers de la politique, était en vérité, selon leur énergique expression, la matrice deW Instar ia.
1 « Nella Cancelleria Sécréta di Vostra Serenità, coino Iiabbiamo iii moite occasioni esperimeiitato si trova un quasi inestimabile tesoro di ragioni et se bene gli infortunii degii incendii n'hanno seco portalo qiialche parte, quello perô che rlmane è di prezzo incredibile. Qui risiedc la MATRICE DEM.' HiSTOîiiA. Qui si riservano le antiche non meno che ammiral^ili forme del Governo, clie seguitate per i temjn po^jsono assi-
rurare la felicilà ili qnrsio dominia » Conseil des Dix. P. S.Jilzp.
28 août IQ-.iTi.
LA CIIANCELLEIUE SECRÈTE. 221
Les destins de ces collections au lendemain de la chute de la République, nous les avons succinctement énumërés dans le second chapitre de ce livre. Ce sont elles qu'après bien des vicissitudes nous retrouvons aujourd'hui meublant si précieusement différentes pièces de l'ancien couvent devenu le dépôt des Archives générales vénitiennes , et réunies encore sous l'ancienne désignation de Seciîeta. De quelle autre importance ne sera donc pas le nouveau répertoire raisonné des documents vénitiens, à l'entreprise duquel s'est obligée l'administration présente des Archives de Venise, si, nous portant par la pensée à une époque que l'honorable directeur actuel ne voudra pas tenir éloignée, et supposant mené à bonne fin un si utile travail, nous le comparons à l'inventaire de 1G69 que nous avons, en partie, reproduit? Les séries de la Secrète, en effet, ne se sont-elles pas augmentées d'autant d'années qu'il s'en est écoulé depuis cette date (de 1660) jusqu'à celle de 1797? Ce sont cent vingt-huit ans acquis à l'histoire , dont un Colbert, un Louvois et un Prince Eugène, ini Philippe d Orléans, un Cardinal de Fleury et une Elisabeth Far- • nèse, un François Morosini, une Marie-Thérèse, et un de Kaunitz, un Frédéric, un Joseph et une Catherine H, un Louis XV et un de Choiseul , des William l*itt, un Clément XIV, un Turgot et une lîévolution française se sont chargés du soin des épisodes et ont iourni au mouvement des écritures d'Etat.