DES DEPECHES LES PLUS ANCIENNES
(lo vingt-deux années la seconde dépêche connue, qui est celle adressée de Tyr, en 1242, par Marsilio Zorzi , au doge Jacopo Tiepolo, et reproduite sous cette mention dans le Liber Albus : « Marsilins Georgius , haiulus Venetorum in Syria, inulta ibidem gesta per ordinern narrât ' . « Infiniment rares sont donc les dépêches proprement dites des ambassadeurs vénitiens, même à l'époque où les documents diplomatiques d'im autre genre, tels que les Instructions [Commissiones) et les Lettres du Sénat [Ducali) , abondent dans les recueils manuscrits authenti- (pies de la Seigneurie. Aussi, les moindres vestiges comme les moindres fragments qu'on en pourra découvrir devront-ils toujours être considérés comme des bonnes fortunes de chercheurs ou de curieux. Dans le cours des investigations que nous avons faites à Mantoue, il nous est précisément arrivé de rencontrer la copie d'une de ces dépêches, en date de Ferrare, du 26 février ]-42(), adressée au célèbre doge François Foscari, par les ambassadeurs Fantino Michiel et Antonio (^ontarini, chargés de porter des propositions et d'ouvrir des négociations pour réussir à la paix d'Italie, singulièrement troublée alors par les ambitions de la maison des Visconti, régnante à Milan.
L'étendue de ce document est troj) grande pour que nous le reproduisions ici; mais la manière dont il est compose', l'allure du .st\ le, l'abondance des détails, ré-
Ic iiiainiscrit Cicogiia, n" 8()9, on se (loiivo ro (loiiiinenl . S: 1
lîoiiianin l'a jnil)li(';, t. II, p. 408, Sloria docunientata di \'ciirii,i.)
' lndiqii('e par Tai-i;i, cl Thomas en leur lùsai iléjà lIcl- sur le Dope Ancliea Dand.jlo, dans l'Indc.x dts Li/ni At/ii , p. V(».
vêlent toutes les qualités politiques acquises par les négociateurs vénitiens '. L'attrait de cette lettre, eu manifestant le vif intérêt ([ui devait caractériser toutes les correspondances de ce genre en ces temps d'où il nous en est si peu revenu, rend d'autant plus amers les regrets qu'il faut éprouver de la dévastation et de la déperdition des dépêches écrites par tant d'ambassadeurs pendant le quinzième siècle. Les autres dépêches connues et appartenant à ce siècle, bien qu'elles ne soient que des copies, méritent une confiance égale à celle qu'il faudrait accorder aux recueils originaux. Ces copies, en effet, proviennent toutes de collections vénitiennes manuscrites, formées par des familles de patriciens qui, malgré tant de lois prohibitives, avaient pu conserver ainsi, pour l'honneur de leurs aïeux, des papiers d'Etat, Différentes dépêches nous sont aussi fournies par les soigneux écrivains de diarii ou mémoires et notes rédigés au jour le jour par des particuliers qui avaient
1 Arcliives de Mantoue. Papiers d Etat de la maison des Gonzague : « Ili.dstrissimk Frinceps et Ek*» Domine. Pei- litteras nostras bac nocte scriptas, quas detulit unus caballarius de Padua r|ui liinc lioc inane rccessit, scripsimus Serenitati Veslia; advoiUuin nostruni ;ul hanccivitatem et collationes habitas cum isto illiistri domino Mariliione, ac ejus cesponsiones et reliqua qiue tune scribenda fiiennit , sicut Doininatio Vestra ex ipsis literis dare potuit videre. llodiesccundum ordinein datuui lier dominuni Marchioneni ad horam circa 19, iteriiiri ad pra'sentianï fuiinus siiu' Ma{»nificentia;, in caméra audienli;c sua;, et similiicr etiani doMiinns Franiliinus de Castigliono orator illuster domini Ducis Mediolani, et ilii iiobis omnibus congregaiis. Dominus Marcbio dixit Ikcc vcrba..., " <'lr. Cette dépêche est ainsi datée : Datum Ferrariœ die xsxiyi'i'"' 142.'j, hoid noctis s<^f. Elle est signée : x Fantinus Michiel et Anlonius Coniaiemis , orulurrx », cl adressée lll'"" Principi et III"'" di'io Francisco Fuscail Dci gratin inclilo Duci Venetiaruui.