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COSTUME DE L'AMBASSADEUR

29 juin 1578, parti de Venise le I" juillet, il était à Lyon le 10, où il séjourna jusqu'au soir du 11, et arriva à Paris le 18, où, pour ainsi dire au débotté, il avait aussitôt l'audience du roi Henri , et surtout de la Reine mère, Catherine de Médicis.

Lorsque l'Ambassadeur était à la veille d'entrer à Paris, relui qui résidait à la Cour, prévenu par son successuer, allait au-devant de lui fort accompagné, et le conduisait à l'hôtel qu'il occupait. Des officiers de la maison du Roi, — si déjà ils n'avaient été le saluer, soit à Longjumeau, soit à Bourg-la-Reine, — le venaient complimenter de la part des princes et princesses. L'audience était ensuite demandée et le jour était fixé pour cette cérémonie, qui, à Paris, avait lieu au Louvre, et hors Paris, dans les châteaux où résidait la Cour. Des {gentilshommes désignés par le Roi, quelquefois des évêques qui s'étaient distinl^ués dans les négociations, d'autres fois le capitaine des gardes (cela avant que la charge d'introducteur des ambassadeurs ait été créée et réglée) venaient quérir l'ancien Ambassadeur et le nouveau en leur hôtel', et le conduisaient aux chambres du Louvre où , dans la plus grande parade, l'attendaient le Roi et la Cour.

Au seizième siècle, et pendant une partie du dix-septième, l'Ambassadeur de Venise portait la robe dite séna-

* L'histoire tle l'ancien Paris est peu diserte sur l'indication et la description (les liôtels occupés par les Ainbassiidenrs ou les Résidents des Puissances élranjjères, et il nous serait iinjjossihle de préciser (juels hôtels ont successivement habités les Envoyés de la Sei{;neurie de Venise a la Coui- de France. Tout ce que nous en savons se réduit à sijpialer qu'en 1608 l'ambassade de Venise était en ïliôlelde Sens, qui, situé à [>eu de distance du quai des Célestins, a conservé jusqu'à présent les

toriale en étoffe cramoisie ou violette à larges manches, ce qui lui donnait toujours un air fort noble, surtout lorsqu'ayant été fait chevalier, il ajoutait à ce costume une large bande de velours brodée d'or qu'il jetait sur l'épaule droite et laissait flottante par-dessus la robe. Mais avec le temps, les modes ayant fort changé, les ambassadeurs finirent par quitter la robe sénatoriale, et avec la perruque et la dentelle prirent des habits de brocart et à fleurs. L'Ambassadeur résident présentait son successeur, les compliments s'échangeaient , et souvent en une même audience, tandis que l'un faisait son premier salut, l'autre prenait congé. Plus tard il y eut aussi la cérémonie toute d'apparat dite de « l'Entrée de Monsieur l'Ambassadeur " qui était une sorte de voyage pompeux et fastueux depuis le couvent de Picpus jusqu'à l'hôtel

deux tourelles si originales de son entrée, vrai et rare tableau d'un coin du vieux Paris; qu'en 1612, ladite ambassade occupait V hôtel de la Reine Marguerite , rue de Seine-Saint-Germain; qu'en 1634, elle était sise derrière les Minimes; en 1652, dans la rue Saint-Gilles; en 1671 , rue de Thorigny, et fort voisin de la maison habitée alors par la marquise de Sévigné: en 1694, rue Sainte-Anne; en 1699, rue de la Planche; en 1738, r/uai d'Orçaj; en 1740, rue de GreneHe-Snint*-Germain ; en 1747, rue Garancière ; en 1750, rue Saint-Maur; en 1758, rue de Varen7ie ; en 1765, rue et porte Saint-Honoré , à l'hôtel de Baschy ; en 1769, rue de l'Université , en l'hôtel de Brou; en 1773, place Vendôme; en 1778, rue de Bondy ; en 178;), près la porte Saint-Martin , au boulevart. et en 1792, rue Saint-I'loretitin , en l'hôtel de V Infantado. Loisque les ambassades étaient dites extraordinaires, et avant l'acquisition pour le service du Roi de l'hôtel d'Ancre, situé rue de Tournon , appelé plus tard V hôtel des Ambassadeurs , parce qu'ils y étaient reçus en cérémonie, le Roi désignait quelque liôlel célèbre par sa magniricencc dans Paris potu- y loger et défrayer l'Ambassadeur. En 1575, lorsque Giovanni Michieli vint porter l'hommage au Roi Henri III pour son avènement au trône, le Roi lui fit livrer ï' hôtel de Guise. En 1618, Simon (Joniarini, ambassadeur extraordinaire, fut reçu à l'hôtel de Luynes.

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