‹ Les archives de VeniseChapitre 64 sur 176 · PUBLICITÉ DONNÉE AUX RELÀZIONI · texte numérisé non relu

PUBLICITÉ DONNÉE AUX RELÀZIONI

Peu de temps s'écoulera, d'ailleurs, sans que toutes les Relations des ambassadeurs vénitiens, recherchées par des curieux actifs et judicieux dans toutes les collections do manuscrits formées et conservées en Europe, ne soient devenues chose publique. M. Tommaseo en a révélé la curiosité et l'intérêt, il y a plus de trente ans, par la publication partielle qu'il a faite en France ' . M. Eufjenio Albéri leur a fait prendre, peut-on dire, tout l'essor dans la renommée qu'elles méritaient d'avoir, en formant l'admirable collection de toutes les Relazioni connues qui ont été prononcées à la tribune du Sénat de Venise pendant le seizième siècle ^. Le savant M, Gachard en a fait l'objet de mémoires spécialement écrits pour être lus à l'érudite commission d'histoire de Beljjique'. Le {jrand historien allemand, Léopold Ranke, a proclamé dans tous ses livres les services que lui avait rendus, pour l'énoncé de ses jugements, la consultation de si importants écrits *. MM. Nicole Barozzi et Guglielmo

' Relations sur les Affaires de France au seizième siècle, recueillies par N. ToMMASto. Paris, 1838. Deux volumes in-4'' de la Collection des Documents inédits pour servir à l'histoire de France.

- Le Relazioni derfli Aiubasciatori Veneti al Senato durante il secolo decimo sesto , raccolte ed illustrate da Eugenio Albéiu. Florence. Quinze volumes in-8" : le premier en 1839, le quinzième en 1863.

•' Les Monuments de la Diplomatie Véiiitienne considérés sous le point de vue de l'histoire moderne en général et de l'histoire de la Brlrji/jue en particulier, par M. Gachaiid, archiviste {jéncral du royaume de Belgique. (Mémoire présenté à la séance de l'Académie royale le 7 mars 1853.)

Relations des Ambassadeur <; Vénitiens sur Charles-Quint et Philippe II, par M. GACiiAno. Bruxelles, 1855. 1 vol. in-S". Voyez aussi l'avant-propos de l'intéressant mémoire « Trois années de l'histoire de Churles- Qmi«/ (1543-1546), par M. Gachard, de l'Académie et de la conimission royale d'histoire de Belgique, etc. Brux(;llos, 1865.

* Voyez tous les ouvrages historiques de LÉOPOLD Ba:(KE sur le seizième et le dix-septième siècle.

Berchet, suivant l'exemple donné et la route ouverte par M. Albéri, qui venait de couronner son édifice par la publication du quatorzième et du quinzième volume du recueil consacré au seizième siècle, ont entrepris la formation d'un recueil non moins grandiose consacré au dix-septième '. M. d'Arneth à Vienne a divulgué les Relazi'oni sur la Cour impériale pendant le dix-liuitième siècle ^, et M. Fiedler celles du dix-septième sur la même Cour, Présentement donc il en reste peu qui ne soient

* Relazioni degli Stati Euvopei letle al Sciiato dagli Ainbascialori Veneti nelsecolo decimo settimo, raccoUe ed annotate da Nicolô Barozzi e GcGLiEi.MO Bercuet. (Venezin. P. INaratovich, éditeur.) Si^pt volumes parus : le premier en 1856, le huitième est en cours de puljlication.

- Die Relationen der Bolscliajter Veneditjn ûber O^terreich im achtzehnten Jahrlmndert, nach den Orijjinalen herausjjcgeben , von Alfred RiTTER V. Arseth. Wien, 18C3, 1 vol. in-8°. Cet intéressant volume compri nd neuf relations sur la Cour de Vienne dues aux audjassadeurs dont les noms suivent : Daniel Dolfis, 1708; G. Priuli, 1722; D. Bra- GADix, 1733; Marco Foscarim, 1736; Antomo Capello, 1744; Marco CoNTARiM, 1746; Polo Bemer, 1769.

Quant aux Relations sur la Cour de Vienne au dis-septième siècle, annoncées par M. Fiedler, je les transcris ici d'après l'indication fournie |)ar M. Gachard :• 1614, G. Soranzo; 1620, Polo Mimo; 1624, F. Erizzo et S. Contarisi; 1630, S. Venier; 1637, Renier Zen et Angelo Contarixi; 1638, Grimam ; 1649, G. Grimani; lliôl), Alvise CoNTAiiixi; 1654, G. Gilstiman; 1658, B. Nam; 1659, N. Sacredo et B. INam; 1661, A. Molin; 1665, G. Sagredo; 1671, M. Zoitzi ; 1674, Z. MoRosiNi; 1678, F. Miciiiel; 1682, A. Gil-stixian; 1685, D. Con- TARiNi; 1690, F. Corner; 1693, G. Vexier; 1699, Carlo Rlzzim.

Voyez aussi les Caleiidar of State Papers and inanuscripU , relating lo Eii(jli<;h ajjairs, existing in tlie archives and collections of Venice and in oihcr lihraries of northern Italv. Editcd ljy Bavvdon Brown. London, Longman, 1864 et 1867.

Il va sans dire que nous ne mentionnons ici que les ouvrages spéciaux, car si nous devions citer tous les auteurs qui, depuis quelques années, ont mis au nombre des sources qu'ils ont consultées les Relazioni des ambassadeurs vénitiens, nous aurions à produire un véritable répertoire bibliogiaphiquc.

l.xlCUNES DAiNS LES RELAZIOM. 337

connues. Que MM. Nicole Barozzi et Gu^lielmo lierchet nous tlon lient l'importante série des Relations sur la Cour de Rome pendant le dix-septième siècle d'abord, puis celles de toutes les Cours pendant le dernier siècle, alors le monument sera complet et immuable, pour la plus grande gloire de la Venise ancienne.

lia publicité déjà si étendue qui a été donnée aux Helazioni des Vénitiens sur les différents Etats de l'Europe nous dispense de signaler davantage à l'action des cliercheurs cette mine de documents. Cependant plus d'une Relazi'one jusqu'à présent a manqué à l'appel des investigateurs les plus sagaces pour rendre complète telle ou telle séiie. Plus d'une n'a été trouvée qu'après de louables tentatives, diverses fois renouvelées, auprès de départements de manuscrits, étrangers même à ceux (le la Vénétie. Il en fut ainsi de la Relazioue si importante de Pietro Duodo sur la Cour de France en 1597, inopinément rencontrée dans les Arcbives royales de Turin, ainsi encore de celle de Francesco Vendramin sur la même Cour. Ces rencontres témoignent qu'en fait de découvertes manuscrites il n'y a jamais lieu de perdre tout espoir, à moins de ces preuves formelles, officiellement obtenues, et (jui démontrent pleinement que la rechercbe en serait vaine. Il s'est présenté divers cas, en effet, où la Relazione d'un ambassadeur n'a matériellement pu élie faite. La mort, par exempb;, a surpris Ici ou t(!l ambassadeur, soit à la fin, soit dans le cours (lu mandat <ju'il remj)lissait. Pietro Pasqualigo mourut à Milan en 1515, Andréa Navagero à Biois (mi I5Î21), (Jio-

vanni Capello à Paris en 1 5 59, Gerolamo Corner en 1 743 , Giovanni Almorô Mocenigo en 1756, et Giovanni Alvise Tiepolo en 1764. Rechercher leurs relations serait donc une fatigue inutile. Il en est aussi qui , pendant le temps même de leur résidence à une Cour, ont été élus pour se rendre à une autre, sans qu'ils fussent pour cela dans l'obligation de faire acte de présence à Venise dans l'intervalle de leurs missions. Ceux-là se réservaient quelquefois, pour le strict accomplissement de leur devoir, " soit d'envoyer une dépêche considérable, faite pour tenir lieu de la Relazione par la nature des détails dont ils la composaient, soit de remettre à l'époque de leur retour définitif le soin de la produire sur l'une et l'autre ambassade qu'ils avaient successivement remplie, soit enfin d'adresser cette Relation par écrit et dans les formes ordinaires, afin qu'elle soit lue au Sénat par un secrétaire. Dans le premier cas, la Relazione se trouve faire partie intégrante des dépêches de l'ambassadeur : ainsi , celles de France par Alvise Gontarini en 1635 et par Daniele Dolfin en 1785 ; dans le second, il peut arriver qu'elle soit enregistrée sous le nom de l'Etat où l'ambassadeur est allé en premier lieu. Nous pouvons citer l'exemple de Giorgio Zorzi, qui, laissant la Hollande en 1626, passa en France, et n'a fait à Venise qu'une Relazione dont la première partie est consacrée à l'Etat où il fut d'abord accrédité , et dont la seconde est relative à la Cour de France, qu'il venait de quitter '. Il est juste de dire que ces cas ont été peu fréquents.

1 Relatione deli 111'"° et Ecc^"o sijnor Zonzi Zonzi /alla in Senato nel suo ritorno délie sue ambascierie ordinarie dei Paesi Uassi e délia ConxE

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