LES BELAZIONI DEVAIENT ETRE SECRETES
recevoir. Je connois le sieur Delfin pour l'avoir pratique. Il nie semhloit , Sire, en me faisant ce discours, qiiil ne pouvoit assez représenter ce qu'il ressentoit en V intérieur de ce qui estait deub à Votre Majesté par la République et en particulier par luy et son collègue, et suis asseuré qu'il se parlera plus d'un jour de i.a iielation qu'il en fera, et
dont je tiendray Votre Majest<- advertie ' » Mais en fait ,
Monsieur de Villiers, qui s'était si fort avancé, ne put jamais avoir ladite relation, et le Roi de France se dut contenter à cet éjjard de ce miel que M. le président de Villiers lui avait distillé à l'occasion du retour à Venise des deux ambassadeurs dont Sa Majesté avait si fort désiré connaître la relation de France. Ce qui est exact, c'est que le plus souvent le serviteur du Roi pouvait entendre de diverses sources quelques-uns des faits ou des sentiments qu'avait exprimés l'orateur. Detelsfra^jments rapportés sont fréquents dans les dépêches au Roi. Ce même M. de Villiers, dans sa vingtième dépêche, le 9 octobre 1599, écrit... « Avec ce que sur les bruits qui ont couru des forces que l'on disait se préparer en l'Estat de Milan , eulx (les Vénitiens) qui vont toujours au plus seur ont voulu pourvoir tellement ii leurs affaires qu'ils ne puissent eslre surpris , se remettant d'accroistre l'amas desdites fot'ces , selon ce qu'il se f;roit audit Estât de Milan et quand ils verroieMt plus clair au.v intentions du Roy d'Espagne, duquel ils semblent se tenir plus asseurez dep7iis le 'retour des deux Ambassadeurs qii'ils avaient envoyez
' Dépêches (inédites) de M. le Président Antoine SÉnriKn, sieur de ViLMKns, ambassadeur pour le Roi à Venise, 1599-1601. (Bibliollièqup impériale. Manuscrits, n" 18,040. I*". Fr.)
:r)2 LES ARCHIVES DE VENISE.
i>ers lui, (jui ont fait r.APPORT, ainsi que j'ay sceu pareillement , que l'Iiumeur de ce prince, à ce qu'ilz en pouvaient cojnpreîidre , bien que c/ia touillé de l'âge et de l'opinion de sa grandeur, leur sembloit plus disposé à conserver ses Estais par la paix que désireux de les accroislre par de nouvelles entreprises Lesdits deux Ambassadeurs faisant leur RAPPORT ont dit que l'on estait en grande crainte en Espagne que la Roy ne ne fût point pour porter des enfants, et dont ils rendent des raisons que Vostre Majesté
aura peu entendre d'ailleurs ' . » L'Rspupnol lui-même,
accrédité à Venise, et qui était de nature si particulièrement corruptrice pour le service et d'après l'ordre du lioi son maître, ainsi que le prouvent et sa propre correspondance et les mesures secrètes prises à son égard par le Conseil des Dix, ne réussit pas autrement que M. le président Séguier, malgré beaucoup d'efforts séducteurs pour obtenir les relations tout fraîchement prononcées sur la monarchie et le monarque par les Vénitiens au retour de leurs missions. îî'arrivant point à se les procurer, il nourrit quelques-unes de ses dépêches des quelques échos du Sénat qu'il obtient par des moyens mystérieux, en somme peu productifs^.
' Mêmes Dépêches inédites déjà filées.
2 Voyez diins les Papiers Je Simancas , conservés ;iux Arciiivks impk- RiAi.KS DK Fhanck, les dépenses secrètes de l'ambassadeur d'Espagne m Venise sous iMiilippe II et sous Philippe III. Le 15 septembre 1582, voici tout ce que don Cln-istov.Tl de Sal.izar pouvait dire d'une relation de Florence qui venait d'être lue au Sénat : « Aniier se leyo in Prêtai la Uelacion que dio el secrelario que voluio de Florencia. Hannie diclio rhe corneuço coino lia/.en los Einbaxadores, conlnndo las couiliçiones y qualidades dcl slailo de Flori'iicia , fuercas, las renias, la obediencia, V animos de bjs siibclitos, tome Diras ve/.es avria oydo y se passo por