‹ Les archives de VeniseChapitre 74 sur 176 · DEPECHES DES CHEFS DE GUERRE · texte numérisé non relu

DEPECHES DES CHEFS DE GUERRE

bien permis d'assurer qu'à peine serait-il besoin de faire ailleurs œuvre de chercheur pour être incomparablement informé, et par le menu, sur cette belliqueuse période de l'histoire ! Ce qui du reste se peut glaner encore est propre à former des gerbes admirables. Celui-là qui aura consulté la correspondance de ce Provéditeur Andréa Gritti depuis l'entrée en campagne de Louis XII contre les Vénitiens jusques à la journée de Marignan , où ils étaient nos compagnons (correspondance conservée sous le titre de Dépêches de Terre ferme, 1509- 1515), aura pu connaître de quelles ressources peuvent êtie ces documents militaires. Ils ont l'attrait et la variété des dépêches diplomatiques avec la précision des bulletins de l'armée en plus. Mais ce ne fut point le seul temps sur lequel les textes militaires des Vénitiens sont de nature à appeler notre attention.

Si pour le quinzième siècle, Charles VIII avec son entreprise sur Naples, si pour le seizième, Louis XII avec ses prétentions sur Milan et avec sa ligue de Cambrai contre l'Ktat de Venise, et François I" avec ses luttes contre l'Empereur sur terre italienne, ont diversement fourni aux investigations spéciales, dans des papiers du genre de ceux que nous signalons ici, Louis XIII, Louis XIV et Louis XV, n'ont pas ouvert une carrière moins abondante à parcourir en ces mêmes papiers, avec les affaires des maisons de Savoie et de Mantoue. Et (piant aux cam|)agnes dites uniquement « d'Italie» , sous la conduite de Bonaparte, n'(.'st-il pas naturel de penser que les pièces abondent aussi dans ces différents cartons sur des événements et des personnages qui étaient bien faits

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pour exciter la curiosité d'un Gouvernement dont ils mettaient la demeure eu si grand péril?

Dans un autre ordie de matières, indiquons aussi comme appartenant à ces pièces diverses des Archives du Sénat, le recueil des informations, consultations, avis et jugements écrits par cette compagnie d'érudits tout spéciaux appelés les Consultores de jure, auxquels le Sénat présentait souvent des questions d'une nature toute particulière. Ces Consuhores de jure étaient peut-être ce qu'en Angleterre et en Prusse on appelle aujourd'hui des Conseillers de la Couronne. Ils avaient charge de présenter un mémoire approfondi et précis sur la question même qui était adressée d'office à leur examen. Libre ensuite était le Sénat d'admettre les raisonnements qu'ils avaient produits et les raisons qu'ils avaient fait valoir. La création de cet office tout particulier de Co?isnltor de jure était fort anci(;nne, et M. Bnrtolomeo Cecchetti, en la mentionnant dans un de ses écrits ' , cite le décret du Grand Conseil du 23 février 1301. Riccardo Malombra , qui professait à l'université de Padoue , fut le premier qui en fut investi. La collection des mémoires, informations et consultations de ces érudits, de ces philosophes et de ces théologiens, ne comprend pas moins de trois cents volumes depuis 1 600 jusqu'en 1 790. Nous citerons parmi leurs nombreux auteurs, les uns leologi e consultores canonisti, les autres consultores de jure proprement dits , Fra Paolo Sarpi, Fra Fulgenzio, Fra Celsio, qui étaient

' Una visita agli Anciiivi deila liepubblica di Veneziu. (Extrait des actes de ï Aleneo veneto , avril 1866.) l'af;e 21.

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