REDACTEURS DES ANNALES
broise Ottobon a rendu, pendant l'espace de cinquante-deux ans continus, dans toutes les charges qui lui ont été confiées, les soins qu'il a particulièrement apportés durant dix-huit ans dans le devoir très-important d'éci'ire les Annales de notre République, sa grande diligence et la maturité du jugement dont il a fait preuve dans cet emploi , ainsi qu'il résulte des attestations données par nos bien-aimés nobles Alexandre Mocenigo et Paolo Paruta, députés l'un à la rédaction de nos Histoires, et l'autre à la surveillance de nos Annales, méritent qu'une récompense convenable lui soit donnée.
Il s'est acquitté de cet emploi d'une façon parfaite,
es(juisi(amente , particulièrement dans la formation de différents volumes contenant beaucoup de choses relatives à différents Princes et autres bien dignes de mémoire, etc.. '.
Au secrétaire Ottobon succéda, dans la rédaction des Annales, Alvise Saëtta, et nous le trouvons signalé, après sept ans de service, à la bienveillance du Conseil des Dix, par Nicolô Morosini, Sage de terre ferme, député aux Annales, pour le talent qu'il a déployé à condenser en trois volumes les choses advenues depuis l'année 1590 jusqu'à la fin de 1598, et pour la peine qu'il a prise, en dehors de toutes ses occupations journalières, soit au Sénat, soit dans la Chancellerie". Toute la collection actuelle des Annales conservée aux Archives forme aujourd'hui près de soixante-huit volumes, dont
1 Conseil des Dix. 1589 a di xii ottol)re. (Papiers de la maison Donà délie Rose.)
2 Idem., ibid. Mémoire de Nicolô Morosini, « Savio di T. Fer, atli Annali , con giuramento ». Un autie document, du 17 septembre 1601, prouve rpie ce même Secrétaire a dû continuer l'œuvre des Annales jusqu efi 1604. u / (juali egli xiu ohbligato a scrivere ver tre anni prossimi venturi — / r/uali finili si habbia per il Coli.ecio nostro ad elegger secundo iordinario un altro Se<jretario in luogo suo.
le plus grand nombre sont écrits sur parchemin, en y comprenant les deux d'Atinali difuori (Annales étrangères), 1559-1560, 1573-1577, celui des Annales de Rome, 1573, et les cinq qui sont plutôt composés de fragments, et dont le plus ancien porte la date du 13 décembre 1549. Le dernier Registre est de l'année 1719'.
11 y a lieu de penser qu'il appartenait encore à celui des Sages de terre ferme qui était de service de veiller à la rédaction et à l'expédition de ces petites feuilles de nouvelles officielles qui, écrites pour l'usage des Ambassadeurs à toutes les Cours, sous le nom à'Avvisi, leur tenaient absolument lieu de Gazette officielle de l'étranger. Au seizième siècle, ces simples feuilles, Aiwisi, rendaient un grand service pour aider à la connaissance des choses advenues en tout pays, puisque les journaux proprement dits n'existaient pas et qu'il était difficile d'ajouter une foi entière aux nouvelles fournies, pareillement sous ce titre, par des particuliers qui , établis à Rome ou à Florence , faisaient de ces envois l'objet d'une spéculation personnelle. Le gouvernement de la Répuljlique de Venise, si bien placé pour recevoir les nouvelles de Gonstantinople, par exemple, et de tant d'autres pays, avait donc eu
' Voyez, pour le tableau progressif chronologique des Registres des Annales qui ont été conservés et qui aujourd'hui sont aux Archives de Venise (retour de Vienne), le volume « L'Archivio di Venezia con riguardo spéciale alla storia inglese. » Saggio di R. BnoWN, con una nota preliminare del Conte Agostin Sagredo. (Traduction de MM. V. Ce- RESOLE et R. Fllin. Venise et Turin, G. Antonelli et L. Rasadonna, 18f)5.)